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Marc Saporta (Traducteur)
EAN : 9782070365654
384 pages
Éditeur : Gallimard (19/06/1974)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 422 notes)
Résumé :
Sans bourse délier, je quittai Los Angeles sur le coup de midi, caché dans un train de marchandises, par une belle journée de la fin septembre 1955. Étendu sur une plate-forme roulante, mon sac sous la nuque, les genoux croisés haut, je me laissai absorber par la contemplation des nuages tandis que le convoi roulait vers le nord. L'omnibus qui m'emportait me permettrait d'arriver avant la nuit à Santa Barbara où je me proposais de dormir sur la plage. Le lendemain m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  21 juin 2017
Les clochards célestes m'a réconcilié (un peu) avec Jack Kerouac. Il y a quelques années, j'ai lu Sur la route et j'en avais été extrêmemnt déçu. Quoi ? Toute cette histoire avec un type qui passe son temps à traverser l'immensité des Etats-Unis pour de disputer et se remettre de ses cuites ? Quand l'argent vient à manquer, on retourne chez les siens de la côte est ; quand l'ennui devient trop pesant, on donne rendez-vous à ses amis en Californie. Et on recommence ! Encore et encore !
Les clochards célestes, ce n'est pas la grande révélation non plus, mais il offre quelque chose de plus, une dimension spirituelle qui manquait terriblement dans d'autres romans de Kerouac. D'abord, ses voyages périlleux sur les trains, ses rencontres avec d'autres aventuriers, des clochards comme le petit vieux de sainte Thérèse, oui, mais aussi de jeunes paumés qui cherchent une façon économique de découvrir le monde et des maitres spirituels. Par exemple, Japhy Ryder, le maitre à penser du narrateur. Grand orientaliste, érudit, spécialiste en anthropologie et en mythologie indienne, professeur de chinois et de japonais et, surtout, adepte de bouddhisme zen. Ouf ! La sagesse incarnée ? Surtout qu'il délaisse le monde matériel pour vivre dans une petite cahute.
Ensemble, et parfois avec d'autres amis, ils se promènent en Californie, font des randonnées en montagne jusqu'en Oregon et dans l'état de Washington. « […] le cran, l'endurance, la sueur et maintenant ce chant d'un humanité déboussolée c'était comme de la crème fouettée sur une pièce montée. » (p. 131) Voir Kerouac parler de karma au lieu de beuveries et d'errements était effectivement déboussolant mais agréable. Mais il ne faut pas croire qu'on lit un roman initiatique, trop philosophique et ésotérique, à saveur orientale. On croise des gens ordinaire, comme la jolie Rosie, le menuisier Sean Monahan et d'autres jeunes amis.
Mais on est de la Beat Generation ou on ne l'est pas. Et Kerouac l'est. Entre ses escapades avec Japhy, le narrateur retrouve ses amis, la musique, la danse, les divertissements. Cette vie parfois vide de sens (ou en quête de sens) était constamment entrecoupée de questions parfois existencielles, oui, mais parfois plus simple. La recherche du bonheur ne devrait être réservée à une seule bande de mystiques, d'élus illuminés. Donc, cette fois-ci, j'étais capable de supporter Kerouac. Suis-je en train de peut-être commencer à l'apprécier à sa juste valeur ? À suivre…
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patrick75
  02 juin 2013
Je n'avais encore rien lu de Kerouac.
Voilà un livre qui appelle aux voyages, à la communion avec la nature qui nous entoure, presque un retour aux premiers temps, où l'homme se contentait de ce qu'il trouvait sur place. Ses descriptions de ballades en montagne sont très réalistes. C'est un livre emplit de fraîcheur, où l'homme se retrouve dépouillé de tous ses artifices qu'il s'impose, ou que la société qu'il a crée lui impose.
En tous les cas, c'est pour moi, une heureuse découverte. Et hop! mon sac à dos.
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ericlesapiens
  22 avril 2020
C'est bien dans ce livre où l'auteur décide d'effectuer une randonnée sur plusieurs jours, de gravir une haute montagne pour se sentir en etroite communion avec la nature, en pleine contemplation ? C'est jusqu'à présent mon Kerouac préféré ! Je m'identifie pleinement, pour autant que je me souvienne du récit. Les déviances, les débauches de toutes sortes ne sont pas à opposer à la quête d'une nature originelle, mais au contraire servent à en potentialiser les effets. le but ultime pour Kerouac est de s'échapper des contingences et du conformisme. Fait-il référence à Thoreau ? Je ne m'en souvient plus. Difficile d'aller jusqu'au bout de choix aussi radicaux. Snyder, Brautigan, Kaufmann mourront de leurs dissidence anti-conformiste, persuadés que la vérité se trouve ailleurs que dans la consommation et la télé. Il est des quêtes dont on ne sort pas indemme et une fois le point-limite franchi, pas de retour en arrière possible. Un jour j'atteindrai peut-être ce point.
Juste un petit apparté : les auteurs de la Beat generation ont parfois pu être comparés au Taoïstes, notamment les 7 sages de la Forêt de bambous qui, pour manifester leur désaccord avec le pouvoir central, d'obédience confucéenne, se sont réfugiés dans cette forêt pour écrire leur ressenti. Un peu à la manière des poètes Beat qui ont choisi le non-conformisme face au matérialisme de la société americaine. Comme quoi tout se rejoint. Et il n'est pas étonnant que le Zen ou le Tao accompagnent les turpitudes des Beat.
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Eric01
  24 mai 2015

Avec « les clochards célestes », Kerouac a nous certainement offert son plus beau roman. Selon moi, supérieur même à « La route » qui a pourtant fait son succès planétaire. Quel bonheur en effet de retrouver la fraicheur des premiers instants de la beat génération. Quelle liberté, quelle liberté profonde… ! La vie s'égrainait en poèmes et en déclamations, en odes à la nature, et en beuveries joyeuses. le personnage de Japhy (Garry Snyder) donne toute sa force au roman. C'est lui qui le premier redécouvre les maitres du T'chan, emprunte à leurs folies, poursuit leurs contemplations. Lui, qui prend le large, comme appelé par l'autre rive ; et qui part déjà…
Merci Jack.
Merci Garry.
Merveilleux fous du Zen…
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spleen
  13 août 2015
Que les fans de Jack Kerouak me pardonnent deux choses:
-La première, mais là c'est réparé : je n'avais jamais lu de roman de ce grand écrivain ...
-La deuxième, plus difficile à avouer : je me suis demandée assez longtemps si c'était du premier ou du second degré .
C'est d'abord par méconnaissance de ce mouvement littéraire et artistique des années 1950 aux Etats Unis et de ses protagonistes comme Gary Snider.
Je connaissais, bien sur, le mouvement "Beat génération "mais sans le relier au bouddhisme Zen.
D'ailleurs, j'ai eu une certaine difficulté à trouver l'esprit du bouddhisme dans les moeurs sexuelles fort libérées de ces jeunes gens qui refusent toute convention et où l'alcool et la drogue semblent également un principe de base !
On est loin de la sagesse et de la réserve du moine Matthieu Ricard ...
Seul ce besoin de grands espaces, de nature sauvage parait propice à la méditation, à l'évasion mais lors de leurs randonnées dans les montagnes nos lascars partent en espadrilles, sans sac de couchage loin des préceptes de base de tout montagnard !
On peut envier, bien sûr, cette façon de penser et de vivre, détachée des boulets que l'on traine quotidiennement , des contingences matérielles , cette liberté en dehors de toute obligation morale : c'est bien ce qui a entrainé une partie de la génération suivante dans le mouvement hippie mais pour moi cette lecture arrive beaucoup trop tard dans mon cheminement idéologique !
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
rorospigororospigo   22 juin 2020
J'ai lu Whitman, et savez-vous ce qu'il dit ? Debout les esclaves, faites trembler les despotes étrangers. Il croit que telle doit etre l'attitude du Barde, du Barde Fou inspiré par le Zen, sur les vieilles pistes du désert. Il croit qu'il faut imaginer le monde comme le rendez-vous des errants qui s'avancent sac au dos, des clochards célestes qui refusent d'admettre qu'il faut consommer toute la production et par conséquent travailler pour avoir le privilège de consommer, et d'acheter toute cette ferraille dont ils n'ont que faire; réfrigérateurs, récepteurs de télévision, automobiles et toutes sortes d'ordures inutiles, les huiles pour faire pousser les cheveux, les désodorisants et autres saletés qui, dans tous les cas, atterriront dans la poubelle huit jours plus tard, tout ce qui constitue le cercle infernal : travailler, produire, consommer, travailler, produire, consommer. J'entrevois la grande révolution des sacs à dos.
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oliviersavignatoliviersavignat   22 juin 2020
Une nuit, j'étais en train de méditer, si parfaitement immobile que deux moustiques se posèrent sur chacune de mes pommettes et y restèrent un long moment sans me piquer.
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patrick75patrick75   30 mai 2013
Il croit qu'il faut imaginer le monde comme le rendez-vous des errants qui s'avancent sac au dos, des clochards célestes qui refusent d'admettre qu'il faut consommer toute la production et par conséquent travailler pour avoir le privilège de consommer, et d'acheter toute cette ferraille dont ils n'ont que faire; réfrigérateurs, récepteurs de télévision, automobiles ( tout au moins ces nouvelles voitures fantaisistes) et toutes sortes d'ordures inutiles, les huiles pour faire pousser les cheveux, les désodorisants et autres saletés qui, dans tous les cas, atterriront dans la poubelle huit jours plus tard, tout ce qui constitue le cercle infernal: travailler, produire, consommer, travailler, produire, consommer.
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SachenkaSachenka   12 juin 2017
- Smith, tu ne comprends pas que donner est un plaisir. Il se livrait à ce plaisir de façon charmante, sans rien de touchant ni de voyant - avec tristesse, pour ainsi dire. Il m'offrit parfois des objets usés et sans valeurs, mais ses dons ne manquaient jamais de grâce, ils étaient utiles et il y avait, dans son geste, de la tristesse.
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lafilledepassagelafilledepassage   02 mars 2018
J’ai lu Whitman, et savez-vous ce qu’il dit ? « Debout les esclaves, faites tremblez les despotes étrangers». Il croit que telle doit être l’attitude du Barde, du Barde Fou inspiré par le Zen, sur les vieilles pistes du désert. Il croit qu’il faut imaginer le monde comme le rendez-vous des errants qui s’avancent sac au dos, des clochards célestes qui refusent d’admettre qu’il faut consommer toute la production et par conséquent travailler pour avoir le privilège de consommer, et d’acheter toute cette ferraille dont ils n’ont que faire ; réfrigérateurs, récepteurs de télévision, automobiles (tout au moins ces nouvelles voitures fantaisistes) et toutes sortes d’ordures inutiles, les huiles pour faire pousser les cheveux, les désodorisants et autres saletés qui, dans tous les cas, atterriront dans la poubelle huit jours plus tard, tout ce qui constitue le cercle infernal : travailler, produire, consommer, travailler, produire, consommer. J'entrevois la grande révolution des sacs à dos. Des milliers, des millions de jeunes Américains, bouclant leur sac et prenant la route, escaladant les montagnes pour prier, faisant rire les enfants, réjouissant les vieux, rendant heureuses les jeunes filles et plus heureuses encore les vieilles, tous transformés en Fous du Zen, lancés de par le monde pour écrire des poèmes inspirés, sans rime ni raison, pratiquant la bonté, donnant l’image de la liberté par leurs actes imprévus, à tous les hommes et même à tous les êtres vivants.
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Videos de Jack Kerouac (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack Kerouac
Jack KEROUAC – Un siècle d'écrivains : Un rêve américain à Hiroshima (DOCUMENTAIRE, 1996) Émission « Un siècle d'écrivains », numéro 100, sous-titrée "Un rêve américain au temps d'Hiroshima", diffusée sur France 3, le 27 novembre 1996, et réalisée par Michel Viotte et Éric Sarner.
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