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Marc Saporta (Traducteur)
ISBN : 2070365654
Éditeur : Gallimard (19/06/1974)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 378 notes)
Résumé :
Sans bourse délier, je quittai Los Angeles sur le coup de midi, caché dans un train de marchandises, par une belle journée de la fin septembre 1955. Étendu sur une plate-forme roulante, mon sac sous la nuque, les genoux croisés haut, je me laissai absorber par la contemplation des nuages tandis que le convoi roulait vers le nord. L'omnibus qui m'emportait me permettrait d'arriver avant la nuit à Santa Barbara où je me proposais de dormir sur la plage. Le lendemain m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  21 juin 2017
Les clochards célestes m'a réconcilié (un peu) avec Jack Kerouac. Il y a quelques années, j'ai lu Sur la route et j'en avais été extrêmemnt déçu. Quoi ? Toute cette histoire avec un type qui passe son temps à traverser l'immensité des Etats-Unis pour de disputer et se remettre de ses cuites ? Quand l'argent vient à manquer, on retourne chez les siens de la côte est ; quand l'ennui devient trop pesant, on donne rendez-vous à ses amis en Californie. Et on recommence ! Encore et encore !
Les clochards célestes, ce n'est pas la grande révélation non plus, mais il offre quelque chose de plus, une dimension spirituelle qui manquait terriblement dans d'autres romans de Kerouac. D'abord, ses voyages périlleux sur les trains, ses rencontres avec d'autres aventuriers, des clochards comme le petit vieux de sainte Thérèse, oui, mais aussi de jeunes paumés qui cherchent une façon économique de découvrir le monde et des maitres spirituels. Par exemple, Japhy Ryder, le maitre à penser du narrateur. Grand orientaliste, érudit, spécialiste en anthropologie et en mythologie indienne, professeur de chinois et de japonais et, surtout, adepte de bouddhisme zen. Ouf ! La sagesse incarnée ? Surtout qu'il délaisse le monde matériel pour vivre dans une petite cahute.
Ensemble, et parfois avec d'autres amis, ils se promènent en Californie, font des randonnées en montagne jusqu'en Oregon et dans l'état de Washington. « […] le cran, l'endurance, la sueur et maintenant ce chant d'un humanité déboussolée c'était comme de la crème fouettée sur une pièce montée. » (p. 131) Voir Kerouac parler de karma au lieu de beuveries et d'errements était effectivement déboussolant mais agréable. Mais il ne faut pas croire qu'on lit un roman initiatique, trop philosophique et ésotérique, à saveur orientale. On croise des gens ordinaire, comme la jolie Rosie, le menuisier Sean Monahan et d'autres jeunes amis.
Mais on est de la Beat Generation ou on ne l'est pas. Et Kerouac l'est. Entre ses escapades avec Japhy, le narrateur retrouve ses amis, la musique, la danse, les divertissements. Cette vie parfois vide de sens (ou en quête de sens) était constamment entrecoupée de questions parfois existencielles, oui, mais parfois plus simple. La recherche du bonheur ne devrait être réservée à une seule bande de mystiques, d'élus illuminés. Donc, cette fois-ci, j'étais capable de supporter Kerouac. Suis-je en train de peut-être commencer à l'apprécier à sa juste valeur ? À suivre…
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patrick75
  02 juin 2013
Je n'avais encore rien lu de Kerouac.
Voilà un livre qui appelle aux voyages, à la communion avec la nature qui nous entoure, presque un retour aux premiers temps, où l'homme se contentait de ce qu'il trouvait sur place. Ses descriptions de ballades en montagne sont très réalistes. C'est un livre emplit de fraîcheur, où l'homme se retrouve dépouillé de tous ses artifices qu'il s'impose, ou que la société qu'il a crée lui impose.
En tous les cas, c'est pour moi, une heureuse découverte. Et hop! mon sac à dos.
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spleen
  13 août 2015
Que les fans de Jack Kerouak me pardonnent deux choses:
-La première, mais là c'est réparé : je n'avais jamais lu de roman de ce grand écrivain ...
-La deuxième, plus difficile à avouer : je me suis demandée assez longtemps si c'était du premier ou du second degré .
C'est d'abord par méconnaissance de ce mouvement littéraire et artistique des années 1950 aux Etats Unis et de ses protagonistes comme Gary Snider.
Je connaissais, bien sur, le mouvement "Beat génération "mais sans le relier au bouddhisme Zen.
D'ailleurs, j'ai eu une certaine difficulté à trouver l'esprit du bouddhisme dans les moeurs sexuelles fort libérées de ces jeunes gens qui refusent toute convention et où l'alcool et la drogue semblent également un principe de base !
On est loin de la sagesse et de la réserve du moine Matthieu Ricard ...
Seul ce besoin de grands espaces, de nature sauvage parait propice à la méditation, à l'évasion mais lors de leurs randonnées dans les montagnes nos lascars partent en espadrilles, sans sac de couchage loin des préceptes de base de tout montagnard !
On peut envier, bien sûr, cette façon de penser et de vivre, détachée des boulets que l'on traine quotidiennement , des contingences matérielles , cette liberté en dehors de toute obligation morale : c'est bien ce qui a entrainé une partie de la génération suivante dans le mouvement hippie mais pour moi cette lecture arrive beaucoup trop tard dans mon cheminement idéologique !
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Eric01
  24 mai 2015

Avec « les clochards célestes », Kerouac a nous certainement offert son plus beau roman. Selon moi, supérieur même à « La route » qui a pourtant fait son succès planétaire. Quel bonheur en effet de retrouver la fraicheur des premiers instants de la beat génération. Quelle liberté, quelle liberté profonde… ! La vie s'égrainait en poèmes et en déclamations, en odes à la nature, et en beuveries joyeuses. le personnage de Japhy (Garry Snyder) donne toute sa force au roman. C'est lui qui le premier redécouvre les maitres du T'chan, emprunte à leurs folies, poursuit leurs contemplations. Lui, qui prend le large, comme appelé par l'autre rive ; et qui part déjà…
Merci Jack.
Merci Garry.
Merveilleux fous du Zen…
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milan
  06 juillet 2017
Mais contrairement à moi, ils avaient honte de céder à leurs désirs". Cette extrait apparaît au milieu du livre. Kerouac y parle de ses voisins qui s'étonnent de le voir passer toutes ses journées, dans la forêt , à ne "rien faire" ou à étudier alors qu'il"est trop vieux pour être étudiant."Et c'est en celà que se trouve toute la frustration et l'admiration que suscite que Kerouac à chacune de mes lectures: Son courage. Il a une vision du monde, de la vie. Vision emplie de générosité, d'empathie, et il vit pleinement cette vision, ne trahit ( ou rarement) aucun de ses principes. Dans les clochards céleste, il raconte ses errances, ses rencontres, ses amis, ses découvertes, ses illuminations. Il est en pleine expérimentation des percepts bouddhistes, en compagnie de "clochards" et en particulier de Japhy, un bûcheron issu de l'Amérique profonde, rencontré lors d'une lecture de poésie dans un bar de San Francisco. Et c'est le coup de foudre idéologique entre les deux. Japhy aussi sillonne le pays, mène une vit de moine, entouré de poésie et de lectures métaphysiques, médite dans sa cabane, reçoit tous les artistes du coin, pratique l'amour libre, mais il est surtout passionné d'alpinisme, passion qu'il veut faire découvrir à Kerouac (Ray smith dans le livre) et Kerouac est bien sur d'accord. Ils traversent donc le pays, partant à la découverte des meilleurs sites pour faire de l'escalade et camper. Japhy apprend à Ray (et à d'autres) les bases de l'escalade et du camping, les techniques de survie, et pour Ray, c'est la découverte d'une autre liberté, encore plus grandiose que celle qu'il connait jusque là, sans doute parce que plus liée à la nature et aux sources de toute vie.Ils escaladent les sommets de Californie, et ça donne lieu à des pensées lumineuses et chaleureuses.....mais drôles parfois, parce que malgré toute sa bonne volonté, Kerouac est humain, et cède parfois à des désirs simples: un bon lit, un vrai repas....une petite envie de luxe, ou au moins d'un minimum de confort, et n'hésite pas alors à maudire et rejeter toutes ses aspirations....pendant juste quelques minutes....le temps du bonheur suivant, celui d'un abri rocheux, magiquement éclairé par un feu de camp, ou alors le plaisir d'être réveillé tous les matins, dans son sac de couchage, par le passage fulgurant d'un colibri. Ray passe d'un type de compagnie à l'autre ( solitude absolue, groupes de poètes, citoyens "normaux") et d'un décor à l'autre ( routes sans fins, forêts majestueuse, villes industrielles asphyxiantes) et transmet ses émotions à la fois sincères et contradictoires, reflets de son ouverture d'âme et de coeur au monde qui l'entoure.Il ne résiste à aucune émotion, les laisse toutes le traverser et les restitue sublimées, honnêtes. L'Amérique que décrit Kerouac est un monstre effrayant, broyant tout sur son passage, dépourvue d'âme. Et pourtant, elle est riche de poètes, d'êtres sensibles et lucides, luttant contre ce qu'elle devient tout en lui rendant hommage, et qui malgré leurs tentatives de fuir le plus loin possible, y reviennent, comme attirés irrésistiblement, l'évoquant à l'infini. Je lis souvent en écoutant de la musique (principalement pour court-circuiter les parasites autour de moi) et jamais une musique n'a semblé convenir à ce point à une lecture: La BO de American Beauty https://www.youtube.com/watch?v=gHxi-HSgNPc Même le titre est parfait, avec un extrait pareil :" Les chiens méditaient aussi, tout debout. Il régnait un calme absolu. Toute la campagne n'était que gel et silence. On n'entendait même pas le le léger bruit d'un lapin ou d'un raton laveur. Rien que le merveilleux silence glacé. Un chien aboya, à sept ou huit kilomètres, du coté de Sandy Cross. Un très , très léger ronronnement de camion s'élevait à quelques vingt kilomètres; du côté de la route 301, dans la nuit. Une fois ou deux retentit dans le lointain le bouhouhou des trains Diesel qui remontaient vers New Yrok ou descendaient vers la Floride, emportant voyageurs ou marchandises. Une nuit bénie. Je tombais aussitôt dans une transe atone, vide de toute réflexion, qui me révéla une fois encore que je pouvais cesser de penser.Je soupirais d'aise en me rappelant que je n'avais plus besoin de penser. Je sentis tout mon corps sombrer dans une extase à laquelle je pouvais enfin croire. J'étais détendu et réconcilié avec le monde éphémère des rêves et des rêveurs. J'avais fait la paix avec le rêve lui même. J'écris ses lignes, les écouteurs plus que vissées aux oreilles, tentant douloureusement de ne pas être envahie par le vacarme de ce qu'il y a de plus vulgaire et abjecte chez l'homme: l'absence totale de beauté, un état bestial dénué de la force de la bête. En cela, je n'ai apparemment pas saisi Kerouac, lui qui ne semble pas connaitre de mépris envers qui que ce soit, il est tour à tour admiratif, craintif et au pire indifférent. Les livres de Kerouac sont de ceux que je suis prête à relire tout de suite ( et c'est le cas à l'instant, en recopiant mes notes), aussitôt la dernière page lue. Les livres de Kerouac sont de ceux qui poussent à parler de soi dans une critique sensée aborder un texte, son style...etc. Parce que les livres de Kerouac ne sont pas juste des livres, ils sont un tête à tête avec un être sensible. Lire Kerouac est dangereux pour le repos de l'âme, à déconseiller.
'American Beauty' - Thomas Newman (from the 'plast
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   30 mai 2013
Il croit qu'il faut imaginer le monde comme le rendez-vous des errants qui s'avancent sac au dos, des clochards célestes qui refusent d'admettre qu'il faut consommer toute la production et par conséquent travailler pour avoir le privilège de consommer, et d'acheter toute cette ferraille dont ils n'ont que faire; réfrigérateurs, récepteurs de télévision, automobiles ( tout au moins ces nouvelles voitures fantaisistes) et toutes sortes d'ordures inutiles, les huiles pour faire pousser les cheveux, les désodorisants et autres saletés qui, dans tous les cas, atterriront dans la poubelle huit jours plus tard, tout ce qui constitue le cercle infernal: travailler, produire, consommer, travailler, produire, consommer.
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SachenkaSachenka   12 juin 2017
- Smith, tu ne comprends pas que donner est un plaisir. Il se livrait à ce plaisir de façon charmante, sans rien de touchant ni de voyant - avec tristesse, pour ainsi dire. Il m'offrit parfois des objets usés et sans valeurs, mais ses dons ne manquaient jamais de grâce, ils étaient utiles et il y avait, dans son geste, de la tristesse.
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lafilledepassagelafilledepassage   02 mars 2018
J’ai lu Whitman, et savez-vous ce qu’il dit ? « Debout les esclaves, faites tremblez les despotes étrangers». Il croit que telle doit être l’attitude du Barde, du Barde Fou inspiré par le Zen, sur les vieilles pistes du désert. Il croit qu’il faut imaginer le monde comme le rendez-vous des errants qui s’avancent sac au dos, des clochards célestes qui refusent d’admettre qu’il faut consommer toute la production et par conséquent travailler pour avoir le privilège de consommer, et d’acheter toute cette ferraille dont ils n’ont que faire ; réfrigérateurs, récepteurs de télévision, automobiles (tout au moins ces nouvelles voitures fantaisistes) et toutes sortes d’ordures inutiles, les huiles pour faire pousser les cheveux, les désodorisants et autres saletés qui, dans tous les cas, atterriront dans la poubelle huit jours plus tard, tout ce qui constitue le cercle infernal : travailler, produire, consommer, travailler, produire, consommer. J'entrevois la grande révolution des sacs à dos. Des milliers, des millions de jeunes Américains, bouclant leur sac et prenant la route, escaladant les montagnes pour prier, faisant rire les enfants, réjouissant les vieux, rendant heureuses les jeunes filles et plus heureuses encore les vieilles, tous transformés en Fous du Zen, lancés de par le monde pour écrire des poèmes inspirés, sans rime ni raison, pratiquant la bonté, donnant l’image de la liberté par leurs actes imprévus, à tous les hommes et même à tous les êtres vivants.
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philoulemarin55philoulemarin55   14 février 2018
Donne-moi la bouteille que je boive encore un coup. Hou-oo-ou! (Japhy se releva d'un bond.) J'ai lu Whitman, et savez-vous ce qu'il dit ?
Debout les esclaves, faites trembler les despotes étrangers. Il croit que telle doit être l'attitude du Barde, du Barde Fou inspiré par le Zen, sur les vieilles pistes du désert. Il croit qu'il faut imaginer le monde comme le rendz-vous des errants qui s'avancent sac au dos, des clochards célestes qui refusent d'admettre qu'il faut consommer toute la production et par conséquent travailler pour avoir le privilège de consommer, et d'acheter toute cette féraille dont ils n'ont que faire ; réfrigérateurs, récepteurs de télévision, automobiles (tout au moinsces nouvelles voitures fantaisistes) et toutes sortes d'ordures inutiles, les huiles pour faire pousser les cheveux, les désodorisants et autres saletés qui, dans tous les cas, atterriront dans la poubelles huit jours plus tard, tout ce qui constitue le cercle infernal : travailler, produire, consommer.
J'entrevois la grande révolution des sacs a dos. Des miliers, des millions de jeunes Américains, bouclant leur sac et prenant la route, escaladant les montagnes pour prier, faisant rire les enfants réjouissant les vieux, rendant heureuses les jeunes filles et plus heureuses encore les vieilles, tous transformés en fous du Zen, lancés de par le monde pour écrire des poèmes inspirés, sans rime ni raison, pratiquant la bonté, donnant l'image de la liberté par leurs actes imprévus, à tous les hommes et même à tous les êtres vivants ....
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lafilledepassagelafilledepassage   01 mars 2018
Je me rappelai le fameux axiome zen : « quand tu parviendras au sommet de la montagne, continue à monter » […] Soudain, j’entendis un ioulement magnifique et haletant, une étrange musique, d’une mystique intensité. Je levai les yeux : Japhy était debout, au sommet du Matterhorn, faisant entende le magnifique chant de joie du Bouddha-triomphant-qui-a-écrasé-les-montagnes. C’était comique aussi par certains côtés, encore que le plus haut sommet de Californie ne fût pas comique du tout en ce moment, avec ses rafales de brouillard. Mais il fallait bien le reconnaitre : le cran, l’endurance, la sueur, et maintenant ce chant d’une humanité déboussolée c’était comme de la crème fouettée sur une pièce montée.
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Videos de Jack Kerouac (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack Kerouac
Lettre de Neal Cassady à Jack Kerouac du 7 mars 1947. Extrait de "Un truc très beau qui contient tout (Lettres 1944-1950)" aux éditions Finitude.
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