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ISBN : 2021125092
Éditeur : Seuil (20/08/2015)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 262 notes)
Résumé :
L'histoire de Petit Piment, un jeune orphelin effectuant sa scolarité dans une institution d'accueil catholique. Lors de la révolution socialiste, il en profite pour s'évader. Adolescent, il commet toutes sortes de larcins. Il trouve refuge auprès de Maman Fiat 500 et de ses dix filles. Mais de nouvelles épreuves lui feront perdre la tête.
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Critiques, Analyses et Avis (93) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  27 mars 2016
Il s'était toujours demandé pourquoi le prêtre de l'orphelinat de Loango, Papa Moupelo, l'avait appelé Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko. Un personnage à part, sans doute, que ce prêtre qui s'occupait si bien de tous les orphelins. Il était attendu chaque week-end, moment où chacun aimait à oublier les punitions de la semaine. Un moment où la joie, la musique et les cris pouvaient s'entendre par delà les murs de l'institution. Il faut dire que l'orphelinat était dirigé par un directeur corrompu et autoritaire, un certain Dieudonné Ngoulmoumako, entouré de sbires qui n'étaient rien d'autre que des membres de sa famille. Heureusement que cet orphelin de Pointe-Noire, celui qui se fait dorénavant appeler Moïse, peut compter et sur la protection bienveillante de Papa Moupelo, et sur l'amitié de Bonaventure Kokolo. Mais, voilà que le prêtre, un jour, se fait attendre, trop longtemps, et qu'une Révolution socialiste commence à gagner les rangs et bouleverser le pays...
Dans ce roman quelque peu autobiographique, l'on suit le parcours de Moïse, alias Petit Piment, de l'orphelinat de Loango aux rues grouillantes et aux bas-fonds de Pointe-Noire. Ce roman, social et politique, découpé en trois parties bien distinctes, donne à voir, en filigrane, de la société congolaise dans les années 60-70, de la révolution sociale qui germe, de la corruption, de la misère et de la condition des femmes. Alain Mabanckou est un conteur, il manie la plume avec élégance et l'on prend un plaisir certain à le lire, même si le début du roman est plus laborieux. Un récit à la fois drôle et doux-amer, parfois cruel ou tendre, et aux personnages hauts en couleurs.
Dommage cette quatrième de couverture beaucoup trop bavarde...
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palamede
  28 mai 2016
Petit piment est un brave garçon poursuivi par les coups du sort. Après les années sévères de l'orphelinat, la dure loi des bas-fonds de Pointe-Noire et la douceur des prostituées, il connait la folie de celui qui a perdu successivement l'amour maternel, l'amitié fraternelle et la gaieté protectrice des femmes. Seule sa vengeance semble la digne réponse à ce misérable destin.
Comme il sait si bien le faire, Alain Mabanckou parle de son pays avec amour, mais décrit avec lucidité (et humour) la corruption et le népotisme des dirigeants politiques, la rivalité entre les différentes ethnies et le pillage du pays par des puissances occidentales qui sont au Congo, comme dans d'autres pays d'Afrique, les grands freins à leur développement.
Toute la saveur de la belle écriture imaginative d'Alain Mabanckou réside dans ce roman d'une Afrique fascinante. Entre réalisme, croyances superstitieuses et coutumes, l'auteur nous transporte dans un univers envoûtant aussi concret qu'ensorcelé.
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Gwen21
  28 octobre 2015
Étrange le phénomène qui s'est produit au cours de ma lecture de "Petit Piment" d'Alain Mabanckou. Je m'explique : dans la grande majorité des cas, mon intérêt ne fait que croître au fil des pages, or ici, il n'a fait que décliner jusqu'à devenir inexistant. Je pense même que si le roman avait été plus épais, je l'aurais sans aucun doute abandonné. Non pas que l'histoire soit totalement inintéressante, au contraire, ce récit m'a familiarisée avec l'Afrique dont j'ignore tout et j'étais d'ailleurs très heureuse de ce dépaysement bienvenu. N'allez pas croire que je ne me sens vivre que dans les combes et les landes de la brumeuse campagne anglaise...
Le contexte, disais-je, est intéressant. Nous voici au Congo, à l'orphelinat de Loango où nous faisons la connaissance de Moïse (en fait il porte un nom à rallonge bien plus complexe mais il ne faut pas me demander de vous le répéter). Nous suivons son enfance, son éducation, ses péripéties pour sortir de l'institution et rejoindre les petits délinquants de Pointe-Noire, la capitale économique. Là où ça commence à coincer, c'est lorsque, de vols en festins de viande de chat (j'ai eu beaucoup de mal avec ce passage), Moïse, rebaptisé Petit-Piment, atterrit dans la maison close de Maman Fiat 500 avant de travailler au port. Cette existence entre misère et manque de racines va le mener précocement vers la folie.
Paradoxalement, je pense que le récit souffre d'un manque de descriptions. Alain Mabanckou possède une plume assez directe et concise qui laisse un goût de "trop peu". le rythme est soit rapide soit lent ; des années s'écoulent en quelques lignes, des détails ou des rencontres insignifiantes font bâiller d'ennui.
En résumé, vous l'aurez compris, un avis très mitigé et pas forcément une folle envie de goûter à nouveau l'univers littéraire de l'auteur.

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Kittiwake
  15 novembre 2015
Ambiance africaine garantie pour ce court roman d'Alain Mabanckou, qui illumine cette rentrée littéraire de sa plume épicée. C'est le récit d'une vie : Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko, dit Moïse, dit Petit Piment nous narre en trois parties sa destinée congolaise : à l'orphelinat, dans la rue puis seul en proie à une amnésie délirante, après un répit de courte durée.
Ces ruptures successives dans le parcours du personnage sont étroitement liées aux chaos politiques et administratifs rythmés par les élections : l'orphelinat était un refuge sinon chaleureux, au moins vivable, voire agréable lorsque les enfants recevaient la visite de Papa Moupelo, un prêtre catholique qui les faisaient chanter (au sens littéral du terme). La révolution socialiste est passée par là, et le charme s'est rompu : trois enfants dont Petit Piment se font la belle, pour se retrouver dans les bas-fonds de Pointe Noire et vivre de rapines. Mauvais plan à moyen terme, la corruption et l'abus de pouvoir existent à tous les niveaux : Petit piment trouve refuge dans la plus ouverte des maisons closes, un bordel tenu par la truculente Maman Fiat 500. Un apprentissage de la vie et une échappatoire à l'errance. jusqu'à ce que de nouvelles élections mettent fin à la quiétude de Petit piment. C'en est trop, il perd la tête. Qu'est-ce qui pourrait le sauver, hormis une vengeance?
Le constat est sans appel, manoeuvres politiques, corruption, le destin des individus est celui d'un frêles esquif balloté au gré de la houle que soufflent les dirigeants. La satire sociale prend les traits d'un conte exotique qui ressemble plus à une histoire de vengeance qu'à un récit initiatique.
La naïveté perdue du jeune homme n'a d'autre issue que la folie, dont il n'a pas intérêt à guérir (sa détermination à résister aux tentatives thérapeutiques diverses est particulièrement drôle et réjouissante).
La plume court au rythme des déboires du jeune homme, maitrisée cependant, si l'on en juge par les facéties de l'auteur.
Ce n'est peut-être pas le meilleur roman de Mabanckou, (j'avais été subjuguée par Verre cassé) mais un bon crû pimenté à souhait.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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aouatef79
  18 juin 2019
"Petit Piment",est un roman court qui se lit d 'une traite tellement il accroche le lecteur une fois la lecture entamée .Le récit se situe à Pointe-Noire , une ville chère à son auteur , Alain Mabanckou .Il raconte l 'histoire d'un jeune orphelin Petit Piment dont la vie n 'est pas facile et ne ressemble pas à celle des enfants de son âge .Il effectue sa scolarité dans une institution catholique placée sous l 'autorité d 'un prélat , Dieudonné Ngoulmoumako .Ce dernier est un personnage peu recommandable tellement corrompu et abusif .Avec le commandant Marien Ngouabi , le pays connaîtra l 'ère socialiste car le chef bien-aimé est d 'obédience communiste .Petit Piment avec quelques amis prennent prennent la poudre d 'escampette.L 'aventure commence .Petit Piment trouve refuge chez Maman Fiat 500 et ses dix filles , la vie semble lui sourire dans la gaieté de cette maison pas si close que ça , où il rend aux pensionnaires toutes sortes de services .Mais le maire zélé de Pointe-Noire décide d 'une intervention énergique pour éradiquer la prostitution .
C'en est trop .Petit-Piment perd la
tête mais pas le nord : il sait qu 'il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin et sa quiétude .
Un beau roman drôle , cocasse , envoûtant et sur le plan de l 'écriture Alain Mabanckou nous ne déçoit rarement .

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critiques presse (8)
LaLibreBelgique   16 janvier 2017
Le roman procure avant tout un agréable moment de lecture. Vif, émouvant, espiègle, cocasse, faussement naïf, il est truffé de jeux de mots.
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LaLibreBelgique   10 novembre 2015
Délicieux Petit Piment. Entre gouaille africaine et souvenirs mélancoliques.
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LeFigaro   01 octobre 2015
Avec une éblouissante simplicité, Alain Mabanckou narre l'existence d'un Congolais à la fin des années soixante-dix, de son enfance à l'âge adulte.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LePoint   28 septembre 2015
Cocasse et pimenté.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeJournaldeQuebec   14 septembre 2015
Alain Mabanckou a mitonné une délicieuse histoire qui nous permet de découvrir sa ville natale à une époque où tout le monde devait penser la même chose.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Lexpress   31 août 2015
A travers ce roman d'apprentissage, (...) l'écrivain franco-congolais aborde, sans en avoir l'air, quelques tabous africains. Derrière la fantaisie, la gravité.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   26 août 2015
Portraits vivement troussés, rythme alerte, langue pétillante et inventive : Petit Piment est un nouveau délice dont Alain Mabanckou a le secret.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   06 août 2015
Cette série de péripéties retrace en filigrane l'histoire contemporaine du pays natal de l'écrivain vu de l'intérieur, par ceux-là mêmes qui en ont subi la chappe. Et si le héros s'évade de la triste réalité en sombrant dans la maladie mentale, il revêt aussi les habits du fou (ou du poète ?) dont on sait qu'il a (toujours ?) raison…
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   27 octobre 2015
- Mon Petit Piment, tous les hommes qui m'ont eue dans leur lit m'ont proposé de vivre avec eux, de quitter leurs femmes, leurs enfants. Ils m'ont promis des châteaux, des Mercedes, et que sais-je encore, mais je sais que le plaisir fait dire des choses qu'on finit par regretter des années plus tard. En cela les hommes ne changeront pas, ils sont capables de n'importe quelle folie une fois qu'ils sont dans vos bras.
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nadiouchkanadiouchka   04 avril 2016

Je m’empressai vers elle et lui proposai mon aide. Elle parut surprise, sans doute parce que ce n’était pas ainsi que les adolescents du quartier agissaient. Elle se méfiait néanmoins que je disparaisse avec un ou deux de ses sacs et se retournait presque tous les deux pas. Afin de la rassurer, je m’avançai jusqu’à sa hauteur, et nous marchions côte à côte, donnant l’impression à ceux qui nous croisaient que j’étais son boy.
Nous sommes entrés dans une vaste parcelle avec une grande maison principale et un petit appartement à part. Dix filles, les unes plus belles que les autres, vinrent l’entourer et s’emparèrent des sacs qu’elles commencèrent à déballer.
…………..
Puis me montrant du doigt, elle dit aux filles :
- Ce petit monsieur que vous voyez là m’a aidée à porter les courses, et ce n’est pas moi qui le lui ai demandé ! C’est rare, non ?
………….
- Comment tu t’appelles, au fait ?
- Petit Piment…
Elle sursauta :
- C’est pas un nom ça ! Tu dois bien avoir un vrai nom comme tout le monde ?
Puisque je ne bronchais pas, elle soupira :
- C’est pas grave, on t’appellera ainsi ! Moi-même je m’appelle bien Maman Fiat 500 !
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domisylzendomisylzen   03 novembre 2017
Je restai coi, l'esprit préoccupé par les deux bouteilles de bière que j'avais caché dans le sable de la Tchinouka afin qu'elles gardent un peu de fraîcheur jusqu'à mon retour. Plus j'y pensais, plus j'imaginais ces deux bouteilles tomber enceintes, accoucher de bébés-bières qui, eux-mêmes, donnaient le jour à d'autres bébés-bières au point que pour moi le monde n'était plus qu'un océan d'alcool.
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Dionysos89Dionysos89   30 juillet 2016
Les cadavres, ça n’arrête pas ces derniers jours ! Ce matin j’ai encore reçu deux corps si cabossés que j’ai dû ramasser des morceaux de chair depuis la cour de l’hôpital jusqu’à l’entrée de ma morgue. Y a eu paraît-il un grave accident de voitures du côté du rond-point Albert-Moukila, et ces voyous roulaient à tombeau ouvert ! Eh bien, puisque chez moi on n’est pas pressé, ils vont désormais rouler à tombeau fermé !
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Dionysos89Dionysos89   09 janvier 2016
Je ne me retiendrai pas de citer les paroles judicieuses de Jomo Kenyatta, le grand militant et président du Kenya, un pays frère : Lorsque les Blancs sont venus en Afrique, nous avions les terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés : lorsque nous les avons ouverts, les Blancs avaient la terre et nous la Bible.

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Videos de Alain Mabanckou (119) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Mabanckou
Leçon inaugurale d'Alain Mabanckou, écrivain, professeur de littérature à UCLA (17 mars 2016). "L?Afrique a pendant plusieurs siècles été vue, imaginée, fantasmée par les Européens comme un continent sauvage, ténébreux, matière première des récits d?aventures et d?exploration, teintés d?exotisme, qui ne laissaient pourtant entendre qu?une seule voix, celle du colonisateur. Il faut attendre le milieu du XXe siècle pour qu?une littérature écrite par et pour les Africains se révèle. de la négritude à la « migritude », il appartient aux écrivains noirs d?aujourd?hui de penser et de vivre leur identité artistique en pleine lumière." Revoir tous les cours donnés par Alain Mabanckou au Collège de France : https://www.college-de-france.fr/site/alain-mabanckou/_course.htm
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