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EAN : 9782021125092
288 pages
Éditeur : Seuil (20/08/2015)
3.31/5   323 notes
Résumé :
L'histoire de Petit Piment, un jeune orphelin effectuant sa scolarité dans une institution d'accueil catholique. Lors de la révolution socialiste, il en profite pour s'évader. Adolescent, il commet toutes sortes de larcins. Il trouve refuge auprès de Maman Fiat 500 et de ses dix filles. Mais de nouvelles épreuves lui feront perdre la tête.
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Critiques, Analyses et Avis (102) Voir plus Ajouter une critique
3,31

sur 323 notes

marina53
  27 mars 2016
Il s'était toujours demandé pourquoi le prêtre de l'orphelinat de Loango, Papa Moupelo, l'avait appelé Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko. Un personnage à part, sans doute, que ce prêtre qui s'occupait si bien de tous les orphelins. Il était attendu chaque week-end, moment où chacun aimait à oublier les punitions de la semaine. Un moment où la joie, la musique et les cris pouvaient s'entendre par delà les murs de l'institution. Il faut dire que l'orphelinat était dirigé par un directeur corrompu et autoritaire, un certain Dieudonné Ngoulmoumako, entouré de sbires qui n'étaient rien d'autre que des membres de sa famille. Heureusement que cet orphelin de Pointe-Noire, celui qui se fait dorénavant appeler Moïse, peut compter et sur la protection bienveillante de Papa Moupelo, et sur l'amitié de Bonaventure Kokolo. Mais, voilà que le prêtre, un jour, se fait attendre, trop longtemps, et qu'une Révolution socialiste commence à gagner les rangs et bouleverser le pays...
Dans ce roman quelque peu autobiographique, l'on suit le parcours de Moïse, alias Petit Piment, de l'orphelinat de Loango aux rues grouillantes et aux bas-fonds de Pointe-Noire. Ce roman, social et politique, découpé en trois parties bien distinctes, donne à voir, en filigrane, de la société congolaise dans les années 60-70, de la révolution sociale qui germe, de la corruption, de la misère et de la condition des femmes. Alain Mabanckou est un conteur, il manie la plume avec élégance et l'on prend un plaisir certain à le lire, même si le début du roman est plus laborieux. Un récit à la fois drôle et doux-amer, parfois cruel ou tendre, et aux personnages hauts en couleurs.
Dommage cette quatrième de couverture beaucoup trop bavarde...
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palamede
  28 mai 2016
Petit piment est un brave garçon poursuivi par les coups du sort. Après les années sévères de l'orphelinat, la dure loi des bas-fonds de Pointe-Noire et la douceur des prostituées, il connait la folie de celui qui a perdu successivement l'amour maternel, l'amitié fraternelle et la gaieté protectrice des femmes. Seule sa vengeance semble la digne réponse à ce misérable destin.
Comme il sait si bien le faire, Alain Mabanckou parle de son pays avec amour, mais décrit avec lucidité (et humour) la corruption et le népotisme des dirigeants politiques, la rivalité entre les différentes ethnies et le pillage du pays par des puissances occidentales qui sont au Congo, comme dans d'autres pays d'Afrique, les grands freins à leur développement.
Toute la saveur de la belle écriture imaginative d'Alain Mabanckou réside dans ce roman d'une Afrique fascinante. Entre réalisme, croyances superstitieuses et coutumes, l'auteur nous transporte dans un univers envoûtant aussi concret qu'ensorcelé.
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Gwen21
  28 octobre 2015
Étrange le phénomène qui s'est produit au cours de ma lecture de "Petit Piment" d'Alain Mabanckou. Je m'explique : dans la grande majorité des cas, mon intérêt ne fait que croître au fil des pages, or ici, il n'a fait que décliner jusqu'à devenir inexistant. Je pense même que si le roman avait été plus épais, je l'aurais sans aucun doute abandonné. Non pas que l'histoire soit totalement inintéressante, au contraire, ce récit m'a familiarisée avec l'Afrique dont j'ignore tout et j'étais d'ailleurs très heureuse de ce dépaysement bienvenu. N'allez pas croire que je ne me sens vivre que dans les combes et les landes de la brumeuse campagne anglaise...
Le contexte, disais-je, est intéressant. Nous voici au Congo, à l'orphelinat de Loango où nous faisons la connaissance de Moïse (en fait il porte un nom à rallonge bien plus complexe mais il ne faut pas me demander de vous le répéter). Nous suivons son enfance, son éducation, ses péripéties pour sortir de l'institution et rejoindre les petits délinquants de Pointe-Noire, la capitale économique. Là où ça commence à coincer, c'est lorsque, de vols en festins de viande de chat (j'ai eu beaucoup de mal avec ce passage), Moïse, rebaptisé Petit-Piment, atterrit dans la maison close de Maman Fiat 500 avant de travailler au port. Cette existence entre misère et manque de racines va le mener précocement vers la folie.
Paradoxalement, je pense que le récit souffre d'un manque de descriptions. Alain Mabanckou possède une plume assez directe et concise qui laisse un goût de "trop peu". le rythme est soit rapide soit lent ; des années s'écoulent en quelques lignes, des détails ou des rencontres insignifiantes font bâiller d'ennui.
En résumé, vous l'aurez compris, un avis très mitigé et pas forcément une folle envie de goûter à nouveau l'univers littéraire de l'auteur.

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Kittiwake
  15 novembre 2015
Ambiance africaine garantie pour ce court roman d'Alain Mabanckou, qui illumine cette rentrée littéraire de sa plume épicée. C'est le récit d'une vie : Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko, dit Moïse, dit Petit Piment nous narre en trois parties sa destinée congolaise : à l'orphelinat, dans la rue puis seul en proie à une amnésie délirante, après un répit de courte durée.
Ces ruptures successives dans le parcours du personnage sont étroitement liées aux chaos politiques et administratifs rythmés par les élections : l'orphelinat était un refuge sinon chaleureux, au moins vivable, voire agréable lorsque les enfants recevaient la visite de Papa Moupelo, un prêtre catholique qui les faisaient chanter (au sens littéral du terme). La révolution socialiste est passée par là, et le charme s'est rompu : trois enfants dont Petit Piment se font la belle, pour se retrouver dans les bas-fonds de Pointe Noire et vivre de rapines. Mauvais plan à moyen terme, la corruption et l'abus de pouvoir existent à tous les niveaux : Petit piment trouve refuge dans la plus ouverte des maisons closes, un bordel tenu par la truculente Maman Fiat 500. Un apprentissage de la vie et une échappatoire à l'errance. jusqu'à ce que de nouvelles élections mettent fin à la quiétude de Petit piment. C'en est trop, il perd la tête. Qu'est-ce qui pourrait le sauver, hormis une vengeance?
Le constat est sans appel, manoeuvres politiques, corruption, le destin des individus est celui d'un frêles esquif balloté au gré de la houle que soufflent les dirigeants. La satire sociale prend les traits d'un conte exotique qui ressemble plus à une histoire de vengeance qu'à un récit initiatique.
La naïveté perdue du jeune homme n'a d'autre issue que la folie, dont il n'a pas intérêt à guérir (sa détermination à résister aux tentatives thérapeutiques diverses est particulièrement drôle et réjouissante).
La plume court au rythme des déboires du jeune homme, maitrisée cependant, si l'on en juge par les facéties de l'auteur.
Ce n'est peut-être pas le meilleur roman de Mabanckou, (j'avais été subjuguée par Verre cassé) mais un bon crû pimenté à souhait.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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aouatef79
  18 juin 2019
"Petit Piment",est un roman court qui se lit d 'une traite tellement il accroche le lecteur une fois la lecture entamée .Le récit se situe à Pointe-Noire , une ville chère à son auteur , Alain Mabanckou .Il raconte l 'histoire d'un jeune orphelin Petit Piment dont la vie n 'est pas facile et ne ressemble pas à celle des enfants de son âge .Il effectue sa scolarité dans une institution catholique placée sous l 'autorité d 'un prélat , Dieudonné Ngoulmoumako .Ce dernier est un personnage peu recommandable tellement corrompu et abusif .Avec le commandant Marien Ngouabi , le pays connaîtra l 'ère socialiste car le chef bien-aimé est d 'obédience communiste .Petit Piment avec quelques amis prennent prennent la poudre d 'escampette.L 'aventure commence .Petit Piment trouve refuge chez Maman Fiat 500 et ses dix filles , la vie semble lui sourire dans la gaieté de cette maison pas si close que ça , où il rend aux pensionnaires toutes sortes de services .Mais le maire zélé de Pointe-Noire décide d 'une intervention énergique pour éradiquer la prostitution .
C'en est trop .Petit-Piment perd la
tête mais pas le nord : il sait qu 'il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin et sa quiétude .
Un beau roman drôle , cocasse , envoûtant et sur le plan de l 'écriture Alain Mabanckou nous ne déçoit rarement .

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critiques presse (8)
LaLibreBelgique   16 janvier 2017
Le roman procure avant tout un agréable moment de lecture. Vif, émouvant, espiègle, cocasse, faussement naïf, il est truffé de jeux de mots.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique   10 novembre 2015
Délicieux Petit Piment. Entre gouaille africaine et souvenirs mélancoliques.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   01 octobre 2015
Avec une éblouissante simplicité, Alain Mabanckou narre l'existence d'un Congolais à la fin des années soixante-dix, de son enfance à l'âge adulte.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LePoint   28 septembre 2015
Cocasse et pimenté.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeJournaldeQuebec   14 septembre 2015
Alain Mabanckou a mitonné une délicieuse histoire qui nous permet de découvrir sa ville natale à une époque où tout le monde devait penser la même chose.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Lexpress   31 août 2015
A travers ce roman d'apprentissage, (...) l'écrivain franco-congolais aborde, sans en avoir l'air, quelques tabous africains. Derrière la fantaisie, la gravité.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   26 août 2015
Portraits vivement troussés, rythme alerte, langue pétillante et inventive : Petit Piment est un nouveau délice dont Alain Mabanckou a le secret.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   06 août 2015
Cette série de péripéties retrace en filigrane l'histoire contemporaine du pays natal de l'écrivain vu de l'intérieur, par ceux-là mêmes qui en ont subi la chappe. Et si le héros s'évade de la triste réalité en sombrant dans la maladie mentale, il revêt aussi les habits du fou (ou du poète ?) dont on sait qu'il a (toujours ?) raison…
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
Chez-ClasChez-Clas   22 juillet 2021
On ne nait pas pute, on le devient. Un jour ou l’autre, on se regarde dans la glace. L’horizon semble bouché parce qu’on est au pied du mur. Et puis on franchit le pas, on propose á un passant son corps avec un sourire de circonstance, parce qu’il faut aguicher comme dans tout commerce. On se dit que ce corps, même si on le déprécie un soir, on le lavera le lendemain afin de lui rendre sa pureté. Et on le lave une fois avec de l’eau de javel, on le lave deux fois avec de l’alcool, puis on ne le lave plus du tout, on assume désormais ses actes parce que les eaux de la terre ne pourront jamais procurer de la pureté á qui que ce soit.
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Chez-ClasChez-Clas   13 juillet 2021
Je suis le fruit de cette rencontré d’une nuit où peut être ma mère ne disait rien, ne parlant pas espagnol, et mon père restant coi, ne comprenant ni le français ni les dizaines de langues de notre pays. Il parait que mon père était grand, beau avec des yeux marron clair. Je lui dois cette couleur de peau claire qui, dans ma jeunesse, avait été à la fois l’objet de raillerie et de jalousie. On s’en moquait parce qu’on voyait tout de suite que je n’étais forcement une batarde, une « cubaine », ce qui coulait dire que ma mère s’était laissé aller avec un qui voulait dire que ma mère s’était laissée aller avec un de ces bidasses soit pour mettre au monde un enfant moins noir, soit parce qu’elle se livrait en cachette à la prostitution près de camps militaires de la frontière, mais je penche plutôt pour la première possibilité. Oui, elle voulait avoir un enfant clair parce que cela représentait à l’époque une sorte de supériorité, c’était bête, mais c’était une part de notre complexe vis-à-vis des Blancs, tout ce qui était blanc était meilleur, tout ce qui était noir était maudit, sans avenir, sans lendemain…(94)
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Gwen21Gwen21   27 octobre 2015
- Mon Petit Piment, tous les hommes qui m'ont eue dans leur lit m'ont proposé de vivre avec eux, de quitter leurs femmes, leurs enfants. Ils m'ont promis des châteaux, des Mercedes, et que sais-je encore, mais je sais que le plaisir fait dire des choses qu'on finit par regretter des années plus tard. En cela les hommes ne changeront pas, ils sont capables de n'importe quelle folie une fois qu'ils sont dans vos bras.
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domisylzendomisylzen   03 novembre 2017
Je restai coi, l'esprit préoccupé par les deux bouteilles de bière que j'avais caché dans le sable de la Tchinouka afin qu'elles gardent un peu de fraîcheur jusqu'à mon retour. Plus j'y pensais, plus j'imaginais ces deux bouteilles tomber enceintes, accoucher de bébés-bières qui, eux-mêmes, donnaient le jour à d'autres bébés-bières au point que pour moi le monde n'était plus qu'un océan d'alcool.
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Dionysos89Dionysos89   30 juillet 2016
Les cadavres, ça n’arrête pas ces derniers jours ! Ce matin j’ai encore reçu deux corps si cabossés que j’ai dû ramasser des morceaux de chair depuis la cour de l’hôpital jusqu’à l’entrée de ma morgue. Y a eu paraît-il un grave accident de voitures du côté du rond-point Albert-Moukila, et ces voyous roulaient à tombeau ouvert ! Eh bien, puisque chez moi on n’est pas pressé, ils vont désormais rouler à tombeau fermé !
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Vidéo de Alain Mabanckou
Souleymane Diamanka, Louis-Philippe Dalembert & Alain Mabanckou étaient les invités de la Maison de la Poésie mardi dernier pour une soirée dédiée à la collection Points Poésie ! Retrouvez la rencontre en intégralité sur leur page YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=¤££¤8Souleymane Diamanka7¤££¤4IQ&t=1420s
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