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Carine Chichereau (Traducteur)
EAN : 9782743653828
608 pages
Payot et Rivages (08/09/2021)
3.77/5   144 notes
Résumé :
Dans ce nouveau roman, Barbara Kingsolver interroge la place des femmes dans la famille et dans l'histoire à travers deux héroïnes : Willa Knox, journaliste indépendante qui doit aider son fils en pleine crise existentielle et Mary Treat, scientifique émérite largement oubliée malgré sa proximité intellectuelle avec Darwin. Ce qui lie les deux femmes : un charisme irrésistible, un intense besoin de liberté et... une maison.

D'une époque à l'autre, du... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 144 notes
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Kittiwake
  18 novembre 2020
Quel plaisir de retrouver Barbara Kingsolver dans ce roman de l'automne 2020 !

Deux familles sont évoquées, à deux époques différentes , en 1870, alors que Darwin commence à proposer ses théories sur l'évolution , et de nos jours. le point commun entre ces deux époques est la maison qui abrite à 150 ans d'intervalle des individus regroupés sous le prétexte de former une famille.
En 1870, dans le New-Jersey, la petite ville de Landis, contrôlée par le fondateur homonyme , héberge Thatcher, un professeur de sciences contesté pour ses idées d'avant garde par sa hiérarchie attachée aux valeurs du créationisme. Peu soutenu par sa famille, sa femme, sa belle soeur et sa belle-mère , qu'il tente malgré tout de satisfaire dans leurs velléités futiles, alors que la maison présente des signes inquiétants de vétusté, il trouve le réconfort auprès de sa voisine, une vénérable lady qui échange une correspondance régulière avec Darwin.
De nos jours, la famille Knox, lui universitaire, elle journaliste (au chômage) se bat pour maintenir à flot une famille qui rompt avec l'image d'Epinal classique, alors que la maison menace de s'effondrer
D'une époque à l'autre, la lutte pour la survie se décline selon des prérequis différents, mais la démonstration est faite qu'il faut peu de choses pour que l'écroulement des certitudes menace la paix même des groupes. Quelque soit l'époque, la maison est la métaphore d'un monde qui s'effrite.
Les personnages sont de ceux qui deviennent immédiatement des amis que l'on se languit de retrouver lorsque la lecture doit s'interrompre. Et les 500 et quelques pages ne sont pas encore suffisamment nombreuses : c'est un crève coeur que de tourner la dernière.
L'état des lieux de notre monde du troisième millénaire peut engendrer la morosité, tant il semble bien que l'on ait franchi le point de non retour, et qu'il est clair que le modèle est caduque. Mais est-il nécessaire de recourir à la littérature pour s'en persuader ?
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Cigale17
  20 mars 2021
Quel roman ! Bien construit, riche, magnifiquement écrit, un vrai plaisir ! Les chapitres pairs sont contemporains (2016). Un narrateur à la troisième personne nous présente Willa Knox et sa famille, dont la situation n'est pas vraiment brillante. le magazine dans lequel Willa travaillait a fait faillite, et l'université de Virginie où son mari, Iano, était professeur titulaire a fermé. Willa a hérité d'une maison à Vineland, dans le New Jersey, et Iano a trouvé un poste pour une durée d'un an près de là : déménagement, nouvelle vie, perte de revenus, etc. Willa, pour des raisons que je ne dévoilerai pas, doit s'occuper de son acariâtre beau-père, de ses deux enfants adultes (un garçon et une fille en galère financière) et d'un bébé. En parallèle, les chapitres impairs nous entrainent dans la deuxième moitié du XIXe siècle (1871). Là aussi, un narrateur à la troisième personne nous fait découvrir une famille : Thatcher Greenwood, jeune professeur de sciences naturelles, Rose, sa ravissante femme, beaucoup plus conformiste qu'il ne l'imaginait, son insupportable belle-mère Aurelia, et sa sympathique jeune belle-soeur Polly. le trait d'union entre les deux familles : la maison qu'elles habitent et qui, déjà, pose divers problèmes à Thatcher. le titre anglais du roman Unsheltered (Sans-abri) est encore plus explicite que l'ironique double sens du titre français…
***
À 150 ans de distance, les parallèles entre les familles, mais aussi entre les époques sont nombreux et volontairement accentués par l'auteur : le ou les derniers mots d'un chapitre deviennent le titre du chapitre suivant, soulignant ainsi l'indissociabilité des deux époques. C'est sur Willa, comme sur Thatcher, que repose le fragile équilibre de chacune des familles. Willa se révèle une sorte de mère courage qui porte tout sur ses épaules et qui aime profondément sa famille, même son redoutable et irascible beau-père, immigré grec raciste et réactionnaire, pétri d'admiration pour un homme politique en campagne que tout le monde reconnaîtra. Iano aide sa femme, mais avec une certaine désinvolture… Willa trouvera un peu de réconfort en voyant sa fille Tig (Antigone !), qu'elle croyait immature, s'accommoder du présent et en tirer tout le parti qu'il est possible. Quant à Thatcher, déçu par le mariage, il se ressourcera auprès de sa voisine, Mary Treat, dont il découvre rapidement qu'elle est une scientifique respectée par ses pairs, mais pas par ses concitoyens, et qu'elle entretient une correspondance suivie avec les plus brillants esprits de son temps, dont Darwin… Thatcher admire Mary et partage ses idées progressistes.
***
Dans chacune des époques, Barbara Kingsolver met en lumière une figure d'autocrate, à tout le moins de populiste. En 1861, Charles K. Landis (1833-1900) achète des terres pour y fonder une communauté où l'alcool est interdit. Il y attire des viticulteurs italiens (!) qui devront fabriquer du jus de raisins et non pas du vin… le directeur de l'école où enseigne Thatcher partage ses idées réactionnaires. En 2016, un politique « grande gueule », qui a prétendu qu'il serait élu même s'il tirait sur quelqu'un en pleine ville (je cite de mémoire), n'a finalement tiré sur personne mais a été élu président des Etats-Unis… Beaucoup des thèmes abordés permettent de constater la fin du rêve américain et la difficulté pour la classe moyenne de ce pays de garder espoir en l'avenir. Il y aurait tant de choses à dire sur les prises de positions féministes, écologistes, progressistes, humanistes qu'on trouve dans ce beau et riche roman… Tant de choses à dire aussi sur le style de l'auteur, modulé selon chacune des époques : une ironie mordante et des dialogues décapants dans la partie contemporaine, des sous-entendus feutrés et des conversations emplies de non-dits dans l'autre… Faites-vous votre idée : lisez-le, vous ne devriez pas être déçu !
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fbalestas
  27 mars 2021
Deux familles, deux époques, un même lieu : Vineland dans le New Jersey.
Dans la première histoire, nous sommes aux prémisses de l'arrivée de Trump au pouvoir. Obama est là, et il a mis en place l'Obamacare. Mais les primaires du côté républicain laissent présager de la suite.
Willa, la véritable héroïne de cette histoire, est une femme de classe moyenne, qui voit les difficultés financières s'amonceler.
Elle est doté d'un mari – Iano, un très bel homme d'origine grec – d'un beau-père, malade, mais qui n'a pas sa langue dans sa poche, et de deux enfants aussi dissemblables que possible : Zeke, le garçon, l'aîné, emprunte beaucoup d'argent pour suivre des études prestigieuses. Il vise le secteur des finances, où il pourrait créer sa Start up afin de reconvertir l'argent de puissants investisseurs vers des microcrédits pour des créateurs d'entreprise en panne de budget, un peu partout sur la planète. Rien à voir avec Tig la rebelle, sorte de « Greta Thunberg » avant l'heure, qui a une vision très précise de la catastrophe climatique à venir, et qui a adapté son mode de vie en conséquence.
Dans l'autre moitié du roman, on suit les aventures de Thatcher Greenwood, un professeur de sciences dans la ville de Vineland en 1871, farouche partisan de Darwin et de la théorie de l'évolution. Malheureusement pour lui, dans cette ville de Vineland, totalement acquise à son bienfaiteur, le fameux Landis, il subit les foudres du Directeur du collège où il enseigne, complètement rétif à toute idée de révolution, contre laquelle il oppose la bible et ses récits.
A 150 ans d'écart, Thatcher et Willa habitent la même ville. Et peut-être même la même maison. C'est du moins ce que va découvrir Willa en faisant des recherches, avec un espoir très mince de trouver une qualité historique à son habitation, ce qui pourrait peut-être l'aider à payer des travaux faramineux nécessaires pour rendre la maison habitable.
L'histoire démarre sur les chapeaux de roue : on y voit Willa, devenue depuis peu grand-mère puisque Zeke vient d'avoir un bébé, se préparer à aller voir son petit-fils du côté de Boston, avec pour trophée un berceau qui a vu naître toute la famille. Mais Willa reçoit un coup de fil stupéfiant de Zeke, avant de se mettre en route. Il lui a apprend qu'un drame vient de se jouer : Hélène, sa compagne et mère de l'enfant, vient de se suicider.
Après un début aussi tonitruant, on aurait pu imaginer que le roman de 570 pages allait poursuivre sur ce rythme. Honnêtement il n'en est rien, et il faut avouer que dans le premier tiers l'écrivaine Barbara Kingsolver est à la peine, pour nous décrire d'une part les turpitudes de Willa, ancienne journaliste aujourd'hui au chômage, récupérant un bébé et un beau-père épuisant – il est un fervent supporter républicain, contrairement à l'ensemble de la famille – et se débattant dans des soucis financiers de plus en plus nombreux.
De l'autre côté Thatcher n'est pas plus à la fête : tout juste marié à la belle Rose, il doit subir à la maison la présence de sa belle-mère, qui trouve que sa fille n'a pas fait le bon choix en termes de mari, et sa jeune belle-soeur qui doit apprendre les bonnes moeurs pour la société de Vineland. La seule échappatoire dans sa vie consiste à s'échapper pour rendre visite à sa voisine, une éminente scientifique méconnue, Mary Treat, qui correspond très régulièrement avec Charles Darwin lui-même. Mais malgré l'amitié qui va bientôt les lier, Thatcher va devoir affronter son redoutable directeur dans une sorte de joute verbale, pour savoir qui, de Dieu ou de Darwin, peut expliquer l'origine de la création.
Willa habite-t-elle la maison de Mary Treat ? ou bien de Thatcher Greenwood ? A l'aide d'un historien en herbe elle va tomber sur un trésor : la correspondance de Mary Treat rangée dans une boite à chaussures et tous les espoirs sont alors permis pour Willa.

L'intérêt de Des vies à découvert dont le titre n'est pas très bon – je lui aurais préféré « le Rasoir d'Occam », qui aurait mieux correspondu à ce qu'elle évoque – est de montrer le parallèle entre deux époques que tout oppose apparemment.
Dans cette même ville du New jersey, l'autrice fustige l'obscurantisme déjà bien présent, et qui même progresse : du côté de Thatcher, un journaliste indépendant tente de porter le fer contre la légende que le fameux Landis tente d'imposer à tous les habitants, mais le journaliste, ami de Thatcher, va être tué d'une balle tirée dans son propre journal.
Du côté de Willa, le beau-père incarne très bien la figure de l'électeur de Trump : raciste, sexiste, pensant que tous ces maux proviennent de l'Establishment de la Maison Blanche, il n'écoute que les médias qui vont dans son sens – une forme d'obscurantisme règne aussi parmi ce type de gens. Et il y aura des pages très comiques lorsque Willa et Tig tenteront de l'inscrire à l'Obamacare, pour payer ses frais d'hospitalisation de plus en plus couteux, mais sans lui en dire un mot pour ne pas déclencher sa foudre légendaire.
On voit donc bien le point de vue de l'autrice se faire jour, épousant sans doute le propos de la jeune Tig, revenue de Cuba, et donnant des leçons à tout le monde et à sa mère en particulier sur la nécessaire prise de conscience que notre logiciel de pensée est dépassé.
Au final Tig de 2020 rejoint Mary Treat de 1870 : toutes les deux tiennent bon contre vents et marées, en avance sur nos consciences qui sont lentes à comprendre ce que nous dit la nature.
On rejoint là l'un des thèmes favoris de l'autrice de « Un été prodigue » ou de « Dans la lumière » avec ces personnages qui, à l'écoute de la nature, comprennent parfois beaucoup mieux que beaucoup de spécialistes ce qui est en train de se passer.
Un très bon roman donc, surtout dans la deuxième moitié, avec ce personnage de Willa que j'ai trouvé très attachante, prise dans les contradictions de toute mère de famille, coincée avec un bébé qu'elle n'avait jamais imaginée devoir garder et un beau-père impossible à vivre, et deux enfants complètement opposés mais résumant bien à eux seuls l'Amérique d'aujourd'hui : des Etats-Unis où des communautés s'opposent les uns aux autres, annonçant avec intuition et pertinence l'avènement de l'ère Trump.

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ssstella
  21 juin 2021

Deux époques, deux familles et une maison dans la ville de Vineland dans le New Jersey.
En 1871, la famille Grenwood... la belle-mère, la belle-soeur et l'épouse de Tatcher. Ce dernier a bien des soucis à équilibrer ses finances avec une maison qui demande d'importants travaux alors que son emploi de professeur de sciences semble menacé. Admiratif des théories de Darwin, il est en conflit avec le directeur de son école à ce sujet, ce dernier défendant sa foi, le créationnisme et la suprématie de l'humain sur l'animal.
Thatcher trouve du réconfort dans l'amitié avec sa voisine, Marie Treat. Celle-ci a vraiment existé, c'était une entomologiste et botaniste américaine qui écrivit de nombreux articles et qui entretenait une correspondance régulière avec Charles Darwin et d'autres scientifiques.
En 2016, les Knox sont cinq personnes dans cette même maison aux plafonds qui s'écroulent les uns après les autres. Willa, 50 ans, journaliste sans emploi, est bouleversée quand l'entrepreneur lui annonce qu'il n'y a plus rien à faire pour leur maison, il faut la démolir.
Tout va mal… son mari, Iano, n'obtient pas de titularisation à l'université et sa couverture santé ne prend pas en charge les onéreux soins de son beau-père.
Leur fils Eke, récemment veuf, leur a aussi confié son bébé pour se consacrer à sa jeune entreprise de micro-crédits. Il se chamaille régulièrement avec sa soeur, tout le contraire de lui. Tig revendique des idées écologistes… moins consommer, réparer, récupérer, recycler, etc.
De l'une à l'autre époque, nous voyons l'utopiste charles K. Landis (1833-1900, créateur de la ville de Vineland) devenir un despote qui voudrait museler ses détracteurs, jusqu'à devenir un meurtrier. Et en arrière plan des années 2016, la montée de "la grande gueule" (Trump) qu'aucune de ses immondes petites phrases ne ralentit dans les sondages.
"Quand les hommes craignent de perdre ce qu'ils connaissent, ils suivraient n'importe quel tyran qui leur promet de restaurer l'ordre ancien." p 262
Une maison aussi délabrée en 1871 qu'en 2016, sans fondation… comme notre monde qui n'a pas les bonnes bases et est de plus en plus branlant.
Face à cela, deux attitudes opposées pour la jeune génération. Ceux qui veulent profiter, s'enrichir et continuer à miser sur la croissance et ceux qui se battent pour un monde plus équitable et plus propre, où l'on ne gaspille plus et où les relations avec ceux qui les entourent sont plus importantes que l'argent.
Entre les deux, la génération précédente, qui prend conscience que la croissance ne peut être infini et qui tente, avec difficulté, de changer ses mauvaises habitudes.
J'apprécie Barbara Kingsolver, elle écrit bien trop peu à mon goût. Je ne m'ennuie jamais dans ses romans qui sont toujours sujets à réflexion. Ici, ils ne manquent pas, la religion et le créationnisme, la politique et l'économie, la femme et la famille, l'écologie, la décroissance, etc., etc.
Vous n'avez jamais lu B. Kingsolver ? Il faut remédier à cela avec ce livre ou "Dans la lumière" ou "Un été prodigue" que j'ai aussi beaucoup aimés.
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latina
  14 février 2022
Quand on vit à découvert, on vit dans la lumière.
C'est ce que Barbara Kingsolver a voulu nous faire passer dans cet incroyable roman mêlant vérité et fiction, qui m'a bouleversée.
Elle superpose 2 périodes, les années 1870 et nos années, juste avant l'élection de Trump.
Nous sommes dans le New Jersey, plus précisément à Vineland, cette ville créée de toute pièce par Landis, qui en tant que « bienfaiteur », s'est permis de régenter la population et de lui dicter ses lois – matérielles, politiques, scientifiques – ancestrales, rétrogrades et misogynes. En somme, tout ce que Trump a apporté.
Cette superposition met en scène des gens qui ne s'en laissent pas compter, et qui, par leur esprit libre et progressiste, veulent se dégager du carcan des traditions de toute nature.
Je veux parler ici de Mary Treat, la femme de sciences quasi inconnue qui, par ses lettres à Darwin, à Asa Gray, a contribué à faire avancer la théorie de l'évolution.
Je veux parler aussi de Willa , purement inventée par Barbara Kingsolver, femme de tête et de coeur, qui ne s'en laisse pas conter et qui veut sauver la maison croulante dans laquelle ils ont échoué. En butte à un beau-père invalide, raciste et pro-Trump, pourtant lui-même immigré grec, elle fait face avec courage et prend sa famille à bras-le-corps et haut les coeurs, alors que son fils se retrouve seul avec un bébé, que sa fille revient de Cuba pour installer sans tambour ni trompette sa vision d'un monde plus propre et que son mari tente d'obtenir enfin sa titularisation.
Et n'oublions pas les autres acteurs de ces deux époques, tous aussi essentiels pour faire de ce récit un roman empreint de justesse et de vérité, sans faux-semblant.
Par cet ancrage dans la vie, cette adaptation à l'évolution de la société, ce courage à faire face aux opposants rétrogrades, à la bêtise humaine, aux préjugés débiles, « Des vies à découvert » est un roman à découvrir et à s'approprier de toute urgence.
J'ai adoré !
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critiques presse (1)
LaCroix   21 août 2020
Dans « Des vies à découvert », la romancière américaine Barbara Kingsolver interroge la capacité des hommes à faire face aux bouleversements du quotidien et aux incertitudes de leur époque. Entre politique et romanesque, elle dresse un portrait des États-Unis sans concession.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
AnnenivaAnneniva   19 juin 2022
Quand une personne avait une telle importance, on ne la perdait pas à sa mort, on la perdait chaque jour où l'on restait en vie.
Commenter  J’apprécie          20
fbalestasfbalestas   20 mars 2021
- Qui ?
- Mary Treat. Je ne promets rien mais je sais qu’elle habitait sur Plum, au début. Avant d’emménager dans sa propre maison sur Park. J’ai en tête que c’était dans cette portion de rue entre Sixth et Seventh, juste après Prum Hall.
- Mary Treat ?
- La savante. Je vous ai parlé d’elle.
Willa se creusa la tête et quelques mots lui revinrent à l’esprit : Landis, Susan B. Anthony, et le type du jus de raison. « Redites-moi ça
- Une femme de science et une écrivaine, très connue à son époque. L’un des plus fervents soutiens américains à Darwin et à la théorie de l’évolution à la fin du dix-neuvième siècle
- Oui, vous l’avez en effet mentionnée. Elle entretenait une correspondance avec Darwin. Etes-vous en train de me dire qu’elle vivant dans ma maison ?
- Je dis qu’il est possible qu’elle ait vécu dans votre maison. Je suis sûr que nous pouvons déterminer son adresse exacte car nous avons tous ses papiers. Elle est morte sans héritier, il nous a donc été fait donation de tout ce qu’elle possédait.
- Si vous aviez tout, fit remarquer Willa, vous auriez des lettres de Charles Darwin.
- Oh, bien sûr. Voulez-vous les voir ?
Willa resta estomaquée tandis que Christopher Hawk disparaissait dans les hauteurs des arcanes de Vineland. Moins de cinq minutes plus tard, il était de retour avec un carton. Il s’assit à la longue table et en sortit une chemise en papier kraft format légal dont l’étiquette imprimée en caractères minuscules disait : »Lettres de Darwin à Mary Treat » Willa prit place à côté de lui et ouvrit la chemise.
« Pu …tain »
La vue de l’écriture de Darwin lui donna des frissons. Cette lettre n’était pas une copie.
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fbalestasfbalestas   27 mars 2021
- Aucun endroit n’est parfait. Ne sois pas si susceptible
- Eh bien, ça a été une sacrée semaine, Tig. Je viens d’apprendre que notre maison est programmée pour la démolition
- Maman. Le permafrost est en train de fondre. Des millions d’hectares
Willa essaya de trouver un lien. « Et je m’inquiète seulement pour ma maison. C’est là que tu veux en venir ? »
Tig secoua la tête. « Ca fait tellement, tellement peur. Des incendies et de la pluie, voilà ce qui nous attend, maman. Des tempêtes qu’on ne pourra pas contrôler, des tas de gens sans abri, mais sans nulle part où aller. Les villes englouties sous l’eau et après ? On ne peut plus aller aux abris quand il n’y a plus d’abri.
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fbalestasfbalestas   22 mars 2021
Le héron arpentait à présent les berges du ruisseau très près de l’endroit où ils étaient assis. Thatcher et Mary le regardaient serpenter parmi les hauts roseaux à l’affût de sa proie. Regardaient couler le ruisseau rouge, le sang de la forêt dissolvant la terre.
« Je suppose que c’est dans notre nature, dit-elle finalement. Quand les hommes craignent de perdre ce qu’ils connaissent, ils suivraient n’importe quel tyran qui leur promet de restaurer l’ordre ancien.
- Si telle est notre nature, alors la nature est pure folie. Les temps que nous vivons sont les plus dangereux que nous ayons jamais connus."
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fbalestasfbalestas   23 mars 2021
Elle regarda Dusty, toujours complètement éveillé, et se demanda à quel stade de sa fonction de tutrice elle devrait se priver d’expressions comme « l’avoir dans le c.. ». La question s’était déjà posée à elle, quand Zeke et Tig étaient petits. Mais ses frustrations étaient tellement moins grandes à l’époque.
- Et si Tig avait raison ? demanda-t-elle
- Que le problème est vraiment celui d’un monde à court de ce dont nous avons besoin. Que le capitalisme ne peut survivre que de l’expansion permanente mais que le puits finira par s’assécher.
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Videos de Barbara Kingsolver (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Barbara Kingsolver
Marie-Madeleine Rigopoulos et Delphine Valentin présentent le nouveau roman de Barbara Kingsolver : Des vies à découvert.
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