AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782823856019
320 pages
12-21 (08/02/2018)
3.65/5   13 notes
Résumé :
Neuf ans se sont écoulés depuis cette nuit terrible au cours de laquelle Ry Burke, tout juste âgé de dix ans, a fui la fureur dévastatrice de son père. Il n'a dû sa survie qu'à ses jouets, les Trois Innommables : le réconfortant et malicieux Mister Oursington, le sage Jésus en plastique, et l'étrange et inquiétant Teigneux, qui lui ont transmis force et conseils.

Aujourd'hui, l'heure est venue de quitter la ferme, et cette terre maudite de l'Iowa qui ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

Teigneux fait partie des incontournables de tout amateur d'horreur, la vraie, la pure, celle qui vous terrasse et vous marque durablement. Il est plus dérangeant par son côté thriller psychologique que par les scènes horribles qui y sont décrites, même s'il faut s'accrocher quand même. Rarement l'expression "âmes sensibles s'abstenir" n'aura pris autant son sens que concernant ce bouquin.

Mais venons-en au fait et à l'histoire, donc. Ry a maintenant 19 ans et ne se remet pas de la fameuse nuit où à 10 ans, il a osé affronter son père, désormais en prison. Sa mère, Jo Beth n'arrive plus à joindre les deux bouts et après avoir lutté de toutes ses forces pour se maintenir à flots et subvenir aux besoins de ses deux enfants, elle doit se résoudre à vendre la ferme, ce qui n'est pas vraiment un mal, puisque l'ombre maléfique de Marvin, le mari et père de la famille Burke continue de planer sur les lieux malgré son absence, au point que la vie semble s'y être arrêtée depuis neuf ans.

Dans la première partie du livre, Daniel Kraus nous plonge dans l'enfer que traversent les protagonistes et on ressent parfaitement le poids de la menace qui pèse sur eux. le monstrueux Marvin, parfaitement décrit, nous fait frissonner autant qu'eux, alors qu'on navigue dans l'esprit de Ry et que le traumatisme dont il ne se remet pas nous étreint également. J'ai vraiment eu l'impression que moi non plus, je ne survivrai à cette nuit de cauchemar que grâce à l'aide des jouets qui ont sauvé Ry à l'époque et auxquels il va de nouveau avoir recours, soit un christ en plastique, un nounours, et le fameux Teigneux.

Un roman glaçant, très perturbant, servi par une plume magistrale. Les scènes d'horreur qui ont la part belle en toute dernière partie du livre, ainsi que l'angoisse omniprésente tout du long me font dire que ce n'est pas un bouquin à mettre entre toutes les mains, mais vous l'aurez compris.

Par contre, les amateurs du genre y trouveront largement leur compte et c'est à eux que je le conseille fortement.

Commenter  J’apprécie          194

Tu n'es qu'un jouet !

Alors qu'il n'avait même pas 10 ans, Ry a survécu aux colères et violences de son père qui ont culminé lors d'une terrible traque. Aidé de trois de ses jouets qui ont pris vie pour l'épauler, il a défait le tyrannique patriarche.

Neuf ans plus tard, ce dernier croupi toujours en prison, même si son ombre plane continuellement au-dessus de la ferme familiale désormais stérile. Alors qu'ils envisagent un nouveau départ, une pluie de météorites s'abat dans les environs et vient tout bousculer. le cauchemar recommence alors pour la famille Burke.

Ce roman porte essentiellement sur les relations entre Ry et les autres. Entre lui, sa mère et sa soeur, qui se (re)construisent encore après les événements traumatiques vécus il y a dix ans. Entre lui et ses camarades de classe, toujours à part. Entre lui et la ferme, jadis prospère mais désormais sur le déclin, théâtre de scènes atroces qu'il ne parvient pourtant pas à quitter. Entre lui et son père, qui même absent pèse sur lui comme le canon d'un fusil contre sa nuque.

Les personnages sont attachants ou terrifiants, creusés, et les images suscitées assez cinématographiques. L'auteur n'hésite pas à lorgner du côté de l'horreur humaine, délivrant quelques scènes glauques et malaisantes, et flirte parfois même avec la fantastique sans jamais y plonger totalement.

Une ambiance de soleil déclinant plane sur une partie du roman, une certaine nostalgie mêlée de mélancolie proche de la dépression qui s'infiltre en Ry et suinte de sa vie actuelle, dans un surplace dont il ne peut se dépêtrer. On est plongé dans ses pensées et sa psychologie fragile, tout juste recollée, qu'un rien suffirait pour la faire de nouveau voler en éclats coupants.

Puis la nuit et le froid s'abattent tandis qu'on sombre avec Ry dans ses profondeurs obscures, poisseuses de sang. L'atmosphère se fait alors tendue, monstrueuse et hallucinante, dans un épouvantable jeu de miroir déformant et d'une lutte pour maintenir un semblant de santé mentale qui chavire, le tout tenue tout du long malgré un ou deux éléments un peu too-much qui n'apportent pas grand chose au final.

Mais cela n'enlève rien aux qualités du roman plus intelligemment exécuté qu'on aurait pu le craindre, proche de ses personnages et de leurs psychologies travaillées dans leurs failles et fissures, aux ambiances immersives servant une intrigue efficace toute en tension.

Commenter  J’apprécie          40

La quatrième de couv' fait état d'un « thriller paranormal« , c'est sans doute une façon d'aborder la question, pour ma part j'ai surtout eu le sentiment de lire un thriller psychologique particulièrement intense. Intense parce qu'il nous invite à partager les pensées d'un esprit fragile, au bord de la rupture, voire de l'implosion.

Si l'aspect paranormal est discutable, il ne fait par contre aucun doute que c'est un bouquin fortement déconseillé aux âmes sensibles. Certaines scènes sont bien trash, voire franchement gore, mais l'horreur n'est jamais gratuite et l'auteur ne joue pas la carte de la surenchère ; ici l'horreur est bel et bien ancrée dans la réalité et mise au service de l'intrigue et des personnages.

Daniel Kraus nous propose un thriller qui se construit autour de la relation entre un père (Marvin) et son fils (Ry), pas franchement le genre de relations « normales » entre papounet et fiston, mais plutôt une relation pervertie, nocive et nuisible fondée sur la peur. Une relation qui ne peut déboucher que sur une confrontation explosive, la question n'est pas tant de savoir qui prendra le dessus, mais plutôt d'évaluer les dommages collatéraux.

L'auteur aurait pu, par facilité, se concentrer sur ses deux personnages centraux et laisser aux autres des rôles plus ou moins subalternes, mais il n'en est rien. Si les personnalités de Jo Beth et Sarah sont définies par le biais de Ry et Marvin, il n'en reste pas moins qu'elles auront un rôle déterminant à jouer tout au long de l'intrigue.

Difficile de parler des personnages sans mentionner les fameux Trois Inommables, le sympathique Monsieur Oursington, le sage Jésus-Christ et Teigneux que son seul nom suffit à définir. Sans risquer de me montrer trop disert sur la question, il ne faut pas être un fin psychologue pour deviner que chacun est une projection de l'esprit de Ry, diverses facettes, plus ou moins enfouies, de sa propre personnalité.

Si vous pensez avoir tout vu et tout lu en matière de thriller, je vous invite à vous plonger dans Teigneux ; je n'irai pas jusqu'à dire que Daniel Kraus réinvente les règles du genre, mais il joue avec et les accommode à sa sauce, une sauce certes atypique, mais qui s'avère finalement fort réussie.

Au risque de passer pour un maso, j'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir ce presque huis clos glauque et oppressant à souhait. Les auteurs qui osent chambouler les règles ne sont pas légion, il serait bien dommage de bouder son plaisir quand on en croise un. Et incontestablement, Daniel Kraus ose, et il le fait bien.


Lien : https://amnezik666.wordpress..
Commenter  J’apprécie          90

Très intriguée par le résumé de ce livre, je me suis plongée dans Teigneux sans aucune attente particulière mais avec beaucoup de curiosité. Une belle découverte !

Âmes sensibles passez votre chemin car nous sommes en présence d'un roman sombre, poisseux, violent. Un roman qui ne pourra laisser personne indifférent, un roman qui plaira autant aux amoureux du gore et de l'horreur qu'aux aficionados du thriller ou du roman noir américain. J'ai été très surprise par cette lecture et ce dans le bon sens car Daniel Kraus n'hésite pas à jouer avec les codes de genres différents, à jongler avec et à apporter sa propre touche à l'ensemble.

Teigneux est un roman qui porte principalement sur une relation malsaine, angoissante, dérangeante entre un père et son fils. Une relation qui a laissé sa marque dans la chair mais aussi dans le temps. C'est aussi une histoire qui met en exergue l'importance de la psychologie des personnages. L'auteur n'hésite pas à dépeindre la complexité de la personnalité, des pensées de Ry.

Tout le long de ma lecture j'ai ressenti des émotions très fortes car j'étais complètement happée dans cette atmosphère angoissante, dans cette intrigue stressante. Teigneux est pour moi un roman très original qui transcende les genres !

En définitive, Teigneux est une bonne découverte et je suis curieuse de lire d'autres romans de Daniel Kraus.


Lien : https://leatouchbook.blogspo..
Commenter  J’apprécie          20

Un excellent roman à la croisée de plusieurs genres. du bon polar noir et social à la base, qui bascule doucement mais surement vers le domaine du roman psychologique avant d'être fracassé par (c'est le cas de le dire) par un accident presque fantastique.

Les personnages sont extrêmement bien campés et réalistes, l'intrigue ne permet plus de lâcher le livre, tout est réuni pour une lecture addictive et sans ombrage.

Un roman qui ne devrait pas avoir à rougir devant les livres du grand stephen king, une vraie belle découverte!

Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation

L’ombre de Marvin Burke faisait encore frémir tout le comté. À l’époque, les commerçants et les voisins se méfiaient de cet homme aux allures de fouine, de sa poignée de mains qui broyait les doigts, de ses traits sans cesse changeants. Ils redoutaient aussi les veines qui battaient à ses tempes, sa moustache frémissante, puis son sourire forcé couvert par d’incessants monologues. Marvin Burke parlait trop, il était trop grand, trop mince, ses muscles étaient trop longilignes, le lustre de son crâne rasé ne paraissait pas naturel. Les gens du coin soupçonnaient cet homme d’être un monstre et ils avaient raison. Ry savait pertinemment que ce que son père faisait à l’abri de leur maison était innommable, mais qui aurait osé l’en empêcher alors que c’était précisément grâce à Marvin Burke que le soleil se levait, que les hivers n’étaient pas trop rudes, que les gelées tardives de printemps ne détruisaient pas les fragiles bourgeons ? Ry se revoyait encore assis à côté de son père tandis que leur bouvier, Sniggety, occupait presque tout l’espace dans la cabine du tracteur. Son père remettait en place ses lunettes carrées à monture épaisse et parlait avec tant d’enthousiasme que l’écart entre ses deux dents de devant semblait se fondre dans sa moustache noire pour former un gouffre au bas de son visage.

Commenter  J’apprécie          70

Marvin traitait son fils comme un homme, même quand il était beaucoup trop gamin pour porter ce fardeau. Il l'emmenait partout et pas juste dans les champs, les pâturages et les granges.

Il l'emmenait même aux W-C : tu vois, c'est comme ça que tu tiens ta bite pour pisser. Il l'emmenait au magasin : tu vois, c'est ainsi qu'on écrase un homme, un dollar à la fois. Il l'emmenait à l'église : tu vois, voilà comment on fredonne pendant les chants pour ensuite serrer la main de ses ennemis à la sortie. Ry était censé apprendre dès la première leçon et, quand il n'y parvenait pas, il se prenait une gifle. Ça faisait mal, mais rien de plus.

Commenter  J’apprécie          30

Il se rappela qu’on ne peut ressentir la tristesse que lorsqu’on a d’abord connu une joie véritable.

Commenter  J’apprécie          60

Le parcours de ses doigts avec le fil semblait suivre le tempo de la circulation de son sang et le tissu se resserrait sous les points au même rythme que les ventricules de son cœur. Tant qu'elle cousait, elle était en vie.

Commenter  J’apprécie          20

Ry se souvenait d'une époque où il était fidèle lui aussi, où il refusait d'aller où que ce soit sans son ours en peluche. Seuls les enfants étaient capables de dévotion ; cela lui donnait de l'espoir pour Sarah.

Commenter  J’apprécie          10

Video de Daniel Kraus (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Daniel Kraus
En savoir plus sur "Automnal" : www.lisez.com/9791032404560
S'inscrivant dans la nouvelle vague des récits horrifique américains, Automnal tient autant du folk horror des films The Wicker Man et Midsommar que des écrits de Richard Matheson et Stephen King. Sous la plume du romancier Daniel Kraus, connu pour son travail avec Guillermo del Toro (La forme de l'eau, Trollhunters), Automnal redonne du sens au terme roman graphique en portant le récit d'horreur dans les hautes sphères de l'angoisse psychologique, en offrant la part belle à des personnages crédibles. Cela accompagné par le trait gras et puissant de Chris Shehan et du génie de la couleur Jason Wordie.
+ Lire la suite
autres livres classés : thriller psychologiqueVoir plus
Notre sélection Polar et thriller Voir plus





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
2503 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre