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EAN : 9782843377600
272 pages
Éditeur : Anne Carrière (14/01/2016)
4.01/5   49 notes
Résumé :
En 1931, Erich Kästner, alors au sommet de sa notoriété, publie un roman satirique, Fabian, qui lui vaut les foudres de la critique, prompte à dénoncer l’« immoralité » supposée des œuvres qui osent appeler un chat un chat. Il faut dire qu’il n’y va pas de main morte : son héros s’y livre à une critique féroce du Berlin de la République de Weimar, lieu de toutes les débauches et de tous les compromis. Rien d’étonnant à ce que, dès 1933, l’ouvrage ait été brûlé lors ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
4,01

sur 49 notes
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AgatheDumaurier
  14 décembre 2017
Erich Kästner, je connaissais ce nom...Bien sûr ! Enfant, j'ai dû lire Deux pour Une, Lise Lotte Liselotte, une dizaine de fois !
Bon, pour la littérature enfantine, avec Vers l'Abîme, on repassera.
Ce texte édité et réédité est, si j'ai bien saisi les postfaces, la version non expurgée de Fabian. Die Geschichte eines Moralisten (Fabian. L'Histoire d'un moraliste, pour les non germanistes) Car le texte initial (le nôtre, donc) est sorti en 1931 allégé de beaucoup de scènes trop olé olé ou trop satiriques pour le public allemand de l'entre-deux-guerres.
Nous suivons Jakob Fabian, jeune homme revenu de la guerre avec une faiblesse cardiaque, dans le Berlin chaotique du tout début des années 1930 (avant la prise du pouvoir par Hitler. ) Fabian souffre d'un mal du siècle aisé à comprendre. Berlin est en roue libre, des groupuscules communistes ou d'extrême droite se combattent sur fond d'indifférence, de chômage, de crise, de léthargie post traumatique...Ce peuple qui dans deux ans élira Hitler semble ne se voir aucun avenir, et n'avoir plus de passé. La jeunesse et l'âge mûr, d'ailleurs, se consument dans une quête morbide de plaisirs immédiats. de bordels en bordels, post coitum animal triste, comme disait l'autre. Même les femmes au foyer cherchent de jeunes amants ! Où va le monde, sacrebleu !Fabian erre dans les rues et les clubs de strip-tease la nuit, travaille le jour comme publicitaire, mais son poste ne tient qu'à un fil, que son insolence peut briser en un instant. Ensuite, c'est le chômage à l'infini. Il est instable, mélancolique, ironique et amer. Mais c'est un moraliste, il veut un monde meilleur, des hommes et des femmes honnêtes, créer de véritables liens avec une jeune fille...Il a un ami, Labude, et une mère qui l'aime, ce qui l'empêche de sombrer...Cependant il sent -il a le nez creux-que cette société déliquescente va sombrer dans l'abîme...
Cette peinture de Berlin avant l'apocalypse est très belle, très intéressante, et sent son chef-d'oeuvre à travers les deux personnages masculins principaux, Fabian et Labude, qui sont construits d'une matière littéraire géniale qui les met à l'abri de la rouille du temps. Idem pour Berlin, ses immeubles et ses rues sombres, son atmosphère que l'on pénètre par la magie d'une écriture parfaite. Un bémol pour les personnages féminins, toujours difficiles d'accès pour les auteurs nés au XIXème siècle et pétris de patriarcat. Pourtant, Kästner fait un effort de réflexion. Il essaie quelque peu d'éviter la maman et la putain, mais c'est compliqué pour lui. Cet aspect du texte donne à Fabian, le moralisateur, un aspect plus Fabian , le conservateur : où va-t-on, grands dieux, si les jeunes filles travaillent et les mères de famille prennent des amants...
Néanmoins c'est un texte magnifique, à découvrir, qui nous éclaire sur cette période si importante qui précède l'arrivée au pouvoir d'Hitler, sur les ravages du traité de Verdun, de la grande guerre, sur l'inexorabilité de la seconde. A mettre en rapport avec Ivresse de la Métamorphose, de Zweig, et Seul dans Berlin, de Hans Fallada.
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Annette55
  30 décembre 2017
Nous sommes à Berlin, au début des années 30.
Fabian, le héros de ce livre, cultivé, brisé par la première guerre mondiale, employé dans une agence de publicité, bientôt chômeur , un rien cynique, sans ambition, résigné et mélancolique, erre dans les rues de la capitale, avec son ami Labude, un universitaire ..
Il observe ses contemporains avec attention, leur besoin frénétique de s'étourdir et les moeurs bizarres qui se déploient dans des cabarets minables, la nuit venue, même les mères de famille éprouvent le besoin de prendre un amant lorsque le mari VRP est parti travailler! Les histoires d'amour sincères ou tarifées, les personnages secondaires tels que que madame Irène Moll, ----une nymphomane ----
Fabian vit dans un appartement meublé, exigu, à la merci d'une logeuse acariâtre, il aide un inventeur qui refuse les ravages de la production industrielle, une enfant en difficulté ....... Il montre beaucoup d'amour pour sa mère , tombe amoureux d'une jeune fille ........
Désespéré, épris de justice, capable de tendresse , lucide , le moraliste Fabian se révèle incapable d'agir, de réagir et de s'engager .
Traîner dans Berlin signifie aussi être témoin des heurts entre nationaux - socialistes et communistes, c'est côtoyer la misère sociale , l'angoisse diffuse, l'entre - deux, la profonde dépression morale liée à la crise économique, la décrépitude dans une ville apathique et folle !
Cet ouvrage est une satire féroce, une critique âpre, lucide de la société allemande sous la république de Weimar,lieu de tous les compromis et lâchetés , qui voulait servir d'avertissement , signaler l'abîme vers lequel l'Allemagne et l'Europe toute entière se dirigeaient , forcer les consciences à entendre et à voir avant qu'il ne soit trop tard !
Un ouvrage à la plume magnifique à la fois poétique , abrupte et ironique ! La fin est simplement déroutante ! Ce livre sera censuré à sa parution, en 1931, brûlé par les nazis en 1933! Puis réédité beaucoup plus tard dans son intégralité .
Il m'a fait penser à " -Seul-dans-Berlin "de Hans Fallada .
Merci à Marie, ma libraire !
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ThibaultMarconnet
  11 mai 2021
L'Allemagne a la gueule de bois
Le roman sombre et lucide d'Erich Kästner nous plonge en plein coeur des années folles, et force est de constater que, derrière ses mimiques de clown triste, l'Allemagne ne rie pas tant que cela. La république de Weimar, rongée de l'intérieur par l'inflation galopante et le poison du ressentiment, se prépare à bondir comme une vipère à la tête des nations qui l'ont humiliée, suite au fâcheux traité de Versailles. Nombreux sont ceux qui feignent de l'ignorer, trop heureux de s'étourdir en vaines festivités. Un jeune homme est là, cependant, qui observe avec quelque mépris le manège débridé qui se joue autour de lui : il se nomme Jakob Fabian. Dans cette farandole d'esprits désinvoltes qui passent leur temps en momeries, les grimaces de gaieté ne sont plus qu'un trompe-l'oeil. le champagne coule à flots, mais l'Allemagne se réveillera bientôt avec une sacrée gueule de bois. Fabian déambule dans ce Berlin interlope, fait semblant de s'amuser, mais le coeur n'y est pas. Il n'a rien d'un héros, et la virilité surjouée des futurs apprentis nationaux-socialistes ne l'impressionne guère. Fabian est un moraliste qui ne se fait plus d'illusions sur l'écroulement des valeurs humaines, bien plus terrible que l'effondrement du cours du mark. La fête enragée qui bat son plein a un amer goût de défaite. Mais Fabian n'écoute déjà plus ces lointains flonflons qui ont la sonorité lugubre et inévitable d'une prochaine messe des morts.
© Thibault Marconnet
Le 11 mai 2021
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jlvlivres
  29 août 2020
« Vers l'abîme » d'Erich Kästner, traduit par Corinna Gepner (2016, Anne Carrière, 272 p.) a une histoire compliquée. C'est tout d'abord « der Gang vor die Hunde » (Le Chemin vers la Décadence) publié en 31, puis brulé durant les autodafés de Berlin (mai 33). Entre temps il a été édulcoré en « Fabian. Die Geschichte eines Moralisten » traduit en français sous le titre de « Fabian, Histoire d'un moraliste » (31, Stock, 284 p.). Mièvre texte pour complaire aux censeurs, avant le texte actuel « Et en l'an 1933 mes livres furent brûlés en grande pompe funèbre sur la place de Berlin, près de l'opéra, par un certain Monsieur Goebbels. le nom de vingt-quatre écrivains allemands, qui devaient être à jamais symboliquement effacés, furent par lui triomphalement proclamés. J'étais le seul des vingt-quatre qui me fus personnellement déplacé pour assister à cette mise en scène éhontée. » (E Kästner, «Kennst du das Land, in dem die Kanonen blühen ? » (Connais-tu le pays où fleurissent les canons?).
Kästner est aussi l'auteur de « Emile et les Détectives » histoire d'un garçon d'une douzaine d'années, Emile, à qui on vole son argent dans le train. Arrivé à Berlin, avec d'autres enfants, il poursuit le voleur, Monsieur Grundeis, et reçoit une récompense car cette personne avait déjà cambriolé des banques. Histoire très moralisatrice, vendue à deux millions d'exemplaires, et portée à l'écran. Je note cela ici, car lors d'une exposition consacrée aux autodafés nazis, devant la liste des auteurs condamnés, de jeunes allemands se sont étonnés et ont demandé pourquoi les nazis brulaient les livres tels que « Emile et les détectives ».
La ré-édition du livre initial « der Gang vor die Hunde » par Anne Carrière permet de se remettre dans l'ambiance du Berlin des années 30. Ne pas oublier que le roman est sorti en 31, alors que Hitler ne prend le pouvoir qu'en 33.
Fabian Jakob, à 32 ans, est docteur en littérature allemande du XVIIIe siècle. F.G. Klopstock et G.E. Lessing, ce sont les Roux et Combaluzier (ou Chaffoteaux et Maury) de la littérature (allemande du début du siècle). Hauts les coeurs et place à l'intelligence. Heureusement la fin du siècle rattrape le début. J.W. Goethe, F. von Schiller, puis C.M. Wieland et G.C. Lichtenberg qui viennent apporter fantastique et humour (grinçant). On est dans les années 30, chômage et misère, il n'est plus temps de rester oisif Fabian va faire de la publicité, avec une prédilection pour les bars louches et des demoiselles légères. Tout ceci avec son ami Stephan Labude (spécialiste de G.E. Lessing). C'est sans compter sans son suicide (balle dans la tête), tout ça parce que sa femme Leda le trompe. (Ce que c'est que de vivre dans un siècle romantique).
Cette impression romantique est en opposition totale avec le milieu berlinois de l'époque. C'est ce qui fait la force du livre. La première partie est une critique féroce de la République de Weimar, et du Berlin des années 30, lieu de toutes les débauches et de toutes les compromissions. Les deux compères vont de bordels en maisons de passe, toutes aussi sordides où les femmes sont souvent là parce qu'il faut bien manger. On découvre même, à travers Irene Moll, un bordel d'hommes, où les femmes viennent assouvir leurs envies. Il y a aussi ces établissements où des demeurés, voire carrément des aliénés, se produisent, à la grande joie du public.
L'ensemble me fait beaucoup penser à ces tableaux du groupe de peinture de « La Nouvelle Objectivité » (Neue Sachlichkeit) apparu en Allemagne dans les années 20, avec en particulier Otto Dix, George Grosz, Rudolf Schlichter et Hans Grundig. Directement issus du mouvement Dada, et surtout sortis de l'enfer de la Grande Guerre (cf les premiers tableaux de Otto Dix), ils décrivent très bien l'ambiance des bordels berlinois, avec ces femmes quasiment nues et obscènes, devant un parterre, souvent de notables, universitaires (avec balafre – on se battait encore au sabre) et anciens officiers.
Donc un milieu berlinois en pleine crise. Latude est au chômage, Fabian perd son travail. le mari de Irene Moll, avocat richissime, s'enfuit à l'étranger. Latude remet son travail d'érudit, il est rejeté, d'où son suicide. Fin de l'épisode. Comment pouvait on travailler sur l'Aufklärung dans lequel Dieu n'a pu créer que « le meilleur des mondes possibles » pendant cette République de Weimar où tout s'écroule ? (D'où l'intérêt de bien savoir choisir son sujet de thèse).
Il y a aussi les luttes internes à la société « Des prolétaires en uniforme, coiffés de casques à mentonnière, attendaient des prolétaires en civil ». Ouvriers plus ou moins communistes contres ouvriers, luttes avec leur lots de coups de feu, blessés (que les deux compères secourent également).
Et dans tout ce tourbillon, il y a 2 ou 3 femmes (sans compter pour Fabian, sa logeuse et sa mère). Irene Moll, la première que l'on rencontre dans le livre. Mariée à un très riche avocat, elle a dans son contrat de mariage la possibilité de ramener qui elle veut chez elle, s'il convient au mari. Manque de chance, la voilà qui tombe amoureuse de Fabian, et que son mari la quitte. Il y a Leda, fiancée à Stefan, mais qui drague un peu n'importe qui ou quoi. Et enfin il y a Cornélia, mariée également, avec grande limousine à chauffeur (un poil indiscret). Serait ce enfin la révélation de l'amour pour Fabian ? il est surprenant que les deux compères, à la morale plus aérienne, aient finalement beaucoup de compassion envers les autres gens (scène du cendrier volé par une gamine, pour l'anniversaire de son père, que Fabian prend en charge –le cendrier, pas le père). Ou bien cet inventeur rencontré, qui va loger chez Fabian (y compris dan son armoire) parce qu'il n'a plus de toit.
On sort du livre quelque peu sonné. La débauche berlinoise parait autant une manifestation de l'après guerre que celle d'une société post-dépression boursière. On est juste après la grande période inflationniste de Weimar, avec des taux qui progressent de 1000 milliards de fois en 23. A l'époque du livre, l'inflation est vaincue, mais il n'y a plus grand-chose à acheter, du moins pour une certaine classe. L'expressionniste, pas mal décapité durant la guerre avec la mort de Franz Marc, survit encore avec les poètes Gottfried Benn (« le Ptoléméen » (95, Gallimard, 228 p.) ou « Double vie » (54, Editions de Minuit, 196 p.) et Hugo Ball (« Tenderenda, le fantasque » (05, Éditions Vagabonde, 30 p.). Les peintres se remettent des horreurs de la guerre (Otto Dix, George Grosz) avant d'attaquer les peintures crues des bordels. Mais les groupes se déplacent vers Vienne avec Oskar Kokoschka, Gustav Klimt et Egon Schiele. L'expressionnisme part de Bavière et éclate en diverses écoles dont Berlin et Vienne.
Quant au roman… Il y a bien sûr la grande fresque post 18 avec « Novembre 1918. Une révolution allemande », en 4 tomes (Bourgeois et soldats, Peuple trahi, Retour du front, Karl & Rosa) » de Alfred Döblin (initialement chez Viviane Hamy pour les 3 premiers tomes ; puis chez Agone en 4 tomes, soit 480+512+592+732 = 2332 pages). Cela commence avec les derniers jours des allemands en Alsace, puis le Berlin de la misère, des profiteurs de la guerre, et des bourgeois totalement insouciants, avant d'en arriver à la fin du rêve avec Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Il y a aussi les descriptions de la vie berlinoise avec le monumental « Alexander Platz » (09, Gallimard, 464 p.) ou la triste vie de Franz Biberkopf. Et encore le « A Berlin » de Joseph Roth (03, Anatolia 203 p.). Il est vrai que ses descriptions des bains publics, des gueules cassées et des cadavres dans les morgues laissent pantois. C'est un des premiers aussi à dépeindre l'industrie naissante du spectacle avec ses cabarets plus ou moins interlopes. de par son origine juive de Galicie, aujourd'hui Ukraine, il a aussi assisté à l'arrivée des émigrants juifs, pauvres. Un des rares auteurs allemands de cette époque a avoir déjà dénoncé la montée du nazisme. A signaler de ce même Joseph Roth, la sortie de petits textes « Fraises » dans les Carnets de l'Herne.
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zazoux
  07 mars 2016
J'ai découvert ce roman mais aussi cet auteur grâce à la Masse Critique (merci aux éditions d'Anne Carrière et de Babelio).
Interdit en Allemagne dans les années 30, ce roman était considéré par les nazis comme subversif. Intriguée, je me suis plongée dans ce roman qui décrit parfaitement le Berlin après la première guerre mondiale. La crise financière, la difficulté sociale, le chômage, l'esprit de revanche mais aussi cette vie sociale nocturne remplie d'interdits. Ce roman m'a fait songe par certains aspects à Berlin Alexanderplatz de Döblin par cette évocation de Berlin entre les deux guerres. Dans Vers l'abîme, j'ai beaucoup aimé cette description des tensions entre les nationaux-socialistes et les communistes qui peuvent aller jusqu'à des agressions en pleine rue.
Au-delà de l'intérêt politique et historique du roman, j'ai découvert également une vraie oeuvre littéraire avec un réel attachement pour Fabian, le héros ainsi que son meilleur ami. Une génération désoeuvrée, emplie de désillusions dans ce présent angoissant annonciateur d'un futur sombre. Une solidarité existe encore comme cette main tendue à cet "inventeur" pas si fou, cette amitié forte entre Fabian et son ami qui malheureusement ne sera pas suffisante. Une jeune génération désabusée donc où l'amour peut être bafoué malgré des sentiments forts, où l'engagement est difficile presque vain... Un livre sombre dont la fin m'a laissé sans voix.
Un roman à lire et à relire pour sa capacité à nous emporter mais aussi pour ne pas oublier qu'une censure d'une oeuvre peut être dommageable pour toute une génération mais aussi ne paraître bien exagérer !
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critiques presse (2)
Actualitte   18 mai 2017
Il faut lire Vers l’abîme, le lire et le relire ! C’est un avertissement à tous, c’est un texte immense sur la décrépitude d’un monde qui se laisse submerger par la bêtise.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama   02 mars 2016
Dans ce superbe roman, âpre et lucide, le moraliste Fabian ne peut qu'assister au naufrage collectif.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   22 novembre 2017
Que faisait-il dans cette ville, dans ce jeu de construction pris de folie ? (...) Le naufrage de l'Europe, il pouvait aussi bien l'attendre dans sa ville natale. Il s'était imaginé que la Terre ne continuerait à tourner que tant qu'il garderait les yeux fixés sur elle. Ce besoin ridicule d'être présent ! (...) Mais lui se retrouvait - et de son fait, en plus - derrière la clôture, à observer tout cela en spectateur et à devoir acquitter ses mensualités de désespoir.
+ Lire la suite
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Annette55Annette55   30 décembre 2017
"La soif de pouvoir et la cupidité sont sœurs, mais elles et moi ne sommes pas apparentés ";
Commenter  J’apprécie          131
CielvariableCielvariable   12 janvier 2019
– Et que faites-vous donc ? – Je vis, répondit Fabian. – C’est ça que vous appelez vivre ? cria le directeur. Vous trainez dans les bars et les dancings ? C’est ça que vous appelez vivre ? Mais vous n’avez aucun respect de la vie ? – Je n’en ai aucun pour ma propre vie, monsieur ! s’écria Fabian en frappant sur la table avec colère. Mais vous ne pouvez pas comprendre, cela ne vous regarde pas. Tout le monde n’a pas le mauvais goût d’allonger les secrétaires sur son bureau.
+ Lire la suite
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CielvariableCielvariable   12 janvier 2019
Fabian se leva de son siège et jeta un coup d’œil par-dessus la cloison à mi-hauteur qui séparait les deux niches. Une grande femme bien faite, vêtue d’un maillot de soie verte, chantait tout en essayant de déshabiller un soldat qui essayait de lui opposer une résistance désespérée. « Hé, mon gars ! cria-t-elle. Relève la tête, hein ! Allez ! Montre-moi tes papiers ! ». Mais le brave fantassin la repoussa.
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CielvariableCielvariable   12 janvier 2019
- Je crois que j’attendais juste l’occasion d’être fidèle, et hier encore, je pensais que mon cas était désespéré. – C’est une déclaration d’amour, dit-elle tout bas. – Si tu pleures, je te donne la fessée », fit-il d’un ton menaçant. Elle roula hors du lit, mit sa petite culotte rose et vint se placer devant lui. Elle souriait au milieu de ses larmes. « Je pleure, chuchota-t-elle. Tiens ta promesse. »
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Vidéo de Erich Kästner
Corinna Gepner - "Vers l'abîme" de Erich Kästner .Corinna Gepner vous présente l'ouvrage "Vers l'abîme" écrit par Erich Kästner, paru aux éditions Anne Carrière. Rentrée littéraire janvier 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/kastner-erich-vers-abime-9782843377600.html Notes de Musique : Night on the Dock - Sax. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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