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Marcel Aymonin (Traducteur)Louis Aragon (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070366383
Éditeur : Gallimard (30/05/1975)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 866 notes)
Résumé :
En Tchécoslovaquie, Ludvik est étudiant et communiste. A la suite d’une blague mal interprétée qu’il a écrite sur une carte postale et envoyée à une étudiante, il est enrôlé de force dans l’armée des « noirs » c’est-à-dire des ennemis politiques.

Achevé en 1965, La plaisanterie est le premier roman de Milan Kundera alors âgé de 36 ans. Publié en Tchécoslovaquie en 1967, il coïncide avec les prémices du « printemps de Prague », tentative de libéralisat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  26 novembre 2014
Ce livre m'a laissé une sensation de malaise. Non pas que je le juge mauvais, bien au contraire, mais vraisemblablement parce qu'il a su fouiller, au fond de moi, ce qu'il y avait de plus nostalgique, aller voir du côté de mes plus sombres parts d'ombre que j'imaginais ensevelies, oubliées, inexhumables (excusez ce néologisme de peu de goût).
Les protagonistes du roman tournent tous autour du destin de Ludvik, dont l'étoile cessera de briller au parti communiste suite à une plaisanterie qui, pour n'être pas très drôle, n'a pas fait rire les autorités tchécoslovaques des années fin 1940, début 1950.
Tout son parcours s'en retrouve bouleversé, mais aussi, et surtout toute sa vision de la vie. Sa route croise ou s'éloigne à jamais de personnes plus ou moins brisées comme lui et, l'auteur nous fait vivre (comme plus tard dans L'Insoutenable Légèreté de L'Être) les mêmes scènes depuis le point de vue propre de chaque protagoniste.
On y côtoie les envies et les attentes (souvent déçues) de chacun et nous comprenons pourquoi il règne une telle incompréhension dans les rapports qui unissent ces protagonistes. Nul n'est bon ni mauvais, mais en suivant sa logique propre, chacun blesse l'autre à son insu.
L'auteur développe une très intéressante réflexion sur la vision rétrospective de ses personnages qui se jugent eux-même une quinzaine d'années après les tournants de leurs vies respectives, qui, à l'instar des héros de la Guerre Et La Paix de Tolstoï, savent pardonner, comprendre, excuser ou oublier des événements qui leur ont porté préjudice ou bien, au contraire, qui n'arrivent pas à tirer de trait et ne savent qu'attendre une vengeance ou une réparation pour ce qu'ils ont vécu d'atroce.
L'oeuvre, dans son ensemble, (et c'est probablement ce qui m'a le plus remuée) est une sacrée claque donnée aux idéaux de la jeunesse, une mise en garde aussi sur ce que l'on peut faire ou penser tandis qu'on est encore un être inexpérimenté où l'on se leurre continuellement.
Car, pour Kundera, ce qui est commis sera (au mieux) oublié et non réparé, quelles qu'en soient les conséquences désastreuses pour autrui, aussi est-il important de prendre du recul sur soi-même, particulièrement en ses jeunes années.
Un livre donc, éminemment nostalgique, qui taraude, et qu'il ne convient probablement pas de lire trop jeune, mais ce n'est là que mon avis de semi-vieille, qui navigue entre deux âges, avec ses lambeaux de jeunesse accrochés aux affres de la vieillesse, autant dire, pas grand-chose.
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peloignon
  27 mars 2013
L'écriture de Kundera incarne l'absence de tout sérieux, de toute décision existentielle permettant de donner un sens vraiment satisfaisant à la vie d'un être humain. Pour interrompre la grisaille insipide de l'atmosphère absurde où chacun de ses personnages est forcé de respirer, il ne devrait leur rester que les courts instants lumineux que constituent les plaisirs de la chair, mais ça irait sans compter les moments de grande obscurité, où la chair se heurte de plein fouet à sa finitude.
Avec leur innocente légèreté confiante de jouisseurs, ses personnages se frappent ainsi à toutes sortes d'écueils avec une dureté implacable sur lesquelles ils rebondissent ou s'aplatissent avec la même indolence indifférente.
Dans La plaisanterie, nous avons affaire à Ludvik, un étudiant plaisantin et insouciant, qui entre en collision avec le système policier communiste de son pays, pour y rebondir longuement, avant de se laisser aplatir (ou non, à vous de juger) à la toute fin. Comme le même modèle se reproduit toujours sous divers angles chez Kundera, bien que chacune de ces perspective soient très intéressantes, je me suis surtout senti interpellé par l'épisode Kostka qui aborde une position exceptionnelle dans l'oeuvre de l'auteur.
Kostka est en effet une personnalité religieuse tourmentée à propos de l'actualisation de son idéal spirituel.
Pour esquisser la situation, Kostka aide une jeune femme blessée à retrouver goût à l'existence et s'arrête au moment où il pourrait la connaître comme femme (au sens biblique), de peur de corrompre la pureté de son intention à son endroit. Par la suite, il l'a retrouve avec un homme qui ne la rend pas heureuse et il regrette d'avoir eu la naïveté de ne pas prévoir cette possibilité.
Même si la moralité est une affaire de bonne volonté bien informée, il faut avoir la force surhumaine d'un Kant pour ne pas être tourmenté du tout par les conséquences imprévisibles de ses actions, ou simplement se souvenir de ce que disait Socrate : « Marie-toi, tu le regretteras...ne te maries pas, tu le regrettera... »... Chose certaine, les malheureuses et sublimes réflexions de Kostka sont magnifiquement mise en place et m'ont beaucoup touché.
Bref, la plaisanterie n'était donc pas drôle du tout, mais elle constitue une très plaisante expérience de lecture que je vous recommande chaudement.
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KrisPy
  15 septembre 2014
Plaisanterie... Que revêt vraiment comme signification ce simple mot, plaisanterie, pour Milan Kundera ?
La plaisanterie du désir que l'on prend pour de l'amour ?
La plaisanterie, la grande fumisterie, qu'est la vie ? La grosse plaisanterie des masques qu'il faut porter ?
Ou bien est-ce le cynisme qui revêt le ton de la plaisanterie, et réécrira le destin tout tracé de Ludvik, victime, comme tant d'autres, du nihilisme communiste ?
Ludvik qui reviendra se venger de ce système, cette grosse Plaisanterie de très mauvais goût, par le biais de la naïve Marketa, elle-même symbole de ce manque d'humour nuancé propre à une politique totalitaire, femme qui représente le pire du communisme, l'aveuglement bovin, empreinte d'une joie "saine" et patriotique, totalement perméable à l'ironie de la chose, et qui pour comble, ne comprend pas et ne comprendra jamais les milles et une nuances d'une plaisanterie...
Et puis, bien sur, la valse des personnages, tous importants, tous tissant à l'unisson, mais chacun pour soi, la toile de leur histoire personnelle, avec comme même axe, les dommages collatéraux de la pensée communiste, cette prétendue pensée universelle, qui nie l'individue et l'individualisme, mais ne peut les détruire.
Après de multiples lectures et relectures, en des époques bien différentes, je vous aime toujours autant Monsieur Kundera, vous et vos volutes de pensées circulaires qui nous ramènent inexorablement à notre propre psyché.
Mieux qu'un psy, et moins cher ! ^^
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claudia_tros_cool
  19 janvier 2013
Ce n'est pas le premier livre que je lis de Kundera, j'avais déjà lu L'insoutenable légèreté de l'être qui compte parmi mes romans préférée bref, je n'avais pas peur de l'écriture de cet auteur, mais plutôt de l'histoire. Allait-elle être à la hauteur de ma première lecture ? A vrai dire, La plaisanterie est un roman bien différent de l'insoutenable légèreté de l'être, même si l'on peut retrouver un même cadre spatio- temporel.
La plaisanterie est un roman profondément ancré politiquement dans le communisme, pas n'importe lequel, celui qui censure, qui empêche tout individualisme et revendication, le communisme dogmatique de Staline. Comment une lettre issue d'une simple plaisanterie peut gâcher la vie ou du moins dix ans de l'existence d'une personne ? Cela paraît impossible pourtant l'histoire est basée sur cette plaisanterie qui va changer du tout au tout Ludvik Jahn étudiant en sciences talentueux et membre du parti. Pour ce roman Kundera à choisi un point de vue un interne, de ce fait les émotions, les impressions, les pensées des personnages nous arrivent plus directement. C'est un roman assez narratif notamment dans les passages du service militaire injuste. Ce qui est incroyable et que je retrouve dans cet oeuvre c'est la sincérité des personnages, leur véracité et leur crédibilité qui nous donne l'impression qu'ils existent et on s'y attache. La narration et la forme du récit qui impliquent chacun des personnages est superbement maniée, on ne s'ennuie pas, on entre dans l'univers de chaque personnage qui s'avère être très différent et riche; chacun amène quelque chose à l'histoire et, chacun détient une part de vérité.
Encore une fois mais bien différemment Kundera donne une place plus ou moins importante à l'amour ( ici il s'agit de Lucie, figure de la femme idéalisée qui devient même une obsession pour Ludvik) il sépare l'amour de l'âme et l'amour du corps en y ajoutant le perpétuelle incompris qui née toujours dans un couple.
La dernière partie de l'histoire s'attarde sur l'après du service militaire-exclusion du parti et fac de sciences de Ludvik, dix ans on passés pourtant, Ludvik est guidé par une haine, une envie de vengeance qui atteint son paroxysme car sa vie s'est basé sur la haine et la vengeance. Quand il croit s'être vengé de tous les torts qu'on lui à fait, il réalise que sa vengeance n'a pas aboutit elle n'était rien de plus qu'un leurre car, ni la vengeance ni le pardon ne réparont les torts commis à la place ce sera l'oubli. Ce n'est qu'à la fin que Ludvik comprendra qu'il à gâché sa vie, sa mission est maintenant d'oublier pour recommencer a vivre comme un homme normal. La fin n'est pas optimiste elle n'est pas non plus défaitiste, elle apprend une réalité humaine plutôt pessimiste et une leçon de vie au personnage et au lecteur . La fin est incroyable, l'écriture de Kundera est magnifique, chaque mot est bien choisit pour décrire un sentiment, les mots transpercent l'âme du lecteur, sincèrement ce livre est grandiose et figure dans ma liste de coup de coeur, a lire donc.
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Levant
  27 février 2018
La dictature est un régime qui fonde sa légitimité sur la force. Son adversaire c'est l'esprit. Pareil régime perçoit les traits d'humour comme provocation. Ludwik Jahn, le Héros de la plaisanterie, en fera l'amère expérience dans la Tchécoslovaquie des années soixante. Une espièglerie lui vaudra le bannissement du parti et quelques années de travaux dans les mines de charbon. "Toute l'histoire de ma vie a été conçue dans l'erreur, avec la plaisanterie de la carte postale, avec ce hasard, ce non-sens."
Le succès que lui valut ce premier roman auprès de ses compatriotes lors de sa parution en 1967 fit de Milan Kundera en même temps de lui un subversif aux yeux du pouvoir en place. Cet ouvrage connut un regain d'intérêt en occident après que son auteur, alors en exil, eût accédé à la notoriété avec les ouvrages qui suivront, en particulier le cinquième de son oeuvre: L'insoutenable légèreté de l'être.
J'ai fait cette démarche de remonter aux sources du talent d'un auteur en commençant par le fleuron de sa bibliographie pour ensuite lire ce qui a forgé son succès. J'ai lu La plaisanterie par une journée pluvieuse. La grisaille qui émane de ces pages s'est harmonisée avec l'atmosphère ambiante. La plaisanterie est comme le qualifie François Ricard en postface, le roman de la dévastation.
Pourtant, même si ce champ de ruine pourrait se concevoir au premier abord comme celui de la culture d'un pays sous la férule du régime communiste, la véritable dévastation est surtout celle de la vie sentimentale des protagonistes de cet ouvrage. Car La plaisanterie est avant tout un roman de la vie des hommes, avec leurs bonheurs si maigres et si rares, leurs déboires plus prompts à s'entrelacer pour assombrir l'horizon.
Ludwik et Lucie s'aimaient avec sincérité. Leurs élans se sont pourtant heurtés à la barrière d'une sensualité étouffée. Le contact des corps, prolongement naturel d'un amour partagé, fut pour Lucie un supplice qui rendit leur union impossible. Ludwik restera dans l'ignorance de la cause de cet échec. Le lecteur l'apprendra de l'alternance des narrateurs de ce roman à plusieurs voix. Cette déconvenue fera de sa vie affective d'adulte une faillite. Héléna, Jaroslav et Kostka, les autres voix de cet ouvrage, ne seront guère plus heureux dans leur vie amoureuse.
Voilà un roman qui dépeint l'état d'esprit d'êtres sensibles aux prises avec les affres de la nature humaine, dans un contexte politique cultivant la dépersonnalisation. Les esprits malléables en quête d'eux-mêmes sont gagnés par la désillusion et la mélancolie. Ses premiers lecteurs ne s'y sont pas trompés, ils ont perçu chez ce talent contraint un auteur capable de dire le malaise dont ils souffraient eux-mêmes. Ce talent déploiera ses ailes plus tard dans l'exil et clamera son ressentiment de ces années volées à une jeunesse entretenue sous le boisseau, même s'il reste fidèle aux valeurs et à la culture de ses jeunes années. Musique, tradition, enracinement dans le christianisme trouvent faveur dans ses pages. Sans oublier une sexualité assumée même si elle n'est jamais l'aboutissement espéré de la plénitude amoureuse. Un voile grisâtre est la toile de fond de cet univers que chacun espérait légitimement radieux.
Milan Kundera nous livre un roman un peu déprimant. Sans doute révélateur de l'esprit d'un lieu et d'une époque.
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critiques presse (1)
Bibliobs   04 avril 2014
A 85 ans, l'auteur de « la Plaisanterie » a le bon goût de s'amuser encore. Délectable légèreté d'un grand écrivain dont l'oeuvre repose pourtant, depuis 2011, dans son caveau en papier bible, pleine peau et or fin: la Pléiade.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (93) Voir plus Ajouter une citation
claudia_tros_coolclaudia_tros_cool   19 janvier 2013
[...] voire avec ce lent et médiocre service si révélateur si révélateur d'un état de la société où je vis, laquelle sera pareillement oubliée, même avec toutes ses fautes et tous ses sorts qui m'obsédaient, me consumaient, que je m'épuisais a corriger, à sanctionner, à redresser, veine ment puisque ce qui est fait est fait, irréparablement. Oui j'y voyais clair soudain : la plupart des êtres s'adonnent au mirage d'une double croyance : ils croient à la pérennité de la mémoire ( des choses, des hommes, des actes, des nations) et a la possibilité de réparer ( des actes, des erreurs, des pêchés, des tords) .
L'une est aussi fausse que l'autre. La vérité se situe juste à l'opposé : tout sera oublié et rien ne sera réparé. Le rôle de la réparation ( et par la vengeance et par le pardon) sera tenu par l'oubli. Personne ne réparera les torts commis, mais tous les torts seront oubliés.
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KrisPyKrisPy   15 septembre 2014
Un mois à peu près avant les vacances, je commençais à me rapprocher de Marketa (elle était en première et moi en deuxième année) et je faisais de mon mieux pour lui en imposer, de la même façon bête que les hommes de vingt ans de tous les temps : je m'affublais d'un masque ; je feignais d'être plus vieux (mentalement et par mes expériences); je feignais de garder mes distances par rapport à toutes choses, de considérer le monde de haut et de porter par-dessus ma peau un second épiderme, invisible et à l'épreuve des balles. Je me doutais (du reste à juste titre) que la plaisanterie exprime clairement la distance et, si j'ai toujours aimé plaisanter, avec Marketa je le faisais d'une façon particulièrement zélée, artificielle et affectée.
Mais qui étais-je réellement ? Force m'est de le redire : J'étais celui qui avait plusieurs visages.
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mellahmellah   02 mars 2016
La véritable source de mon courroux se trouvait beaucoup plus profond (j’eusse rougi de la confesser) : je pensais à ma misère, désolante misère de ma jeunesse ratée, misère de ces longues semaines inassouvies, humiliant infini du désir inexaucé ; j’évoquais la vaine conquête de Marketa, la vulgarité de cette blonde sur la machine agricole et encore une fois la vaine conquête de Lucie. Et j’avais envie de crier ma plainte : pourquoi en tout me faut-il être adulte, comme adulte jugé, exclu, proclamé trotskiste, comme adulte envoyé dans les mines alors qu’en amour je n’ai pas le droit d’être adulte et qu’on m’oblige de boire toute la honte de l’immaturité ? Je détestais Lucie, d’autant plus que je savais son amour pour moi, ce qui rendait sa résistance aberrante et incompréhensible, et m’acculait à la fureur. Ainsi, après une demi-heure de mutisme obstiné, je repartis à l’attaque.
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SepoSepo   18 avril 2014
"Appelé à comparaître devant diverses commissions, j'avais pu fournir, par dizaines, les motifs qui m'avaient amené au communisme, mais ce qui, dans le mouvement, m'avait par-dessus tout fasciné, ensorcelé même, ç'avait été le volant de l'Histoire près duquel je me suis trouvé (ou ai cru me trouver). En effet, nous décidions alors réellement du sort des gens et des choses; et cela justement dans les universités: comme en ces temps les membres du Parti au sein des assemblées professorales se comptaient sur les doigts d'une seule main, les étudiants communistes, au cours des premières années, assumaient à peu près seuls la direction des facultés, décidant des nominations de professeurs, de la réforme de l'enseignement comme des programmes. L'énivrement que nous goûtions est appelé d'ordinaire griserie du pouvoir, cependant (avec un grain de bonne volonté) je pourrais choisir des mots moins sévères: nous étions envoûtés par l'Histoire; nous étions ivres d'avoir senti son corps sous nos fesses; dans la plupart des cas, ça finissait par tourner par une vilaine soif de puissance, mais (de même que toutes les affaires humaines sont ambiguës) il y avait en même temps là-dedans la belle illusion que nous inaugurions, nous, cette époque où l'homme (chacun des hommes) ne serait plus en dehors de l'Histoire ni sous le talon de l'Histoire, mais la conduirait et la façonnerait."

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peloignonpeloignon   14 février 2013
Une valeur galvaudée et une illusion démasquée ont le même pitoyable corps, elles se ressemblent et rien n’est plus aisé que de les confondre.
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Videos de Milan Kundera (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Milan Kundera
Milan Kundera, Une vie d?écrivain Jean-Dominique Brierre
En librairie le 13 mars 2019 336 pages ? 20 ?
Le 1er avril 2019, Milan Kundera fête ses 90 ans !
Évoquant les personnages de la Guerre et la Paix, Milan Kundera remarque que leur vie est « un voyage dont les phases successives sont non seulement différentes, mais repre?sentent souvent la ne?gation totale des phases pre?ce?dentes ».
Ce parcours en ligne brise?e est aussi celui de l?auteur de la Plaisanterie. Son ?uvre est faite des me?mes contradictions. Ne? le 1er avril 1929, destine? a? une carrie?re de musicien, il devient poe?te communiste, puis romancier critique a? l?e?gard du re?gime. Exclu du Parti, mis a? l?index apre?s l?e?crasement du Printemps de Prague (1968), il quitte la Tche?coslovaquie sept ans plus tard pour s?installer en France. Ni dissident ni exile?, il continue toutefois a? e?crire en tche?que (L?Insoutenable Le?ge?rete? de l?e?tre), avant de choisir le franc?ais comme langue unique d?e?criture et d?« exploration de l?existence ».
Paradoxal, secret, absent des me?dias, Kundera est conside?re? comme un des e?crivains majeurs du dernier demi-sie?cle. Succe?s qu?il attribue, non sans ironie, « au fait d?e?tre mal compris ». Avec ou sans re?serves, des auteurs aussi divers que Jonathan Coe, Orhan Pamuk, Salman Rushdie ou Taslima Nasreen le regardent comme un mai?tre, dont les re?flexions sur l?« art du roman » questionnent leur me?tier en profondeur.
Ce parcours artistique, intellectuel, politique et litte?raire, Jean- Dominique Brierre l?a reconstitue? en l?inse?rant dans son contexte historique, du « coup de Prague » (1948) a? la « re?volution de Velours » (1989), s?appuyant notamment sur ses e?crits, ses entretiens et sur des te?moignages ine?dits, notamment ceux de son ami Alain Finkielkraut et de son traducteur Franc?ois Ke?rel.
http://www.editionsecriture.com/livre/milan-kundera-une-vie/ --------------------
Écrivain, journaliste, musicologue, Jean-Dominique Brierre est notamment l?auteur d?essais biographiques consacrés à Leonard Cohen (Le cherche midi, 2014) et Bob Dylan (L?Archipel, 2016).
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