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EAN : 9782072892707
320 pages
Éditeur : Gallimard (16/04/2020)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 854 notes)
Résumé :
"Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ?" Son frère se taisait, et Edouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
LoloKiLi
  13 novembre 2019
Il ne vous dit peut-être pas grand-chose, ce recueil de nouvelles rédigées au cours des années soixante, et pourtant l'essentiel de son auteur est là.
« Risibles amours » c'est un peu l'oeuvre à part. La quasi première de Kundera. Aboutie pourtant, et remarquablement construite, elle signe la genèse de sa vocation d'écrivain ainsi que l'éclosion des thèmes qu'il scrutera plus tard au fil de ses livres.
Pas totalement captivée au départ, j'avoue, je me suis finalement laissé séduire par la succession de ces nouvelles singulières et par l'intéressante cohésion qui les unit l'air de mine de rien, chacune, en outre, augurant clairement d'un roman à venir, tel « La valse aux adieux » dont je me suis régalée il n'y a pas si longtemps.
La comédie humaine est son terrain de jeu et à travers l'apparente légèreté de sa prose Kundera me fait souvent l'effet d'un enfant moqueur, contemplant la société des adultes d'un oeil sarcastique et terriblement lucide. Une philosophie déjà bien présente dans ces sept nouvelles, comme un subtil condensé des oeuvres qui suivront.
Alors si l'on ne devait lire qu'un seul Kundera, finalement, ce serait peut-être bien celui-là.

Lien : https://minimalyks.tumblr.com/
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Iboo
  12 juin 2019
Outre le style inimitable de Kundera, ce qu'il est essentiel de relever dans ce livre, c'est la toute petite phrase de fin : "Écrit en Bohème entre 1959 et 1968". En les resituant dans leur contexte, elle donne tout leur sens à ces (pas si) "risibles" nouvelles pragoises.
Entre 1953 et 1968, la République Socialiste Tchécoslovaque, qui fait partie du Bloc Soviétique, est dirigée par Antonin Novotny qui se trouve également à la tête du Parti Communiste Tchécoslovaque.
Ce dernier entame un processus de déstalinisation moins rapide que dans les autres pays d'Europe de l'Est. le régime se caractérise par l'absence de démocratie, un parti unique et une répression des opposants par la police et le service des renseignements, la Sécurité d'État tchécoslovaque. La censure frappe les écrivains et les artistes;
1968, Printemps de Prague - Alexandre Dubcek, qui devient premier secrétaire du Parti Communiste Tchécoslovaque en Janvier 1968, engage une série de réformes libérales. le 5 Mars 1968, la censure est supprimée. En Avril est accepté le principe d'un "socialisme à visage humain". Des écrivains emprisonnés pour délit d'opinion sont libérés. L'attitude de l'état vis-à-vis de l'Église devient plus conciliante. Mais cette politique est très critiquée dans les autres pays du Bloc de l'Est qui craignent que la Tchécoslovaquie ne serve d'exemple.
Dans la nuit du 20 au 21 Août 1968, les troupes du pacte de Varsovie entrent en Tchécoslovaquie. C'est la fin du Printemps de Prague.
Pardon pour cette petite page d'Histoire (puisée dans Encyclopædia Universalis) mais elle n'est pas superflue pour apprécier pleinement ces "Risibles amours".
Ce fût incontestablement un agréable moment de lecture (même s'il ne m'a pas non plus transcendée) car il m'a, pour le moins, fortement intéressée.
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blandine5674
  25 juillet 2019
7 nouvelles ayant souvent pour thème le mensonge, le sexe, la manipulation. Paru en 1970 après son roman La plaisanterie. C'est souvent drôle, des fins réussies, très agréable à lire. Travers de la société, jeunes tombeurs, corps vieillissant, jeux de l'amour, plaisanteries. Voici le Kundera que j'aime.
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colimasson
  26 octobre 2015
Quand on a lu L'Insoutenable légèreté de l'être, ces nouvelles semblent presque affligeantes. Et pourtant, il y a quelques bonnes phrases, quelques bonnes idées, malheureusement présentées au lecteur comme un éventail de prostituées à Amsterdam. Considérons ces nouvelles comme un exercice de préparation effectué une quinzaine d'années avant le grand roman de Milan Kundera, et réconfortons-nous avec l'Insoutenable légèreté contre l'insoutenable platitude.
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Floyd2408
  02 août 2017
Risibles amours écrit en Bohême entre 1959 et 1968 dans sa langue natale, publié en 1970, deux ou trois ans après son premier roman La plaisanterie, c'est un recueil de plusieurs nouvelles tirées de trois petits cahiers publiés à Prague entre 1963 et 1969 contenant dix nouvelles pour ensuite se réduire définitivement en sept nouvelles en 1970. Personne ne va rire est paru dans le tout premier cahier celui de 1963, La pomme d'or de l'éternel désir et le jeu de l'auto-stop dans celui de 1965 et les autres dans le dernier de 1968.
Pendant les années suivant la révolution de 1948 en Tchécoslovaquie, Kundera chercha un regard lucide et désabusé qu'il trouva dans l'art des romans et Risibles amours sera cette oeuvre première de maitrise, dans ces sept nouvelles il trouva la réponse pour aborder les thèmes récurrents futur de ses romans avenirs. Il y a une forme d'automystification dans ce recueil de nouvelles, cette ironie où le rire caresse l'amour du comique sexuel, la jeunesse, le vieillissement, la passé, l'oubli, l'illusion, la religion, la politique…. Et ce chiffre de sept important pour Kundera, récurrence dans ces oeuvres, cette divisions mise à part deux romans ( cinq et neuf parties) …la sommes reste un nombre divisible par sept, est-ce une coïncidence. Ce livre de jeunesse ne l'est pas dans sa conception, elle est d'une maturité impressionnante, rien ne respire la jeunesse de Kundera, juste une révélation d'un homme, d'un artiste. La structure de chaque nouvelles est une continuité de l'ensemble avec son unicité propre. Cet édifice à la morphologie d'un sillon d'un ricoché, la continuité, l'enrichissement, l'écho de l'une à l'autre tel un couple centré sur le socle de la quatrième nouvelle le colloque.
L'amour rode dans chaque nouvelles, ce sentiment est distendu dans toute ses formes, étiré au firmament de l'apologie des sens, les décors, les lieux, les relations diverses, les âges aussi avec cette ligne directrice de Risibles amours, titre d'une des nouvelles et de l'esprit du livre aussi, s'évapore l'insondable ironie des sentiments amoureux, le comique sexuel des situations, l'âme vagabonde de la réflexion sensuelle du corps à corps.
Personne ne va rire me rappelle la plaisanterie, le comique d'une situation sous le regard d'une communauté soupçonneuse. L'ironie, la dérision et de la désinvolture du narrateur donnent à cette prose un coté comédie- dramatique léger, l'amour est ridicule, les personnages sont dans la masse, Klara illumine la beauté et la lucidité de rompre.
La pomme d'or de l'éternel désir sont les tribulations d'un éternel séducteur narré par son meilleur ami. Mais ce jeu est l'instant fugace et indélébile de la conquête charmée figée par l'image de ce visage, un collectionneur de sourire, de regard pétillant, de conquises envoutées. C'est une aventure journalière, courte rompue par cet ami narrateur soudain pris de conscience pour continuer le jeu de séduction de son ami.
Le jeu de l'auto-stop est le comble de l'ironie où le spectacle est cette mise en scène de ce jeu entre le couple partant en vacances, ce petit jeu de rôle innocent pimentant la chair chaude de ces deux innocents piégés par la folie de la jalousie, emprisonnés par la vulgarité des autres, par la puanteur du vice s'immisçant dans la pudeur de cette jeune innocente devenue quelconque. Soudain le jeu de séduction s'écroule pour rendre l'homme froid, dévoré par le vice de ces femmes vulgaires qu'il a charmé retrouvé dans celle qu'il pensait différente, naïve, sa petite amie fragile. le charme est rompu encore une fois, la sensualité devient salace.
Le colloque peut être une pièce ou gravitent ces personnages, composée de scènes beaucoup de dialogues, de réflexions…Ce coeur alimente ce risible amour commun à tous les autres, illustré ici par l'ironie égoïste et narcissique de ces personnages empreint de dualités. le jeu de charme entre ces cinq personnes illustre le jeu de dupe de l'amour. Puis le donjuanisme s'invite dans les conversations, pour devenir le collectionneur, remettant en cause les nouveaux tombeurs de ces dames, la séduction perd de son charme, sa vertu sensuelle comme l'ami de Martin collectionneur de visages. Les uns et les autres cherchent les signes de séductions de chacun pour ensuite s'inventer leur désir, puis bascule dans le vaudeville avec le faux suicide. Cette nouvelle est riche, comique, sensuelle, acide aussi, sensuelle, l'amour s'aventure dans l'aléa et la séduction dans le besoin sexuel.
Que les vieux morts cèdent la place aux jeunes morts est une histoire de souvenir, de regret, de souvenir, d'amour perdu, de mort vecteur de retrouvaille. La pudeur des corps à l'âge vieillissant s'invite dans le jeu de séduction. La femme cède à son passé, l'homme n'oublie pas et chute dans des amours périmés pour revivre sa jeunesse enfuit. le corps dans le sexe reste invisible, comme l'âge et le visage c'est la cécité du désir pour accéder à lui-même et se voire. Nous retrouvons le malentendu cher à ses baiseurs, comme si la réalité se transformait pour assouvir leur pulsion sexuelle.
Le docteur Havel vingt plus tard est indépendant du colloque où le personnage est le même. Ce collectionneur jadis reste le même marié à une jeune actrice très belle. Celle-ci est l'atout pour le docteur afin de collectionner encore ses femmes qu'il charme par habitude pour exister. le journaliste naïf sera le jouet du docteur pour le jeter dans les bras de sa collègue, comme le personnage Que les vieux morts cèdent la place aux jeunes morts, le journaliste sera pris au piège de l'aveugle baiseur lyrique, cherchant juste le moyen de devenir un collectionneur à travers cette première conquête.
Édouard et Dieu mêle religion, politique, sexe et soumission. Mais dans la prose de Kundera l'amour reste d'une beauté comique, la sensualité un jeu de séduction. La religion est acte antirévolutionnaire, celle du pays mais reste une forme d'amour, une passion personnelle. Edouard rompt l'harmonie de sa quête en l'obtenant, brisant la jeune fille chrétienne à ses démons pour finir dans les griffes de la domination perverse du sexe avec la femme mature lui obtenant le poste d'enseignant. La beauté de la jeune fille, sa douceur, sa grâce, sa foi sont violée par un futur collectionneur. Il entre dans la cours de tous ses héros qui accumulent les femmes, les jeunes filles comme Havel, Martin…. Édouard sourit de sa défaite…
Kundera me ravis de cette prose si riche, de ces nouvelles toujours aussi légèrement sérieuse. Même si je ne suis pas assez expérimenté dans la littérature classique pour percevoir toute la subtilité de ces histoires de séduction, d'amour, ces personnages riches des héros passés comme Don Juan et tant d'autres. Venez-vous perdre dans risibles amours.
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Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   01 juillet 2020
Havel [...] parce qu'il aimait sa femme il faisait tout pour soulager ses tourments. Cette fois encore, il essayait de l'aider : il exagérait ses douleurs et la gravité de son état, car il savait que la peur que sa femme éprouvait à la pensée de sa maladie était pour elle une peur tonique et réconfortante, tandis que les craintes que lui inspirait sa bonne santé (pleine d'infidélités et d'embûches) la minaient.
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NoushaNousha   11 février 2009
Je crois qu'un homme et une femme s'aiment davantage quand ils ne vivent pas ensemble et quand ils ne savent l'un de l'autre qu'une seule chose, qu'ils existent, et quand ils sont reconnaissants l'un envers l'autre parce qu'ils existent et parce qu'ils savent qu'ils existent. Et ça leur suffit pour être heureux. Je te remercie (...), je te remercie d'exister
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AlixoneAlixone   05 janvier 2015
« Je sais que tu as toujours été un type droit et que tu en es fier. Mais pose-toi une question : Pourquoi dire la vérité ? Qu'est-ce qui nous y oblige ? Et pourquoi faut-il considérer la sincérité comme une vertu ? Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ? Eh bien, dis-moi !" Son frère se taisait, et Édouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou. »
+ Lire la suite
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mandarine43mandarine43   01 août 2011
[ Incipit ]

« Verse-moi encore un verre de slivovice », me dit KIara, et je ne fus pas contre. Nous avions trouvé pour ouvrir la bouteille un prétexte qui n'avait rien d'extraordinaire, mais qui tenait : je venais de toucher ce jour-là une assez jolie somme pour une longue étude parue dans une revue d'histoire de l'art.
Si mon étude avait fini par être publiée, ça n'avait pas été sans mal. Ce que j'avais écrit n 'était qu'épines et polémiques. C'est pourquoi la revue La Pensée plastique, avec sa rédaction grisonnante et circonspecte, avait refusé ce texte que j'avais finalement confié à une revue concurrente, moins importante il est vrai, mais dont les rédacteurs sont plus jeunes et plus irréfléchis.
Le facteur m'avait apporté le mandat à la faculté, ainsi qu'une lettre. Lettre sans importance et que je parcourus à peine le matin, frais émoulu de ma toute nouvelle grandeur. Mais une fois de retour à la maison, tandis que l'on approchait de minuit et que le niveau baissait dans la bouteille, pour nous amuser je pris cette lettre sur mon bureau et la lus à Klara :
« Cher camarade - et si je peux me permettre d'user de ce terme - cher collègue - pardonnez à un homme auquel vous n'avez jamais parlé de votre vie de prendre la liberté de vous écrire. Je m'adresse à vous pour vous prier de bien vouloir lire l'article ci-joint. Je ne vous connais pas personnellement mais je vous estime, car vous êtes à mes yeux l'homme dont les opinions, le raisonnement, les conclusions m'ont toujours paru corroborer de manière surprenante les résultats de mes propres recherches... » Suivaient de grands éloges de mes mérites et une requête : il me demandait d'avoir l'obligeance de rédiger une note de lecture à l'intention de la revue La Pensée plastique qui, depuis six mois, refusait et dénigrait son article. On lui avait dit que mon avis serait décisif, de sorte que j'étais désormais son seul espoir, la seule lueur dans ses ténèbres têtues.
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colimassoncolimasson   06 novembre 2015
Je sais que tu as toujours été un type droit et que tu en es fier. Mais pose-toi une question : Pourquoi dire la vérité ? Qu'est-ce qui nous y oblige ? Et pourquoi faut-il considérer la sincérité comme une vertu ? Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ? Eh bien, dis-moi !" Son frère se taisait, et Édouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou.
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L'Invité des Matins de Guillaume Erner - émission du 17 septembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/saison-26-08-2019-29-06-2020
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