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François Kérel (Autre)
ISBN : 2070377024
Éditeur : Gallimard (02/05/1986)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 631 notes)
Résumé :
"Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ?" Son frère se taisait, et Edouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es t... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  26 octobre 2015
Quand on a lu L'Insoutenable légèreté de l'être, ces nouvelles semblent presque affligeantes. Et pourtant, il y a quelques bonnes phrases, quelques bonnes idées, malheureusement présentées au lecteur comme un éventail de prostituées à Amsterdam. Considérons ces nouvelles comme un exercice de préparation effectué une quinzaine d'années avant le grand roman de Milan Kundera, et réconfortons-nous avec l'Insoutenable légèreté contre l'insoutenable platitude.
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Floyd2408
  02 août 2017
Risibles amours écrit en Bohême entre 1959 et 1968 dans sa langue natale, publié en 1970, deux ou trois ans après son premier roman La plaisanterie, c'est un recueil de plusieurs nouvelles tirées de trois petits cahiers publiés à Prague entre 1963 et 1969 contenant dix nouvelles pour ensuite se réduire définitivement en sept nouvelles en 1970. Personne ne va rire est paru dans le tout premier cahier celui de 1963, La pomme d'or de l'éternel désir et le jeu de l'auto-stop dans celui de 1965 et les autres dans le dernier de 1968.
Pendant les années suivant la révolution de 1948 en Tchécoslovaquie, Kundera chercha un regard lucide et désabusé qu'il trouva dans l'art des romans et Risibles amours sera cette oeuvre première de maitrise, dans ces sept nouvelles il trouva la réponse pour aborder les thèmes récurrents futur de ses romans avenirs. Il y a une forme d'automystification dans ce recueil de nouvelles, cette ironie où le rire caresse l'amour du comique sexuel, la jeunesse, le vieillissement, la passé, l'oubli, l'illusion, la religion, la politique…. Et ce chiffre de sept important pour Kundera, récurrence dans ces oeuvres, cette divisions mise à part deux romans ( cinq et neuf parties) …la sommes reste un nombre divisible par sept, est-ce une coïncidence. Ce livre de jeunesse ne l'est pas dans sa conception, elle est d'une maturité impressionnante, rien ne respire la jeunesse de Kundera, juste une révélation d'un homme, d'un artiste. La structure de chaque nouvelles est une continuité de l'ensemble avec son unicité propre. Cet édifice à la morphologie d'un sillon d'un ricoché, la continuité, l'enrichissement, l'écho de l'une à l'autre tel un couple centré sur le socle de la quatrième nouvelle le colloque.
L'amour rode dans chaque nouvelles, ce sentiment est distendu dans toute ses formes, étiré au firmament de l'apologie des sens, les décors, les lieux, les relations diverses, les âges aussi avec cette ligne directrice de Risibles amours, titre d'une des nouvelles et de l'esprit du livre aussi, s'évapore l'insondable ironie des sentiments amoureux, le comique sexuel des situations, l'âme vagabonde de la réflexion sensuelle du corps à corps.
Personne ne va rire me rappelle la plaisanterie, le comique d'une situation sous le regard d'une communauté soupçonneuse. L'ironie, la dérision et de la désinvolture du narrateur donnent à cette prose un coté comédie- dramatique léger, l'amour est ridicule, les personnages sont dans la masse, Klara illumine la beauté et la lucidité de rompre.
La pomme d'or de l'éternel désir sont les tribulations d'un éternel séducteur narré par son meilleur ami. Mais ce jeu est l'instant fugace et indélébile de la conquête charmée figée par l'image de ce visage, un collectionneur de sourire, de regard pétillant, de conquises envoutées. C'est une aventure journalière, courte rompue par cet ami narrateur soudain pris de conscience pour continuer le jeu de séduction de son ami.
Le jeu de l'auto-stop est le comble de l'ironie où le spectacle est cette mise en scène de ce jeu entre le couple partant en vacances, ce petit jeu de rôle innocent pimentant la chair chaude de ces deux innocents piégés par la folie de la jalousie, emprisonnés par la vulgarité des autres, par la puanteur du vice s'immisçant dans la pudeur de cette jeune innocente devenue quelconque. Soudain le jeu de séduction s'écroule pour rendre l'homme froid, dévoré par le vice de ces femmes vulgaires qu'il a charmé retrouvé dans celle qu'il pensait différente, naïve, sa petite amie fragile. le charme est rompu encore une fois, la sensualité devient salace.
Le colloque peut être une pièce ou gravitent ces personnages, composée de scènes beaucoup de dialogues, de réflexions…Ce coeur alimente ce risible amour commun à tous les autres, illustré ici par l'ironie égoïste et narcissique de ces personnages empreint de dualités. le jeu de charme entre ces cinq personnes illustre le jeu de dupe de l'amour. Puis le donjuanisme s'invite dans les conversations, pour devenir le collectionneur, remettant en cause les nouveaux tombeurs de ces dames, la séduction perd de son charme, sa vertu sensuelle comme l'ami de Martin collectionneur de visages. Les uns et les autres cherchent les signes de séductions de chacun pour ensuite s'inventer leur désir, puis bascule dans le vaudeville avec le faux suicide. Cette nouvelle est riche, comique, sensuelle, acide aussi, sensuelle, l'amour s'aventure dans l'aléa et la séduction dans le besoin sexuel.
Que les vieux morts cèdent la place aux jeunes morts est une histoire de souvenir, de regret, de souvenir, d'amour perdu, de mort vecteur de retrouvaille. La pudeur des corps à l'âge vieillissant s'invite dans le jeu de séduction. La femme cède à son passé, l'homme n'oublie pas et chute dans des amours périmés pour revivre sa jeunesse enfuit. le corps dans le sexe reste invisible, comme l'âge et le visage c'est la cécité du désir pour accéder à lui-même et se voire. Nous retrouvons le malentendu cher à ses baiseurs, comme si la réalité se transformait pour assouvir leur pulsion sexuelle.
Le docteur Havel vingt plus tard est indépendant du colloque où le personnage est le même. Ce collectionneur jadis reste le même marié à une jeune actrice très belle. Celle-ci est l'atout pour le docteur afin de collectionner encore ses femmes qu'il charme par habitude pour exister. le journaliste naïf sera le jouet du docteur pour le jeter dans les bras de sa collègue, comme le personnage Que les vieux morts cèdent la place aux jeunes morts, le journaliste sera pris au piège de l'aveugle baiseur lyrique, cherchant juste le moyen de devenir un collectionneur à travers cette première conquête.
Édouard et Dieu mêle religion, politique, sexe et soumission. Mais dans la prose de Kundera l'amour reste d'une beauté comique, la sensualité un jeu de séduction. La religion est acte antirévolutionnaire, celle du pays mais reste une forme d'amour, une passion personnelle. Edouard rompt l'harmonie de sa quête en l'obtenant, brisant la jeune fille chrétienne à ses démons pour finir dans les griffes de la domination perverse du sexe avec la femme mature lui obtenant le poste d'enseignant. La beauté de la jeune fille, sa douceur, sa grâce, sa foi sont violée par un futur collectionneur. Il entre dans la cours de tous ses héros qui accumulent les femmes, les jeunes filles comme Havel, Martin…. Édouard sourit de sa défaite…
Kundera me ravis de cette prose si riche, de ces nouvelles toujours aussi légèrement sérieuse. Même si je ne suis pas assez expérimenté dans la littérature classique pour percevoir toute la subtilité de ces histoires de séduction, d'amour, ces personnages riches des héros passés comme Don Juan et tant d'autres. Venez-vous perdre dans risibles amours.
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Chrys
  14 février 2012
Le texte est composé de sept nouvelles. Toutes pour moi n'ont pas la même saveur, j'ai préféré certaines mais toutes posent des questions autour du mensonge (à soi, aux autres), du jeu de dupe (envers soi, envers les autres), etc.... Des questionnements très intéressants car qu'est-ce que la sincérité, l'honnêteté? Qu'est-ce que le mensonge? Quel(s) rôle(s) joue-t-on en société, adapte-t-on ce rôle en fonction des personnes rencontrées?
Parmi les histoires:

Personne ne va rire: Comment un jour, par manque de courage, de franchise, ou par jeu (allez savoir?) un professeur voit sa vie (ses projets, ses amours, ses espoirs) brisée. Un simple refus (ou plutôt un refus qui ne dit pas son nom) face à un homme qui venait vers lui chercher un soutien éditorial transforme jour après jour sa place dans la société, transforme sa relation amoureuse, transforme ce qu'il projetait. On assiste à la chute du narrateur. Il faut ajouter que la situation prend place dans un pays "communiste".
Le jeu de l'auto-stop: Un couple part en vacances. Elle est plutôt timide, rougissante, réservée, il s'en amuse. Mais après une "pause-pipi", alors qu'il est au volant, qu'il l'attend, elle le rejoint, monte dans la voiture... Et s'installe alors un jeu entre eux. Elle joue le rôle de l'auto-stoppeuse. Un autre dialogue se glisse, il ne la connaissait pas ainsi, femme "libérée", femme prête à l'accompagner à l'hôtel, à coucher avec cet homme "inconnu"? Jusqu'où peut-elle jouer ce rôle? Quand le jeu va-t-il s'arrêter? Qui voudra le stopper?
Lien : http://lejournaldechrys.blog..
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MissSugarTown
  29 mars 2014
Tout d'abord, ce recueil de nouvelles porte bien son nom ! En effet, Risibles amours nous présente un ensemble de sept nouvelles, toutes portées sur les relations amoureuses et la conception de Kundera sur le sujet est plutôt déroutante... disons qu'il ne se gêne pas pour pointer du doigt les relations humaines au sein d'un couple et à en souligner l'aspect parfois ridicule, se foutant ouvertement de la gueule des amoureux et nous certifiant presque que les relations amoureuses sont souvent le résultat d'un ensemble de malentendus...
J'aime aussi la couverture en anglais qui représente bien l'atmosphère des sept histoires.

Parce que si ces différentes histoires sont racontées avec un certain humour, ceci n'empêche pas le lecteur d'avoir également envie de s'arracher les cheveux et de verser quelques larmes de désespoir. A la fin de ma lecture je me suis dit que si j'avais réussi à comprendre jusque là un tant soit peu les mécanismes, un minimum complexes admettons-le, des relations de couple, Kundera vient de me prouver le contraire, en effet je ne sais plus quoi en penser ! C'est à nous demander si une relation amoureuse "logique" et "saine" puisse exister, mais l'amour n'a jamais été une question de logique, et disons que Kundera a quand même poussé un peu sur la caricature.
Cet ouvrage fait partie des premières publications romanesques de Kundera, nous y retrouvons encore une fois cette question d'identité au sein d'un couple, qui peut soudainement basculer en l'espace d'une seconde et tout chambouler... Kundera est aussi un grand macho il me semble, l'image qu'il donne de la femme dans ses récits n'est pas des plus reluisantes, elle y occupe souvent un statut d'objet et disons que ça m'a bien énervée plus d'une fois !
Comme dans les romans de tout philosophe talentueux, nous y retrouvons des réflexions sur une infinité de sujets plus intéressants les uns que les autres et la plume de Kundera est un réel délice, on n'en a jamais assez et la fin arrive toujours trop vite.
Lien : http://laculturehajarienne.b..
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CLAVIE
  17 août 2012
J'ai attendu volontairement avant d'en écrire la critique. Je suis restée indécise après avoir fermé ce livre.
Une chose reste certaine. le style de Kundera est plaisant : il nous entraîne toujours dans une histoire dont la fin reste un secret, étonnante. Les sentiments sont toujours exprimés de manière indirecte, par les actes de ses personnages. On s'imagine toujours les non-dits à travers des images que les mots forment dans notre tête. Une belle écriture.
En revanche, le fond ne m'a guère marqué, contrairement à l'Insoutenable Légèreté de l'Etre. L'essentiel demeure dans le non-dit, l'histoire devrait commencer quand justement la Nouvelle s'arrête. En fait, il s'attache à la séduction, et non au thème de l'Amour. D'ailleurs, l'une d'elles se conclut par désormais ils leur reste 13 jours pour s'aimer. L'intérêt du livre est sûrement là, le mensonge vient de la confusion entre séduction et Amour....
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Citations & extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
dauntradauntra   18 octobre 2017
Il y a une superficielle joliesse de la femme que le goût provincial considère à tort comme la beauté. Et puis, il y a la vraie beauté érotique de la femme. Mais bien sûr, reconnaître cette beauté-là du premier coup d’œil, ce n'est pas une chose facile. C'est tout un art.
[Page 234]
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StockardStockard   11 octobre 2017
Uriner dans la nature est un rite religieux par lequel nous promettons à la terre d'y retourner, un jour, tout entier.
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NoushaNousha   11 février 2009
Je crois qu'un homme et une femme s'aiment davantage quand ils ne vivent pas ensemble et quand ils ne savent l'un de l'autre qu'une seule chose, qu'ils existent, et quand ils sont reconnaissants l'un envers l'autre parce qu'ils existent et parce qu'ils savent qu'ils existent. Et ça leur suffit pour être heureux. Je te remercie (...), je te remercie d'exister
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AlixoneAlixone   05 janvier 2015
« Je sais que tu as toujours été un type droit et que tu en es fier. Mais pose-toi une question : Pourquoi dire la vérité ? Qu'est-ce qui nous y oblige ? Et pourquoi faut-il considérer la sincérité comme une vertu ? Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ? Eh bien, dis-moi !" Son frère se taisait, et Édouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou. »
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mandarine43mandarine43   01 août 2011
[ Incipit ]

« Verse-moi encore un verre de slivovice », me dit KIara, et je ne fus pas contre. Nous avions trouvé pour ouvrir la bouteille un prétexte qui n'avait rien d'extraordinaire, mais qui tenait : je venais de toucher ce jour-là une assez jolie somme pour une longue étude parue dans une revue d'histoire de l'art.
Si mon étude avait fini par être publiée, ça n'avait pas été sans mal. Ce que j'avais écrit n 'était qu'épines et polémiques. C'est pourquoi la revue La Pensée plastique, avec sa rédaction grisonnante et circonspecte, avait refusé ce texte que j'avais finalement confié à une revue concurrente, moins importante il est vrai, mais dont les rédacteurs sont plus jeunes et plus irréfléchis.
Le facteur m'avait apporté le mandat à la faculté, ainsi qu'une lettre. Lettre sans importance et que je parcourus à peine le matin, frais émoulu de ma toute nouvelle grandeur. Mais une fois de retour à la maison, tandis que l'on approchait de minuit et que le niveau baissait dans la bouteille, pour nous amuser je pris cette lettre sur mon bureau et la lus à Klara :
« Cher camarade - et si je peux me permettre d'user de ce terme - cher collègue - pardonnez à un homme auquel vous n'avez jamais parlé de votre vie de prendre la liberté de vous écrire. Je m'adresse à vous pour vous prier de bien vouloir lire l'article ci-joint. Je ne vous connais pas personnellement mais je vous estime, car vous êtes à mes yeux l'homme dont les opinions, le raisonnement, les conclusions m'ont toujours paru corroborer de manière surprenante les résultats de mes propres recherches... » Suivaient de grands éloges de mes mérites et une requête : il me demandait d'avoir l'obligeance de rédiger une note de lecture à l'intention de la revue La Pensée plastique qui, depuis six mois, refusait et dénigrait son article. On lui avait dit que mon avis serait décisif, de sorte que j'étais désormais son seul espoir, la seule lueur dans ses ténèbres têtues.
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"l'insoutenable légèreté de l'être", de Milan Kundera (Alchimie d'un roman, épisode n°48)
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