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François Kérel (Autre)François Ricard (Autre)
ISBN : 2070368343
Éditeur : Gallimard (13/09/1976)

Note moyenne : 4/5 (sur 479 notes)
Résumé :
L'auteur avait tout d'abord pensé intituler ce roman L'âge lyrique. L'âge lyrique, selon Kundera, c'est la jeunesse, et ce roman est avant tout une épopée de l'adolescence ; épopée ironique qui corrode tendrement les valeurs tabous : l'Enfance, la Maternité, la Révolution et même - la Poésie. En effet, Jaromil est poète. C'est sa mère qui l'a fait poète et qui l'accompagne (immatériellement) jusqu'à ses lits d'amour et (matériellement) jusqu'à son lit de mort. Pers... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
peloignon
22 février 2013
Si la vie humaine était éternelle, la mort ne nous serait jamais venue à l'esprit. L'existence se déploierait en dehors de toutes urgences, de tous termes. La temporalité serait comprise comme étant le mouvement en général.
Mais alors, la vie non plus n'apparaîtrait pas à l'esprit. C'est en effet parce que l'on meurt que l'on vit et parce que l'on vit que l'on meurt. La vie et la mort sont consubstantielles.
L'existence humaine réelle se déploie à partir d'un passé, dans lequel on ne peut revenir autrement qu'en souvenir, pour passer en un présent insaisissable vers un futur inconnu, alors que la mort peut constamment survenir. Or il y a tant de moyens de se distraire existentiellement, de vivre comme si l'on était éternel, comme si seuls l'expression et la connaissance comptaient, en dehors de toutes considérations pour notre finitude.
Et c'est pourquoi j'aime tant Kundera. Il s'attaque si bien aux illusions humaines qui nous distraient d'une conscience authentiquement propre à la condition humaine concrète!
Ici, citant de nombreux poètes, c'est au monde de la poésie lyrique qu'il s'attaque, ce « champ magique [où] ... toute affirmation devient vérité pour peu qu'il y ait derrière elle la force du sentiment vécu. » (402)
Le poète fuit l'angoisse de l'existence humaine réelle dans les rêves de l'imagination pure, où sa liberté débridée lui permet de s'égarer avec une force de séduction quasi irrésistible pour son entourage si le hasard veut qu'il soit talentueux. C'est que cette fuite infantile, immature, veut être adorée comme le Dieu éternel qu'il était enfant dans le petit cercle familial rempli d'amour maternel (Kundera cite Wolker sur ce point (323)).
Derrière l'idéologie politique, la volonté d'être « moderne », la jalousie (sur ce point, Kundera cite Keats(319) et Hugo (331)), se manifeste l'exigence de l'absolu au présent qu'implique le refus d'une prise de conscience de ce qu'est la condition humaine.
Ces douces folies, d'apparence innocentes et charmantes se déploient ainsi dans une innocence dont l'irresponsabilité absolue passe à côté de la vie et de la mort : « le mur, derrière lequel des hommes et des femmes étaient emprisonnés, était entièrement tapissé de vers et, devant ce mur, on dansait. Ah non, pas une danse macabre. Ici l'innocence dansait! L'innocence avec son sourire sanglant. » (401)
Oui, si la vie humaine était éternelle, la mort ne nous serait jamais venue à l'esprit, mais nous ne sommes pas éternels, alors méfions nous des modes d'existences qui se déploient comme si c'était le cas. Notre innocente cruauté envers notre entourage pourrait bien mener à notre propre chute (Kundera mentionne l'exemple de Lermontov (449)) et ce, de manière aussi vaine que ridicule.
Évidemment, l'histoire rapportée par le roman est triste, pathétique même, mais le message en vaut la peine et dans ce court espace où Kundera introduit le quadragénaire, on y aime aussi certains personnages, le temps d'une « pause tranquille, où un homme inconnu a allumé soudain la lampe de la bonté. » (428)
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Lilimo
16 février 2013
Une figure passée au peigne fin…
Au-delà du roman, c'est un portrait psychologique et symbolique que nous dévoile l'auteur. Impossible de fermer un tel bouquin sans essayer d'en extirper le sens profond. Maître dans l'art de disséquer la complexité du genre humain, Kundera nous scotche littéralement dans cet ouvrage qui a pour héros (ou plutôt anti-héros) un jeune poète dénommé Jaromil.
Sous le joug d'une mère exclusive ayant sacrifié toute vie sentimentale pour son fils, le jeune-homme ne pourra s'extraire du monde de l'enfance, prisonnier jusqu'à la mort de ce binôme étouffant. Tous les stigmates de l'immaturité sont représentés à travers lui. Susceptible, colérique et jaloux, l'adolescent se laisse dévorer par ses frustrations et son désir permanent de plaire au plus grand nombre…quitte à flatter le régime de plus en plus contesté. A l'heure où gronde en sourdine la protestation et où le pays voit se dresser des intellectuels contestataires, lui ne perçoit le monde qu'à travers son nombril et se réfugie naïvement dans un lyrisme exacerbé. Seule sa gloire potentielle compte.
Difficile de ne pas y voir une critique acerbe de la poésie! Kundera sème le trouble avec ce titre évocateur qui n'est pas sans nous rappeler les mots de Rimbaud dans Une saison en enfer : « La vraie vie est absente ». La force de ce roman, c'est son impertinence. Jaromil est-il Rimbaud ? Kundera a-t-il voulu briser une figure de la poésie en nous livrant le portrait d'un gamin couvé qui ne peut grandir et s'affranchir de la pression maternelle ? Troublant quand on sait que Rimbaud fut élevé par une mère rigide, exigeante en l'absence de son père… Et cette quête permanente de reconnaissance? Ce comportement excessif, inhérent à la jeunesse ? Cette mort prématurée avant d'avoir atteint l'âge de maturité ? La confusion est à son comble !
Dans ce roman, on ne saurait dire si Kundera s'attaque ironiquement à l'image du poète ou s'il vise à écorcher la jeunesse dans son ensemble en dénonçant les défauts qui lui sont propres. « le monde des adultes sait bien que l'absolu n'est qu'un leurre, que rien d'humain n'est grand ou éternel. » Tout est dit. Et c'est à travers le chapitre du quadragénaire que l'on découvre une approche de la vie tout-à-fait différente : une approche beaucoup plus calme, plus simple, plus consciente qui contraste avec l'effervescence désordonnée des pensées adolescentes excessives.
N'oublions pas que Kundera a quarante ans lorsqu'il écrit ce roman et qu'on est en 1969! Alors, où est la vie ? Ni dans la révolution, ni dans le lyrisme… A mon humble avis, la réponse de l'auteur se situe ailleurs (en lien étroit avec la notion d'âge et de maturité). Mais ça, c'est un autre débat…
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Lolokili
29 août 2017
On va la faire concise : Kundera m'avait emballée dans La valse aux adieux, je me suis un peu perdue en revanche dans La vie est ailleurs. Construction déroutante, personnages baroques auxquels j'ai eu du mal à m'attacher… je m'en veux presque de n'avoir aimé qu'à moitié.
Rendez-vous un peu manqué donc – je devais être ailleurs moi aussi ce jour là – mais qui ne m'empêchera certainement pas de revenir à Kundera. Si vous avez des conseils n'hésitez pas...

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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LucienRaphmaj
19 août 2013
Jaromil sera poète, car sa mère se faisait (mal) baiser en regardant une statue d'Apollon, dieu des Muses. Son mari prosaïque et qui ne voulait pas d'enfant, recouvrait le dieu grec d'une chaussette. Par vengeance et idéalisme le fils sera poète, la mère sera omniprésente. le ton est donné par ce postulat narratif, et l'on pourrait suivre seulement cette piste : celle du poète ridiculement couvé et croyant à des « dons », puis les trahissant « à la Rimbaud » pour le soleil sans ombre du Réel, et, ici, le soleil de la Révolution communiste tchèque. C'est l'argument de base après tout.
Mais de lui-même le roman induit des failles dans ce récit : un double apparaît, le narrateur fait ses commentaires, glisse ses parenthèses, introduit du jeu, du recul critique et acerbe, se montre et montre de plus en plus la machinerie, s'amuse certes de la naïveté dudit « poète » mais laisse aussi des fenêtres ouvertes sur la poétique elle-même. le miroir de la poésie n'est pas lisse et des ombres se glissent dans l'onde de mercure.
Kundera ne vise pas dans ce livre à une simple dénonciation d'un mauvais poète, du poète enfant gâté passé au « réalisme socialiste », mais de la poésie lyrique dans son ensemble. Enfin non. Pas de la poésie lyrique exactement, du lyrisme et de ses dangers. du lyrisme des idées, des absolus, des abstractions.
La haine de la poésie a plusieurs visages. Celui de Don Quichotte contre les moulins, celui de Valéry, celui de Caillois et même celui de Bataille qui écrivit "La haine de la poésie" (qu'il renomma "L'impossible"). A chaque fois il ne s'agit peut-être pas tant une dénonciation et une condamnation du genre qu'une réflexion. Ici est questionné ce que Blanchot nomme la fascination de l'espace littéraire. L'espace littéraire est un piège, et le roman - comme la poésie - est un piège, une fascination trompeuse et le livre de Kundera ne cesse de le rappeler, directement à travers l'histoire de Jaromil s'aveuglant sur la poésie et la révolution, subtilement, en sapant les bases de son récit, en nous montrant peu à peu le piège narratif qui nous force à l'identification avec Jaromil alors même que celui-ci même se rêve d'autres vies, puisque « la vraie vie est ailleurs » comme disait Rimbaud. Bel enchâssement de fuites narratives.
Dans le réquisitoire de la poésie qui se lit dans « La vie est ailleurs », c'est l'opposition du réel et du rêve, de l'imagination et de l'action, qui ne tiennent pas. L'innocence du poète est un mythe, mais la poésie qui perd sa virginité sous la rudesse du réel lui-même fantasmé peut-être pire encore…
Ainsi le roman de Kundera semble dénoncer l'idéalisme propre au lyrisme, l'aspect fusionnel abandonnant l'esprit critique, d'ailleurs moins au niveau individuel (celui de Jaromil), que celui, collectif, que l'on fait jouer à Jaromil : exaltation de la « masse et de la puissance ». Cependant le pendant du rêve, de l'idéalisme et du lyrisme : l'action, dans laquelle se perd le héros est tout aussi frappée d'inanité, et se trouve même plus terriblement décevante. Là se révèle tout autant la ridicule vanité de Jaromil, son orgueil et la virilité toujours très mal placée qui culmine dans l'acte de dénonciation. Kundera ne nous libère pas de cette alternative condamnée à l'aporie. Il laisse ce dilemme non résolu, où les poètes, comme le disait Baudelaire, rêvent d'une époque où « l'action serait comme la soeur du rêve » mais que le réel (comme le roman, ici) invalide comme rêve impossible. Et cet impossible, c'est bien aussi la poésie, comme le notait Bataille. Car en creux, dans ce procès du poète, se lisent cependant tout un bel hommage à la poésie lyrique (les surréalistes, Rimbaud, Lermontov, Celan, et d'autres poètes tchèques), malgré ses écueils, ses aveuglements, ses beautés trompeuses. Même les bouts de poésie de Jaromil que l'on nous laisse à lire ont un charme certain.
Kundera joue avec son lecteur, et le pousse à revenir sur ses postulats romanesques et romantiques pour y laisser flotter l'ombre du soupçon qu'il confirme dans les derniers chapitres.
Lien : http://lucienraphmaj.wordpre..
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Albina
06 septembre 2016
KUNDERA : la vie est ailleurs
Je n'ai pas aimé relire ce livre. Certains détails passés inaperçus à la première lecture — il y a de cela quelques années— et qui relèvent d'une volonté délibérée d'écrire un roman à thèse (une constante chez Kundera, mais qu'il sait souvent faire passer avec brio), m'ont laissée mal à l'aise. C'est la généralisation à outrance : on a le poète, la mère, le peintre, la rousse, la cinéaste, le quadragénaire, etc. ; une terminologie qui efface toute singularité. Seul Jaromil sera nommé, ainsi que Xavier, l'oeuvre et le rêve du poète qui apparaitra plus tard comme son double.
Je ne suis pas convaincue par cette image du poète narcissique égocentrique, en mal de distinction, prisonnier de l'amour d'une mère abusive et castratrice.
Le déroulement de l'histoire tend à être la genèse du/d'un poète :
Cela commence par la mère, une femme déçue par son amour de jeunesse, l'homme qu'elle a épousé. Elle s'est enfoncée dans la frustration et dans la désillusion. Elle reportera sa passion sur son fils dont elle s'émerveillera des moindres gazouillis. L'enfant fera des rimes un peu par hasard et remarquera que cela permet de focaliser l'attention sur lui. Il récidivera, et le phénomène se reproduisant toujours avec les mêmes effets, il en fera un système. Il adoptera une posture qui lui permettra de bénéficier d'une entrée dans le monde gratifiante. Mais il est désormais à la merci du regard des autres. On peut dire qu'il est tombé dans le premier piège du lyrisme ou la fiction devient réalité.
Plus tard, la mère présentera Jaromil à un peintre qui deviendra son amant. le peintre la forcera à lire des livres dont elle ne comprend pas le sens, tracera sur son corps nu des signes cabalistiques ou des dessins à l'encre avant de faire l'amour. Il en fera sa chose ; il veut la posséder en totalité, mais c'est en fait sa propre création, son propre désir qu'il adule au point de nier l'existence de la femme. Elle finira par se sentir étouffée et le quittera, prenant pour prétexte qu'elle a à coeur de ne pas choquer son fils par cette liaison.
Jaromil dont la mère a vanté les dons (il dessine des hommes à tête de chien) séduira temporairement le peintre par son originalité ; il l'initie au surréalisme et lui prête des livres. Puis Jaromil se détachera peu à peu de son emprise pour se fondre dans le paysage révolutionnaire de la Tchécoslovaquie alors sou régime communisme qui s'avère lui aussi un autre piège tissé de fictions celles de l'idéologie. Il devient le poète du réalisme socialiste.
En filigrane, le monstre maternel continue à tendre ses filets pour mieux l'emprisonner allant même jusqu'à choisir ses caleçons.
Jaromil s'avère un personnage peu sympathique, centré sur lui-même, d'une intelligence médiocre, malgré une sensibilité exacerbée et, surtout, il demeure incapable de prendre son autonomie. Il finira par comprendre néanmoins que la vie est ailleurs (référence à Rimbaud). Il aspire à être un homme, et par dépit, ayant échoué dans sa première relation amoureuse à cause de l'omniprésence de sa mère, il rencontrera une femme qu'il veut à son tour posséder totalement la rousse et dont il fera sa chose. Celle-ci a beau être simple, soumise, malléable à souhait, elle lui échappera. Et la jalousie de Jaromil le poussera à dénoncer son frère (qu'elle lui a présenté comme un révolutionnaire prêt à s'exiler en pays étranger) pour éprouver sa toute-puissance, convaincu d'avoir accompli son devoir ; sans la moindre once de culpabilité.
On apprend par la suite que la rousse avait menti pour ne pas lui dire qu'elle était chez un autre homme (le quadragénaire avec qui elle venait de rompre définitivement par amour pour Jaromil). Elle devra subir des interrogatoires, sera emprisonnée par le régime en place et sortira au bout de trois ans, après la mort de son ancien amant. Son frère, quant à lui, aura disparu, sans doute éliminé par la police.
Jaromil, alors encensé et au sommet de sa gloire, se trouvera, brusquement, en situation d'humiliation à la suite d'une polémique entre poètes. Il est accusé de lâcheté (il affirme avec virulence son indifférence envers le sort du peintre qui a été taxé de Bourgeois et mis au ban de la société par les communistes). Conspué, tourné en ridicule par un de ses confrères, il se réfugiera sur le balcon, dans la nuit glaciale, pour se cacher (échapper cette fois aux regards des autres) et il attrapera une pneumonie.
Il décède quelques jours après.
Mort par le froid ; autant dire dans la solitude la plus extrême.
le roman est parcouru par de nombreuses références aux poètes connus (Hugo, Rimbaud, etc. et à des écrivains tchèques.) S'il vrai que le parallèle est parfois troublant et donne parfois à méditer, il reste très parcellaire et ne fait pas pour autant de Jaromil un poète. Ce Jaromil a quelque chose d'inauthentique, fait preuve d'une fermeture à l'autre qui confine à l'autisme. Il n'est pas visionnaire, il n'est pas possédé par la musique des mots au point d'en faire sa passion. La poésie n'est pour lui qu'une posture, un signe de distinction et un point de fuite parmi tant d'autres.
Une démystification du lyrisme et de la poésie? Pourquoi pas ; mais le personnage ne me semble pas vraiment à la hauteur.
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Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
peloignonpeloignon20 février 2013
Si son mariage avait été sans joie, son veuvage fut grand et glorieux. Elle trouva une grande photographie de son mari qui datait de l’époque où ils avaient fait connaissance, elle la mit dans un cadre doré et l’accrocha au mur.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir29 août 2014
"Suis-je belle nue ou habillée?"
Il existe un certain nombre de questions féminines classiques, que tout homme rencontre tôt ou tard dans la vie et auxquelles les établissements d'enseignement devraient préparer les jeunes gens. Mais Jaromil, comme nous tous, fréquentait de mauvaises écoles et ne savait pas quoi répondre ; il s'efforça de deviner ce que la jeune fille voulait entendre, mais il était embarrassé ; la plupart du temps, en société, la jeune fille était habillée, donc ça lui ferait sans doute plaisir d'être plus belle avec des vêtements ; seulement, comme la nudité est la vérité du corps, Jaromil lui ferait sans doute le même plaisir en lui disant qu'elle était plus jolie toute nue.
"Tu es belle nue et habillée", dit-il, mais l'étudiante n'était pas du tout satisfaite de cette réponse.
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LolokiliLolokili29 août 2017
Bien que sa vie amoureuse fût extrêmement variée, le quadragénaire était au fond un idyllique et il veillait sur la tranquillité et sur l’ordre de ses aventures. Certes, la Petite gravitait dans le ciel constellé de ses amours comme une humble étoile intermittente, mais même une seule petite étoile, quand elle est brusquement arrachée à sa place, peut rompre désagréablement l’harmonie d’un univers.
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jbicreljbicrel17 juin 2014
Seul le vrai poète sait comme il fait triste dans la maison de miroirs de la poésie. Derrière la vitre, c'est le crépitement lointain de la fusillade, et le cœur brûle de partir. Lermontov boutonne son uniforme militaire ; Byron pose un pistolet dans le tiroir de sa table de nuit ; Wolker défile dans ses vers avec la foule ; Halas rime ses insultes ; Maïakovski piétine la gorge de sa chanson. Une magnifique bataille fait rage dans les miroirs.
Mais attention ! Dès que les poètes franchissent par erreur les limites de la maison de miroirs, ils trouvent la mort, car ils ne savent pas tirer, et s'ils tirent ils n'atteignent que leur propre tête.
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liberligerliberliger20 octobre 2012
Il comprit soudain qu'il était seul dans cette salle à posséder le privilège de la liberté, parce qu'il était âgé ; c'est seulement quand il est âgé que l'homme peut ignorer l'opinion du troupeau, l'opinion du public et de l'avenir. Il est seul avec sa mort prochaine et la mort n'a ni yeux ni oreilles, il n'a pas besoin de lui plaire ; il peut faire et dire ce qu'il lui plaît à lui-même de faire et de dire.
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"l'insoutenable légèreté de l'être", de Milan Kundera (Alchimie d'un roman, épisode n°48)
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