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François Ricard (Auteur de la postface, du colophon, etc.)François Kérel (Traducteur)
ISBN : 207038165X
Éditeur : Gallimard (12/01/1990)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 2917 notes)
Résumé :
"Qu'est-il resté des agonisants du Cambodge ? Une grande photo de la star américaine tenant dans ses bras un enfant jaune. Qu'est-il resté de Tomas ? Une inscription : Il voulait le Royaume de Dieu sur la terre. Qu'est-il resté de Beethoven ? Un homme morose à l'invraisemblable crinière, qui prononce d'une voix sombre : "Es muss sein ! " Qu'est-il resté de Franz ? Une inscription : Après un long égarement, le retour. Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Avant d'êtr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (161) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
17 juillet 2012
Milan Kundera a le talent de dépeindre nos sensations intimes et la plupart du temps inexprimables par le verbe. Tout le roman est bâti sur les différents ressentis des personnages, principalement deux couples.
Le personnage central, pivot de l'histoire où gravitent les autres est Tomas, chirurgien tchèque brillant, sceptique, désillusionné à propos du communisme et franchement hostile à partir de l'invasion russe de 1968, coureur de jupons invétéré. Tereza, sa femme photographe, qui elle est fidèle, et s'accroche à lui après avoir fuit sa mère et tout un pan de sa vie passée. Sabina, maîtresse en chef de Tomas, artiste peintre, hostile à toute forme d'ingérence dans la pensée et, a fortiori dans les actes comme le furent les chars russes et enfin, Franz, amant de Sabina, archétype de l'homme droit et fiable dont la relation adultère le torture, rappelant un peu le personnage de la modification de Butor.
Tous voient leur vie basculer au moment de l'invasion russe en Tchécoslovaquie en 1968 et dans les années de délation qui suivirent. Cet ouvrage rappelle la facture de la Plaisanterie, mais avec une tournure à la fois plus politique, un peu moins déprimante et probablement une dimension psychologique un peu plus prononcée.
Dans la première partie, l'auteur dresse avec une économie de mots mais un luxe de justesse et d'efficacité cet indescriptible état de "qui perd, perd" où l'on se sent mal seul et mal à deux, oscillant toujours d'une attente vers l'autre sans jamais réellement éprouver de mieux dans l'une ou l'autre situation. Cette première partie est aussi l'endroit d'une médaille à double face constituée par le couple Tomas-Tereza. Ainsi nous représente-t-il une certaine vision, une certaine perception d'événements au travers du prisme que constitue Tomas. Vous avez compris que la seconde partie sera l'envers de cette médaille, au travers du prisme de Tereza, toujours avec subtilité, toujours dans le ressenti difficilement exprimable. C'est un procédé que Kundera utilise tout au long du roman, si bien que certains lecteurs sont un peu désappointés par cette non avancée de l'action, puisque les événements nous sont déjà connus, seulement ils nous sont racontés aux travers d'autres yeux et c'est à mon sens le grand intérêt du roman.
Avec Tomas, l'auteur nous interroge sur la dualité entre la légèreté et la pesanteur, en nous faisant percevoir qu'il est bien difficile de se prononcer sur la valeur positive ou négative de cette opposition. Avec Tereza, qui passe des heures devant le miroir à essayer de voir son âme derrière son apparence corporelle, il examine la dualité entre le corps et l'âme. Les nécessités du corps et les hasards de l'âme, pourtant forcés de cohabiter au sein de l'être, non sans entraîner quelques discordes.
À partir de la troisième partie, Milan Kundera évoque plus précisément la politique, à savoir l'oppression communiste en Tchécoslovaquie. le thème pourrait en être l'incommunicabilité : celle des réfugiés politiques avec les étrangers, celle des opposants déclarés et des opposants intimes, celle des réfugiés avec les personnes restées au pays. Kundera ne dénonce pas nécessairement un régime, mais met le doigt sur le fait qu'un régime n'est rien d'autre qu'une somme de complaisances et de connivences qui font que des milliers, millions peut-être, d'hommes et de femmes contribuent à faire fonctionner un système liberticide.
Enfin, je m'autorise une petite spéculation car vous savez que Milan Kundera est un grand connaisseur de la littérature classique et qu'il a même abondamment écrit dessus. Je pense que le clin d'oeil qu'il nous fait dans son livre avec le nom du chien (Karénine) est en fait une reconnaissance de filiation entre lui et Tolstoï. En effet, le projet littéraire de "La Guerre et la Paix" pourrait très succinctement se résumer en "l'insoutenable légèreté des destinées individuelles prises dans le flot de l'histoire". Tolstoï aborde cette réflexion sous l'angle de l'événement historique de la campagne de Russie sous Napoléon, Kundera, sous celui de la révolution avortée en Tchécoslovaquie en 1968, mais dans les deux cas, les conclusions semblent les mêmes. le rouleau compresseur de l'histoire avance mais ne se soucie pas des individus, qui ont l'illusion de croire qu'ils font des choix alors que leurs choix ne sont rien, ne changent rien, auraient pu être tout autre sans modification sensible des résultats observés. le projet littéraire de Kundera est sûrement quelque peu différent, mais je pense qu'il peut être intéressant de le comparer au monument de Tolstoï.
Quoi qu'il en soit, L'insoutenable Légèreté de L'Être est, à n'en pas douter, l'un des plus grands romans mondiaux du XXème siècle finissant. Il est encore un peu tôt pour en juger, mais je gage que ce livre restera marquant pour des siècles. du moins c'est mon avis, insoutenablement léger.
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Erveine
24 juin 2014
Qu'est-ce à dire ? Un être en souffrance dont l'agir est léger. Je prends un risque si je signe la pétition car je me dévoile et m'expose à des représailles, alors, je démissionne. J'ordonne moi-même la sentence, passant d'un statut de médecin renommé à celui de laveur de vitres.
Soit ! Je décide ainsi de préserver mon intégrité. Puis, tout à coup et contre toute attente, je suis heureux ! Heureux de vivre sans responsabilités. Je découvre qu'il m'est offert un temps précieux. Une liberté où mon esprit se repose. Je dors mieux, je respire. Je ne suis plus inquiet du sort de mes patients dont le devenir ne m'incombe plus, en tout cas, pas directement. Mais que faire de ce temps donné si ce n'est ‘accentuer' encore mon allant vers l'autre. Les autres, toutes ces femmes qui m'attirent. N'est-ce pas ce moment précis du « séduire » qui m'emplit sans cesse d'un pouvoir dont j'abuse. Quand j'ordonne d'un ton présomptueux : « déshabille-toi !». Et, si toutefois, c'est un autre qui l'intime, cet ordre qui me déstabilise, un rôle inversé qui me destitue, je me reprends alors et me virilise un peu plus. J'accentue ma force et d'un mouvement brusque, je retourne mon adversaire pour le mettre à terre, à ma merci, femme offerte, elle capitule sur la moquette où à mon tour je me tapis. Une légèreté qui m'insupporte et me transporte à la fois, qui fait partie de mon être et qui me vole à toi.
Aucune femme n'épouse ma couche sauf toi, toi que j'aime, la seule à me coexister comme cette force intérieure qui pourtant m'expatrie vers une autre, vers les autres. Ces corps nus, ces blancs dévoilés et nacrés où je recherche le détail qui diffère, mais dont aucun ne se rappelle à toi.
La légèreté est celle qui me culpabilise en m'éloignant de mon amour et la profondeur celle qui m'y relie, vers ce quotidien que pourtant j'exècre, toute cette gestuelle édictée de nos habitudes. Cette intimité prévisible qui dessert le mystère du geste amoureux.
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Il y a aussi ces signes qui conduisent l'instinct à condition de les percevoir, en dehors de toute prémonition, comme autant de liens explicites et avertisseurs.
.
Quand l'antre de Térésa s'imprègne de mon infidélité, elle se fait violence et me quitte, mais je reviens vers elle puisqu'elle fait partie de mon être. Elle souffre de se sentir coupable, de ne pas réussir à m'attacher auprès d'elle et pour me combattre, elle aussi se fait infidèle. Cédant à l'ingénieur qui la presse, Térésa s'arrache à la prédiction de sa mère qui lui dénie tout avenir de femme et l'avilit pour la garder auprès d'elle. Térésa découvre alors son pouvoir de séduction et cette part d'elle, qui en dehors de l'amour, se défend puis se donne et s'adonne au plaisir ; un plaisir insoupçonné qui la révèle à elle-même et quand le ‘séduire' lui suffirait peut-être, elle découvre la jouissance que lui apporte, le ‘défendu', l'acte d'infidélité tandis que je me réjouis, moi, de l'après séduction d'une autre qu'elle et de tous les états de reddition qui l'accompagne.
Pourtant, loin d'elle, je n'ai pas de pulsion, je n'existe plus. Il me faut sa reconnaissance à elle pour exister tandis que nous nous rejoignons tous les deux en cet antre, tels des oisillons recouvrant leur nid douillet.
Il y a aussi ce poids de signer où pas le document que me tendent, cette fois-ci, le journaliste contestataire et mon fils, proches ils me sont, mais aussi de par mes idées politiques. Cependant, si j'ai déjà perdu mon poste de chirurgien à l'hôpital, je choisis de préserver ce qui pèse encore à mon coeur, c'est-à-dire Térésa, par crainte des conséquences que cette signature implique et ne manquera pas de suggérer aux leaders communistes qui sévissent envers mes semblables, des intellectuels qualifiés d'indésirables.
S'élève alors sous un ciel brumeux un langage à double sens entre des êtres qui se meuvent en quête de vérité. Il y a là un enjeu historique, celui de faire des choix à travers les aléas de la vie, dont émane l'insoutenable légèreté de l'être.
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colimasson
18 avril 2013
Tout commence avec Parménide. Au 6e siècle avant Jésus-Christ, le philosophe établit une classification d'éléments contraires dont chaque membre est lié soit au positif, soit au négatif. Dans cette vision manichéenne qui se reconnaît ouvertement simplificatrice, le chaud est considéré comme positif et le froid comme négatif ; la lumière est positive lorsque l'obscurité est négative ; l'être est positif tandis que le non-être est négatif. Milan Kundera intervient quelques siècles plus tard et pose une colle à Parménide : dans le couple légèreté-pesanteur, quel est le membre positif ? quel est le membre négatif ? C'est la définition de la légèreté qu'il faut revoir : frivolité ou grâce ? et quid de la pesanteur : profondeur ou balourdise ? Rien de tel, pour le savoir, que de vivre l'expérience de ces deux états. Milan Kundera met en place des intrigues et des personnages dont les existences s'entrecroisent et se répondent, de l'Europe de l'est jusqu'à la Suisse des années communistes, à cette époque où la politique prend encore une place prégnante dans la vie privée. Il se permet des intrusions et des digressions fréquentes dans lesquelles il exprime, à la première personne du singulier, son point de vue d'homme et de romancier. Ses personnages semblent exister comme prototypes d'une expérience qui lui permettrait de résoudre la question de la dualité du couple légèreté-pesanteur.

L'art du romancier lui donne également la possibilité de concrétiser le concept de l'éternel retour pour mieux le dépasser. Toujours lié à cette question de la légèreté et de la pesanteur, cette fois appliquée aux actes, Milan Kundera se pose la question de la responsabilité de chacun devant la trajectoire donnée à son existence. Peut-on condamner quiconque lorsqu'il n'est donné à personne la possibilité de connaître les univers parallèles liés à la diversité des choix qui se sont offerts à lui à un moment donné de son existence ? Et qui peut s'arroger le droit de juger d'un regard neutre, lorsque même l'époque dominée par Hitler se teinte de la douce mélancolie des années qui ne reviendront plus ?

« Cette réconciliation avec Hitler trahit la profonde perversion morale inhérente à un monde fondé essentiellement sur l'inexistence du retour, car dans ce monde-là tout est d'avance pardonné et tout y est donc cyniquement permis. »

L'idéal serait de disposer de plusieurs mondes sur lesquels on renaîtrait, riche à chaque fois de l'expérience et des connaissances accumulées au cours de l'existence sur les mondes précédents. L'homme s'améliorerait-il à mesure qu'il renaîtrait ? ou resterait-il aussi insouciant et inconscient de ses actes, faisant preuve d'une faillibilité sans failles ? le roman permet à Milan Kundera d'expérimenter virtuellement des trajectoires différentes. Comme il l'avoue, chacun de ses personnages représente une part de ses potentialités. La représentation morcelée, fragmentaire, évoluant en monades séparées qui se rejoignent parfois dans des confrontations plus ou moins heureuses, offre une réflexion étayée qui se montre bien plus pertinente que la construction d'un système basé sur la seule écriture philosophique. Mais elle présente également un danger… Ce danger se nomme « kitsch » :

« […] le kitsch, par essence, est la négation absolue de la merde ; au sens littéral comme au sens figuré ; le kitsch exclut de son champ de vision tout ce que l'existence humaine a d'essentiellement inacceptable. »

Le kitsch comme négatif n'apparaît qu'une fois qu'a été surmontée la vision du kitsch comme positif, comme élément fédérateur des hommes entre eux, s'unissant et se laissant aller au plaisir des émotions simples dans une illusion de cohésion sociale durable. le kitsch est un danger qui, derrière des abords sympathiques, joue au service d'un totalitarisme des opinions intransigeant. En réduisant l'Être à l'être (comme le fait remarquer François Ricard dans son essai sur l'Idylle), il réduit l'individu au néant et nie tous les aspects dérangeants de son existence.

« A l'instant où le kitsch est reconnu comme mensonge, il se situe dans le contexte du non-kitsch. Ayant perdu son pouvoir autoritaire, il est émouvant comme n'importe quelle faiblesse humaine. »

Et c'est fort de cette reconnaissance que Milan Kundera fait vivre ses personnages en-dehors de tout carcan. Cherchant à échapper aux normes pour mieux laisser s'épanouir ce qu'ils croient être leurs désirs véritables, ils évitent les stéréotypes ; et lorsqu'ils commencent à ressentir la réduction de leur être au type, ils se demandent quelle est la valeur véritable de leur existence passée, et quelle quantité d'honnêteté a pu être la leur jusqu'alors. Dans le contexte de la domination communiste des pays de l'Est, ces questions prennent une ampleur considérable. Personne ne peut rester indifférent : il faut se révolter, il faut coopérer, il faut consentir ou il faut se résigner. Quelle part de soi peut-on accepter de mettre de côté dans ces conditions ? Au bout de cette voie se trouve peut-être la réponse à cette question de la légèreté de l'être comme membre positif ou négatif du couple légèreté-pesanteur. La politique n'est toutefois pas le seul domaine dans lequel il est exigé de se positionner de manière durable (ceci inclut également toute capacité de trahison et donc de versatilité) : le rapport amoureux, le rapport familial, le rapport à l'animal et le domaine professionnel sont tout aussi éloquents.

L'insoutenable légèreté de l'être suit un mouvement en tous points semblables à celui de ses personnages. Commençant avec un aplomb et une gravité qui font reculer le moment où entrent en scène les personnages du roman, l'intrigue se poursuit en amenant sans cesse au premier plan des réflexions qui guident leur parcours et transforment la lecture en expérimentation d'un univers où plusieurs mondes et différents niveaux de connaissances se superposent. Ceci faisant, les personnages finissent bientôt par être livrés uniquement à eux-mêmes dans le final du livre, au moment même où le renoncement à une partie de leurs idéaux (légèreté = lâcheté ?) leur permet de vivre dans une apparence d'harmonie (conformité = kitsch ?) qui n'est, en réalité, que l'échec de l'être à se confronter au néant sur lequel aboutit toute existence. C'est peut-être à ce point ultime que se rejoignent légèreté et pesanteur, le premier étant l'angoisse profonde tandis que le deuxième ne serait que le comportement névrotique de surface. Mais ceci n'est qu'une hypothèse parmi tant d'autres, à laquelle nous soumet majestueusement Milan Kundera.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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claudia_tros_cool
27 octobre 2012
L'insoutenable légèreté de l'être est un titre qui attire. le titre oxymorique prend toute son importance au fil du roman.
Comment parler d'un livre qui a été un coup de coeur, tout en essayant de rester objective ? Je crois que c'est une chose impossible.
Ce livre m'est tombé dans les mains au moment ou j'en avais le plus besoin, il fut pour moi comme une thérapie, il m'a aidé a mettre un mot sur ce que je ressentais et a comprendre ce qu'était l'amour dans certains cas.
Je suis rentrée dans l'histoire des les premières pages pour ne jamais en sortir , seulement quand il le fallait. Jamais des personnages ne m'ont semblé si vrai, si crédible, si profond. Kundera donne sa propre définition de l'amour tout en essayant d'argumenter ses propos par des exemples, en citant des philosophes ( notamment Nietzsche des les début ) et c'est incroyable parce qu'il arrive a mettre des mots sur nos sensations vécues ou pas. Certains passages m'ont beaucoup émus, je ne compte plus les pages cornés pour en retenir les passages. Je me suis senti très proche des personnages et quelque part, je me suis peut être un peu identifiée a Tereza.
L'insoutenable légèreté de l'être est-il simplement un livre d'amour ?
Non bien que l'amour y prenne une grande place, il y a de la politique notamment avec les passage assez puissant qui définissent le Kitsh, le contexte spatio-temporelle est aussi bien choisit : la période du communisme et de L'URSS, Kundera en profite pour attaquer le communisme et la censure qu'il suggérait.
Ce livre est bourré de réflexion sur la vie et quand on en capte l'essence, cette histoire peut marquer le lecteur au point d'y laisser une trace dans sa vie, je pense que c'est mon cas.
L'histoire d'amour de Tomas et Tereza est la plus bouleversante et la plus belle que j'ai lu jusque la. Elle nous apprend qu'il ne suffit pas d'aimer quelqu'un pour être heureux, au contraire, on peut souffrir d'aimer une personne et on peut la faire souffrir sans le vouloir, parce qu'au fond, bien qu'on aime la personne, on ne change jamais vraiment. Tel est le cas de Tomas qui ne cessera de faire souffrir Tereza avec son infidélité, sa nature libertine qui veut posséder les femmes mais qui n'en aime qu'une. Tereza de son côté, est esclave de sa passion.
Kundera sépare l'amour physique et l'amour de l'âme qui est aussi au coeur de cette histoire.
Aussi il y a l'idée de totale et immuable incompréhension entre deux personnes qui s'aiment, qui peut a la longue, être le frein a toute relation ( voir le petit lexique des mots incompris ) représenté par Franz et Sabina.
Dans chaque vie on trouve la légèreté et l'apesanteur, mais qu'est-ce que la légèreté ? Qu'est-ce que la pesanteur ? Qu'est-ce qui est négatif et qu'est-ce qui est positif ?
Un livre puissant dont les phrases ont en quelques sortes marquées ma mémoire de lectrice à jamais, je remercie la personne qui m'a conseillé. J'aimerais dire que c'est un chef d'oeuvre et une magnifique première lecture de Kundera, de qui j'aimerais lire d'autres livres.
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ibon
30 mars 2014
Faut-il lire Kundera? "Oui, il le faut! Ja, es muss sein!"
Ne serait-ce que pour suivre l'histoire d'amour entre Tomas et Tereza. Lui est un libertin (c'est le côté "léger" développé dans ce roman et que possède aussi l'une de ses maîtresses, l'artiste Sabrina) mais il est torturé par la douleur insoutenable qu'il génère pour son couple, surtout pour Tereza, déjà marquée par l'éducation et les vexations de sa mère. de lourds fardeaux pour elle.
Toute cette histoire pourrait sembler banale s'il n'y avait pas des ingrédients supplémentaires qui en font un très grand roman.
Tout d'abord un cadre historique fort avec l'arrivée des troupes soviétiques à Prague en 1968, qui emporte peu à peu les différents protagonistes un peu plus vers l'Ouest. Kundera développe alors abondamment le manque de liberté à la suite de cette occupation.
Ensuite et surtout des considérations philosophiques qui m'ont réconciliés avec la matière honnie depuis la terminale. Réconcilié, oui car comment ne pas être séduit par ces concepts de léger/pesant, outils simples et judicieux pour analyser les trajectoires de vie de chacun des protagonistes. Et bien sûr j'ai été emporté par "le kitsch " pour mystifier, un à un l'honnêteté de façade des principales idéologies présentes dans le monde occidental. Et hop, le kitsch du capitalisme et paradoxalement le kitsch du communisme passés à la moulinette. Tout est kitsch finalement, même et surtout Adam et Eve au Paradis... Et ceci n'est qu'une infime partie des idées distillées par Kundera.
D'ailleurs ma perception partielle de cette riche lecture m'inclinerait volontiers à la reproduire. "Es muss sein, il le faut!"
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Citations & extraits (494) Voir plus Ajouter une citation
ChastoChasto27 avril 2017
Devant, c'était le mensonge intelligible et derrière, l'incompréhensible vérité.
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chartelchartel18 août 2008
Il n'existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n'existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation. Comme si un acteur entrait en scène sans avoir jamais répété. Mais que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est la vie même? C'est ce qui fait que la vie ressemble toujours à une esquisse. Mais même "esquisse" n'est pas le mot juste, car une esquisse est toujours l'ébauche de quelque chose, la préparation d'un tableau, tandis que l'esquisse qu'est notre vie est une esquisse de rien, une ébauche sans tableau.
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Nastasia-BNastasia-B30 août 2012
La vie humaine n'a lieu qu'une seule fois et nous ne pourrons jamais vérifier quelle était la bonne et quelle était la mauvaise décision, parce que, dans toute situation, nous ne pouvons décider qu'une seule fois. Il ne nous est pas donné une deuxième, une troisième, une quatrième vie pour que nous puissions comparer différentes décisions.
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peloignonpeloignon24 mars 2013
Pour un chien, le temps ne s'accomplit pas en ligne droite, son cours n'est pas un mouvement continu en avant, de plus en plus loin, d'une chose à la chose suivante. Il décrit un mouvement circulaire, comme le temps des aiguilles d'une montre, car les aiguilles non plus ne vont pas follement de l'avant, mais tournent en rond sur le cadran, jour après jour, selon la même trajectoire. ...[I]l suffisait qu'ils achètent un fauteuil neuf ou qu'ils changent un pot de fleurs de place et [le chien] Karénine était indigné. Son sens du temps en était perturbé, C'est ce qui arriverait aux aiguilles si on leur changeait sans cesse les chiffres du cadran.
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ibonibon14 mars 2014
Tous les crimes passés de l'Empire russe ont été perpétrés à l'abri d'une pénombre discrète. La déportation d'un demi-million de Lituaniens, l'assassinat de centaines de milliers de Polonais, la liquidation des Tatars de Crimée, tout cela est resté dans la mémoire sans preuves photographiques, donc comme une chose indémontrable que l'on fera tôt ou tard passer pour une mystification. Au contraire, l'invasion de la Tchécoslovaquie, en 1968, a été photographiée, filmée et déposée dans les archives du monde entier.
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