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Alexandre Vialatte (Traducteur)Claude David (Traducteur)
ISBN : 207071294X
Éditeur : Gallimard (14/04/1988)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 70 notes)
Résumé :
Franz Kafka connut d'abord Milena comme traductrice : elle établissait la version tchèque de quelques-unes de ses proses courtes. Ces relations se transformèrent en une liaison passionnée dont les lettres permettent de suivre le progrès. Cette passion ne dura qu'un instant, elle tient en quelques mois à peine. Les lettres racontent d'un bout à l'autre ce roman d'amour, orgie de désespoir et de félicité, de mortification et d'humiliation. Car quelle qu'ait pu être la... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Moglug
15 juillet 2017
J'ai voulu lire les lettres de Franz Kafka à Milena pour connaître Milena. Mais la tâche ne fut pas si simple. A l'instar des Lettres à Felice, on y découvre un Kafka bien plus préoccupé par l'image qu'il se fait de sa correspondante que par la correspondante elle-même. Il dresse ici le portrait d'une Milena idéalisée et le reconnaît lui-même. Si l'aventure est moins perverse – j'ose le mot – qu'avec Felice, l'ambiguïté de cette correspondance est flagrante. Franz Kafka ne s'adresse qu'à lui-même et à ses propres fantômes.
J'ai choisi tout de même de mener à son terme cette lecture fastidieuse. Je me souviens par ailleurs d'abominables lettres à Felice, et de cette sensation magnétique, ce besoin – pervers aussi ? - de lire un discours qui me débectait sans comprendre le fondement de ce besoin. Je me souviens, quelques semaines après avoir refermé le deuxième volume des Lettres à Felice, d'une impression très marquée et marquante d'être entrée dans un univers obsessionnel qui me rappelait fortement le château ou La métamorphose – qu'est-ce que cet homme qui tel un cafard rampe sous les portes des chambres des demoiselles pour les regarder écrire dans leur dos ? - et l'impression était dix fois plus vive à la lecture de ces lettres qu'à la lecture des romans. J'ai donc mené à son terme la lecture des lettres à Milena et je ne le regrette pas. J'y ai trouvé mon compte sur l'interlocutrice. le volume des éditions Nous se clôt par la rubrique nécrologique de Franz Kafka rédigée par Milena elle-même. Elle y dresse un portrait de l'écrivain saisissant. Elle n'a visiblement pas lu les lettres qu'elle a reçues de la même manière que moi. Elle les a reçues entrecoupées de rencontres bien réelles avec Kafka, elle les a accompagnées de lectures et de son travail de traduction en tchèque des oeuvres fictionnelles de Franz Kafka. Sans s'attacher aux névroses de l'homme, elle a été capable d'en saisir et retenir le meilleur. A tel point que j'en ai regretté de ne pas pouvoir lire finalement les réponses à ces lettres qui s'étalent sur près de 3 ans. Les réponses de Milena s'adressaient très certainement à Franz Kafka-le-vrai et non à un Autre idéalisé, elle connaissait son interlocuteur et accordait une grande importance à la sincérité de leur relation... à moins que la lectrice que je suis ai retrouvé son propre idéal de Kafka dans l'écrit de Milena Jesenská et s'en trouve immensément et maladroitement rassurée.
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Hardiviller
01 avril 2015
Kafka n'arrive pas à me passionner , mais ce recueil de lettres , parce qu'il s'agit de Milena Jessenska m'a intrigué . Cette femme un peu poète , un peu journaliste a " Lidé Novyni " un peu critique de mode eut un parcours étrange qui se termina en camp de concentration ou elle connu Margaret Buber- Neumann . Je crois savoir que Kafka ne concrétisa jamais cette relation malgré les incitations insistantes de Milena .
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laulevec
17 mai 2015
Superbe et terrible a la fois que cet amour sans avenir
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Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
MoglugMoglug15 juillet 2017
Prague, 18, 19, 20 septembre 1920, samedi, dimanche et lundi

Samedi soir
Je n'ai pas encore reçu la lettre jaune, je la renverrai sans l'avoir ouverte.
S'il n'était pas bon d'arrêter maintenant de nous écrire c'est que je devrais me tromper effroyablement. Mais je ne me trompe pas Milena.
Je ne veux pas parler de Toi, non pas que cela ne me concerne pas, cela me concerne, mais je ne veux pas en parler.
Donc à propos de moi seulement : ce que Tu est pour moi Milena ce que Tu es pour moi au-delà de ce monde dans lequel nous vivons, cela, sur les lambeaux de papiers que je t'ai écrits tous les jours, cela ne s'y trouve pas. Ces lettres, telles qu'elles sont, n'aident à rien d'autres qu'à tourmenter, et si elles ne tourmentent pas, alors c'est encore pire. Elles n'aident à rien qu'à produite un jour de Gmünd, qu'à produire des incompréhensions, de la honte, une honte presque inaltérable. Je veux te voir aussi nettement que la première fois dans la rue, mais les lettres me distraient plus que toute la Lerchenfelderstrasse avec tout son bruit.
Mais cela n'est même pas décisif, ce qui est décisif c'est mon impuissance croissante, à cause des lettres, à surmonter les lettres, impuissance aussi bien par rapport à Toi qu'à moi – 1000 lettres de Toi et 1000 souhaits de moi ne me contrediront pas – et ce qui est décisif (peut-être à cause de cette impuissance, mais toutes les raisons sont ici dans l'obscurité) c'est la forte et irrésistible voix, littéralement ta voix, qui me somme de me taire.
Et voilà que tout ce qui te concerne est encore non-dit, cela se trouve il est vrai le plus souvent dans tes lettres (peut-être aussi dans la jaune ou plus exactement : dans le télégramme par lequel tu me demandes le renvoi de la lettre, à bon droit bien sûr) souvent dans ces passages que je crains, que je fuis comme le diable fuit le lien consacré.
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MoglugMoglug15 juillet 2017
Propos de Milena rapportés par Kafka :

« Pourquoi les êtres humains ne se promettent-ils pas qu'ils ne se crieront pas dessus lorsque le rôti sera trop brûlé »

« Pourquoi ne se promettent-ils pas de se laisser l'un à l'autre la liberté du silence, la liberté de la solitude, la liberté de l'espace ouvert? »

« Ou bien affronter son destin... avec humilité... ou bien chercher son destin...
… la foi est nécessaire pour chercher ! »
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MoglugMoglug15 juillet 2017
Prague 31 juillet 1920, samedi

Samedi, plus tard
De quelque façon que l'on retourne ta lettre d'aujourd'hui, ta chère lettre fidèle gaie, une promesse de bonheur, c'est tout de même une lettre de « sauveur ». Milena parmi les sauveurs ! (si j'en faisais partie aussi, serait-elle alors déjà avec moi ? Non, alors sûrement pas) Milena parmi les sauveurs, elle qui fait dans son propre corps l'expérience continuelle que l'on ne peut sauver l'autre que par son être et par rien d'autre. Et voilà qu'elle m'a déjà sauvé par son être et qu'elle essaye maintenant a posteriori avec d'autres moyens infiniment plus petits. Quand quelqu'un sauve un autre de la noyade, c'est naturellement une très grande action, mais quand après cela il lui offre en plus un abonnement à des cours de natation, quel sens cela a-t-il ? Pourquoi le sauveur joue-t-il la facilité, pourquoi ne veut-il pas toujours continuer à sauver l'autre par son être, son être-là toujours disponible, pourquoi veut-il renvoyer la tâche à des maîtres nageurs et à des hôteliers de Davos ? Et d'ailleurs, je pèse déjà 55,40 ! Et comment pourrais-je m'envoler, si nous nous tenons par la main ? Et si nous nous envolons tous les deux, qu'est-ce que cela fait alors ? Et de plus – c'est la pensée de base de ce qui précède – je ne partirai plus jamais si loin de toi. Je viens juste de quitter les chambres plombées de Merano.
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MoglugMoglug15 juillet 2017
Merano, 15 juin 1920, mardi

Mardi
Ce matin tôt j'ai de nouveau rêvé de toi. Nous étions assis l'un à côté de l'autre et tu me repoussais, pas méchamment, aimablement. J'étais très malheureux. Pas d'être repoussé, mais à cause de moi, qui te traitais comme n'importe quelle femme muette et n'entendais pas la voix qui sortait de toi et me parlait précisément à moi. A moins peut-être que je l'aie bien entendue, mais je n'ai pas pu lui répondre. Je m'en allais plus desespéré que dans le premier rêve.
Il me revient à l'esprit ce que j'ai lu un jour chez quelqu'un : « Ma bien-aimée est une colonne de feu, qui parcourt la terre. En ce moment, elle me tient enlacé. Elle ne conduit pas ceux qu'elle enlace, mais ceux qui la voient. »

Ton
(Voilà que je perds même le nom, il s'est raccourci de plus en plus et maintenant il est devenu : ton )
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KarineBellocqKarineBellocq09 mai 2010
Voici à peu près ce qu'il en est : j'étais un animal des bois qui, en ce temps là, ne vivait presque jamais dans la forêt, mais terré n'importe où dans un sale fossé (sale en raison de ma seule présence, naturellement), lorsque je vis au grand soleil la chose la plus merveilleuse que j'eusse jamais aperçue ; je ne songeais plus à rien, je m'oubliais totalement ; je me suis levé, je me suis approché, craintif, au sein de cette liberté nouvelle qui me rappelait pourtant l'air natal, je me suis approché malgré ma peur, et je suis arrivé jusqu'à toi. Que tu étais bonne ! je me suis couché à tes pieds, comme si j'en avais le droit, et j'ai posé mon visage dans tes mains, je me suis senti heureux, fier, libre, puissant, chez moi ; tellement chez moi ! (toujours, toujours tellement chez moi!).
Mais au fon j'étais resté la bête, je n'appartenais qu'à la forêt, je ne vivais ici, au grand jour, que par ta grâce. Sans le savoir (j'avais tout oublié) je lisais mon destin dans tes yeux. Cela ne pouvait durer. Tu ne pouvais éviter, même en me caressant de la main la plus bienveillante, de découvrir en moi des singularités qui relevaient de la forêt, de cette origine, de cette véritable patrie ; il a fallu te donner, fallu te répéter ces explications sur la "peur" qui me toturaient (toi aussi, mais injustement) comme si j'avais déjà les nerfs à nu ; j'ai senti quelle plaie répugnante je représentais dans ta vie, et quel obstacle universel !
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Videos de Franz Kafka (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Franz Kafka
Le metteur en scène et comédien Wajdi Mouawad, directeur du Théâtre national de La Colline, nous parle de son livre de chevet : "La métamorphose" de Franz Kafka !
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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