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Olivier Magnani (Traducteur)
EAN : 9782266166058
282 pages
Pocket (02/04/2008)
3.81/5   223 notes
Résumé :
Tokyo, début des années 1940. Tetsuko, alias " Totto-chan ", mène la vie dure à son institutrice... jusqu'à se faire renvoyer de son école primaire, peut de temps après y être entrée. Ses parents l'inscrivent alors à Tomoe, petite école éprise de liberté où de vieux wagons font office de salles de classe.
A Tomoe, l'expérience de la vie est aussi importante que les leçons. Et grâce à son directeur atypique, Totto-chan réapprend à respecter les autres et à se... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
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Tokyo, début des années 1940.

Totto-Chan est une petite fille de 6 ans. Affectueuse, charmante, elle semble tellement « kawaï ». Pourtant, en classe, aux dires de ses professeurs, elle est tout l'inverse. Chahuteuse, bruyante, elle passe ses journées à la fenêtre de sa classe en interpellant les passants et les musiciens de rue, jusqu'au jour où elle se fit renvoyer de son école primaire.

L'univers japonais étant extrêmement conformiste, ce renvoi précoce sera vécu, pour ses parents comme une terrible honte, une véritable tragédie. En fait, à posteriori, cela va s'avérer être une formidable chance pour Totto-Chan, l'occasion de prendre un nouveau départ dans la vie, de se construire un vrai caractère et de trouver sa voie. Parce que la vraie héroïne de ce roman n'est pas cette petite fille tellement mignonne, tellement vivante (voir hyperactive, n'en déplaise à certains médecins psychologues) mais Tomoe, sa nouvelle école.

Tomoe est en fait un établissement scolaire pas tout à fait comme les autres. L'école hébergeant uniquement une cinquante d'enfants de tous milieux sociaux, parfois « hors normes » mais avec un gros coeur, se compose en fait de quelques wagons désaffectés et retransformés en salle de classe.

Avec un directeur aussi sensible et intelligent que M. Kobayashi, ces (ses) enfants vont pouvoir s'épanouir à merveille dans ce nouvel environnement scolaire. Un lieu où toute activité, physique ou intellectuelle entraîne et provoque un apprentissage, même dans l'amusement et le divertissement. Un maître qui vous enseigne la botanique lors de promenades dans les parcs et jardins, qui vous apprend même des cours de cuisine ou qui vous donne le droit de ne plus avoir peur des fantômes... L'élève n'est pas ici pour suivre un enseignement dicté par des livres mais pour évoluer suivant son propre enseignement, ses propres capacités et aussi ses ambitions. En plus des matières théoriques dites « classiques » (du style mathématiques, physique, anglais,...), l'enfant développera au mieux ses aptitudes, sera maître de son destin, apprendra à connaître et à aimer les autres sans préjugés physiques, raciaux ou sociaux. Les règles ne sont pas dictées par une table des lois promulguée par une autorité « bienveillante » mais suivent uniquement le bon sens et le respect. A chacun son rythme, à chacun son éducation, à chacun son épanouissement personnelle !

Plus un livre sur la jeunesse nippone de ces années d'avant-guerre, ce roman vous trace un modèle d'éducation et de scolarisation idéale qui ne m'apparaît pas si utopique que cela, une éducation que chaque parent (en tout cas, j'en fait parti) souhaiterait (à mon grand regret au conditionnel) pouvoir offrir à sa progéniture pour leur plus grand bien, pour leur développement intellectuelle, pour leur confiance en soi, et tout simplement pour rentrer parfaitement dans la vie qui ne s'annoncera pas si aisée que cela, à l'aube de la guerre du Pacifique...


Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Totto-chan, c'est un peu Libres enfants de Summerhill au Pays du Soleil Levant.

Renvoyée de son école pour dissipation et perturbation de la classe, la petite Totto-chan, six ans, se retrouve dans un nouvel établissement.

A Tomoe, les cours ont lieu dans des wagons, les élèves étudient les matière dans l'ordre qu'ils préfèrent et apprendre en s'amusant est plus qu'un voeu pieux. La petite fille, qui passait pour insupportable car trop active et imaginative, découvre son nouvel horizon scolaire avec un enthousiasme continu. Ce système pédagogique lui offre, ainsi qu'à ses camarades de classes, un bel épanouissement en plus du savoir.

Nous sommes alors au début des années 1940 et même si le récit est à la troisième personne du singulier, il s'agit bien de l'autobiographie de l'auteur. le ton utilisé véhicule bien la joie éprouvée par la fillette, ses interrogations et ses coups de coeur.

Je me suis immédiatement attachée à cette petite fille si vive et curieuse.

Quant au directeur de l'école Tomoe, Kobayashi-sensei, impossible de ne pas l'apprécier d'emblée. Voilà un pédagogue selon mon coeur! Il propose une éducation originale dans laquelle savoirs académiques et expériences de la vie, développement du corps et de l'esprit se mêlent harmonieusement. Par son attitude simple et débonnaire, par des activités diversifiées, il apprend également à ces enfants la confiance en soi et dans les autres, la responsabilité, la tolérance et l'acceptation des autres et de soi-même. Il laisse à l'individualité la possibilité de se développer en liberté afin de devenir un adulte épanoui.

Ce livre est écrit de façon simple (mais pas simpliste) et enjouée, même si les prémices du conflit mondial ombrent déjà l'horizon. Les souvenirs de Kuroyanagi Tetsuko dévoile en filigrane les modifications que la guerre apporte dans le quotidien de tout un chacun, les privations, les mobilisations, les bombardements.

Plus parlant qu'un essai théorique, chaque court chapitre présente des exemples concrets des mérites de cette éducation hors-normes.

Il soulève aussi à mes yeux la question de l'égalitarisme scolaire où tous sont sensés avancer au même rythme, au même moment. Pour la plupart des enfants, le système fonctionne, plus ou moins parfaitement. Mais pour certains élèves, cette mise au pas éducative peut transformer leur scolarité en un véritable enfer.

Une lecture réjouissante, instructive et qui offre matière à réflexion, que vouloir de plus?

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Ce roman est tiré d'une histoire vraie autobiographique.

Nous sommes au Japon, dans les années 40. Testsuko, dite Totto-Chan, est une petite fille d'environ 6 ans, pleine de vie et un peu dissipée. Dès son entrée à l'école primaire de son quartier, elle va s'en trouver exclue, perturbant trop la vie de la classe, l'enseignante et les autres élèves.

Cela ne sera finalement pas une mauvaise chose pour cette petite fille. En effet, Totto-Chan va être accueillie dans une école bien particulière : Tomoe, par son très sympathique directeur Monsieur Kobayashi.

Cet homme c'est l'éducateur que chacun d'entre nous aurait rêvé rencontrer dans sa vie : un homme bon, à l'écoute, d'une grande intelligence humaine, un formidable éducateur.

Tomoe, c'est l'école où chaque enfant voudrait aller : une cinquantaine d'élèves de tous les milieux, des salles de classe installées dans de vieux wagons de train, un repas pris tous ensemble dans une salle commune avec l'équipe éducative. C'est une école où chaque enfant peut décider de ce qu'il va étudier dans sa journée et par quelle matière commencer, c'est une école où les activités de découverte priment, c'est une école où chaque enfant est écouté dans sa spécificité.

L'auteur nous fait suivre le parcours scolaire de Totto-Chan pendant les trois ans où elle a été élève de cette formidable école. C'est un récit d'enfance tout en émotion, terriblement émouvant.

Le concept fera bien sûr penser aux écoles Montessori mais j'ai bien l'impression que Monsieur Kobayashi a été précurseur en la matière et que son concept est encore plus poussé, plus à l'écoute de l'enfant.

Je tiens à saluer la traduction de Olivier Magnani qui a notamment enrichi le roman de nombreuses notes en bas de page qui éclairent d'une façon très intéressante le propos de ce livre.

J'ai adoré suivre Totto-Chan, j'ai beaucoup souri à son espièglerie, son histoire m'a émue, cette école m'a enchantée, et j'ai ressenti un profond respect pour Monsieur Kobayashi.

C'est un livre utile qui parle d'une méthode éducative exemplaire. Je ne peux que souhaiter qu'elle inspire nos dirigeants, notre ministre de l'éducation, nos enseignants... : cela serait parfait ! : )

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Voilà longtemps que ce livre attendait sagement dans ma PAL et ce n'est pas faute d'avoir eu envie de l'en sortir plein de fois, mais d'autres lectures lui sont chaque fois passées devant. Dans le cadre d'un challenge, il me fallait un ouvrage avec une couverture rose, quelle belle opportunité pour enfin m'y mettre et plonger une fois de plus dans ce Japon que j'aime tant.

Ces mémoires sont écrites de façon tellement douce que nous suivons leur rythme et leur musique avec délice, emportés par les mots de Totto-chan au fil des pages et des chapitres. L'école qu'elle a eu la chance de pouvoir fréquenter est le type d'établissement qui me fait encore rêver à l'heure actuelle et qui pourrait permettre d'avoir tellement moins d'échecs scolaires. En plus, le respect et la vie en communauté y sont des éléments importants, de quoi permettre une vie en société plus respectueuse.

En parallèle, c'est l'arrivée de la guerre qui fait trembler le pays et qui va venir toucher la petite vie tranquille de cette école, même si les enfants vont pouvoir être préservés au maximum grâce aux enseignants et au directeur. Nous découvrons quand même la pénurie, le départ à la guerre et le non retour de certains à travers les yeux innocents de Totto-chan et c'est très touchant, même plus que de longues descriptions.

Ce roman aura été une belle leçon de vie pour moi, de celles qui marquent au plus profond de nous-même et qui nous font avancer sur notre chemin de vie et de réflexions. Je suis contente que l'auteur ait décidé de nous partager ses souvenirs, car ce directeur si différent méritait d'être connu de tous et son établissement atypique se devait d'être connu aussi, d'autant plus qu'il a été détruit durant la guerre.

En bref, j'ai adoré cette lecture et je ne peux que vous conseiller chaudement de plonger dans cette histoire dont vous ressortirez grandis.

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Ce roman est construit sur une succession de tout petits chapitres de 4-5 pages chacun qui relatent diverses anecdotes de la vie scolaire de Totto-Chan. Cette construction permet une lecture très rapide, et malgré cela, je n'ai pas eu l'impression que les histoires étaient survolées. Je me suis prise d'affection pour la petite fille et ses péripéties. Je n'ai appris que sur la fin du roman qu'il s'agissait d'une sorte d'autobiographie de Tetsuko Kuroyanagi qui a réellement fréquenté l'école de Tomoe, et cela m'a donné envie d'en savoir encore davantage sur cette école, sur ce directeur passionné de sa profession d'éducateur. En parallèle, il y a certains épisodes qui, bien que traités avec autant de légéreté que le reste du roman, sont difficiles à accepter (décès d'un camarade de Totto-Chan, bombardements des Américains sur Tokyo etc....). On ressent beaucoup d'émotions de l'auteure, et notamment dans sa postface, et c'est ce qui donne toute son âme à ce roman.

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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation

Le directeur laissait les enfants se baigner sans maillot, mais il n'existait aucune règle établie à ce sujet. Ainsi, ceux qui avaient apporté le leur pouvaient se baigner avec s'ils voulaient. Et si l'on décidait de se baigner sur un coup de tête, comme ce jour-là, on pouvait le faire totalement nu. En réalité, le directeur ne voulait pas que les enfants entretiennent une curiosité malsaine vis-à-vis du corps de leurs camarades de l'autre sexe, et il trouvait contraire à la nature de vouloir à tout prix cacher sa nudité. C'est pourquoi il leur permettait de se baigner nus. Mais il voulait aussi leur faire comprendre que tous les corps étaient beaux à voir.Certains élèves de Tomoe avaient eu la polio, comme Yasuaki-chan, ou souffraient de problèmes de croissance, mais le directeur était convaincu qu'en jouant nus avec leurs camarades, ces enfants pourraient surmonter leur honte et leurs complexes d'infériorité. De fait, les élèves handicapés, assez timides au début, se détendaient vite et n'éprouvaient plus la moindre gêne une fois pris au jeu.

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Avant de fonder son école, M. Sôsaku Kobayashi s’était rendu en Europe afin de voir comment l’on enseignait aux enfants à l’étranger. Il avait alors visité de nombreuses écoles primaires et s’était entretenu avec des éducateurs. Et un jour, à Paris, il avait fait la connaissance de Jacques-Dalcroze, aussi brillant pédagogue que compositeur. Celui-ci s’était longtemps demandé comment apprendre aux enfants à écouter et à ressentir la musique avec leur cœur plutôt qu’avec leurs oreilles, comment éveiller leur sensibilité afin qu’ils perçoivent la musique comme un tout vivant, en mouvement, et non comme une matière inerte, sans vie. Et finalement, l’idée lui était venue, en regardant des enfants sauter dans tous les sens, d’inventer une gymnastique fondée sur le rythme et à laquelle il donna le nom de « rythmique ».

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En trouvant Totto-chan dans une telle situation, la plupart des adultes se seraient écriés: "Non, mais qu'est-ce que tu es en train de faire?" ou "C'est dangereux, arrête tout de suite!", tandis que certains, à l'inverse, lui auraient proposé leur aide. Mais le directeur, lui, s'était contenté de lui demander de tout bien remettre en place une fois qu'elle aurait terminé. "Quel remarquable pédagogue", pensa la mère de totto-chan lorsque sa fille lui rapporta l'incident.

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La maternelle que M. Kobayashi venait de créer était radicalement différente des maternelles traditionnelles.. "Ne transformez pas les enfants pour qu'ils entrent dans un moule, avait-il précisé à son équipe d'enseignants. Laissez-les s'épanouir naturellement. Leurs rêves dépassent les limites de vos projets éducatifs".

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A Tomoe, jamais il n'avait été nécéssaire de demander aux enfants de marcher en rang, de ne pas faire de bruit dans le train ou de ne pas laisser de détritus derrière eux après avoir fini de manger. En vivant jour après jour avec leurs camarades, ils avaient compris par eux-mêmes qu'il ne fallait pas pousser les plus petits et plus faibles que soi, qu'il était honteux d'avoir recours à la violence, qu'il fallait ramasser les détritus quand on en trouvait par terre, ou encore qu'il fallait faire tout son possible pour ne pas gêner les autres.

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Payot - Marque Page - Tetsuko Kuroyanagi - Totto-Chan.
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