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ISBN : 2702141102
Éditeur : Calmann-Lévy (01/06/2010)

Note moyenne : 2.91/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Un duel sans merci entre deux hommes que tout oppose. En Bretagne, au temps de l’affaire Dreyfus. 1894. Pierre Floch quitte la petite ville d’Auray, dans le Morbihan, pour Paris. Orphelin, il était le souffre-douleur du baron de Saint-Victor dans les fermes duquel il était employé comme journalier. 1905. Adam Guillemot arrive par le train de Paris pour s’installer dans le manoir de Tinténiac, non loin d’Auray, près de Quiberon. Il se dit armateur et homme d’affaires... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
myriampele
  21 octobre 2014
L' histoire se passe à la fin du XIXème siècle et puis au début du XXème. On suit le mystérieux personnage de Pierre Floc'h devenu ensuite Adam Guillemot...La raison de ce changement d'identité constitue le fond de ce récit. Vite lu, vite oublié.
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brinvilliers
  09 décembre 2012
Pierrel le Floch, enfant de l'assistance s'enfuit de chez le Baron de Saint Victor qui a abusé de lui. Il revient des années plus tard sous le nom d'Adam Guillemot. Saint Victor ne sait pas au départ que c'est lui. La guerre est déclarée entre les deux personnages, l'un qui désire se venger, et l'autre qui veut toute une ville sous sa coupe. L'histoire est bien relatée dans le sens où tous les sentiments, les haines entre riches et pauvres, sont décrites avec une réalité stupéfiante.
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adeissy
  18 février 2013
Un livre simple et bien écrit , les infos sur Adam alias Pierre sont distillées lentement au fur et à mesure du bouquin , cela aurait mériter d'être peut être plus fouillé mais cela permet de passer quand même un bon moment de lecture avec des personnages attachants.
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sld09
  27 juin 2017
J'ai trouvé le style est trop "mécanique" pour que la lecture soit agréable. En plus, certaines situations, dans la Bretagne des années 1900, m'ont paru manquer totalement de crédibilité.
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meknes56
  19 juillet 2019
Un roman qui m'a bien plus, car d'une lecture fort agréable. le sujet est, certes, commun mais bien relaté.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
meknes56meknes56   13 juillet 2019
Pierre Floc'h s'agenouilla pour renouer les lacets de ses chaussures. Les semelles commençaient à se décoller et l'on apercevait à l'extrémité de l'une d'entre elles les phalanges d'un orteil légèrement bleui.

Malgré le froid vif qui régnait à l'approche de l'hiver, il ne portait qu'une simple veste de drap sur une chemise ouverte ; pour tout bagage, un sac de toile jeté sur son épaule qui lui donnait des airs de marin en bordée.

Il était à peine six heures et demie du matin. Une nuit épaisse enveloppait encore les bâtiments de la gare d'Auray, une nuit hostile que trouait faiblement la lumière tremblotante de quelques lanternes.

Sur le quai qu'il était seul à arpenter, son visage impassible, son teint mat, ses yeux noirs, sa haute taille maigre dont il semblait vouloir ne pas perdre un pouce, avaient pourtant attiré l'attention de deux jeunes femmes assises sur un banc. L'une était brune, et l'autre blonde avec des cheveux frisés sous le fichu qui lui recouvrait la tête. « Pas plus de 20 ans », estima Pierre Floc'h. Iraient-elles jusqu'à Paris ou s'arrêteraient-elles en chemin ?

En passant auprès d'elles, il croisa à la lueur d'un quinquet le regard de la plus jeune, une petite brune piquante aux grands yeux en amande. Dans son dos résonna bientôt une sorte de gloussement. Pierre Floc'h ne se retourna pas. Il se moquait bien de ce qu'elles pouvaient penser. La pauvreté lui collait à la peau depuis l'orphelinat, pareille à une mauvaise boue dont il lui était impossible de se débarrasser. Mais pauvreté ne rimait pas fatalement avec indignité. D'ailleurs combien étaient-ils, dans cette région du Morbihan, à subir cette misère au quotidien ? Ses parents devaient probablement ressembler à ces paysans croisés au hasard des chemins broussailleux, trimant sous le harnais comme des chevaux de trait, ou aux marins dont les visages ravinés trahissaient les souffrances endurées au large. Des visages anonymes dont il se plaisait à fixer les rides dans sa mémoire, comme s'ils avaient constitué à eux tous un résumé de la famille qu'il n'avait jamais eue.

Ces deux-là étaient-elles filles de bourgeois ? Filles de joie ? À leurs vêtements, il paria pour des commerçantes. Il y avait une présentation de mode parisienne prévue de longue date à Vannes. Peut-être s'y rendaient-elles pour quelques achats de nouveautés. À moins qu'elles ne prolongent leur voyage jusqu'à Nantes.

Un peu en amont, deux militaires en uniforme conversaient en fumant la pipe. Une paysanne était assise non loin d'eux, un panier sur les genoux, l'échine courbée en avant, le regard vide.

Dans l'obscurité, un chien se mit à aboyer, puis à hurler à la mort, avant que le vent n'emporte vers la rivière les échos de ses lamentations. Était-ce le froid ou l'atmosphère lourde de ce quai de gare sinistre ? Pierre Floc'h sentait sa pensée s'engourdir, se figer dans une soupe épaisse alors que ses membres continuaient de se mouvoir avec une sorte d'aisance autonome.

Aussi, quand le sifflement du train entrant en gare se fit entendre, il en éprouva un réel soulagement. Il choisit un compartiment situé à l'arrière, espérant y être seul pendant au moins une partie du trajet. Mais, les deux jeunes femmes, en l'apercevant, vinrent s'asseoir en face de lui. Inconsciemment, Pierre recula ses pieds sous la banquette à cause de ses chaussures trouées.

— Il doit geler à pierre fendre ce matin, observa la brune aux yeux en amande.

Puis, examinant sa veste et la chemise de toile largement ouverte sur sa poitrine nue :

— Vous n'avez pas l'air bien frileux. Vous allez où ?

Pierre ne répondait pas. Il regardait ailleurs, par la vitre, concentrant son attention sur les formes aux contours imprécis qui cherchaient à émerger de l'obscurité.

La blonde dénoua son fichu et ses cheveux frisés ruisselèrent sur ses épaules.

— Ma parole, il n'est peut-être pas frileux mais il est muet, murmura-t-elle en souriant.

Pierre, cette fois, la fixa droit dans les yeux, le cœur en hiver et l'âme en berne.

La jeune femme parut se renfrogner aussitôt, sa bouche se fit plus amère, puis les ailes de son nez trop fin se mirent à palpiter d'une colère sourde.

— Viens, dit-elle, j'ai l'impression que nous dérangeons ce monsieur. Allons nous trouver d'autres places !

Elles se levèrent dans un même mouvement de dédain et quittèrent brusquement le compartiment, emportant leurs bagages avec des bruits secs de valises cognant contre les cloisons.

Pierre Floc'h ferma les yeux et bâilla à plusieurs reprises. Il n'avait rien mangé depuis deux jours, mais c'était surtout de sommeil qu'il avait besoin.

Le visage de la petite brune lui revint en mémoire un court instant, comme une photographie glissée sous ses paupières trop lourdes. Il comprenait maintenant pourquoi il avait accroché son regard sur le quai de la gare. Elle lui rappelait sa première fille, dans une ferme d'Auray où le baron de Saint-Victor avait loué ses services. C'était l'été, le temps des moissons. Une chaleur humide empoissait l'air à l'intérieur des terres, de Plouharnel à Auray. Il l'avait prise dans une grange. Il avait seize ans et elle quatorze. Mais elle avait déjà le corps d'une femme. Elle s'appelait Marie. Il ne s'était pas dévêtu entièrement. Elle avait ri en se mettant nue. Son sourire avait ensuite pâli en caressant les cicatrices qui marbraient le corps de Pierre Floc'h, du bas-ventre jusqu'aux omoplates, des reins jusqu'aux épaules. Alors, elle lui avait fait l'amour très doucement, comme une femme d'expérience qui initie un très jeune homme.
Le train démarra dans un sifflement strident. Tiré de sa léthargie par les secousses et le halètement de la machine lancée sur les rails, Pierre Floc'h ouvrit les yeux pour voir s'éloigner les dernières ombres chinoises de la petite ville assoupie.
Quelques minutes plus tard, il dormait â poings fermés, son sac de toile serré contre lui.
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myriampelemyriampele   21 octobre 2014
Pierre, un peu ivre, promit tout ce qu'il voulait. Sa vie parisienne avait tout à coup pris les couleurs d'un arc en ciel.
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fantomette44fantomette44   12 juillet 2016
Mais, entre un homme et une femme qui s'aiment et veulent partager leur vie, un secret peut devenir une ombre qui grandit et grandit sans cesse jusqu'à ce qu'elle recouvre tout. Alors, les sentiments s'effacent derrière cette ombre et le malheur vient frapper à leur porte.
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sld09sld09   01 octobre 2017
Pierre Floc'h s'agenouilla pour renouer les lacets de ses chaussures. Les semelles commençaient à se décoller et l'on apercevait à l'extrémité de l'une d'entre elles les phalanges d'un orteil légèrement bleui.
Malgré le froid vif qui régnait à l'approche de l'hiver, il ne portait qu'une simple veste de drap sur une chemise ouverte , pour tout bagage, un sac de toile jeté sur son épaule qui lui donnait des airs de marin en bordée.
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meknes56meknes56   13 juillet 2019
Pendant des années, la peur ne l'avait pas quitté, sournoise, insaisissable. Elle lui était même devenue une seconde peau, une sorte de glu sale et dont rien ne venait jamais le délivrer. Il la sentait palpiter dans les moindres tressaillements de sa chair, s'insinuer dans ses espoirs et ses rêves. Il en était venu à se demander s'il ne finirait pas par aimer cette peur autant que son esclavage.
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Video de Eric Le Nabour (1) Voir plusAjouter une vidéo

Eric le Nabour
Jacques CHANCEL s'entretient avec Eric LE NABOUR dans le cadre des radioscopies "Jeunes pour l'an 2000": il a 20 ans, considérations sur l'âge, le mariage, ses écrits, le métier d'instituteur; l'éducation, le chômage; son attachement à la cellule familiale; Jacques CHANCEL s'étonne de ses positions réactionnaires. Eric LE NABOUR : son opinion sur la jeunesse, l'église, la démographie;...
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