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ISBN : 2226249672
Éditeur : Albin Michel (21/08/2013)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.35/5 (sur 3261 notes)
Résumé :
Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une «gueule cassée», comprennent vite pourtant que leur pays ne veut plus d'eux. Désarmés, condamnés à l'exclusion, mais refusant de céder au découragement et à l'amertume, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d'une audace inouïe. Fresque d'une rare cruauté,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (666) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
31 janvier 2014
J'ai lu un Goncourt long et j'ai aimé ça.
Non, mieux, j'ai adoré !
Bon, faut dire que le gars Lemaitre, c'est pas vraiment un perdreau de l'année non plus. Robe de Marié, Alex, Cadres Noirs...autant de précédents laissant raisonnablement à penser que le moment à venir serait au pire agréable, doux euphémisme...
Excepté le très distinguêêê prix Sunic, je fuis habituellement les célébrations de tout poil. Il aura juste suffit d'un signe un maaatiiiin ♫ de maître Lemaitre pour passer outre ces vilains a priori et prendre le premier panard digne de ce nom en cette nouvelle année du Cheval. Certains argueront que la trame crin un brin, que n'hénnit, je n'en ai que fer Gastonde car perso, j'ai trouvé sabot...
14-18 . La guerre c'est moche, ça tue. Et quand vous avez la chance d'en réchapper, le prix à payer ne l'est jamais vraiment. Elle sera cependant le terreau d'une amitié durable entre une gueule cassée et un miraculé se sentant éternellement redevable envers son héroïque sauveur. Edouard et Albert, aussi dissemblables que le jour et la nuit. L'un bourgeois éduqué, l'autre issu de milieu modeste. L'un brillantissime au point de mettre au point une escroquerie d'envergure nationale, l'autre presque trop gentil au point de s'excuser lorsqu'on lui marche sur les pieds.
Pour le Bon et le Truand, le casting avance, faites entrer la Brute !
Claquement de talonnettes, doigt sur la couture ! Lieutenant d'Aulnay-Pradelle pour vous asservir, enfin servir. Surnommé gros enc' par ses plus fidèles admirateurs, cet arriviste forcené pourrait presque susciter l'admiration s'il ne filait pas la gerbe.
Ajoutez en toile de fond la douleur d'un père terrassé par la mort d'un fils qu'il n'a jamais su aimer et le destin cruel d'une femme mariée pour le pire voire plus si affinités, la distribution affiche complet, l'histoire peut dérouler.
Magistral du début à la fin, ce récit n'est pas qu'une énième resucée de récit guerrier et son cortège de misère, misèèè-re mais bel et bien l'instantané d'une époque meurtrie évoquant remarquablement le funeste destin des Péricourt et consorts sur fonds d'arnaque validée par Newman et Redford!
Les Péricourt furent grands, ils ne sont plus que gouffre de souffrance, ambition démesurée et bassesses en tout genre. En cela, ce type de récit n'est pas sans rappeler certains épisodes affairistes du grand Zola, les 1256 pages descriptives en moins, dommaaaage...
De destins brisés en survivants revanchards et cupides, des individualités exaltantes qu'il est impossible de lâcher une fois ce bouquin amorcé.
Un plaisir de lecture rare et intense.
J'ai lu un Goncourt long et j'ai aimé ça...
4.35 pour faire remonter la moyenne!
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tynn
15 septembre 2013
"Je m'amuse beaucoup". C'est Pierre Lemaitre qui le confie dans un papier du journal le Monde
Et moi donc! ... Avec son dernier livre, quel plaisir macabre et jubilatoire!
Dans les derniers combats de la Grande Guerre, deux jeunes poilus, improbables frères d'armes, se sauvent la mise mutuellement. A la démobilisation et au difficile retour à la vie civile, ils ne sont que des rébus pour une société désirant tourner le dos aux années noires.
Le combat pour la survie continue, entre secrets, regrets, blessures du corps et de l'âme. Quelqu'en soit le prix, le désir de revanche sur les hommes et la vie est le plus fort et va être le terreau d'une magistrale et cynique escroquerie.
Dès les premières pages, la lecture se fait avec un creux à l'estomac, car combien effrayant est le destin de ces jeunes hommes dans l'affreuse tuerie de 14/18!
Vacarme des armes, odeurs pestilentielles, blessures atroces des gueules cassées, horreur de soi, incurie des gradés et misère du trouffion, toute la guerre est là, dans son carnage de machine infernale. Dans la réadaptation si difficile, c'est tout le désenchantement et la détresse d'une génération sacrifiée en "chair à canon", instrumentalisée par la raison d'état, ses affidés et leurs excès.
Réquisitoire envers l'administration, l'armée, les turpitudes opportunistes de la société d'après-guerre, le frénétique commerce de la mort et de la commémoration, face à l'indifférence de la nation pour les rescapés.
C'est aussi une réflexion sur le patriotisme, le courage, la couardise, la loyauté.
Pierre Lemaitre, en conteur magistral, nous fait changer d'époque, avec une écriture vivante et des portraits hauts en couleur, au plus près du réel. Ca secoue, fait vibrer, fait trembler et compatir. Ca se lit comme un carnet de soldat avec le langage coloré et gouailleur de ce début de siècle. L'auteur a le sens de la formule et joue joliment avec les mots.
C'est à la fois d'une tristesse infinie et d'une cruauté glaçante mais aussi une chronique ironique aux personnages et situations croqués avec humour.
Après ce livre, je ne verrai plus monuments aux morts et cimetières militaires de la même manière...
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cicou45
29 novembre 2013
Ce livre est une véritable bombe. Autant vous prévenir tout de suite, pour s'attaquer à cette lecture, il faut avoir le moral au beau fixe et avoir les boyaux bien accrochés ! Mais, si vous êtes dans cette disposition d'esprit, surtout n'hésitez pas et laissez vous entraîner par l'écriture captivante de Pierre Lemaitre (on peut dire qu'il porte bien son nom...). En tout cas, en ce qui me concerne, même si ce livre n'est pas des plus réjouissants (loin de là), il a eu l'avantage de me réconcilier avec Les Prix Goncourt, moi qui avais été relativement déçue par celui de l'an passé "Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari.
Mais bon concentrons-nous sur celui de cette année puisque, de toute manière, c'est de lui qu'il s'agit ici et par conséquent, c'est lui qui nous intéresse.
L'histoire débute en novembre 1918, à quelques jours à peine de l'armistice entre les Allemands et les Français. Albert Maillard, l'un de nos protagonistes, se retrouve pris au piège dans un trou d'obus et probablement condamné à mourir enterré vivant. En levant, les yeux, il aperçoit le lieutenant Henry d'Aulnay-Pradelle qui n'a pas la moindre intention apparente de lui porter secours, bien qu'appartenant au même Régiment d'Infanterie que lui. Albert ne peut que le contempler de toute sa hauteur et il sait qu'il haïra cet homme jusque dans la mort. A côté de lui se trouve une tête de cheval qui, elle aussi, appartiendra à ses souvenirs, s'il en a un jour. Et il en aura effectivement puisque près de lui se trouve également un compagnon d'armes, Edouard Péricourt, un homme de vingt-trois ans, comme lui et qui, en le ramenant à la vie, se retrouvera à jamais lié avec lui. C'est bien Edouard qui, au départ, sauva Albert mais ce n'était qu'un prêté pour un rendu car désormais, les deux hommes sont liés à la vie, à la mort. Une sorte de pacte que l'on ne peut pas comprendre aujourd'hui et que les Poilus ne sont plus là pour nous témoigner puisque tous sont dorénavant morts mais que nos grands-pères, nos pères...enfin tous ceux qui ont fait la Seconde Guerre mondiale, ont pu ressentir...bien que les deux guerres ne sont en rien comparables. Pourtant, j'ose croire que cette esprit de fraternité se ressent dans chaque conflit, à chaque fois que l'on lutte pour, non pas vivre, mais du moins survivre.
Une fois démobilisés, nos deux compatriotes, vont alors essayer tout doucement de reprendre goût à la vie...mais le peut-on réellement lorsque l'on a vu des horreurs pareilles, que l'on a vécu dans la crainte, le froid et la faim ? Pour Edouard, qui s'est vu défiguré et qui a perdu à tout jamais l'usage de la parole, ayant refusé les soins de chirurgie que l'on lui proposait, il est impossible de rentrer chez lui, non pas pour les raisons que je viens d'évoquer mais tout simplement parce qu'il déteste son père, bien que celui-ci soit très riche (ce qui aurait pu lui apporter un mode de vie confortable). Ce dernier est en effet un homme froid, distant, qui ne l'a jamais compris et, pour ainsi dire, jamais aimé. Edouard va devoir changé de nom et se faire porté disparu afin que sa famille (son père et sa soeur Madeleine) n'apprennent jamais qu'il est vivant ! S'engage alors pour Edouard, désormais Eugène (grâce à l'aide d'Albert qui a réussi à intervertir ses papiers militaires avec ceux d'un soldat mort sur le Front) une vie de clandestinité dans laquelle Albert ne le quittera jamais...Leur principal souci étant celui de l'argent, Edouard...euh je veux dire Eugène, va alors imaginer la pire des escroqueries jamais pensé et qui peut leur rapporter gros...voire même très gros !
Bon, je ne vous en dis pas plus sur l'intrigue car avec les cent deux critiques déjà postées sur le site, je suppose que vous devez commencer à vous familiariser avec l'histoire mais sachez que malgré les cinq-cent soixante-six pages que fait cet ouvrage, le lecteur (moi du moins) n'en n'a jamais assez. Un livre trop vie lu tant il est bien écrit, une histoire passionnante avec des faits réels (en plus de l'histoire des Poilus, j'entends), d'autres complètement inventés de toute pièce mais non pas moins crédibles pour autant. Durant cette lecture, je me suis sentie très proche du personnage d'Edouard car j'ai retrouvé chez ma grand-mère des lettres que mon arrière-grand oncle écrivait à ses parents durant cette période. En consultant son registre matricule, j'ai appris qu'il avait été blessé et était mort un mois plus tard des suites de ses blessures, tout cela parce qu'il avait refusé de se faire coupé le bras parce que vous comprenez, un agriculteur qui n'aurait eu plus qu'un bras en rentrant chez lui, c'était impensable...puisqu'il était persuadé qu'il allait rentre, comme tous d'ailleurs. Il avait vingt ans.
Désolée pour cet aparté mais encore une fois, je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage, très touchant, sincère, saisissant de vérité...une merveille (si je puis me permettre de m'exprimer ainsi vu la gravité qu sujet abordé).
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Lolokili
18 août 2014
Alors là Docteur ça ne va pas du tout.
Voilà… (rictus piteux) je sens que je prends goût aux Goncourt…
Déjà un sacré bolide le Goncourt Ferrari, alors un Goncourt Lemaitre forcément ça m'a fait envie.
Parce que quand le Monsieur monte en puissance, s'échappe de la case polar et balance une intrigue savoureuse et insolite sur fond d'après-guerre de 14-18, comment résister ? Ça nous fait du tortueux façon Lemaitre, du dégueu façon Lemaitre, du super-caustique façon Lemaitre, pour une action sans temps mort et une galerie de portraits diaboliquement réjouissante.
Bonheur, délice et jubilation. J'ai pas résisté.
Quand même, j'ai fait ma chagrine rapport à l'épilogue. Après une délectation sans réserve au long des tribulations d'Albert, Edouard, ce bon Henri et tutti quanti, j'attendais un développement du dénouement plus approfondi.
Angoisse et frustration.
Pour la peine j'ai enlevé une demi-étoile tiens (avec sursis).
N'empêche, il m'a enchantée ce Goncourt.
Pffiou… faut que j'aille prendre mes gouttes moi.
+ Lire la suite
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ibon
02 février 2014
"Tout a déjà été dit, mais comme personne n'écoute...©"Oui tout a été dit sur cette guerre et pourtant ce livre est rafraîchissant. Il choque mais il fait rire aussi et il nous apprend des choses sur l'après guerre 14-18 et le talent de Pierre Lemaitre fait que les 567 pages se dévorent facilement comme une lettre à la poste du 52 rue du Louvre...
" A tous mes amis, à toutes les gueules cassées, aux plaies, aux bosses, aux visages émaciés...©"Même si cette histoire sent le souffre avec une arnaque de haut vol et totalement amorale -en apparence- elle a pourtant le goût de l'hommage rendu à ceux qui sont revenus des tranchées. Il suffit de remarquer le sort que l'auteur a réservé à nos deux amis.
Aux deux amis, qui font connaissance sur le front à quelques jours de l'armistice,dans des conditions dramatiques mais extraordinaires. Il suffit de lire les 100 premières pour s'étourdir dans le chaos de la cote 113, lors d'une ultime attaque inutile - et le vrai scandale est là- pour ne plus lâcher cette histoire d'amis d'infortune.
Le travail de Pierre Lemaitre ne s'arrête pas à ces deux héros paumés lors de la démobilisation . Il gravite autour d'eux des personnages dont le fumet dégage parfois autant de puanteur qu'une tête de cheval enfouie depuis plusieurs jours sur un champ de bataille. Et il s'installe une sorte d'addiction à suivre aussi leur amoralité qui surpasse largement celles de nos deux héros.
Tout a déjà été écrit, aussi, mais le talent de conteur de Pierre Lemaitre , justement récompensé par le Goncourt, méritait bien cette reconnaissance.
©: paroles du chanteur C. Miossec.
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Les critiques presse (22)
Auracan30 novembre 2015
À n'en point douter, le lecteur se prendra également au jeu tour à tour, pour s'indigner devant la méchanceté ou encore être affligé devant la fatuité du lieutenant Pradelle.
Lire la critique sur le site : Auracan
LaLibreBelgique11 mai 2015
Un gros roman épatant et jouissif, jubilatoire à l’image de son auteur.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique27 avril 2015
Un gros roman épatant et jouissif, jubilatoire à l’image de son auteur.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro05 août 2014
Un récit riche en rebondissements, rythmé et écrit au cordeau qui brosse un tableau cocasse et désenchanté de la France d'après-guerre [...].
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Actualitte05 décembre 2013
L'agitation est permanente, le suspense intense et si la mise en place de intrigue est peut être un peu lente (une bonne centaine de pages), ensuite le récit défile à vive allure, se déploie sans temps mort, passionne de bout en bout, déstabilise, étonne et exalte le lecteur. Entièrement comblé.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaPresse26 novembre 2013
Un roman efficace pour peu que l'on accepte l'une de ses prémisses: celle d'un homme au visage arraché, qui refuse toute restauration faciale. Sorte de métaphore des victimes anonymes de toutes les guerres.

* * * 1/2
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeSoir05 novembre 2013
Un livre scénarisé avec talent et écrit avec force. On ne le lâchera pas avant la dernière page.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Liberation15 octobre 2013
Pierre Lemaitre, auteur de romans policiers passé au roman historique, a une conception facétieuse du suspense.
Lire la critique sur le site : Liberation
LesEchos14 octobre 2013
Conteur né, Pierre Lemaître fait la part belle à l’action, au rebondissement, en n’oubliant jamais pour autant de soigner la psychologie et la restitution de l’époque. Fier hommage à Dumas, Balzac ou Gaston Leroux, l’ensemble se lit ventre à terre. Du grand art.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique30 septembre 2013
La belle surprise de cette rentrée littéraire. Un gros roman épatant et jouissif, jubilatoire à l’image de son auteur. Un livre éclairant aussi, qu’on ne lâche pas avant de l’avoir terminé.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LePoint25 septembre 2013
Étonnant roman sur l'après 14-18, "Au revoir là-haut" fait partie de nos coups de coeur de cette rentrée, distingué par le prix des Libraires de Nancy-Le Point.
Lire la critique sur le site : LePoint
Bibliobs19 septembre 2013
La guerre est une extravagance du commerce, avec cet avantage, magistral quand il est servi avec une telle fougue, une telle invention, qu'on n'y voit, précisément, que du feu.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama18 septembre 2013
Arnaques, vengeances et impostures : Au revoir là-haut est une oeuvre à la fois picaresque et politique, où l'on entend des accents de Roland Dorgelès et Jean Meckert.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos04 septembre 2013
Jetez-vous sur le roman de Pierre Lemaître « Au revoir là-haut ». Récit efficace, style impeccable, sens de l’humour et du tragique, c’est une réussite. De celles qui réconcilient la littérature populaire et la littérature tout court. De celles qui pourraient réconcilier le grand public avec le Goncourt.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Culturebox02 septembre 2013
Au revoir là-haut s'organise autour d"une double arnaque et d'un double suspense, sur fond historique extrêmement documenté. Ajoutez-y une écriture sèche, mordante, précise, qui manie brillamment l'humour noir. Et vous comprendrez pourquoi, salué par la critique et plébiscité par les libraires, le livre s'annonce comme un des best-sellers de l'automne.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro30 août 2013
Les rebondissements sont multiples, et la chute, très réussie, tient à la fois de la tragédie antique et de l'histoire d'amour la plus émouvante. Grâce à une construction romanesque efficace, l'auteur parvient à sortir de la littérature de genre sans se renier le moins du monde.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress30 août 2013
Auteur reconnu pour ses thrillers, Pierre Lemaitre change de cap et de dimension pour un roman saisissant, et politiquement incorrect, sur la Grande Guerre. Au revoir là-haut est un des temps forts de cette rentrée.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress23 août 2013
Au revoir là-haut est un roman magnifique parce qu'il décrit sans la moindre concession l'étau dans lequel les poilus se retrouvèrent au lendemain de leur démobilisation. Albert Maillard fait partie de ces types qui, depuis qu'ils ont gagné la guerre, ont l'impression de la perdre un peu plus chaque jour. Quel choix leur reste-t-il? Lisez ce livre démesuré, vous en sortirez médusé
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress22 août 2013
De là à subodorer que ce pavé passionnant est bien placé pour recevoir quelque laurier... Ce ne serait que justice: franchement, Au revoir là-haut - hommage aux derniers mots écrits à sa femme par un soldat fusillé en 1914- confine au chef-d'oeuvre.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro21 août 2013
Le style sec de l'auteur convient parfaitement à cette évocation sans concession d'une France plutôt encombrée par les survivants de la génération perdue. Lemaitre mitraille, les masques tombent.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress14 août 2013
Pour cette première incursion hors du roman policier, Pierre Lemaître frappe un grand coup: captivant, profond, émouvant, Au revoir là-haut témoigne d'un immense talent d'écrivain.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint22 juillet 2013
Touffu, hyperdocumenté, le roman est bâti sur une intrigue très efficace, qui fait oublier ses quelques longueurs.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations & extraits (577) Voir plus Ajouter une citation
EhtusaisquoiEhtusaisquoi22 juillet 2014
En cette année d’anniversaire de la guerre 14-18, fais hommage à nos héros poilus des tranchées d’il y a 100 ans, et lis ce roman de Pierre Lemaitre, rondement bien mené.

Dans les premières pages, tu vas te retrouver en plein champ de bataille, et tu tenteras d’échapper aux balles qui te siffleront au-dessus de la tête, avec à tes côtés, mort de frousse, Albert Maillard. Ca va durer 20 pages, et la dernière ligne t’annoncera la mort d’Albert.

Merde.

Car Albert, tu l’aimais déjà.

« oh ben nooooon, il peut pas mourir lààààà… » Voilà ce que j’ai grogné, dégoutée d’avoir perdu un ami si tôt.

20 pages.

Bon, en fait Albert, il n’est pas mort.

Je suis presque embêtée de te le dévoiler, parce que j’aurai voulu que tu vives toi aussi ce soulagement..

Oui oui, je t’entends alors crier « au spoil, au spoil, arrêtez-là ! », mais s’il te plait ne m’en veux pas, il te reste 530 pages et, évidement, tout le coeur de l’histoire à dévorer avec tes ptits yeux.

Albert, donc, n’est pas mort, grâce à Edouard Péricourt, un autre soldat de son bataillon qui le ramène à la vie, non sans y laisser quelques plumes. Euphémisme bien sûr, car je te rappelle le contexte : ça pète de partout, les ennemis allemands (mais pas que,… tu verras…) menacent dangereusement.. Bref, la guerre. Donc s’agira pas vraiment de plumes, tu te rendras compte de l’ampleur du désastre plus tard.

Ca va je tiens le suspens là?

Ce sont ces deux jeunes amochés , Albert et Edouard, que nous suivront après l’armistice qui sonnera peu après la bataille où chacun se résoud finalement à dire adieu à sa vie, celle d’avant la guerre, pour affronter une nouvelle, qui s’annonce des plus difficiles.

Leur quotidien n’est que faim, insalubrité, guenilles, galères, souffrances et traumatismes de guerre.

Car dès 1918, si les morts sont salués, les rescapés, eux, sont oubliés.

Mais plutôt que de combattre ce fait, Albert et Edouard vont chercher à en jouer pour retourner la situation en leur faveur.

Le risque sera grand, le travail sera de maître.

« Au revoir là-haut » est un livre que tu veux lire d’un coup, qui te raconte des personnages poignants, que tu n’as plus envie de quitter.

Albert tu te moques de lui un peu parfois, parce qu’il est ballot, mais tu te moques affectueusement, car oui tu l’aimes, son dévouement est si touchant.

Edouard, quant à lui, par moment t’ y crois plus, t’as peur qu’il lâche la rampe. Il te fait froid dans le dos souvent.

Et puis il y a plein d’autres personnages dont le détestable cul serré lieutenant d’Aulnay-Pradelle … Le pathétique mais non moins touchant M. Péricourt père, qui vit sa vie avec un train de retard.

« Au revoir là-haut », c’est 550 pages qui te sautent d’emblée à la tronche.

J’ai été très surprise d’entrer aussi rapidement dans le livre, notamment, comme je te le disais, en m’attachant si vite, dès les 20 premières pages, à celui qui allait devenir l’un des protagonistes de l’histoire.

Ca sentait très très vite le régal, et je dois bien dire que ce sentiment de début de lecture n’a fait que se confirmer au fil des pages!

Allez , à table les enfants! Le roman de Pierre Lemaitre vous est servi!

Ah et pis je t’ai même pas dit, mais c’est le dernier prix Goncourt, tu pourras donc même crâner aux diners de société !
+ Lire la suite
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le_Bisonle_Bison14 juin 2016
Au sein de ce camaïeu de banalités quotidiennes, de personnages de Bosch, de nus et de guerriers furieux, fit irruption de façon récurrente L'Origine du monde. Il n'avait pourtant vu ce tableau qu'une seule fois, en cachette, chez un ami de famille. Je vous parle de ça, c'était longtemps avant la guerre, il devait avoir onze ou douze ans. Il était encore à l’institution Saint-Clotilde, à cette époque. Saint Clotilde, fille de Chilpéric et Carétène, une sacrée salope celle-là, Edouard l'avait dessinée dans toutes les positions, enfournée par son oncle Godégisil, en levrette par Clovis, et, aux environs de 493, suçant le roi des Burgondes avec Rémi, l'évêque de Reims, par-derrière. C'est ce qui lui avait valu son troisième renvoi, définitif celui-là. Tout le monde convenait que c'était sacrément fouillé, c'était même à se demander, à son âge, où il avait pris les modèles, il y avait de ces détails... Son père qui considérait l'art comme une dépravation de syphilitique, serrait les lèvres.
+ Lire la suite
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WolandWoland19 janvier 2015
[...] ... Pendant ce temps, chaque nuit, dans son lit, Merlin peaufinait les phrases qu'il prononcerait devant sa hiérarchie le jour où il serait convoqué et qui, toutes, revenaient à un constat simple, brutal et lourd de conséquences : on inhumait des milliers de soldats français dans des cercueils trop petits. Quelle que soit leur taille, d'un mètre soixante à plus d'un mètre quatre-vingts (Merlin avait dressé, grâce aux livrets militaires disponibles, un échantillon très documenté de la taille des soldats concernés), tous se voyaient mis dans des bières d'un mètre trente. Pour les faire entrer, il fallait briser des nuques, scier des pieds, casser des chevilles ; en somme, on procédait avec les corps des soldats comme s'il s'agissait d'une marchandise tronçonnable. Le rapport entrait dans des considérations techniques particulièrement morbides, expliquant que, "ne disposant ni de connaissances anatomiques, ni de matériel adapté, le personnel en était réduit à fracasser les os du tranchant de la pelle ou d'un coup de talon sur une pierre plate, parfois à la pioche ; que, même ainsi, il n'était pas rare qu'on ne puisse faire tenir les restes des hommes trop grands dans ces cercueils trop petits, qu'on y entassait alors ce qu'on pouvait et qu'on déversait les surplus dans un cercueil servant de poubelle, qu'une fois plein on refermait avec la mention "soldat non identifié" ; que, dès lors, il était impossible d'assurer aux familles l'intégrité des dépouilles des défunts qu'elles viendraient saluer ; que, par ailleurs, les cadences imposées par l'entreprise adjudicataire à ses ouvriers obligeaient ces derniers à ne mettre en bière que la partie du corps le plus directement accessible, qu'on renonçait donc à fouiller la tombe à la recherche d'ossements, de papiers ou d'objets permettant de vérifier ou de découvrir l'identité du défunt comme le prévoyait le règlement et qu'on retrouvait fréquemment, ici et là, des os dont nul ne pouvait savoir à qui ils appartenaient ; qu'outre un manquement grave et systématique aux instructions données en matière d'exhumation et la livraison de cercueils ne correspondant nullement au marché qui lui avait été attribué, l'entreprise, etc ..." Comme on voit, les phrases de Merlin pouvaient être constituées de plus de deux-cents mots ; sur ce plan, dans son ministère, il était considéré comme un artiste.

Le constat fit l'effet d'une bombe. ... [...]
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le_Bisonle_Bison18 juin 2016
Albert connaissait le mot "neurasthénie", il se renseigna, posa des questions ici et là, recueillit encore "mélancolie", "dépression", "lypémanie", tout cela ne lui fut pas d'une grande utilité, l'essentiel était sous ses yeux : Édouard attendait la mort et, quel que soit le temps qu'elle mettrait pour venir, c'était la seule issue possible, moins qu'un changement, la simple transition d'un état à un autre, acceptée avec une patience résignée, comme ces vieillards silencieux et impotents qu'on finit par ne plus voir et qui ne surprennent plus que le jour où ils meurent.
+ Lire la suite
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le_Bisonle_Bison12 juillet 2016
Le général Morieux paraissait au moins deux cents ans de plus. Un militaire, vous lui retirez la guerre qui lui donnait une raison de vivre et une vitalité de jeune homme, vous obtenez un croûton hors d’âge. Physiquement, il ne restait de lui qu’un ventre surmonté de bacchantes, une masse flaccide et engourdie sommeillant les deux tiers du temps. Le gênant, c’est qu’il ronflait. Il s’effondrait dans le premier fauteuil venu avec un soupir qui ressemblait déjà à un râle, et quelques minutes plus tard sa brioche commençait à se soulever comme un Zeppelin, les moustaches frissonnaient à l’inspiration, les bajoues vibraient à l’expiration, ça pouvait durer des heures. Ce magma prodigieusement inerte avait quelque chose de paléolithique, très impressionnant, d’ailleurs personne n’osait le réveiller.
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