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EAN : 9782358721714
Éditeur : Fabrique (20/10/2018)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 12 notes)
Résumé :
C'est peut-être le discours le plus dynamique dans l'imaginaire contemporain de la gauche, mais ce qui fait son pouvoir d'attraction est aussi ce qu'il a de plus problématique. Car il nous promet la « vie sans » : sans institutions, sans État, sans police, sans travail, sans argent - « ingouvernables ».
La fortune de ses énoncés recouvre parfois la profondeur de leurs soubassements philosophiques. Auxquels on peut donner la consistance d'une « antipolitique »... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
cprevost
  28 septembre 2020
« La Fabrique » publie ici un entretien qu'elle a eu avec Frédéric Lordon. Généralement dans ce type d'ouvrage, cet excellent éditeur tente de confronter le travail d'un véritable penseur à un indigent courant de la ratiocination d'extrême gauche . Cela habituellement fait long feu mais le philosophe interrogé toujours exerce ses armes conceptuelles et expose brillamment ses idées. Les macro-bavardages et les microréalisations de la dite tendance sont sans péril hachés menu. Nous retrouvons dans ce « Vivre sans » la thèse centrale d' « Imperium » : « il y a nécessairement des totalités sociales ».

Frédéric Lordon introduit dans la pensée marxiste, une vision de l'homme qui en effet lui fait partiellement défaut. Mais alors qu'il développe dans ce dernier ouvrage longuement les concepts spinosistes, il semble le plus souvent oublier le versant marxiste de son travail qui n'apparait que sous la forme de rapides assertions. Alors qu'il tente de se porter à la hauteur de l'époque, ce manque déséquilibre quelque peu sa vision du monde social. Ainsi lorsqu'il s'agit pour Frédéric Lordon de critiquer le dedans et le dehors des institutions, ce sont la captation et les enjeux de pouvoir qui sont montrés du doigt : ils perturberaient leurs raisons d'être fonctionnelles et ils les affranchiraient des enjeux « substantiels » qui leur ont donné naissance. L'auteur pense que les institutions du capitalisme sont renfermées sur des finalités internes, c'est-à-dire coupées des raisons d'une certaine utilité ; qu'elles sont aux mains de l'homo institutionnalis, c'est-à-dire d'un individu dont les intérêts d'homme se sont totalement assimilés aux intérêts de l'institution. Frédéric Lordon semble oublier que le social est toujours là et qu'il ne reste pas grand-chose de l'origine de son établissement. Les institutions en effet sont pour l'essentiel déterminées de l'extérieur et non de l'intérieur. Les institutions ont vu le jour dans un environnement économique et social déterminé, un environnement déjà là, verticalisé et capté. Les nôtres se façonnent dans le capitalisme. Et à ce titre, elles sont bien le produit et la manifestation d'inégalités et d'intérêts inconciliables ; elles sont essentiellement, comme elles le montrent chaque jour, des organismes légaux d'oppression et de domination sociale ; dès l'origine, elles n'ont nullement coïncidé avec la multitude et ont tendu simplement avec le temps à s'autonomiser d'avantage.

Frédéric Lordon, sous la catégorie de l'antipolitique, relie dans ce dernier livre les philosophies de Gilles Deleuze, Jacques Rancière, Alain Badiou. Il le fait, sans convaincre, en synthétisant énormément leurs travaux – quelques dizaines de pages seulement. Il prend ainsi le risque de simplifier des pensées complexes et d'appliquer ensuite la critique à ces résumés. Jamais cependant, il ne bavarde, toujours il philosophe avec et contre eux.

Il est également ici beaucoup question de Giorgio Agamben dont la pensée, sorte d'antithèse du travail de Lordon, forme un sous bassement du « vivre sans ». Les démonstrations sont, pour le coup, plus développées et très convaincantes. Pour le théologien italien, il y a d'abord la vie nue défaite de toutes manière ; il y a ensuite, comme terminus de sa politique, la possibilité de « la forme-de-vie », avec les manières propres de l'individu et elles seules, celles qui l'expriment le plus intimement et le plus authentiquement. La forme-de-vie proposée par Agamben est bien différente de la vie actuelle dans les institutions, informée qu'elle est du dehors, aliénée et toujours à l'état séparé de ce qu'elle serait vraiment avec ses propres manières. Et c'est pour Agamben par la suspension (la capacité de se retenir) et le retour sur soi (la coïncidence) que l'individu est capable de passer de l'hétéronomie des manières dans les institutions à leur authenticité dans la forme de vie ; c'est par la destitution en douceur, la suspension dans l'ordre institutionnel et politique, que le capitalisme, abandonné à lui-même, dépérit. Nous ignorons de notre côté le bénéfice que le lecteur ayant certaines préoccupations pratiques pourrait tirer des thèses agambeniennes telles qu'elles sont mises en avant aujourd'hui, mais c'est le moindre de nos soucis. Passé un certain degré d'irréalité, ces discours cessent quelque peu de nous intéresser. Aussi avec d'avantage de réalisme, Frédéric Lordon oppose point par point, conceptuellement, aux thèses agambeniennes de la transcendance, la fin de non-recevoir spinozienne de l'immanence intégrale.

Frédéric Lordon s'adresse aux courants alternatifs de la gauche française. Livre après livre, il propose une vision synthétique du monde social. Et il sait nouer dans son important travail deux types de totalités, celle déterminée par sa philosophie (spinozisme mâtinée d'un peu de marxisme) et celle qui convient à l'action. Sa pensée certes produit ses espaces de subjectivation avec des formes d'interprétation et aussi des registres d'affects. Elle sait cependant réduire les facteurs d'une situation, trancher le réseau infini des dépendances et, mesurant les rapports de force, proposer quelque chose pour changer le monde et pas seulement l'interpréter. Frédéric Lordon voit ce qu'il y a à voir et surtout il fait une fois qu'il a vu. Il tire vraiment les conséquences politiques de son positionnement. Il ne s'en tient pas à un humaniste déclamatoire sans suite et à des positions morales surplombantes en trois tomes. Il ne tente pas d'avantage d'échapper au réel en se laissant plonger dans le monde enchanté des songes et des réalisations personnelles où l'on est dispensé de poser la question des causes comme des conditions de possibilité de ce qu'on veut. Frédéric Lordon, avec une infinie patience, dialogue avec « la gauche » et examine son mouvement. Il envisage successivement la question de l'Etat et les conditions de sa transformation ; la question de l'économie et des moyens de production.

Il trace, creuse inlassablement le même sillon : il n'y a pas de vie collective – institutions formelles et collectifs informels – qui ne se construise dans l'élément institutionnel verticalisé. Et ce qui fait autorité, c'est la force impressionnante, affectante du collectif qui peut prendre différentes formes : peur de la loi et de l'appareil répressif ; peur de l'opinion collective mais aussi joie de l'adhésion ou de l'appartenance. Si les mécanismes passionnel des collectifs sont fondamentalement toujours les mêmes, c'est donc leurs configurations particulières qui font toute la différence. Et si toujours nous sommes gouvernés, la question ne peut jamais être de l'être ou de ne pas l'être mais toujours celle de l'agencement de l'autorité du collectif. Ainsi, à la ZAD les comportements sont également déterminés par la force propre du collectif qui certes accueille mais aussi observe ses membres.

Le capital est un géant et pour une transition politique et sociale d'ampleur, il faut naturellement le grand nombre assemblé. L'État, c'est déjà le nombre fédéré sous une certaine forme, une puissance macroscopique d'oppression et de domination au service du capital. Il est donc impossible de s'en désintéresser. Pour le penseur, après trois décennies de néolibéralisme, d'accumulation des conquêtes, d'enfoncement des acquis sociaux, d'encouragement constant de tous les gouvernements et de toutes les instances internationales, la domination du capital est totale et ne laisse aucun espace pour une expérience gouvernementale. Il souligne justement, que pour un changement conséquent face à un tel adversaire, il faut avoir les moyens de puissance et qu'un gouvernement ce n'est que quelques dizaines d'individus dans des palais, c'est-à-dire rien. Il faut par conséquent convoquer le nombre prenant la rue, occupant les lieux.

Frédéric Lordon entreprend de dessiner le très improbable monde d'après le grand soir, la dialectique du constituant et du constitué de l'État. Il y a une distinction conceptuelle, nous dit-il, de la puissance et du pouvoir et partant du pouvoir constitué comme capture. La puissance s'exerce nécessairement à quelque chose, elle constitue nécessairement quelque chose entre horizontalité et capture. Pour cette raison, Frédéric Lordon propose de dialectiser ce qui engendre – le constituant et ce qui est engendré – le constitué. Il faut agencer le pouvoir de telle sorte que, chaque fois que le constituant déborde le constitué, chaque fois le pouvoir soit ramené à son principe artefactique qui est la puissance de la multitude. Il faut que la multitude destituante, ou du moins sa fraction déterminée à déborder, mute aussitôt en multitude constituante. L'autonomie se joue donc dans l'activité continuée de la puissance constituante. L'État ainsi « dialectisé » n'est ni absolument transparent, ni complétement maitrisé mais il est à portée de surveillance et d'action transformatrice.

Certes, il est impossible de s'abstraire des réquisits de la reproduction matérielle. Cependant, la question pour Frédéric Lordon n'est à aucun moment la nature du travail lui-même en régime capitaliste mais seulement son organisation et ses finalités. Qu'est-ce qu'on a à produire pour persévérer ? Qui produit quoi ? Comment s'opère la socialisation de la production puis celle de sa consommation ? Toutes ces questions renvoient à la très vielle et très démodée théorie apologétique du capitalisme interventionniste d'État. Pourtant, il conviendrait de s'attaquer à l'essence même du capitalisme : la forme de travail spécifique à cette formation sociale. Ce qui en effet caractérise le capitalisme et lui seulement, c'est que ses rapports sociaux de base sont constitués par le travail et sont donc en définitive d'un type fondamentalement différent de ceux qui caractérisent les sociétés non capitalistes. La spécificité du travail sous le capitalisme montre en réalité que la production n'est pas un processus purement technique ; la production est intimement liée aux rapports sociaux de base de cette société et façonnés par eux. Il est donc impossible, comme le fait l'auteur, de critiquer cette société seulement en termes de salariat, de marché et de propriété privée . le travail sous le capitalisme n'est pas une activité extérieure au capitalisme et donc à libérer ; il en est le fondement et donc à abolir sous sa forme actuelle. Ignorer (au deux sens du terme : ne pas prendre en considération et ne pas connaitre) la spécificité du travail en régime capitalisme, ne permet à aucun moment une critique véritable du monde néolibéral existant. C'est en effet une vie encore soumise au travail abstrait, fragmentée, privée de sens qui est proposée par l'auteur et c'est, croyons-nous, la partie la moins aboutie de sa réflexion.




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Goudal
  03 juillet 2020
"Vivre sans?" est un petit essai brillant du non moins brillant Lordon. C'est sans-doute le seul économiste reconverti à la philosophie. Lordon est capable de s'emparer de n'importe quel concept et de le démonter avec le même brillo qu'en économie.
C'est ce qu'il fait dans cet opuscule en forme de correspondance. Il y démonte Deleuze, Rancière, Badiou et Agamben. Excusez du peu!
Je ne savais rien des liens entre Agamben et le Comité Invisible. Jamais lu Agamben sauf quelques interviews par contre J'ai lu quelques essais du comité invisible et du fameux Eric Hazan.
Vivre sans? interroge les slogans "Soyons ingouvernable", "Bloquons tout", "ZAD partout".
Vivre sans? c'est vivre sans institution, sans, police, sans argent, sans travail.
C'est ce que conceptualise Agamben avec la destitution et sa traduction zadiste de retrait des institutions et de la société.
Toute la première partie "Philosophie de l'antipolitique" est très conceptuelle. Elle analyse les concepts des pères fondateurs : Deleuze et son "devenir sans avenir", Rancière et ses "moments politiques", les "singularités de Badiou. le plat de consistance est servi à Agamben et sa philosophie de la destitution. Si Deleuze est épargné, Agamben et Badiou sont descendus en flamme. Tout cela est réalisé sous l'autorité de Spinoza évidemment.
Un des intérêts est qu'il fait descendre la philosophie du ciel des concepts ver des réalités plus triviales. On entrevoie ainsi l'infantilisme de nos grands penseurs.
La seconde partie "l'état : à prendre ou à laisser" et "Sans travail, sans argent" est beaucoup plus politique et donc plus intéressante. On y découvre le point l'(comme... Lénine) et un intérêt tout à fait étonnant de la part de Lordon pour la révo cul chinoise. Exit Spinoza, bonjour Karl. Berrnard Friot et son salaire universel a manifestement les faveurs de Lordon bien qu'il n'apprécie pas le salariat. Par contre, la France Insoumise est vilipendée au prétexte qu'elle serait balayée en 8 jours par les marchés. Aucun autre argument factuel que celui-ci. C'est un peu court de la part de notre ami philosophe.
Ne cherchez pas d'alternative dans la conclusion "En finir". Il n'y en a point.
C'est cet aspect qui est vraiment gênant chez Lordon comme chez tous nos grands intellectuels. Ils sont individualistes en diable, incapapable de réaliser un travail commun, de contribuer à la création d'une autre "polis". Dommage.


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enzo92320
  07 août 2020
Je développerai cette critique plus tard car c'est un travail de Titan...
Mais je ne peux me retenir de dire que, d'ores et déjà, et une fois ce livre tout juste achevé (en pointillés, il m'aura fallu 2 bons mois), ce sera sans doute le livre qui m'aura fait le plus réfléchir en 2020.
Je ne partage pas tous les avis de l'auteur [et vous vous en fichez], mais je trouve que son travail de réflexion et de construction de pensée est totalement remarquable.
Si Lordon m'est souvent désagréable par certains raccourcis lapidaires, il ne le fait qu'une fois dans ce livre (quand il se lâche à la fin sur les écolos bobos des grandes villes, en les disant "répugnants"), ce qui rend son propos beaucoup plus convaincant.
Alors même s'il ne répond pas à tous les questionnements que soulève le système qu'il promeut (le salaire à vie de Bernard Friot), il oblige à remettre en cause pas mal d'idées préconçues sur les chemins possibles vers "un autre monde".
Et sa manière de "démontrer" que "vivre sans" institutions est une chimère est extrêmement argumentée, et de ce fait, convaincante.
Il dévoile aussi certains de ses modèles sur lesquels je suis plus circonspect : le Lénine de 1917, et le Mao de la Révolution Culturelle...
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GuillaumeDONNAT
  01 décembre 2019
Du gros Lordon, 'faut aimé son phrasé d'universitaire over référencé (Le chapitre philosophie de l'antipolitique étant le plus pointu à lire).
Confrontation de l'imaginaire du "vivre sans", propre aux milieux libertaires et autonomistes au terrain du réel et aux idées marxiste révolutionnaire de notre ami spinoziste.
Très riche en réflexions pertinentes, j'ai trouvé la critique juste et plus encourageante que dissuasive pour celleux qui travaille à l'irruption du monde d'après dans ces voies(ZAD, Lip etc...).
Par ailleurs ils rejoint complètement l'esprit des publications de la fabrique, appuyant bien sur le fait que nos dirigeants et tenants de la sacro sainte économie mondialo-financière ne se laisserons pas faire et qu'il faudra de façon sûr en passer par la force pour basculer vers une société désirable et viable.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   22 septembre 2019
Dans une conjoncture comme la nôtre, où nous sentons confusément le délitement général et la réouverture de degrés de liberté, il n’est pas absurde de saisir la situation politique « par l’imaginaire ». Du reste, la politique de transformation (et pas seulement de protestation ou d’insurrection), ça marche à l’imaginaire. Tout justifie donc de se demander ce qu’il y a dans l’imaginaire politique contemporain. De quoi est-il fait ? Quelles sont les ressources, les images de désir qu’il offre à un élan politique ?
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enzo92320enzo92320   12 juillet 2020
Il reste pourtant ceci, que les personnes « ingouvernables », très éprises du sentiment de leur « liberté », ne veulent pas voir : dans l'État, comme à la ZAD, comme dans n'importe quel collectif prétendant à la durée, on obéit, on se plie. Qu'on obéisse joyeux (n'ayant plus par là l'impression d'« obéir ») ou qu'on obéisse triste, qu'on se conforme à ce contenu normatif-ci ou à celui-là, ce sont assurément des différences, considérables même, mais qui n'ôtent pas ce que je veux souligner ici : à la fin des fins, il y a qu'on fait comme il est prescrit, même si on le fait dans l'accord heureux de son propre désir à la prescription, et il y a aussi qu'en cas d'écart ou de désalignement du désir, on sera ramené à la norme par une force prescriptive supérieure à la sienne propre, et que cette force est celle du groupe même.

p.132
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cprevostcprevost   15 janvier 2020
(...) la bourgeoisie urbaine et cultivée n’aura pas vu le moindre problème à ce que s’opère le massacre silencieux des classes ouvrières ; la mondialisation libérale ne lui sera devenue suspecte qu’au moment où il sera agi « de la planète ». Il suffit de le dire ainsi pour comprendre pourquoi. Les licenciements en milieu périurbain, ça n’était pas son affaire ; la baignade dans la mer au plastique, la canicule à Paris et les bronchiolites de ses gosses si. Ces gens-là sont dégoûtants.
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enzo92320enzo92320   26 juillet 2020
Une police donc. Et de même quant à la justice, dont il faudrait être aveugle ou dénégateur pour dire qu'il n'y en a pas, comme au Chiapas d'ailleurs. A ce moment généralement, on m'oppose que ne sont prononcés en guise de peines que des travaux d'intérêt général et qu'il n'y a pas de prison - à ce détail près que la récidive ou la rébellion exposent au bannissement... c'est-à-dire à la perspective d'être livré à la justice ordinaire de l'État mexicain (une autre chanson).

Ce détail mis à part, il reste cette performance judiciaire en effet admirable : pas de prison, des peines « intelligentes ». Pour autant qu'on soit au clair quant aux conditions de possibilité, internes et externes, de cette justice-là, c'est-à-dire qu'on n'en fasse pas une sorte de solution autosuffisante, disponible en toutes circonstances, on ne peut manquer d'être impressionné, tant la comparaison avec les pratiques de l'État moderne bourgeois est accablante.

(p.141)
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cprevostcprevost   21 mars 2020
« Mais une prudence est un compromis, compromis passé avec ce qui, nécessairement, sera. »
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