AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070787664
Éditeur : Joëlle Losfeld (25/08/2008)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 122 notes)
Résumé :
Encore adolescente, Delphine a compris de quoi les êtres humains ont besoin: de réconfort, d'illusion, de mensonge même, de tout ce qui peut rendre la vie supportable.

Elle a trente cinq ans et vit grâce à l'agence qu'elle a créée, "Pour Vous", un lieu destiné à satisfaire les désirs et à panser les plaies des hommes et des femmes suffisamment riches pour y avoir recours. mais comment peut-on jouer tous les rôles, adopter toutes les identités sans... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
withclosedeyes
  24 janvier 2014
« Je ne pense pas que l'on doive se blinder contre le regard qui brise parce que ce serait fermer la porte au regard qui aime, qui épanouit. Je consens à rester vulnérable pour ne pas anesthésier ma sensibilité. » Alexandre Jollien
C'est ce qu'aurait pu dire Adorno (un de ses clients) à Delphine.
A la place d'une mère elle a reçu l'affection toute relative de gens qui étaient payés pour le lui en donner. Elle s'en est contentée jusqu'à son émancipation à 16 ans où cette fois-ci c'est elle qui se faisait payer pour faire le ménage mais aussi pour vendre sa présence, son corps. Elle aussi, en quelque sorte pour donner un substitut d'affection, d'attention contre de l'argent. Tout le monde y trouve son compte, le client est satisfait, quant à Delphine cela lui permet de survivre et surtout elle ne doit rien à personne.
Elle a construit un épais mur entre elle et les autres. L'argent en est le matériau, celui qui l'endurcit, garde l'autre à distance et qui transforme l'investissement personnel en relation strictement professionnelle. Elle vit dans une forteresse imprenable, tout lui est égal pourvu qu'elle reste invulnérable et que le mur ne s'effrite pas. Son coeur est sec mais elle sait parfaitement de quoi l'âme humaine est faite et cela la rend très compétente dans ces jeux de rôles.
'Pour vous' sa petite entreprise, vend des illusions de sentiments, des substitutifs pour palier à l'absence d'amour ou à l'absence tout court, au deuil, à l'ennui, pour accomplir des tâches ménagères, combler les carences affectives, physiques, intellectuelles... 'Pour vous' fait son beurre grâce à la détresse des autres. Finalement rien de très surprenant, c'est le cas de beaucoup de métiers, c'est la vie non ? le malheur des uns ne fait-il pas le bonheur des autres et on n'y peut rien ? Sauf qu'ici, on n'est pas persuadés que le malheur des clients de Delphine fasse son bonheur à elle. Quelle satisfaction éprouve-t-elle ? Certains diront qu'elle est vénale. Oui, mais elle ne fait rien de cet argent. Elle n'a ni loisir, ni vie privée et tout ce qu'elle souhaite en faire c'est investir dans son agence. Elle est certes froide, calculatrice et totalement détachée, mais elle s'est blindée, surement pour ne pas souffrir. Elle a anesthésié sa sensibilité car elle sait que le jour où comme elle le dit, quelqu'un touchera 'son centimètre carré de peau vulnérable', elle perdra son aplomb, son sang-froid. Ce détachement qui lui permettait non pas de vivre, mais de survivre.
Delphine n'a pas de vie, existe-t-elle alors vraiment ? Est-elle réelle ? Comme se le demande Marja son employée ou certains de ses clients ? de quel bois est-elle faite ? Sous l'écorce serait-elle comme ses clients déboussolés, perdus, vulnérables et seuls.
Dans cette histoire, il n'y a ni bons, ni mauvais, ni morale. La solitude, le manque sous toutes leurs formes sont les fils conducteurs et chacun fait comme il peut pour s'en sortir, ne pas se noyer et avoir un peu de reconnaissance, d'attention et pourquoi pas d'amour. Delphine vit en dehors de sa vie, elle subsiste grâce au malheur des autres peut-être pour ne pas penser au sien. Ce n'est pas glorieux, c'est glauque souvent, c'est cruel, triste, brutal, c'est pathétique mais c'est aussi ça la vie.
Delphine est la narratrice de sa propre histoire. Ce n'est pas un mélo, avec une recherche désespérée de rédemption, c'est écrit subtilement, dans un style à la fois direct et fin, sans apitoiement. Pour ma part, je l'ai trouvé touchant bien que parfois dérangeant. Je me dis que sans en arriver à comprendre la conduite extrême de Delphine, beaucoup d'entre nous savent ce que c'est que d'afficher ce masque de froideur pour se protéger, pour se croire intouchables et que les apparences ne sont que des apparences. Au risque de passer pour ce qu'on n'est pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
tilly
  04 juin 2010
Franchement, j'ai été un peu déçue de recevoir par poste un livre de poche...mais bon, j'avais choisi vite-vite dans la liste de Masse Critique pour être sûre de recevoir quelque chose !
Le titre me plaisait, et je me souvenais avoir beaucoup aimé Leur Histoire (2002) de la même Dominique Mainard, porté à l'écran par Alain Corneau sous le titre Les Mots Bleus, d'après la belle chanson de Christophe.
Pour Vous a donc été publié la première fois en 2008 aux Éditions Joëlle Lossfeld.
Et a même déjà reçu le Prix des Libraires 2009.
J'arrive bien après la bataille...
Mais si comme moi vous aviez raté cet excellent roman, et original et dense, lors de sa sortie, faites-vous un petit plaisir pour pas trop cher !
Delphine M. est-elle une Amélie Poulain en plus barge ? Plus trash ? Un peu, mais pas seulement, heureusement.
Très jeune et par vocation, elle a créé sa petite entreprise : l'agence Pour Vous, une seule employée permanente pour l'aider, et quelques paumés intérimaires pour des mises en scènes au service de clients tous plus déboussolés les uns que les autres.
Elle fournit du "service à la personne".
Ses clients la payent (chichement, mais elle tient sa comptabilité au plus près) pour pouvoir vivre leurs illusions.
"... on m'a traitée de marchande de rêves et c'était indifféremment un compliment ou la pire des injures. Aux yeux de mes clients, je suis quelqu'un qui console et soigne ou qui vend la plus toxique des drogues. Mais la vie m'a appris qu'il n'y a rien de moins réel que ce qu'on nomme la réalité et qu'une mort, une trahison, une souffrance cessent d'exister du moment qu'on arrive à s'en distraire."
Il y aura évidemment un jour où tout s'emballera, se dérèglera. Quand les rêves et les demandes exorbitantes de ses clients viendront un jour percuter et fêler sa carapace d'indifférence, sa résilience.
C'est bien sûr une fable. Un conte, cruel comme souvent les contes. Qui parle de manipulations dérisoires, de chantages un peu minables, mais aussi de compassion, d'empathie, d'écoute. Avec sinon une morale, au moins une profondeur assez vertigineuse pour une simple histoire.
La réjouissante complexité des personnages de Dominique Mainard est toujours suggérée, rien n'est affiché, asséné.
Il y a toujours place pour l'imagination, la réaction et l'interprétation du lecteur.
C'est ce qui fait pour moi la supériorité de cet écrivain sur... par exemple, Anna Gavalda, ou Douglas Kennedy.
Et le style, l'écriture ? Impeccable, claire et nette.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
yoshi73
  07 juin 2010
Delphine a souffert d'un manque d'attention et d'amour pendant son enfance. Ce véritable traumatisme est à l'origine de la création de sa propre entreprise : Pour Vous. A travers cette entreprise, Delphine se propose d'offrir des services en tout genre moyennant finance. Ces services peuvent être aussi basiques que faire le ménage mais peuvent aussi être plus hors du commun. Ainsi, il arrive à Delphine de prendre l'identité d'une femme décédée pour permettre à un veuf éploré de vivre une soirée de plus avec celle qu'il a aimé.
Delphine est une femme froide et méthodique que rien ne fait reculer. Elle garde toujours de la distance avec ses clients. Jusqu'au jour où une faille apparaît. Un client la fait sortir de sa réserve et mettre en péril tout ce qu'elle a construit jusque là. Un client qui lui ressemble et qui va lui faire espérer une vie nouvelle.
Ce roman m'a mise mal à l'aise. le personnage principal, Delphine, est d'une froideur incroyable. le genre humain ne semble pas l'émouvoir et tout ce qui compte pour elle est de savoir combien ses clients sont prêts à la payer pour les services qu'elle va leur rendre. Chez elle, tout est rapport à l'argent. Cette froideur m'a vraiment empêché de m'accrocher au personnage. Toutefois, j'ai apprécié le déroulement de l'histoire, notamment le fait que l'auteur choisisse une fin plausible au regard du personnage qu'elle nous a fait suivre tout au long des 300 pages de ce livre. Une impression de lecture dérangeante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Esorlecram
  09 octobre 2015
Cela aurait pu faire un roman agréable à lire au second degré: Delphine est une dame célibataire de 35 ans, amorale, qui s'est forgée une carapace vis-à-vis du monde extérieur. Elle gère une "agence" parfaitement illégale qui rend les services les plus divers aux paumés de la vie, aux personnes en manque de toute sorte, au prix fort bien sûr.
Citons quelques clients particuliers: un couple se désole de n'avoir pas d'enfant: Delphine convainc sa secrétaire-femme d'ouvrage à leur "louer" son fils quelques heures par semaine. Elle sert aussi d'intermédiaire entre deux amants, mariés chacun de leur côté, qui ne peuvent se rencontrer. Elle prête au besoin son corps, comme mère porteuse ou tout simplement à des hommes en manque de sexe.
Malheureusement, dès la moitié du bouquin, l'auteure se concentre sur Adorno, un vieil homosexuel épris de son gigolo Jones. Adorno est en fin de vie et demande à Delphine de rédiger avec lui ses souvenirs sur cette relation. Le comble c'est que Delphine devient amoureuse de Jones. Ici, tout le côté surréaliste disparaît pour faire place à un banal mélo sentimental.
Mais les autres pages valent le coup, et donnent une image très sombre de nos semblables. Peut-être faudrait-il les lire au premier degré, mais alors bonjour la dépression!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Bazart
  18 avril 2011
Deplphine M. a trente cinq ans. Delphine dirige son agence « Pour vous », une agence de services à la personne. Elle sait depuis longtemps ce dont les gens ont besoin : services, certes, mais aussi et surtout réconfort, écoute, compassion, tendresse.
Du coup ses services ont pris dés le départ une tournure particulière : de promeneuse de grand-père, d'accompagnatrice et lectrice pour dame âgée, à prêteuse d'enfant, ou même de ventre, usurpatrice d'identité pour veuf en mal de femme ou amoureux trompé, Delphine propose une prestation unique, à la lisière de la légalité. Elle ira jusqu'au bout. Jusqu'au pire. Delphine est un roc, elle ne ressent rien, ses service sont facturés, point barre. No conscience, donc, au pays des désabusés. Relations clients / fournisseurs, un point c'est tout.
Cruelle déception que ce roman d'un auteur dont j'avais beaucoup aimé leur histoire ou le ciel des chevaux.
Ici, le point de départ est séduisant, mais hélas, tout sonne convenu et peu crédible: le personnage de Delphine est trop passif et peu attachant pour susciter l'empathie et les rebondissement sentent l'artifice. Dommage
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

critiques presse (1)
Lecturejeune   01 décembre 2008
Lecture jeune, n°128 - Delphine dirige une agence de services à la personne appelée « Pour vous ». Elle joue la promeneuse de grand-père, la lectrice pour les grands-mères, la consolatrice de mari trompé... et annonce le prix. Elle réconforte, écoute, console et n’a pas de limites : Delphine peut tout faire contre rémunération et elle tient ses comptes scrupuleusement. La jeune femme est une éternelle solitaire, rien ne l’émeut, rien n’a de valeur. Est-il possible de briser le mur de briques dont elle s’est entourée ?

Dominique Mainard dresse le portrait d’une femme qui semble s’être immunisée contre la souffrance mais peut-on se couper de la vie réelle ? Le commerce de l’amour et du réconfort est un sujet complexe et rude. En revanche, l’écriture chaleureuse fascine et l’absence d’informations spatio-temporelles permet de percevoir la souffrance de la jeune femme comme une blessure universelle. Le récit est angoissant, fascinant et beau, même si la tristesse et la solitude sont omniprésentes au fil du roman.

Agnès Donon
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
ChrysChrys   16 septembre 2010
P31: "Je ne sais pas s'il est vrai que je devrais avoir honte de ce que je fais. Je ne sais pas s'il est vrai que je n'ai pas ou plus la moindre idée de ce qu'est la réalité, comme on me l'a reproché parfois; on m'a traitée de marchande de rêves et c'était indifféremment un compliment ou la pire des injures. Aux yeux de mes clients, je suis quelqu'un qui console et soigne ou qui vend la plus toxique des drogues. Mais la vie m'a appris qu'il n'y a rien de moins réel que ce qu'on nomme la réalité et qu'une mort, une trahison, une souffrance cessent d'exister du moment qu'on arrive à s'en distraire. "
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
HeloizeHeloize   13 mai 2010
J'ai dû m'interrompre alors. J'ai fermé le cahier, je l'ai posé sur les autres et je les ai entourés de leur élastique, comme on maintient close la gueule d'un monstre, un de ces monstres dont les paroles et les rires sont cruels de vérité ou encore prémonitoires. Je pensais à mon errance dans la rue presque abandonnée, la veille, quand j'étais partie de l'appartement de Jones après ses menaces et ses injures. Je me rappelais le scooter surgissant et mon espoir insensé - peut-être était-ce Jones, peut-être était-il venu me consoler, incliner ma tête et la poser sur son épaule comme il l'avait fait pour Adorno voici longtemps ; mais, non, j'avais marché seule dans la rue avec les yeux humides et mon gros ventre, il n'avait sans doute même pas jeté un regard par la fenêtre pour s'assurer que je prenais la direction de l'arrêt de bus, et j'ai senti les larmes me monter aux paupières, difficilement, lourdes et brûlantes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Lea25Lea25   13 juillet 2013
Rien n'efface jamais ce qui a eu lieu, sous mes faux ongles nacrés les vrais sont toujours rongés jusqu'au sang.
Commenter  J’apprécie          70
BazartBazart   18 avril 2011
on m'a traitée de marchande de rêves et c'était indifféremment un compliment ou la pire des injures. Aux yeux de mes clients, je suis quelqu'un qui console et soigne ou qui vend la plus toxique des drogues. Mais la vie m'a appris qu'il n'y a rien de moins réel que ce qu'on nomme la réalité et qu'une mort, une trahison, une souffrance cessent d'exister du moment qu'on arrive à s'en distraire."
Commenter  J’apprécie          10
flottieflottie   01 juin 2017
Un jour, la petite m'a demandé en me toisant avec sévérité: "Pourquoi est-ce que tu prêtes notre frère, madame?"
J'ai répondu en souriant: "Parce que c'est mon métier de rendre les gens heureux."
Et personne ne peux affirmer que je n'y arrive pas puisque les clients sont toujours plus nombreux. Chaque jour, il en vient de nouveaux, et je les accueille avec mes mouchoirs aux lilas, un sourire de compassion au lèvres, en prononçant ces mots:
"Dites-moi ce dont vous avez besoin, madame, monsieur. Je peux tout entendre. Allons, ne pleurez pas. Prenez un mouchoir. Dites-moi ce que je peux faire pour vous."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Dominique Mainard (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Mainard
Rencontre avec Dominique Mainard qui présente son roman, "Je voudrais tant que tu te souviennes" au Poivre d'Ane.
autres livres classés : solitudeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
3063 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre