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ISBN : 207014058X
Éditeur : Gallimard (12/04/2013)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 37 notes)
Résumé :
L'évasion plonge le lecteur dans les méandres des relations franco-italiennes des années 1980 et 1990 sous fond de terrorisme politique, nous fait découvrir le microcosme de cette communauté de réfugiés italiens qui ont notamment fait la une des journaux lors de l'affaire Battisti au début des années 2000. Mais plus encore, L'évasion est une réflexion noire sur l'acte de création, sur le rapport à la réalité et à la vérité. Filippo est un homme qui rêve sa vie, il l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
MarianneL
  03 mars 2015
Février 1987 – Filippo, petit voyou sans envergure emprisonné à Rome, se retrouve par un concours de circonstances embarqué dans l'évasionDe Carlo, prisonnier politique et membre des Brigades Rouges, dont il a partagé la cellule. Pendant ces mois d'enfermement commun, le flamboyant Carlo lui a raconté les révoltes ouvrières de la fin des années 1960, la découverte de la solidarité et de l'espérance, cette volonté farouche d'enterrer l'ancien monde et la dislocation des illusions dans la violence, à partir de l'attentat de la Piazza Fontana du 12 décembre 1969.
«Filippo écoutait, haletant. Il sentait chaque mot vibrer dans ses muscles. L'usine, il n'en avait jamais voulu, les ouvriers, un travail d'esclave, très peu pour lui. Mais le groupe soudé, solidaire à la vie à la mort, la révolte et la violence collective comme mode de vie, l'espoir de tout foutre en l'air un jour, il en avait toujours rêvé, et il n'avait jamais trouvé dans les petites bandes romaines qu'un écho lointain et déformé de ses rêves, la lutte pour la survie de tous contre tous, et la désespérance, sans jamais avoir les mots pour le dire.»
Abandonné en rase campagne par Carlo à la suite de l'évasion, Filippo parvient à rejoindre Paris, devient avec l'aide de Lisa, la compagne De Carlo, gardien de nuit dans une tour de la Défense, où il peut, tout en arpentant les plateaux déserts de la tour ou en fixant des écrans vides, ressasser les mots De Carlo sur le refus de la misère et la rage, et espérer, lui, le petit truand méprisé, gagner enfin sa part de reconnaissance et d'amour par l'écriture.
«Tu as cru que ton codétenu, un prolo et fier de l'être, prisonnier politique, instruit, beau parleur, et grand lecteur était devenu ton ami, l'ami d'un petit voyou qui sait à peine lire, incapable d'aligner trois phrases. Quelle connerie. Ces choses-là n'arrivent jamais.»
Vingt ans plus tard, «L'évasion» raconte, dans les yeux des refugiés politiques italiens de Paris, un nouvel épisode de l'écrasement de l'extrême gauche italienne, visant à apporter la preuve de sa «dérive mortifère et inexorable vers la grande criminalité», et peut-être à détourner l'attention d'une autre actualité, le blanchiment par la justice des responsables identifiés des attentats de 1969.
En dépit d'un personnage de Filippo peu crédible, ce roman (Série noire Gallimard, 2013) est l'un des plus poignants de Dominique Manotti, sur les idéaux brisés de l'extrême gauche italienne, au travers du parcours De Carlo et du destin subi de sa compagne Lisa, l'un des plus beaux personnages féminins imaginé par l'auteur.
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mazou31
  02 septembre 2014
L'Évasion n'est pas un polar mais un roman sur l'imagination créative et surtout sur la face cachée des intrigues criminelles du pouvoir (extrême-droite) et des révolutionnaires (extrême-gauche) italiens lors des “années de plomb” puis de leurs suites. le livre de Dominique Manotti révèle son style toujours aussi dynamique, clair, précis et assez élégant. L'histoire imbrique avec habileté le scénario de l'auteur dans l'histoire réelle – ou du moins supposée très probablement réelle – en s'amusant à faire pratiquer le même exercice à son personnage-écrivain. le tout donne un livre captivant, tonique, qui m'a beaucoup plu mais qu'on peut juger décevant pour ses invraisemblances. En effet la réalité du livre est bien facile : le délinquant presque inculte prétend aux prix littéraires dès son premier livre, les refugiés politiques vivent facilement, le héros s'intègre sans souci, les recherches et les hypothèses sont immédiatement aisées et pertinentes. Autre déception qui s'apparente à la première : la superficialité des personnages et le schématisme de l'histoire italienne. Moyennant quoi je resterai fidèle à cette auteure : un grand cépage dont j'aime le vin, facile à boire et riche en arômes, dans un petit millésime !
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umezzu
  11 mai 2014
Depuis que j'ai découvert « Sombre sentier », j'ai attendu chacun des nouveaux ouvrages de Dominique MANOTTI avec impatience. J'ai bien entendu lu l'Evasion dans les jours qui ont suivi sa sortie. Avec une satisfaction mitigée...
Ce roman est comme d'habitude fort bien écrit. Mais il s'avère moins prenant que ses prédécesseurs et le sujet est délicat et personnellement m'a rendu mal à l'aise.
L'allusion aux démêlés de Cesare Battisti avec les justices françaises et italiennes, ou plutôt l'inverse italiennes et française, est évident. Cette période historique récente de l'Italie est peu connue. Les exactions des services secrets italiens à cette époque sont semble t-il avérées, tout comme les actes de violences des BR ou des autres organisations de ce type. Mais ce contexte rend le personnage principal bien peu attirant, ce qui empêche d'entrer pleinement dans l'histoire.
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BMR
  31 mai 2015
Il n'est jamais trop tard et voilà donc que l'on se prend à vouloir rattraper le temps perdu avec quelques auteurs français de polars bien de chez nous, histoire de changer un peu des figures imposées par la déferlante nordique ou même de nos voyages plus ou moins exotiques …
Parfois cela donne quelques nuits sans lendemains avec le décevant DOA, mais il se pourrait bien que l'on assiste ici à la naissance d'une relation durable avec sa collègue et complice : Dominique Manotti.
Une auteur réputée pour ses engagements sociopolitiques (il faut dire que c'est un peu la marque de l'école française en matière de policiers).
Avec L'évasion, Dominique Manotti nous replonge à la fin des années 80, à la fin de l'épopée des Brigades Rouges italiennes, lorsque repentis et dissociés avaient délogé les attentats à la Une des journaux.
Carlo, un ex-brigadiste des années de plomb s'évade de prison (trop facilement ?) et embarque dans sa fuite (par erreur ?) un simple et vulgaire droit commun, Filippo, un petit voyou des abords de la gare de Termini.
On vous laisse découvrir les détails du hold-up manqué qui mènera Carlo sur la touche tandis que Filippo, l'évadé malgré lui, se retrouvera à Paris au coeur du milieu intellectuel des réfugiés italiens.
Le voyou apprivoisé au parfum sulfureux se met à fréquenter le beau monde et les jolies femmes d'une intelligentsia qu'il n'imaginait même pas.
Carlo n'étant plus à ses côtés pour profiter de sa gloire d'ex-brigadiste, le petit voyou se dit qu'il ne tient qu'à lui d'enjoliver, un peu au début puis beaucoup ensuite, d'enjoliver l'histoire de sa cavale et son passé.
Consumé d'envie et de jalousie envers les arrogants réfugiés italiens qu'il fréquente désormais, il se met, au propre comme au figuré, à (ré-)écrire son histoire et un engrenage étonnant se met alors en branle.
[…] Une sacrée revanche. Devenir un écrivain.
[…] Mais tout au fond de lui, sans jamais en parler à personne, il sait que c'est un rôle de composition, un rôle usurpé.
On savoure avec plaisir la reconstitution de cette époque, l'évocation des années de plomb (on se souvient encore des carabiniers romains fouillant notre voiture …).
On découvre avec étonnement la construction soignée d'une intrigue qui entremêle un thriller politique avec une surprenante histoire de création littéraire : le process de l'écriture et la recette de fabrication d'un succès de librairie sont au coeur de ce bouquin.
Pour tout dire on oublie souvent qu'il s'agit d'un roman tant on se croit dans une histoire vraie, un quasi reportage (il faut dire que l'auteure s'est visiblement inspirée, très librement, des aventures de Cesare Battisti).

Lien : http://bmr-mam.blogspot.fr/
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Lilou08
  04 novembre 2013
C'est le 1er livre que je lis de Dominique Manotti, dont je ne connaissais que le nom et qu'elle écrivait des « polars ». En fait, on ne peut pas vraiment dire polar, en tout cas pour celui là. J'ai été motivée pour la lire, par curiosité bien sur, découvrir un nouvel auteur, mais surtout parce que dans quelques semaines, elle vient dans ma ville, à la médiathèque, et je vais aller l'écouter. Toujours intéressant d'avoir lu un auteur, avant de l'écouter.
Bon j'avoue que je n'ai pas été super convaincue. C'est bien écrit, fluide, ça se lit bien, mais j'ai été un peu sur ma faim, au niveau des Brigades rouges, pas assez développé. Quant aux personnages, surtout Filippo, sa personnalité, son caractère… ne m'ont pas convaincu. Je n'arrive pas à croire qu'un petit voyou qui n'a jamais lu, sans éducation, se transforme tout d'un coup, en écrivain parce qu'il se sent seul, s'ennuie pendant ses nuits de gardien de nuit et qu'il veut se « venger » de deux femmes qui le méprisent et aussi de la déception d'avoir été « abandonné », trahi par son « ami » Carlo. Humm, non je n'y crois pas. Car non seulement, il écrit un livre, mais il arrive très facilement à se faire éditer… et comble de tout, c'est tellement bon, qu'il est en lice pour les prix littéraires.
Bon ça vaut surement le coup que je lise un autre de ses livres, je n'aime pas me faire mon idée sur un auteur, juste sur un livre. Mais pour l'instant, je ne suis pas trop pressée. Peut-être arrivera-t-elle à me convaincre à l'oral.
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critiques presse (2)
LeFigaro   07 juin 2013
Dans L'Évasion, la romancière nous entraîne avec Filippo, un «droit co» mythomane, dans l'univers complexe des relations franco-italiennes des années 1980. Littérairement passionnant et redoutablement efficace.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Liberation   13 mai 2013
Filippo par les mots décolle, s’affranchit de son passé et de son présent minables et, quand bien même le bluff est à l’œuvre, il y a chez lui du vilain petit canard qui mue en cygne, c’est beau.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   12 mars 2015
- Donc ?
– Donc je m’en vais.
– Comme ça ?
– Oui, comme ça. Tu te souviens ? Nous appelions ça « la pratique des objectifs », autrefois. Quand on estime un objectif juste et nécessaire, on le prend, on le met en œuvre, on n’attend pas qu’on nous le donne. J’ai pris ma liberté.
– C’est idiot, maintenant que les Brigades rouges annoncent qu’elles déposent les armes, ils vont nous relâcher dans les mois qui viennent. Et nous, nous allons peut-être pouvoir rentrer au pays.
– Jamais. On dirait que tu ne les connais pas. Ils nous haïssent parce qu’on a fait exploser leurs misérables combines, et qu’on leur a fait peur, vraiment peur. Ils ont découvert qu’ils étaient peut-être mortels. Maintenant qu’ils ont gagné, ils vont nous le faire payer, ils se vengent et continueront à se venger, il n’y aura jamais d’amnistie, ils nous laisseront pourrir en taule ou en exil jusqu’à la nuit des temps…
– Ce n’est pas possible, Carlo, il y a encore des démocrates dans ce pays…
– …Naïve. Tu connais l’empilement des lois d’exception, combien des nôtres en taule ? Cinq mille ? Plus ? Tu as bien lu la nouvelle loi sur la dissociation ? D’abord les repentis, maintenant les dissociés, tu vas voir les ravages, nous allons pourrir sur pied. Ça va se désintégrer dans tous les sens, ils feront tout pour nous anéantir, un à un. Nos hommes politiques, pseudo-démocrates compris, sont des minables, incapables et rancuniers.
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umezzuumezzu   09 mars 2017
Les thèmes centraux de la protestation s'inspirent de l’argumentaire de Sebastiani, en l'amplifiant : les Français font preuve d’un mauvais goût choquant en prenant pour du talent littéraire ce qui n’est qu’une exploitation commerciale éhontée d’un événement crapuleux, sans aucun respect de la douleur des proches des victimes. L’argument de la liberté de création littéraire est un misérable oripeau qui ne parvient pas à cacher la déroute morale d’un criminel (parce que l'auteur est criminel, sans qu’il soit précisé quel est son crime, mais sans aucun doute possible) qui cherche à échapper à la justice de son pays. Les photos de Filippo Zuliani prises par l’identité judiciaire, face et profil, sont opportunément parvenues aux rédactions, et voisinent avec celles des veuves du carabinier et du convoyeur de fonds accompagnées de leurs enfants, de préférence à la sortie de la messe du dimanche. L’effet est saisissant.
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Lilou08Lilou08   04 novembre 2013
La nouvelle de la montée en puissance de L’évasion et de ses chances dans la course aux prix littéraires est parvenue, sans que l’on sache comment, par qui, pourquoi, jusqu’aux milieux italiens bien informés, où elle fait jaser. Elle est reprise dans tous les médias, et déclenche dans la presse une véritable levée de boucliers. Les journalistes ne s’embarrassent d’aucune prudence. Les thèmes centraux de la protestation s’inspirent de l’argumentaire de Sebastiani, en l’amplifiant : les Français font preuve d’un mauvais goût choquant en prenant pour du talent littéraire ce qui n’est qu’une exploitation commerciale éhontée d’un évènement crapuleux, sans aucun respect de la douleur des proches des victimes. L’argument de la liberté de création littéraire est un misérable oripeau qui ne parvient pas à cacher la déroute morale d’un criminel (parce que l’auteur est criminel, sans qu’il soit précisé quel est son crime, mais sans aucun doute possible) qui cherche à échapper à la justice de son pays.
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umezzuumezzu   08 mars 2017
Complice d’une évasion préparée de longue date. Cette fois-ci, c'est la panique. Les policiers cherchent les complices du hold-up, les tueurs de flic, et ils ont une piste sérieuse, c’est toi la piste sérieuse. Complice clé d’une évasion préparée de longue date et incapable de prouver que tu marchais seul dans les montagnes pendant le hold-up. Incapable de prouver que tu n’étais pas sur ce trottoir, devant cette banque, à Milan, où tu n’as jamais mis les pieds. Son histoire est un peu mon histoire. Non, ce n’est pas un peu ton histoire, tu es dedans jusqu’au cou. Si les flics te mettent la main dessus, tu es fichu.
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Lilou08Lilou08   04 novembre 2013
Il n’y a plus qu’à écrire.
Désormais, les journées de Filippo, pendant son sommeil ou quand il est éveillé, sont peuplées de personnages envahissants et de bribes de dialogue, plus un instant de solitude. Et les nuits, entre les rondes de surveillance, sont entièrement consacrées à l’écriture. Il travaille d’arrache-pied, reprend, corrige, rature jusqu’à ce qu’il ait la sensation d’avoir trouvé le mot juste, celui qui donne exactement sa forme intangible à une pensée fugitive. A cet instant précis, une forme de bonheur.
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Vidéo de Dominique Manotti
Le jeudi 28 juin 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) recevait Mathieu Larnaudie pour un exercice aussi passionnant qu'inhabituel : autour de son dernier ouvrage en date, "Les jeunes gens", il présentait une série d'ouvrages lui faisant écho, ayant pu servir de source ou d'inspiration, ou établissant des parallèles fructueux, nous parlant ainsi de Roland Barthes, de Walter Benjamin, de Bossuet, de Saint-Simon et de Dominique Manotti.
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