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ISBN : 2358870986
Éditeur : Manufacture de livres (02/04/2015)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 12 notes)
Résumé :
2014, Paris, Arthur, se raconte. Son père, Gael Castilla, a disparu quand il avait deux ans en 1967. Amoureux de Camille, ils décident de vivre ensemble, lui le fils d ouvrier, elle la princesse aristocratique. Naturellement cela ne marchera pas, Arthur accumule les échecs, et sombre peu à peu dans l addiction. Un jour sa mère, Louise, lui dit qu un homme peut l aider, un sculpteur qui a bien connu son père, un certain Ignacio Obregon.
1936, Espagne, Ignacio,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
oran
  05 octobre 2016
Trajectoires parallèles sur trame de Guerre d'Espagne, et un angiome plan, scarification mortifère sur le corps de trois des personnages…
1990
I - Arthur CASTILLA : Etat civil – 27 ans
Né en 1963, célibataire, vient de se faire larguer par Camille, riche héritière norvégienne
Mère : militante communiste
Père : a quitté le foyer familial quand Arthur était tout jeune enfant, n'a plus jamais donné de ses nouvelles,
un frère Daniel « Dan ».
Profession : après un bac D, inscription en fac de sciences, en vue d'un DEUG, abandon des études, essai infructueux dans la chanson, petits boulots dans l'intérim.
Signes particuliers : Oisiveté et alcoolisme.
Après une nuit de beuverie, se lance à la recherche de son géniteur, enfin plus précisément d'un homme qui l'a bien connu, Ignacio Obregon, sculpteur de talent, qui réside dans le Sud-Ouest de l'Espagne à Huelva.
1934-1936…
II - Ignacio Obregón : né en 1916 à Mieres – Asturies
Père mineur , décédé de la silicose
Deux soeurs Victoria, Rosa, deux frères Juan, le petit dernier et Francisco, dit Paco, dit Cisco, devenu à la mort du père, mineur lui aussi,et qui a participé à la grève insurrectionnelle dans les mines, prémices du drame.
Ignacio et Franciso, en 1934, prennent part aux combats de la Révolution asturienne à Oviedo , mais doivent fuir pour échapper aux terribles représailles . Marche forcée vers Madrid.
La guerre civile éclate et les atrocités, de part et d'autre des deux camps, se multiplient. La haine appelle la haine, la vengeance, d'autres vengeances, la mort, d'autres morts.
Arthur et Ignacio se racontent, tour à tour, 56 ans après le début de la guerre civile.
On suit Arthur dans son périple à travers l'Espagne et le Portugal (accès le plus direct pour parvenir en Andalousie). Cette pérégrination douloureuse et initiatique, au bout du voyage, sera à la fois douleur et rédemption.
Parallèlement, par le jeu d'analepses, on découvre les événements dramatiques qui vont plonger la famille Obregon dans les affres de cette guerre fratricide.
Psychologie des personnages finement observée :
Il y a ceux pour qui la vie d'un homme reste sacrée, les autres qui n'hésitent pas à tuer, parce que c'est le prix de la liberté, le prix de la survie, et qu'une première fois, la plus difficile, entraîne d'autres, banalité de l'acte.
Récit émouvant qui plonge le lecteur dans les remugles de l'Histoire du XX e siècle, où le spectre de Guerre d'Algérie participe aussi au récit en apportant son lot de souffrances et de désespoir.
Ecriture sobre mais qui n'est pas dénuée de sensibilité.
Et puis pour l'auteur comme pour moi des souvenirs familiaux qui sont autant de stigmates qui remontent en surface, comme un cilice, transmis de génération en génération et qu'il faut continuer à porter pour ne pas oublier …

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encoredunoir
  25 avril 2015
En 1990, à Paris, Arthur est à la dérive. Musicien à la carrière prématurément coulée par un talent limité que l'alcool n'a pas arrangé, incapable de s'aimer et d'aimer quelqu'un d'autre, il est près de sombrer. Prompt à rejeter la faute sur une mère distante qui elle-même voit dans les échecs de son fils la marque de l'absence d'un père, Arthur fuit vers l'Espagne où pourrait se trouver l'homme le plus proche de ce père disparu.
En 1934, dans un village minier des Asturies, Ignacio rejoint la grève générale et le Parti communiste. Deux ans plus tard ce sera la guerre civile et, entre temps, la perte de l'innocence.
À travers ces deux destinées évidemment amenées à se croiser, ces deux quêtes de soi, Olivier Martinelli livre un roman rude, âpre, sur l'engagement au sens général du terme, qu'il soit politique, amoureux, artistique… mais aussi sur l'amour ou plutôt sur son absence. Car ce qui ressort de Quelqu'un à tuer, c'est bien cela : la vacuité de vies sans amour, que celui-ci n'ait jamais existé où qu'il ait disparu. C'est le poids des histoires personnelles et de la grande Histoire, de la manière dont elles modèlent les hommes, peut-être plus souvent pour le pire que pour le meilleur. C'est l'histoire de ceux qui pour avancer cherchent quelqu'un à tuer : le père, la mère, eux-mêmes… et qui doivent ensuite porter le poids des morts.
Parsemées de rencontres qui apportent malgré tout un rayon d'espoir, de confiance en l'Homme, ici un couple qui vous cache, là un homme qui vous offre un toit et un couvert, les errances d'Ignacio et d'Arthur demeurent deux histoires noires, chacune à leur façon, bien portées par la plume précise d'Olivier Martinelli à laquelle on pourra occasionnellement reprocher de se montrer parfois un peu trop démonstratif.
Cela donne en fin de compte un ouvrage au croisement du roman noir, du roman historique et d'une fausse autofiction mais résolument sombre.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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noireFramboiZe
  11 juin 2016
"Quelqu'un à tuer" pour sauver deux vies imbibées de noirceur. Deux vies de mecs, celles de Arthur et Ignacio qui ne manquent pas de types à zigouiller, à commencer par eux-même, qui sait. Et pour cause ....
2014. Arthur est un mec paumé qui picole et qui glande. Pour enfoncer le clou, sa belle Suédoise vient de le laisser tomber, lassée de ce musicien raté sans ambition. Pourtant, elle l'avait aidé à enregistrer son premier album, elle y croyait, lui aussi un peu. Au final, leur couple se fracasse et Arthur se transforme en loque humaine. Pas question de trouver refuge chez sa mère, une communiste endurcie, qui ne lui a témoigné ni tendresse ni amour depuis son enfance. Elle le tient sans doute pour responsable du départ précipité de son père, un matin en douce alors que le gamin n'avait que deux ans. Il ne l'a jamais connu, alors qu'il aille le trouver maintenant. En Andalousie, un type, Ignacio Obregon, héros de la guerre d'Espagne, lui dira où le trouver. Il est temps de régler ses comptes avec son père.
1936. La guerre d'Espagne happe la vie d'Ignacio, une vingtaine d'années, mineur comme son père dans un village minier d'Asturies, et communiste comme ces ouvriers, les gens du peuple. Avec son frère il est contraint de fuir son village, il laisse derrière lui sa mère et ses soeurs, et Candela celle qu'il a aimée. Ignacio s'engage sans concession dans le guerre civile. Sa lutte contre le franquisme sera impitoyable et ses actes de guerre, ses exactions en série, lui vaudront à jamais respect et crainte.
Au bout de ce parcours chaotique, les deux hommes vont se rencontrer. Ils ont mené une vie exempte d'amour car il leur a toujours filé entre les doigts. A cause de ceux qui les en ont privé : père et mère, oppresseurs du peuple, militaires, Franco et autres petits cons de passage. Les responsables ne manquent pas, alors Ignacio et Arthur ont tout plaqué pour partir à la recherche de "quelqu'un à tuer". Ils foncent, effrayés par leur propre image de salaud et de raté. Pourtant, leur quête ne se termine pas comme ils l'imaginent car en chemin ils font de belles rencontres qui les changeront à jamais et inconsciemment leur feront revoir leur jugement. Tout ne semble plus foutu.
Olivier Martinelli a écrit un roman noir. Un vrai avec pour décor la guerre d'Espagne (bien documentée d'ailleurs grâce à Michel del Castillo) marquée par la cruauté qu'elle engendre et les hommes qu'elle broie. J'ai été impressionnée par le personnage d'Ignacio, enragé et destructeur. Pourtant on sent que cette rage vacille, grâce à son petit frère et cet instituteur et sa femme que la guerre met sur son chemin. Au final, il s'agit bien d'un roman d'amour aussi, qu'il soit maternel, fraternel ou conjugal. Ces deux hommes sont également à la recherche de quelqu'un à aimer... J'ai apprécié ce road trip vers l'Andalousie et au bout de la route cette rencontre touchante et cinglante à la fois .
Olivier Martinelli aime la musique aussi, ça on le savait depuis la publication de ses derniers romans Une légende et La nuit ne dure pas. Il propose d'ailleurs des lectures accompagnées d'accords flamenco. Belle idée ! Vous aurez peut-être le chance de les entendre. En attendant, lisez Martinelli !
Lien : http://noireframboise.blogsp..
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ArlieRose
  29 décembre 2016
Ce sont deux histoires en parallèle, en Espagne et au Portugal, un combattant républicain de la guerre de 36 et un fils d'émigré à la recherche de son histoire en 1990. L'écriture est agréable et les personnages intéressants. L'histoire est bien ficelée et se lit sans peine. L'auteur dit avoir mis beaucoup de lui-même dans ce roman. Une belle découverte.
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Charybde2
  13 juillet 2016
Du plomb coincé dans la gorge durant la Guerre civile espagnole, portant loin ses conséquences.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2016/07/13/note-de-lecture-bis-quelquun-a-tuer-olivier-martinelli/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   13 juillet 2016
J’ai commencé très tôt la tristesse. J’étais tellement doué pour ça. Ça venait sans doute de ma mère, de ses épaules voutées, de l’air accablé qu’elle promenait dans toutes les pièces de l’appartement. Les gens de gauche sont toujours un peu tristes. Et je n’ai jamais connu quelqu’un plus à gauche que ma mère. On ne peut pas être heureux quand on a trop de conscience sociale.
Je me souviens qu’à sept ans, je ne passais pas une journée sans pleurer. Il fallait toujours que je me trouve une bonne raison. J’aimais bien inventer des désastres dans ma vie. J’imaginais ma mère morte. Je me voyais seul, en orphelinat, maltraité par des instituteurs sadiques. En dehors de ma mère, il n’existait personne de plus malheureux que moi à cent kilomètres à la ronde. J’avais un tel besoin d’amour…
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oranoran   05 octobre 2016
J’ai fabriqué une croix avec deux bouts de bois et je l’ai plantée dans la terre meuble. Je me suis signé et je suis redescendu vers le village. Je crois que je ne m’étais jamais senti aussi seul de toute ma vie. J’ai lu quelque part qu’être seul, c’est s’entraîner à la mort. C’est un écrivain français qui a dit ça… Un dénommé Céline. Je n’ai jamais rien lui de lui. Mais un type qui voit si clair peut pas être totalement mauvais. Oui, depuis la disparition de Francisco, j’ai passé ma vie à m’entraîner à la mort.
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Charybde2Charybde2   13 juillet 2016
On s’est glissés hors de la maison dans la nuit noire. Le chien des Gimenez hurlait à la mort. Une plainte horrible à cause d’un plomb dans la gorge reçu lors d’une partie de chasse, il y a des années. Un plomb que personne n’a jamais pu lui retirer, même le vieux rebouteux, celui qui vivait comme un ermite au milieu des arbres. Mais bon, c’était prévisible. Je vois pas comment un cataplasme à base de feuilles et une tisane d’orties et de racines, ça peut obliger un plomb à sortir.
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Charybde2Charybde2   13 juillet 2016
Mon frère marchait serré tout contre moi. Il ne faisait pas si froid, mais j’entendais ses dents qui s’entrechoquaient. Depuis la mort du caporal Alonso, il n’avait plus prononcé un mot. Je faisais ce que je pouvais pour lui changer les idées. Mais je me rendais compte que je ne savais pas grand-chose de lui alors qu’on partageait la même chambre depuis quinze ans. Je connaissais son odeur, ses petites manies, sa maniaquerie poussée à l’outrance, la tache de naissance collée à sa hanche et que je portais moi aussi. Celle qui épousait la forme des Asturies… Oui, je savais beaucoup de choses sur lui, sauf l’essentiel. Parce que je savais rien de ses rêves.
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oranoran   05 octobre 2016
Et celui qui l’avait entraîné jusqu’ici, dans ce trou de boue, celui qui avait creusé sa tombe c’était moi, Ignacio Obregon, son frère, une belle ordure. Rien ne pouvait jamais être pire que ça. J’avais tué Francisco avec mes belles idées. J’avais tué mon frère. Et, j’étais vacciné contre tout ce qui allait arriver par la suite. J’étais vacciné contre l’horreur.
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Olivier Martinelli parle de son livre "La nuit ne dure pas" sorti chez 13e Note Éditions.
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