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ISBN : 2743638060
Éditeur : Payot et Rivages (11/01/2017)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 212 notes)
Résumé :
Franck, environ 25 ans, sort de prison après un braquage commis en compagnie de son frère aîné. Il est accueilli par une famille toxique : le père, fourbe, retape des voitures volées pour des collectionneurs, la mère, hostile et pleine d'amertume, la fille Jessica, violente, névrosée, animée de pulsions sexuelles dévorantes et sa fille, la petite Rachel, mutique, solitaire et mystérieuse, qui se livre à ses jeux d'enfant. Nous sommes dans le sud de la Gironde, dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (76) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  05 février 2017
Certains prennent les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, et d'autres des loups pour des chiens. C'est ce qui arrive à Franck, après sa sortie de prison. Cinq ans pour braquage, la faute à pas de chance, et à la sortie, Jessica, la petite amie de son frère, qui lui offre le gîte et le couvert dans la ferme familiale, près de Langon. Son frère Fabien est parti faire du bizness en Espagne et Franck, qui ne rêvait que de liberté, de fraternité et de grand air se retrouve dans une caravane au milieu de nulle part, avec une famille dysfonctionnelle, comme diraient les psy, une famille de manganes, comme on dit à Bordeaux. Il y a Roland, alias le Vieux, escroc à la petite semaine, ferrailleur, en cheville avec les gitans, il y a Simone, la Vieille, une peau de vache, Jessica, la petite amie du frère, un peu nympho, camée, et hystérique et Rachel, sa fille, adorable gamine perdue et déjà brisée par ce trio de bras cassés.
Le Corre confirme ce que l'on savait déjà, qu'il est l'un des meilleurs auteurs de noir de l'Hexagone, et d'Europe aussi d'ailleurs -quand on aime on ne compte pas-. On se demandait s'il allait faire aussi bien qu'Après la guerre. On ne se le demande plus, on dévore Prendre les loups pour des chiens. Il nous avait prévenu Hervé, non, il ne faut pas faire comme le petit chaperon rouge dans les bois, et se laisser berner. Mais on n'a rien vu venir, ou on n'a pas voulu voir.
Prendre les loups pour des chiens est donc du très bon noir social, celui qui prend racine dans la vraie vie de la France d'en bas, pas celle qui a des ardoises à 900 000 euros, non, celle qui rame quand elle doit rembourser les centaines d'euros des trop perçus des allocs, comme si elle n'était pas déjà assez dans la mouise. Une France qui marine dans la colère et la rancoeur : « Sinon, Jessica et sa mère faisaient les vendanges près de Sauternes, des ménages, des remplacements pour s'occuper des vieux dans une maison de retraite à Bazas, ou dans un supermarché comme caissière. Envie de balancer de leur fauteuil les vieux gâteux, hargneux, marinant dans leur pisse, envie parfois d'étouffer sous un oreiller ceux qu'on avait abandonnés là comme des clébards et qui pleuraient en silence ou refusaient de quitter leur faction derrière la fenêtre de leur chambre, envie de jeter un pack de bière à la gueule du client râleur et méprisant, ou de faire manger le tiroir-caisse à la chef qui trouve que ça ne va pas assez vite et puis aller massacrer leurs vignes à tous ces connards de propriétaires qui vienne t surveiller le travail dans leur panoplie de paysan, bottes en caoutchouc, blue-jean, grosse veste de velours , juste ce qu'il faut de négligé pour marcher sans trop se salir dans la boue au milieu de ceux qui triment, courbés entre les rangs de vigne."
C'est donc l'histoire d'un brave type poissard, qui aurait pu sortir d'un roman de Jim Thompson ou de Charles Williams, des marécages louisianais ou de chez les péquenauds du Tennessee, et qui à l'instar du petit chaperon rouge perdu dans les forêts girondines, n'a pas su voir le loup sous son déguisement. Un type sympa qui aspirait à la liberté, au libre-arbitre, et qui voulait rompre avec la promiscuité se retrouve étrangement prisonnier dehors, de ses sentiments, de sa fidélité à son frère, de son empathie pour la petite Rachel, d'un code de l'honneur caduque, et des décisions des autres. Avec, comme toujours chez le Corre une écriture puissante qui sait à merveille évoquer une Gironde écrasée par la canicule, la Gironde de l'intérieur, celle des marais, de l'Estuaire et de la rive droite. Pour les façades XVIIIème, les pulls sur les épaules et le Sauternais de Malagar, il faudra repasser plus tard ou lire Mauriac. Ici ce sont des vies à la semaine, marquées par l'intérim, les aides à la personne et les combines avec pour perspective d'autres semaines à tuer.
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nameless
  28 juillet 2017
Pendant ses cinq années d'incarcération pour ne pas avoir dénoncé son frère Fabien, son complice dans un braquage foireux, Franck a eu tout le temps de penser à son premier matin de liberté, à la première aube qu'il verrait pâlir, à la lumière, aux chants du coq et des oiseaux. Mais le jour de sa libération, ce n'est pas Fabien qui l'attend sur le parking de la prison, mais Jessica, femme fatale, charnelle et animale, compagne de son frère retenu en Espagne pour affaires. Or, en cinq ans, Franck a eu tout le temps aussi d'oublier le sourire des femmes, les significations qu'ils suggèrent ou les contresens qu'ils provoquent. Le piège est prêt à se refermer sur lui, dans lequel il se précipite tout en le pressentant. Dès les premières pages sous tension, la menace plane, la catastrophe est inévitable.
En attendant le retour de Fabien parti pour faire fructifier les 60 000 euros du casse, les parents de Jessica, affreux, sales, méchants, mais aussi alcooliques et désaxés, hébergent Franck dans une caravane sur parpaings, plantée sur un terrain isolé, où l'on trouve en vrac une maison, un atelier consacré au trafic de voitures, une piscine hors-sol, dans laquelle Rachel, la petite fille trop silencieuse de Jessica, s'amuse à se noyer, sous l'oeil noir de Goliath, un molosse au rictus terrifiant. Autour de ce capharnaüm-déchetterie, même la forêt apparaît menaçante, grillée par le soleil, n'offrant aucune fraîcheur réconfortante. Franck est sorti d'une prison pour entrer dans une autre ; il découvre un nid de crotales dans le biotope où rampent habituellement et paisiblement couleuvres et vipères.
L'été caniculaire devient torride, météorologiquement et sexuellement. La fournaise dénude les corps, exacerbe les désirs, l'agressivité, et donne soif. La mise à nu par l'auteur (et pas que...) de Jessica montre deux femmes en une seule, lumière et ombre, tour à tour possédée et dépossédée, une femme double qui déboussole le héros jusqu'au bord de la folie, et qui sème le chaos partout où elle passe. Déséquilibrée, instable, imprévisible, elle aime follement sa fille Rachel, ou, selon les jours, la maltraite tout aussi follement. Franck observe à la dérobée, comme s'il étudiait de l'intérieur une tribu de singes tandis que monte en lui quelque chose de barbare, sombre et bestial et qu'il tente d'établir un contact, aussi fragile soit-il, avec Rachel.
Dans cet univers où règne une violence incontrôlable, Hervé le Corre réalise un roman vibrant d'humanité, de fraternité, bouleversant d'une simplicité qui touche au coeur ; il aime ses personnages qu'il décrit avec tendresse et bienveillance. Il montre, constate, sans juger, analyser ou diagnostiquer, les comportements déviants de gens ordinaires. Jamais ne sont étiquetés psychiatriquement le mutisme de Rachel ou les troubles de Jessica, les positionnant hors du domaine de la médecine. Il ne fait que raconter aux lecteurs l'histoire de petites gens qui auraient pu réaliser des rêves modestes, qui à un moment donné, ont été déclassées, rejetées, qui ne sont pas des feignasses puisqu'elles acceptent des petits boulots faits de torchage de vieux dans des maisons de retraites, d'heures de ménage, de vendanges, ou de contrats pourris pour remplacer une caissière dans un supermarché aux pires heures du jour et du week-end. Alors forcément, ces gens-là, nous, vous, pas ceux que l'on récompense d'un million d'euros parce qu'ils ont bien licencié, se débrouillent, et la frontière est mince entre la débrouille, la carambouille, et les embrouilles.
Je pèse mes mots : un chef-d'oeuvre du roman noir social.
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michfred
  01 mars 2017
Ce qui est formidable, d'abord, chez le Corre, c'est qu'on se retrouve dans un lieu, un vrai.
La Gironde en été : les forêts de pin sombres, impénétrables, comme une herse de barreaux dressés contre le ciel métallique ; derrière, la plage martelée de chaleur, la grande flaque grondante d'un océan de plomb fondu ; plus loin, à l'intérieur, les baraques de ferrailleurs dans la poussière de la cambrousse, les mobil homes et les cahutes des Gitans dans la moiteur des marais, et, au milieu de nulle part, les hyper marchés où l'on pousse un caddie harassé dans un air enfin respirable - conditionné .
La ville au loin , Bordeaux, avec ses boîtes de nuit, ses restaurants, ses HLM,- ses caïds, ses dealers, ses tox's, ses voleurs repentis. La ville avec sa prison.
Et l'autoroute comme un trait d'union à péage et à gendarmes entre ces deux mondes.
La deuxième chose formidable, chez le Corre, c'est qu'on y rencontre des personnes à aimer ou à haïr, mais toujours de vraies personnes, de chair, de sang, de rancoeur, de folie, de blessures, de silence, de fidélité, ou de poisse.
Des braves gars comme Frank, faux dur sorti de taule, petit frère solidaire et meurtri qui n'a rien balancé et tout pris, jeune écorché vif revenu de zonzon et de ses illusions, mais qui veut croire à un autre départ, plein de frustrations et de sève : le pigeon idéal.
Des gosses comme Rachel, petite môme meurtrie, marquée, muette, murée vive sur son manque d'amour.
Des femmes comme Jessica, belle à se damner, folle, peut-être, à lier, douce et féroce comme une panthère.
Des Vieux, pathétiques, vachards, combinards, vendus ou repentis. Des Parents Terribles , Pépère Pervers ou Protecteur, Mémère sorcière.

La troisième chose formidable chez le Corre, c'est que, quand on y a bien cru, à ce lieu, qu'on en sent les odeurs, qu'on en entend les rumeurs, qu'on en touche la moiteur, quand on s'est bien attaché à ces gens, qu'on tremble pour, qu'on vibre avec ou qu'on gronde contre , voilà que le récit monte d'un cran : la réalité devient mythe.
Voilà qu'on se met à prendre les loups pour des chiens.
Voilà qu'on voit des chiens partout : des chiens de garde, des chiens fureteurs, des chiens cureteurs, des chiens d'attaque, des chiens de combat, des Cerbère aux Enfers, des chiens des Baskerville, des chiens de terreur ou de mort ; oui, mais aussi des chiots sans défense, des Chiens Perdus sans Collier, des chiens battus, des chiens de sa chienne, des chiennes en chaleur, des chiennes lubriques - et partout des chiens de meute, des chiens de curée, des chiens d'hallali.
Et des chiens crevés dans une chienne de vie.
Pas un mot de plus sur le piège à loups qui referme sur nous ses mâchoires d'acier : on est enchaîné, happé, avalé, engouffré. Pas moyen de respirer… jusqu'à la dernière page.
Parce que la quatrième chose formidable chez le Corre c'est le style.
Ciselé, fulgurant, brutalement poétique, doucement violent, magiquement évocateur, sensuel ou déchirant, toujours sobre, toujours original. Évitant les clichés si nombreux dans le polar qu'ils en deviennent des "topoï"…
Un style qui donne soif, qui donne chaud, qui fiche les boules, qui donne la rage - un style qui déménage !
Encore une fois, merci à Pecosa qui m'a toujours fait découvrir des bouquins formidables –les livres de Javier Cercas entre autres- et à qui je dois la découverte de le Corre, le breton bordelais, un grand, un très grand auteur de roman noir.
Un auteur formidable!

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Crossroads
  29 octobre 2018
A l'image de ce clébard fourbe sur la couverture, Franck, à sa sortie de prison, aurait dû se méfier.
Anticiper que cette famille avait tout de l'aimant à emmerdes.
La belle-famille de son frangin comme petit nid douillet pour repartir d'un bon pied, la vaste blague que voilà.
Le paternel vicelard, la daronne rebutante, la donzelle camée un brin cyclothymique et sa gamine totalement mutique donneraient presque envie de retourner en taule en chantant la mélodie du bonheur.
Le frérot aux abonnés absents pour une durée indéterminée et c'est dans cet univers vicié que notre Francky allait devoir prendre ses nouvelles marques.
Avec un starting-block aussi foireux, peu de chances de concourir à la réinsertion de l'année, on va pas se mentir.
Lentement, méthodiquement, avec délectation, Hervé le Corre lève le rideau sur un décor poisseux conjecturalement à l'origine du Misèèèère de Coluche.
De pauvres gens, il en est bien question.
Mais des paumés de la pire espèce.
Sournois, nocifs, nuisibles, de ces pseudos amis qui vous dispensent d'avoir des ennemis sans toutefois y parvenir.
Lentement, méthodiquement, Franck et le lecteur s'embourbent de concert, tombant de Charybde en Scylla, s'évertuant à transformer le jour suivant en cauchemar éveillé plus marquant que le précédent.
Sur le fronton de leur taudis délabré, ces miséreux auraient dû y inscrire, à l'instar de la Divine Comédie, "Laissez toute espérance, vous qui entrez".
Mais cela aurait certainement gâché le surprenant potentiel entubatoire de ce nid de crotales décérébrés.
Prendre les Loups pour des Chiens, c'est un peu comme sauter sans parachute.
On se dit "pour le moment, tout va bien, pour le moment,... ", jusqu'au crash final.
Un grand moment de noirceur.
Le Corre, encore !
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koalas
  23 avril 2017
Franck 26 ans a passé plusieurs années derrière les barreaux pour un braquage.
Il est accueilli à sa sortie de prison par Jessica, l'amie de son frère Bastien parti en Espagne pour affaires...En attendant son retour, il est hébergé dans le Sud de la Gironde par les parents de Jessica : Roland et Simone, des parents bruts de décoffrage, Rachel leur petite fille mutique et un chien molosse.
Franck privé de repères se retrouve plongé dans leur univers de mouise, de gouaille, de trafics, de magouilles et de débrouilles...
Hervé le Corre nous plonge dans une atmosphère moite, glauque et animale où grouille un nid de crotales.. le chien inquiétant veille d'un oeil. Rachel voit tout mais ne dit rien.. Franck se laisse guider par la main de Jessica...L'attente est plombante et inquiétante et les scènes d'action et d'hystérie décoiffantes. La fin fantastique...
Les personnages déclassés du terroir ont de la consistance, une bonne descente, de la gueule. On marche sur des braises dans un milieu borderline où il suffit d'un regard, d'une étincelle pour que ça pète.
J'ai adoré... Prendre les loups pour des chiens !
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critiques presse (4)
Actualitte   18 août 2017
Dans ce nouveau roman, Hervé Le Corre revient sur un classique du roman noir : le gars qui sort de taule et qui ne veut pas y retourner, mais qui doit faire face à un milieu qui ne peut que le faire replonger.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   24 janvier 2017
Roman sombre, dans un décor lumineux, d'une humanité poignante.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   18 janvier 2017
Une maison isolée en pleine forêt, comme la prison d'où sort Franck. Dedans, une famille... toxique.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeJournalDuDimanche   16 janvier 2017
Peu de place à la rédemption dans ce naufrage humain. L'auteur a fait court et dur, puissant et cinglant.
Lire la critique sur le site : LeJournalDuDimanche
Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
koalaskoalas   21 avril 2017
Un soir à table, elle avait déversé sa bile, en disant d'une voix grinçante tout son effrayant dégoût à l'égard de ceux qu'elle appelait les zombies, " t'en as qui trouvent même plus leur bite pour pisser, franchement à partir d'un certains stade faudrait décider que c'est fini, on les endort pour de bon et ce sera une bonne chose pour tout le monde, non mais à quoi ça rime, vraiment ? Je te jure que si un jour Roland il sait plus où est sa bite je lui fous de la mort- au- rats dans son café, ça sera vite fait ! Déjà que je me demande si il en a encore une...".
Roland avait ricané puis s'était servi un verre de blanc : "Quand je vois ta gueule, je me demande vraiment ce que j'en ferais !". Ils se sont mis à rire tous les deux en trinquant puis ils ont vidé d'un trait leurs verres avant que ne retombe autour de la table un silence morne sous la noria des papillons de nuit et des moustiques.
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koalaskoalas   20 avril 2017
Envie de jeter un pack de bière à la gueule d'un client râleur et méprisant, ou de faire manger le tiroir-caisse à la chef qui trouve que ça ne va pas assez vite et puis aller massacrer leurs vignes à tous ces connards de propriétaires qui viennent surveiller le travail dans leur grosse veste de velours, juste ce qu'il faut de négligé pour marcher sans trop se salir dans la boue au milieu de ceux qui triment, courbés entre les rangs des vignes.
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michfredmichfred   01 mars 2017
Un piège vers lequel tu te précipites en pressentant le piège. Ou un poison délicieux qui fait effet lentement en t'accrochant comme une drogue. Une fleur toxique. Un fauve doux capable de te dépecer à tout moment. Et au milieu, cette gamine quasi muette qui jouait seule et ne pleurait presque jamais même au comble de son chagrin. Même depuis le massacre. Elle ne dit rien, se contente d'être triste et de t'observer à la dérobée ou de poser sur toi un regard songeur, et tu te sens soupesé et jugé par ces grands yeux noirs toujours déçus par la bêtise et la méchanceté des adultes.
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nelly76nelly76   01 mai 2018
Les chiens
Ils l'avaient libéré une heure plus tôt que prévu et comme il,pleuvait il avait dû attendre sous l'espèce d'abribus installé au rond-point,l'entrée de la prison derrière lui avec pour tout paysage un champ'de maïs,de l'autre côté de la route ,et le parking,ses portiques et ses grilles et les allées et venues des visiteurs,femmes ,enfants,vieillards,le claquement sourd des portières. Il s'était penché et avait vu les hauts murs qui couraient sur près de quatre cents mètres et ça lui avait remué l'échine d'un mėchant frisson ,il s'était assis sur le banc de bois ,enfoncé sous cet abri,pour en voir le moins possible alors qu'il'avait rêvé pendant ces années d'embrasser des yeux l'horizon tout entier sans le moindre obstacle.Il avait posé son gros sac de voyage à ses pieds,gonflé et bosselė, pesant le poids d'un âne mort à cause des livres qu'il,avait fait venir pendant sa détention et qu'il tenait à faire sortir comme il aurait emmené des animaux familiers doux et fidèles.
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RenodRenod   24 janvier 2017
– Tu sais où les trouver ces fils de pute ?
Franck a senti quelque chose se déclencher qu’il ne pourrait plus arrêter. Comme un mécanisme d’abord lent dont peu à peu tous les rouages se mettraient en branle fatalement, lourdement. Il ne savait pas encore s’il serait lui-même broyé par cet enchaînement d’engrenages ou s’il assistait à l’éveil d’un monstre mécanique qui une fois debout viendrait tout dévaster autour de lui avant de le déchiqueter.
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Quais du Polar 2017 : rencontre avec Hervé Le Corre.
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