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Maximilien Rubel (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070422319
685 pages
Éditeur : Gallimard (27/02/2002)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Il est des textes qui ont une réputation pauvrement décalée au regard de leur profondeur analytique. Qu'a-t-on retenu des essais d'histoire immédiate de Karl Marx, face aux événements qui secouent la France entre 1848 et 1851, sinon la formule triviale qui voudrait qu'événements et personnages surgissent deux fois, la première comme grande tragédie, la seconde comme misérable farce ? Or les écrits de Marx, historien de la France, sont avant tout des modèles d'histoi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
steka
  30 janvier 2020
2020 - Pour la plus grande surprise et le plus grand désagrément des bénéficiaires du capitalisme, les luttes de classes ont fait récemment leur retour en France et pire encore, mondialement. Ils croyaient pourtant bien s'en être définitivement débarrassés grâce aux multiples « réformes » introduites, tant au niveau des gouvernements successifs que dans les formes nouvelles données au travail et à son exploitation.
La séparation généralisée du prolétariat, son incapacité à se reconnaître comme tel, les illusions petite-bourgeoises introduites par l'accès ( à crédit) à un consumérisme de masse, l'aliénation quotidienne distillée par les grands médias, le chacun pour soi devenu norme comportementale, la destruction systématique de l'espace public – tout cela semblait pourtant bien en avoir terminé avec ce fait historique menaçant.
La modernité macronienne, dernier avatar de la représentation démocratique, semblait même avoir accompli l'exploit d'abolir les vieilles notions de gauche et de droite, vestiges d'une représentation du politique qui avaient perdu toute substance. La bourgeoisie de gauche et de droite pouvait enfin reconnaître tout ce qui la réunissait ; à commencer par un mépris décomplexé des pauvres s'appuyant sur la conviction renforcée qu'il fallait au plus vite rogner leurs quelques « acquis » si l'on voulait continuer à jouir de privilèges si chèrement obtenus en termes de renoncement à toute humanité.
C'est que l'on croyait bien en avoir fini avec ces horribles thèses marxistes, persuadé que l'on était que leur auteur les avait tout simplement inventé dans un simple désir de nuire. Sans compter tous les efforts déployés pour associer cette pensée là au pire totalitarisme ; avec la complicité tacite de la classe des bureaucrates - dirigeants de tous ces pays qui prétendaient alors s'annoncer comme « communistes » au XXème siècle alors qu'ils n'étaient qu'une variante temporaire de cette même bourgeoisie.
Bref, le libéralisme marchand semblait bien rester seul en place et promis à un bel avenir en ce XXIème siècle naissant. Il suffisait d'ignorer et d'isoler les quelques grognons et cassandres habituels qui finiraient bien par se taire.
Pour le reste, les nouvelles technologies, créatrices par ailleurs de bénéfices mirobolants pour les investisseurs pertinents, suffiraient bien à résoudre les quelques problèmes menaçants pour le devenir de la planète. D'autant que ces mêmes technologies laissaient envisager le moment béni où l'on pourrait se passer de la plupart de ces pauvres si mal élevés et si encombrants. Les nombreuses zones désertifiées et rendues inutilisables par les quelques regrettables dommages collatéraux du « progrès », trouveraient alors pleinement leur utilité nouvelle: y regrouper judicieusement tous ces pauvres devenus totalement superflus. Certains États, à l'avant-garde, en se montrant déjà initiateurs en ce domaine avec toute une partie de leurs populations mal nées, indiquant courageusement l'exemple à suivre.
Mais ne voilà-t-il pas que, du corps même de ces pauvres et de tous ces démunis, renaît une mémoire que l'on croyait enfouie à jamais ; l'inquiétante intuition de leur situation réelle et du sort, très peu enviable, qui leur sera finalement réservé à eux et leurs enfants.
Et c'est qu'ils ne semblent pas vouloir s'y résoudre les bougres ! Et c'est qu'ils semblent bien vouloir ressortir LA LUTTE DES CLASSES tous ces jaunis, rougis et noircis.
Parlant même d'inventer un autre monde. Sans classes. Sans partis politiques, Sans dirigeants, Sans patrons.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
stekasteka   10 novembre 2014
Juin 1848
On sait que les ouvriers, avec un courage et un génie sans exemple, sans chefs, sans plan commun, sans ressources, pour la plupart manquant d'armes, tinrent en échec cinq jours durant l'armée, la garde mobile, la garde nationale de Paris ainsi que la garde nationale qui afflua de la province. On sait que la bourgeoisie se dédommagea de ses transes mortelles par une brutalité inouïe et massacra plus de 3000 prisonniers.
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DanieljeanDanieljean   16 avril 2018
Une fois persuadé d'avoir ainsi enthousiasmé le peuple, Bonaparte entreprit de conquérir l'armée. Il fit exécuter de grandes revues dans la plaine de Satory, près de Versailles, pendant lesquelles il cherchait à acheter les soldats en faisant distribuer du saucisson à l'ail, du Champagne et des cigares. Si, lors de ses harassantes campagnes de conquêtes, le vrai napoléon savait ragaillardir ses soldats épuisés par des accès de familiarité patriarcale, le pseudo-Napoléon croyait que c'était par gratitude que les troupes criaient: «Vive Napoléon, vive le saucisson! », c'est-à-dire, en fait : « Vive le saucisson (Wurst), vive le bouffon (Hanswurst) !
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stekasteka   10 novembre 2014
Mais dans sa hâte à restituer aux anciens rapports bourgeois leurs anciennes garanties et à faire disparaître toutes les traces laissées par les flots révolutionnaires, les républicains bourgeois se heurtèrent à une résistance dont la menace constituait un danger inattendu.
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DanieljeanDanieljean   16 avril 2018
Enfin, les victoires de la Sainte-Alliance ont donné à l'Europe une forme telle que tout nouveau soulèvement prolétarien en France coïncidera immédiatement avec une guerre mondiale. La nouvelle Révolution française est forcée de quitter aussitôt le sol national et de conquérir le terrain européen, le seul où peut s'accomplir la révolution sociale du XIX ° siècle.
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DanieljeanDanieljean   16 avril 2018
dans ce tourbillon, dans ces tourments de l'agitation historique, dans ce flux et reflux dramatique des passions révolutionnaires, d'espoirs, de déceptions, les diverses classes de la société française devaient nécessairement calculer leurs périodes d'évolution en nombre de semaines, alors qu'elles les avaient calculées auparavant en nombre de demi-siècles.
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