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ISBN : 2743644753
Éditeur : Payot et Rivages (05/09/2018)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 18 notes)
Résumé :
1994 : c'est l'année où tout bascule pour quatre jeunes lycéens algérois d'El-Harrach. Le pays est à feu et à sang lorsque ces adolescents décident de former, avec leurs propres moyens, un groupe clandestin de lutte antiterroriste. Dans ce roman dense et puissant, à travers des personnages aussi emblématiques que complexes, Adlène Meddi raconte les guerres qui ont marqué le pays et qui imprègnent encore si intensément le présent des Algériens.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
EvadezMoi
  12 septembre 2018
1994… Qui s'en souvient ? Qui s'en soucie ? Adlène Meddi nous entraîne en Algérie pour nous parler de son pays et des algériens.
Il nous raconte une tranche d'histoire de son pays au travers de quatre jeunes : Amin, Sidali, Farouk et Newfel.
1994 a changé toute leurs vies.
Dans un texte construit comme une pyramide, l'auteur nous parle tout d'abord d'un passé proche 2004. Amin est en Algérie et assiste aux obsèques de son père, ancien militaire très redouté Zoubir Sellami. Sidali est depuis dix ans en cavale en France mais décide de revenir en Algérie pour revoir son ami Amin et le sortir de l'asile psychiatrique où il est détenu.
Ensuite nous remontons le temps en 1994. Les quatre copains sont lycéens. La guerre interne en Algérie bat son plein entre armée et « terroristes ». Alger est à feu et à sang, y règnent assassinats, tortures et arrestations arbitraires. Ces quatre gamins vont devoir entrer dans ce conflit dont ils ont hérité.
Elle naquit ainsi, l'armée impérieuse et anonyme, dans la chaleur humide d'un printemps plein de sang. Dans l'extraordinaire débauche de meurtres éclatant dans chaque recoin du pays chéri. du pays payé cher, des rues de l'enfance plus petites, maintenant que, jeunes hommes, ils toisaient le monde du haut de leurs certitudes et de leurs faits d'armes passifs. Spectateurs aguerris des attentats quotidiens, meurtris, morts, mortifiés et mille fois mourants sous le soleil matraquant des kalachnikovs officielles ou non. Armement acharné, sans nom, sans raison mais, finalement, déterminé à les détruire dans ce qu'ils étaient, dans ce qu'ils seraient. Demain ou tout à l'heure.
Pour comprendre cet héritage, l'auteur nous emmène en 1962. On est à la fin de la guerre d'Algérie qui oppose les français aux algériens. Zoubir, le père d'Amin, est alors un jeune soldat de l'Armée algérienne. Farès, le père de Sidali, se bat à ses côtés. de l'histoire de ces deux hommes va découler l'avenir de leurs fils.
Dans ce texte on ressent énormément d'émotion, de rage aussi, de la part de l'auteur.
Au-delà d'un texte magnifiquement écrit, tous ces sentiments nous atteignent d'une manière rare en littérature. On ressent l'amour de l'auteur pour son pays et pour ses habitants, pour ces lieux, ces ruelles, cette Méditerranée. Mais on ne peut éluder la tristesse, les regrets, la colère qui en ressort.
L'histoire de ces quatre jeunes est poignante, tragique. Elle est servie par une plume sublime. Alors bien sûr c'est politiquement orienté, ça tente d'expliquer et de trouver des justifications mais il faut toujours avoir conscience que la vérité n'est pas forcément que d'un seul côté, qu'il faut comprendre avant de juger. Je garderai une tendresse particulière pour ce roman qui m'a beaucoup touchée et que je vous recommande sans l'ombre d'une hésitation.
Lien : http://www.evadez-moi.com/ar..
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ninarevolution
  10 septembre 2018
1994, une année qui renvoie au coeur de la décennie de terreur et de la guerre en Algérie.
L'histoire commence au cimetière, Amin, jeune officier enterre son père, le général Zoubir.
Quelque temps après cet enterrement, du père, de l'histoire et de tout ce qui faisait barrage aux souvenirs de la chute, Amin pète un câble et tire sur un(e) inconnu(e) en hurlant le prénom Kahina.
à partir de là, vient l'internement, l'enquête, les secrets et l'impunité, les escadrons de la mort et les justiciers, la mort qui glisse de page en page, pour rappeler aussi que ceux qui restent ne sont pas vivants. Quelques souvenirs de la guerre de libération et de la violence qui s'enlise et qui ne peut partir de l'imaginaire collectif par magie.
les lycéens qui détruisent à leur tour une vie, des vies, parce qu'il est trop douloureux d'attendre son tour de mourir, parce que leur chagrin était trop grand pour se contenir dans des larmes et parce que les attentats et la mort faisait désormais partie du décor, du quotidien.
Qu'est ce qu'il en est resté finalement, 1994 nous dit qu'il reste la folie et l'exil.
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missparker18
  27 janvier 2019
Inspiré par une période politique agitée en Algérie, l'auteur nous raconte une histoire, à la fois passionnante et effrayante, de 4 jeunes algériens et nous entraîne dans un thriller bien inquiétant.
Ces 4 lycéens qui ont une partie de leur vie détruite par tous ces attentats vont prendre une décision tragique et ce roman nous questionne notamment sur cette époque politique très tendue.
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R2N2
  06 septembre 2019
Comme le titre de son livre l'indique, Adlène Meddi ne situe pas son intrigue centrale pendant la révolution Algérienne de 1954 à 1962 mais au mitan des années 90, lors de l'explosion du terrorisme islamique du GIA. Pour autant, de la guerre d'Algérie il sera bien question car le lien entre les événements décrits et ce passé récent est clairement mis en avant. le coeur de l'histoire, c'est un groupe de jeunes algérois qui, en 1994, décide d'agir contre le terrorisme du FIS et du GIA. Si parler de la guerre d'Algérie devient plus facile du fait du temps qui passe, des hommes et des femmes impliqués qui y passent à leur tour, parler des événements des années 90 est plus compliqué tant leurs implications sont actuelles. Il reste de la lecture une certaine gène due à l'impression que l'auteur justifie beaucoup au nom de la lutte contre une barbarie bien réelle. Adlène Meddi affirme d'ailleurs clairement qu'il faisait alors partie de ceux qui pensaient que la seule solution face au GIA et au FIS était l'éradication militaire et para-militaire. On appréciera cependant un livre qui contrairement à beaucoup place les algériens au centre de l'histoire et non comme impactant la vie des français. Un livre écrit par un algérien qui vivait (et vit toujours) à Alger à l'époque.
Cette chronique est extraite d'un article plus large sur les polars et l'Algérie
Lien : https://romancerougenouvelle..
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ferielhamitii
  15 mars 2019
C'est un livre inspiré d'une période qui a bouleversé la vie de beaucoup d'algeriens 'la décennie noire' l'histoire est celle d'une bande d'adolescents qui, un jour décident de faire un pacte entre eux et créer un groupe clandestin de lutte antiterroriste, chose qui aura beaucoup de répercussions sur leur avenir. Au fil des chapitres on découvre ce qui s'est passé à cette période et ce que sont devenus les personnages 10 ans plus tard. Pour moi ce fut un véritable coup de coeur l'histoire est bouleversante certains passages sont vraiment durs mais le livre se lit rapidement
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critiques presse (4)
Liberation   22 octobre 2018
Un roman à l’écriture dense, qui pulse comme le cœur d’un homme aux abois.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro   28 septembre 2018
1994, d'Adlène Meddi est un grand roman sur la décennie noire en Algérie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   21 septembre 2018
Faisant alterner les époques, 1994 est une œuvre patchwork qui esquisse un tableau terrifiant du pouvoir algérien au début des années 1990. Un pouvoir mafieux, sanguinaire, face à des terroristes arriérés. Le parcours d’Amin relève à la fois du roman initiatique – premières amours, premières déceptions, premières folies − et de la chronique de la violence.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   21 septembre 2018
Adlène Meddi livre là un formidable roman noir. Un roman à l’écriture dense, qui pulse comme le cœur d’un homme aux abois.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   18 juin 2019
Le jeune homme agenouillé termina sa phrase dans un râle de douleur : le colonel lui avait envoyé un coup de pied dans les reins qui le projeta sur le côté, bousculant ses deux acolytes.

Il s'agenouilla et murmura à l'oreille du jeune homme :

— Tu as de la chance, petit pédé, je ne peux pas m'occuper de toi, je t'aurais fait ta fête sinon et tu aurais regretté le jour où tu es né. Et c'est pas ton père qui t'aurait sauvé. Tu sais qui nous sommes, espèce de pute ? !

Sanglotant, le garçon enfouit son visage dans le tapis du salon.

— On attend ?

Zoubir regarda son adjoint.

— J'attends personne. Toi, le flic, embarque ces trois merdes au poste et établis le PV. La pute aussi."
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rkhettaouirkhettaoui   21 septembre 2018
Amin, à côté de son ami, entendit les cris provenant du combiné et il se dit que désormais c’était à eux de rassurer leurs parents, leur fournir des explications, les apaiser : « Ça va, ça va, calme-toi, je suis vivant et à l’abri… » C’était à eux de devenir adultes face aux adultes déboussolés. Perdus dans ce monde qui s’écroulait de partout. Leur monde. Mais un autre monde émergeait, nouveau et cruel. Un monde à eux, dont étaient exclus les adultes, qui n’étaient là que pour le compte à rebours de leur naufrage. Les adultes savaient que le temps qui leur restait ici-bas ne serait plus fait que d’angoisses et de sanglots. Leurs enfants savaient qu’ils étaient déjà dans l’au-delà. Ils n’étaient là que pour crever ou éviter de crever. Et alors quoi, ils devaient par-dessus le marché faire preuve de pédagogie ? Trop tard.
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rkhettaouirkhettaoui   21 septembre 2018
Dans mon sommeil ou dans ma syncope causée par les cachets… trop de cachets, docteur… je voyais Alger dans mon dos, je me voyais foncer vers Lavigerie plein sud-est à travers la Moutonnière longeant la mer. J’ai compris que je voyais Alger dans mon rétroviseur et que je conduisais. La mer à ma gauche, de loin se dessine l’imposante barre de l’immeuble des Dunes coupant la perspective. En y retournant, j’ai pris un ticket pour la mémoire. Dans ce rêve, je n’entends pas le vrombissement du véhicule. Je revois défiler les rues vides et les cités jaunes de mon adolescence. Là, un accrochage face au lycée, là, un énième contrôle musclé des flics en 505 break blindée, là, la sortie vers El-Papass, le bois des Pères blancs où notre serment a été scellé.
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rkhettaouirkhettaoui   21 septembre 2018
Fini le ton apaisant, l’ordre claqua dans les oreilles d’Amin comme un coup de fouet. Les dents du lion, menaçantes. Pas le temps de s’agiter. Déjà l’homme chauve avait plongé l’aiguille dans son avant-bras qu’il tenait fermement. Douleur. Le sang pollué par le calmant injecté en intraveineuse, le sang qui, se faisant complice de l’agression chimique, charriait dans tout son corps le sédatif, propageant l’atrophie des membres et de la conscience. La vague qui déferlait s’écrasa violemment contre un mur et les souvenirs, les arbres, les mots, les rires, les tombes, les flingues et Kahina, sa nuque, sa bouche, ses seins, tout vola en éclats comme un shrapnel mortel. Ça faisait mal. Amin sombra, criblé par ses propres débris tranchants.
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rkhettaouirkhettaoui   21 septembre 2018
Il suffisait d’effectuer un carottage et d’exposer les couches sédimentées depuis ces temps engloutis dans la nuit du passé qui ne croit en aucun matin, aucun réveil, sauf celui de la remémoration douloureuse. Ce passé tout autour d’Amin, qui n’arrêtait pas de le couver, de le cerner comme une épaisse brume. Et le présent qui peinait à percer les vapeurs denses d’un passé entêté. Le présent d’un cadavre qui survivait parmi les autres et en lui-même. Un cadavre qu’il rencontrait souvent quand il dormait pour retrouver les horreurs et les fantômes, surgissant dans ses cauchemars. Il dormait paradoxalement mieux avec eux, avec ses fantômes. Enfin, avec lui-même. Il était son propre fantôme.
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