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ISBN : 2072870577
Éditeur : Gallimard (03/01/2020)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 12 notes)
Résumé :
A l'approche des élections fédérales, le Gouverneur – candidat à sa réélection – tente de maquiller l'explosion de la criminalité. Les morgues de l'Etat débordent de corps anonymes, que l'on dissimule en les transférant dans un camion frigorifique. Le tombeau roulant est conduit par Vieux et Gros, deux hommes au passé sombre que tout oppose. Gros est un sicario repenti qui fuit la violence ; Vieux recherche sa fille unique, sans doute assassinée, et pense qu'elle po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  13 février 2020
Deux hommes qui ne sont jamais nommés autrement que par ses qualificatifs suivants , le Vieux et le Gros, sont chargés d'une mission assez singulière: ils doivent transporter au fin fond d'un desert d'un pays qui n'est lui non plus nommé un convoi d'un genre bien particulier puisque c'est 147 cadavres humains qui sont à l'intérieur du camion.
En effet, le Gouverneur, tête de l'éxecutif de ce pays qu'on imagine pas sous le sceau de la démocratie ne veut pas, en ces périodes électorales que ces cadavres encombrants soient portés à la connaissance de l'opinion publique.
Voilà donc notre Gros et notre vieux chargés de rouler sans jamais s'arréter pour transporter ce colis parituclièrement mal venu on ne sait trop où..
Partant d'un fait divers qui s'est réellement déroulé- un camion a été découvert au Mexique transportant un charnier de 300 cadavres, des morts privés de cimetière-, le romancier Sebastien Rutes passionné d'Amérique du Sud propose un voyage hallucinatoire, un road trip frénétique et funeste, teinté d'absurde, d'une certaine poésie morbide et même de spiritualité.
Il faut savoir que le Mictlán, du titre désigne dans la mythologie asteque « le lieu des morts », où les défunts accèdent à l'oubli après un long voyage à travers le monde d'en bas. En effet, nos deux protagonistes, le gros et le vieux, totalement désabusés et en fin de parcours, aspirent encore à rejoindre ce lieu symbolique histoire d'apaiser leurs esprits.
Cette intrigue, taillée à l'os , rappelle parfois le Salaire de la peur ( le film de Clouzot avec Montand et le roman de Georges Arnaud dont Jaenada a récemment glosé dessus )dans la Serpe.
Assurément, les amateurs de roman noir exigeant, qui cherchent une lecture singulière seront tentés par ce voyage littéraire sidérant et obsédant.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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belette2911
  19 mars 2020
Une fois de plus, je suis tombée sur un roman noir assez barré, au rythme rapide et à l'écriture qui est comme une rafale de mitraillette et vous empêche de reprendre votre souffle.
Et c'est à prendre au sens propre du terme puisque la première phrase est aussi longue qu'un casier judiciaire d'un membre de gang/mafia et que son point final, bien des pages après, est vécu comme un soulagement.
Purée, il y a plus de points sur les "i" qu'au bout des phrases. Effectivement, ça donne un ton assez spécial à l'histoire, c'est un plongeon directement dans le récit que Gros nous donne, ajoutant à ses pensées des digressions et quelques gimmicks, dont les fossés avec des capotes usagés en font notamment partie.
Hélas, ça passe ou ça casse. Chez moi, au bout d'un moment, ça a cassé. Hé oui, c'est comme ça la dure vie de lectrice et on se sent un peu seule parmi les avis qui sont bien plus dithyrambique que le mien. La majorité l'emportant, mon avis n'est pas à prendre en compte.
Gros et Vieux, c'est tout ce que nous saurons de leur identité. Au travers de leurs pensées qui iront dans tous les sens, nous en apprendrons un peu plus sur ce pays où on n'a pas envie d'aller vivre, ni d'y passer ses vacances et qui a tout d'une dictature horriblement sanglante.
Pour être noir, c'est noir. Cherchez même pas la lueur d'espoir, je ne l'ai pas vue… Peut-être une loupiote dans la cabine du camion, lorsqu'on ouvre la porte, et encore.
Je ne remettrai pas en question que le récit est percutant, que le style est spécial et qu'il va comme un gant au récit, lui donnant un côté acéré, violent, déprimant parce que tous ces morts…
Bref, ça te décape le cerveau et ensuite, tu rêves de relire "Martine fait ses courses". Ah non, pas pour le moment, trop de files !
Un roman noir qui te laisse des traces de cambouis et de sang dans toutes les lignes de ta main et que tout le savon du supermarché du coin ne pourra pas laver. Zut, on me dit qu'il n'y a plus de savon.
Toi qui ouvres ce roman, sache que tu n'entreras pas dans le monde des licornes car dans cette histoire, les licornes, on les tue, comme les enfants, les femmes, les vieillards, ceux qui posent des questions et même ceux qui n'en posent pas.
Ce n'est pas la violence du récit qui m'a bloquée mais le style de l'écriture.
Pas de problème, il n'était pas fait pour moi mais d'autres y ont trouvé leur came, comme Dealer de Ligne, pour ne pas citer ma copinaute.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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encoredunoir
  06 janvier 2020
Mictlán, nous dit Sébastien Rutés au début de son roman, c'est, dans la langue nahuatl, « le lieu des morts », où les défunts accèdent à l'oubli après un long voyage à travers le monde d'en bas. C'est à cet ultime voyage qu'il nous propose d'assister, coincés dans la cabine d'un camion frigorifique avec les deux chauffeurs qui se relaient, Gros et Vieux, avec en remorque cent cinquante-sept cadavres. Interdiction de s'arrêter, interdiction d'ouvrir la remorque réfrigérée. le Commandant l'a dit. L'ordre vient du Gouverneur. Et il vaut mieux obéir si on ne veut pas finir par s'ajouter au tas de cadavres qu'est devenu le pays : « […] dans un monde digne de ce nom, il n'y a pas de pays comme celui-là, couverts de cadavres dessus et dessous la terre, dans des fossés, dans des barils, au fond des rivières, au beau milieu du désert, et encore moins dans des semi-remorques réfrigérés parce qu'on ne sait pas où les entreposer, vu que les chambres froides des morgues et des hôpitaux et même des boucheries-charcuteries sont pleines, et les cimetières aussi »
Gros veut rouler. Il n'a pas le choix. Vieux aussi. Mais il voudrait ouvrir la remorque. Il pense à sa fille et c'est comme une piqure de moustique. Plus il y pense plus ça l'obsède, plus il gratte plus ça le démange. Cent cinquante-sept cadavres, et peut-être sa fille parmi eux. Ces cadavres encombrants qu'on ne doit pas voir parce que le Gouverneur ne le veut pas. Parce qu'il veut se faire réélire et que ça ne peut décemment pas arriver avec une telle preuve de la violence dans laquelle le pays a sombré. Alors pour s'assurer que ces morts resteront là, cheminant encore dans le monde d'en bas, il est prêt à en ajouter quelques-uns s'il le faut. D'autres encore, ses ennemis, voudraient les récupérer pour les exposer au grand jour. Alors il faut rouler.
On peut craindre de prime abord, en ouvrant le dernier roman de Sébastien Rutés et en découvrant la longue phrase que constitue le premier chapitre, d'être confronté à un simple exercice de style. Il n'en est rien. À tout le moins le style, très travaillé, sert impérialement le fond. le flot de mots vient ici donner le rythme à un récit sur la corde raide, fait écho à la conduite sous amphétamines des deux chauffeurs, exprime aussi leur épuisement physique et moral. À travers cette poursuite sans issue possible qui n'est pas sans évoquer parfois un film de Peckinpah, Sébastien Rutés dit la manière dont un pays est livré à une violence poussée à de telles extrémités qu'elle en devient absurde. La mort, omniprésente, effraie, mais la vie telle qu'elle est vécue n'est-elle pas plus douloureuse encore ? le problème pour Gros, c'est qu'il est bien conscient que si sa vie devient invivable, il ne peut que constater, avec les cent cinquante-sept cadavres qu'il traîne, que la mort n'a rien du repos éternel.
Récit fulgurant et obsédant, parfois dantesque mais qui ménage aussi une place à une certaine poésie, faute d'espoir, Mictlán bouscule, heurte le lecteur. Pour le meilleur, même s'il dit le pire.
Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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SylvieBelgrandReims
  06 janvier 2020
Reçu il y a deux jours, et dévoré dans la foulée !
Voilà un roman incroyable ! Pas de pause dans le récit, mais des répétitions, comme des gimmicks, pour accentuer le rythme halluciné et hallucinant de l'histoire. Nul doute que certain(e)s seront dérouté(e)s, mais pour moi, il y a de la poésie dans ce désespoir, dans cette violence.
Jamais la collection "La Noire" n'a aussi bien porté son nom.
À lire pour sortir des sentiers battus, à lire pour être surpris(e)
#Mitclan #SebastienRutes #LaNoire #Gallimard #livres #chroniques #lecture
Le quatrième de couverture :
A l'approche des élections, le Gouverneur - candidat à sa propre réélection - tente de maquiller l'explosion de la criminalité. Les morgues de l'Etat débordent de corps anonymes que l'on escamote en les transférant dans un camion frigorifique. le tombeau roulant est conduit, à travers le désert, par Vieux et Gros, deux hommes au passé sombre que tout oppose. Leur consigne est claire : le camion doit rester en mouvement. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sans autre arrêt autorisé que pour les nécessaires pleins de carburant. Si les deux hommes dérogent à la règle, ils le savent, ils iront rejoindre la cargaison. Partageant la minuscule cabine, se relayant au volant, Vieux et Gros se dévoilent peu à peu l'un à l'autre dans la sécurité relative de leur dépendance mutuelle. La route, semée d'embûches, les conduira-t-elle au légendaire Mictlán, le lieu des morts où les défunts accèdent, enfin, à l'oubli ?
Lien : Http://lesbouquinsdesylvie.fr
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Jazzynewyork
  29 janvier 2020
Même si dès le départ, on sait le contenu de la remorque, j'ai fait le choix de ne pas le dévoiler, ne lisant pour ma part que très rarement les quatrième de couverture et préférant garder le suspens jusqu'au début de votre future lecture.
Car bien évidemment vous allez lire ce roman noir fraîchement débarqué dans La Noire de chez Gallimard. Ce serait une grave erreur de passer à côté de cette petite bombe livresque, autant pour sa plume percutante que pour cette histoire hallucinante, très certainement inspirée d'un fait divers survenu en 2018 au Mexique.
On peut dire qu'il claque, qu'il déchire ce récit. Tout comme ce camion, il trace sa route dans notre cerveau à vitesse non autorisée et laisse au passage toute sa rage, et quelques cadavres non identifiés.
Une écriture acérée, » no limit « , un style décapant, fulgurant, extrême, au rythme infernal à vous couper le souffle, et qui vous éblouira tels des phares en pleine tronche par sa poésie qui s'incruste avec élégance dans cette noirceur absolue.
Un petit noir, bien serré, servi par La Noire, à consommer sans tarder.
Lien : https://dealerdeligne.wordpr..
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critiques presse (1)
Actualitte   26 février 2020
Sebastien Rutés a choisi une forme de logorrhée mentale pour plonger le lecteur dans l’enfer d’un voyage mexicain pire que la traversée de la Gehenne. Autour de ses personnages, une sorte de limbes. Et dans la tête de Gros, tout le paysage intérieur qui filtre les événements analyse, tant bien que mal, le voyage.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
BazartBazart   09 février 2020
Et c'est parce que les cadavres sont si bien rangés, allignés, parrallèles qu'il ne faut pas rouler trop vite, pas seulement pour ne pas attirer l'attention des flics ni crever un pneu mais surtout pour ne pas déranger ce bel alignement toute cette belle organisation, le dernier refuge d'ordre et de propreté dans le chaos du monde, cette sensation d'harmonie que Gros a ressenti quand le commandant a ouverte les portes....
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JazzynewyorkJazzynewyork   29 janvier 2020
voilà ce qui fascine Gros, il se sent responsable de quelque chose, fier d’avoir été choisi pour conduire ce camion bien propre, bien frais, sur une route étroite dans ce désert qui ressemble à une peau d’animal malade, pelée, galeuse, grattée jusqu’au sang et couverte de plaies jusqu’à l’horizon, une route bien droite et bien lisse, qui scintille au soleil, que le soleil et le désert s’acharnent à dissoudre au loin comme ils dissolvent les cadavres, mais qui résiste, qui survit, malgré les nids-de-poule et les ordures qui menacent de déborder des fossés sur le bas-côté, une route en forme de destin, un peu plus étroite chaque matin…
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Pau_linePau_line   04 mars 2020
Le monde, c'est comme un grand semi-remorque que Dieu conduit sans savoir ce qui se passe à l'arrière. Il est enfermé dans la cabine et fonce, les yeux fixés sur la route pour ne pas finir dans le fossé...
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Pau_linePau_line   04 mars 2020
Là-haut, c'est le chemin des morts. Chaque soir, ils s'arrêtent et allument des feux de camp. Ils se reposent des fatigues de la marche et se racontent des histoires du temps où ils vivaient encore. Voilà pourquoi les étoiles changent de place.
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Videos de Sébastien Rutés (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sébastien Rutés
Trois romans troublants, habités par la mort, au sommaire de ce Cercle polar. Mictlán : portrait saisissant d'un pays d'Amérique du sud en décomposition avancée. Une femme de rêve : à la recherche, non pas du coupable, mais de la victime, perdue entre la vie et la mort. Maître des eaux : traque mortelle d'un revenant décidé à se venger d'un village qui a détruit sa famille.
Mictlán de Sébastien Rutés (Gallimard) Une femme de rêve de Dominique Sylvain (Viviane Hamy) Maître des eaux de Patrick Coudreau (La manufacture de livres)
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