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EAN : 9782358876964
384 pages
Éditeur : La manufacture de livres (01/10/2020)
3.91/5   38 notes
Résumé :
À la nuit tombée, un radeau entre dans Lyon porté par les eaux noires de la Saône. Sur l'embarcation, des torches enflammées, une croix de bois, un corps mutilé et orné d'un délicat dessin d'orchidée.
Le crucifié de la Sâone, macabre et fantasmatique mise en scène, devient le défi du commandant Alain Dubak et de son équipe de la police criminelle. Six enquêteurs face à l'affaire la plus spectaculaire qu'ait connu la ville, soumis à l'excitation des médias, a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Kirzy
  11 octobre 2020

« Les morts appartiennent à ceux, parmi les vivants, qui les réclament de la manière la plus obsessionnelle ».
Cette citation en exergue de James Ellroy annonce la couleur : le Quatuor de Los Angeles est LA référence assumée de François Médéline. Référence qui pourrait être écrasante mais qui ne l'est jamais tant cet auteur français joue sa propre partition comme un brillant improvisateur de jazz le ferait sur un morceau connu de tous. Sous ses mots, Lyon devient L. Confidential, le dahlia se transforme en orchidée, le noir se trempe de rouge.
L'auteur se joue des codes du polar trash en poussant les curseurs des stéréotypes habituels très loin : héros borderline fracassé par la vie, crimes odieusement macabres, serial killer corsé, moeurs brutales de flics à la dérive hors des procédures, justice corrompue, extrémistes de tout poil ( le GUD côté extrême-droite, des anars côté extrême-gauche ) ... Si on aime ce genre de polar ( c'est mon cas ), on apprécie, même avec un air de déjà-vu.
Et c'est là, sur cette sensation familière, que François Médéline frappe très fort. Dès la première scène, spectaculaire, qui en met plein les rétines et perdure durant toute la lecture : 1998, un radeau sur la Saône, un cadavre crucifié, émasculé, la peau du visage écorchée, une superbe orchidée peinte sur l'abdomen. L'écriture stroboscopique, quasi épileptique par moment, explose à la face de lecteur, le laisse K.O. et le happe, créant une ambiance nerveuse et dérangeante.
Au-delà de sa remarquable prose, ce qui frappe également, c'est la façon dont le personnage principal, le commandant Alain Dubak qui mène l'enquête, est mis en scène, assailli, lorsqu'il est en proie à la drogue, par des visions hallucinatoires qui fourragent ses obsessions personnelles et un passé intime qui ne passe pas . L'enquête en mode course contre la montre pour stopper le tueur à l'orchidée se mue alors en traque peuplée de fantômes et de cauchemars dans lesquels chacun est au bord de perdre son âme. Car Dubak n'est pas seul, toute son équipe est brillamment campée, à commencer par les deux personnages féminins principaux : Mamy, la capitaine accro aux bonbons Haribo et à la castagne, aussi bien amie fidèle que mère bourrue débordant d'affection; et Véro, la reine des procédures, touchante mère d'un enfant malade qui reste droite dans ses bottes malgré la boue qui l'entoure.
Un polar très ambitieux, à l'envergure certaine, qui ravira les amateurs de romans sombres et furieux.
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BillDOE
  14 juillet 2021
Une barque dérive sur la Saône et s'échoue dans Lyon. A son bord git le cadavre d'un crucifié. La victime a été castrée et son bourreau lui a arraché la peau du visage. Une orchidée est peinte sur son torse.
Le commandant Alain Dubak est chargé de l'enquête. Avec son équipe, ils vont remonter aux sources de l'horreur, partir à la poursuite d'un monstre, ange déchu du paradis des hommes, écartelé entre sa folie meurtrière et son appétit de vengeance…
François Médéline a imaginé avec beaucoup de talent cette histoire qui regroupe tous les bons éléments pour en faire un excellent polar. Ses personnages principaux ont une personnalité haute en couleur et leurs défauts font la qualité principale de ce roman.
Malheureusement, l'écriture de l'auteur, son style pour le moins surprenant, gâchent le plaisir que l'on a à lire « L'ange rouge ». C'est une suite ininterrompue de phrases courtes, parfois répétitives, qui martèlent la narration de cette histoire. On a l'impression de lire une interminable liste de courses. le procédé entraîne le lecteur à la limite de l'aliénation. L'auteur a-t-il voulu expérimenter un style d'écriture ? L'expérience tourne au cauchemar pour le lecteur, c'est un ratage complet.
À dévorer sans aucune retenue pour l'histoire, certainement pas pour le style de l'auteur.
Editions La Manufacture de Livres, 506 pages.
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Bazart
  08 octobre 2020
Printemps 1998, la bonne ville de Lyon est en émoi. Un crucifié a descendu la Saône sur une barge le dimanche des rameaux. le cadavre émasculé et défiguré venait d'avoir trente-trois ans. Pas besoin d'être grand clerc pour faire un parallèle avec un certain Jésus, surtout dans la ville du Primat des Gaules. Serions-nous devant l'oeuvre d'un serial-killer en puissance se demande le commandant Alain Dubuk ?
Nous sommes à Lyon, la ville aux deux collines, celle qui travaille et celle qui prie, et l'on prie avec ferveur chez les intégristes de Saint-Georges et les étudiants du GUD, comme on travaille beaucoup à préparer des attentats chez les anarchistes squatteurs des souterrains de la Croix-Rousse.
L'enquête avance vite, mais le tueur a toujours un cadavre d'avance, et oui Dubuk tu es bien à la poursuite d'un serial-killer.
Bon, ok des cadavres christiques et une enquête menée par un flic sacrément borderline, on a déjà vu ça dans pas mal de polar, mais il faut reconnaitre à François Médéline un savoir-faire indéniable.
Un style direct, rapide et précis dans le déroulement de l'enquête, des personnages à la psyché très fouillée et surtout une habile utilisation du décor urbain de Lyon.
On se croirait chez Ellroy et pourtant nous ne sommes pas à L.A, mais la cité des Gaules vaut bien la cité des Anges, d'ailleurs, n'est-ce pas entre Rhône et Saône, que le cinéma a été inventé?
Un crucifié port Rambaud, un autre place Gerson, un pendu dans un dépôt désaffecté de la Guillotière, et quelques cadavres en plus à l'ile Barbe, bref j'ai lu un polar trash et lyonnais.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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monromannoir
  13 novembre 2020
Service de presse.
A lire les romans de François Médéline on ne peut s'empêcher d'éprouver une espèce de perte de contrôle avec des récits intenses comme La Politique du Tumulte (La manufacture de livres 2012) parfois étranges comme Les Rêves de Guerre (La manufacture de livres 2014) voire même déjantés à l'instar de Il Faut Tuer Jupiter (La manufacture de livres 2018) mettant en scène l'assassinat du président Macron. Comme à l'accoutumée, avec une écriture vive et un style tranchant qui donne le vertige, le lecteur, malmené dans la fureur du récit, va retrouver cette sensation de perte de contrôle dans son dernier opus, L'Ange Rouge dont l'action se situe à Lyon en mettant en scène un groupe de la brigade criminelle de Lyon traquant un tueur en série dont la particularité consiste à peindre une orchidée sur le corps de ses victimes. Flics borderlines, serial killer, à l'image des livres d'Ellroy dont il revendique l'influence, François Médéline nous concocte une intrigue aussi trouble qu'insensée dont l'ambition va bien au-delà des standards d'un thriller à la trame usée jusqu'à la corde, pour nous livrer un ouvrage ambitieux qui oscille entre le roman noir et le polar procédural.
Lyon 1998. Alors que la nuit tombe, on distingue un étrange radeau dérivant sur les flots sombre de la Saône. Eclairée de torches enflammées, on peut distinguer sur l'embarcation un corps mutilé sur lequel on a peint une orchidée avant de le placer sur une croix en bois. Elaborée, macabre, la mise en scène marque les esprits pour celui que l'on appelle désormais le crucifié de la Saône devenant ainsi une affaire spectaculaire qui échoit au commandant Alain Dubak et à son groupe de la brigade criminelle. Pression hiérarchique et médiatique, le groupe livre désormais une course contre la montre en traquant un tueur déterminé et audacieux qui les contraindra à violer les toutes les procédures tout en mettant leur intégrité physique en danger. Ils risquent bien d'y perdre aussi la raison.
Que l'on se le tienne pour dit, L'Ange Rouge va bien au-delà des stéréotypes du thriller avec cette sempiternelle confrontation entre un serial-killer forcément retord et un enquêteur borderline dont le passé tourmenté ressurgit à mesure de l'avancée de ses investigations. François Médéline bouscule donc les codes à la façon d'un James Ellroy en nous offrant un récit extrêmement bien calibré où l'on retrouve, plus que le style syncopé, répétitif qu'il emploie, une intrigue à la fois adroite et profonde avec cette sensation de folie et parfois même de génie qui fait forcément référence au maître du polar américain. Pavé nerveux de près de 500 pages de ce qui s'avère être une série à venir, L'Ange Rouge s'articule autour de l'ensemble d'un groupe de la criminelle dont les protagonistes sont soumis bien évidemment aux aléas des investigations qu'ils doivent mener collectivement mais également aux pressions de la hiérarchie et des instances judiciaires dont on découvre toutes les arcanes et les enjeux que François Médéline décline avec rigueur et précision sans que l'on éprouve cette lourdeur d'une exactitude outrancière des procédures policières avec à la clé un mariage réussi en fiction et réalisme qui comblera les lecteurs les plus exigeants. Même si l'on découvre l'ensemble des membres qui compose ce groupe de la brigade criminelle de Lyon, il va de soi que l'on va se focaliser sur deux enquêteurs atypiques que sont Alain Dubak, commandant dudit groupe secondé de Mamy, son adjointe inamovible de la vieille école qui se gave de sucreries et sait manier le tonfa avec dextérité lui permettant de "dialoguer" avec les prévenus les plus mutiques. Un duo détonant qui compose avec les autres membres du groupe ainsi que les services d'appuis de la police qu'ils soient scientifiques ou psychologiques qui vont intervenir dans cette enquête qui risque à tout moment de s'enliser dans les méandres des fausses pistes. Personnage central du récit, on appréciera ce commandant Dubak, forcément borderline, mais pas trop, qui oscille entre certitudes et doutes en le faisant parfois basculer du côté de "procédures" qui ne sont pas forcément conformes aux directives policières. Issu de la brigade des stupéfiants où il a été affecté trop longtemps en consommant les produits qu'il saisissait, Dubak est un homme blessé, fragile qui tente de se remettre de ses excès, même si la démarche se révèle plutôt difficile tant les tentations sont nombreuses. Mais cette fragilité devient une force avec cette capacité à se retrouver sur le seuil de la folie qui devient un atout dans le cadre de cette traque au tueur en série.
Et puis avec L'Ange Rouge il y a cette ville de Lyon et sa région que l'on découvre au gré d'un récit qui fait la part belle aux particularismes de la cité que ce soit sur le plan géographique bien sûr, mais également avec la dimension sociale et politique nous permettant de nous glisser dans les méandres des milieux extrémistes qu'ils soient de droite ou de gauche mais également dans le monde estudiantin de l'art. Natif de la région, François Médéline nous immerge ainsi avec quelques petites touches bien équilibrées dans le cadre de cette capitale de la Gaule que l'on parcoure dans tous les sens au détour du charme de ses traboules mais également d'endroits plus glauques comme les égouts de la ville abritant quelques sympathisants anarchistes qui vont interférer dans le cours de l'enquête. On le voit, même s'il s'agit bien d'un roman policier on retrouve quelques thématiques politiques, chères à l'auteur, qui donnent encore plus d'ampleur à un récit qui n'en manquait pas.

Cocktail explosif de talent et de folie, L'Ange Rouge, premier opus d'une série à venir, nous réconcilie définitivement avec les histoires de tueur en série au détour d'un récit énergique et fascinant en côtoyant des personnages hauts en couleur que l'on se réjouit déjà de retrouver.

François Médéline : L'Ange rouge. La Manufacture de livres 2020.

A lire en écoutant : People Ain't No Good de Nick Cave. Album : The Boatman's Call. 2011 Mute Records Ltd.
Lien : https://monromannoiretbiense..
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RomansNoirsEtPlus
  23 décembre 2020
François Médeline a pris le parti de nous faire ( vibrer ) et vivre une enquête hors norme à travers les yeux et les actes du commandant Alain Dubak . Dubak n'est pas un policier ordinaire habitué aux méthodes relevant d'une orthodoxie exemplaire ni suivant stricto sensu le code de déontologie régissant théoriquement tous les actes d'un policier dans l'exercice de ses fonctions . Il est plutôt adepte de techniques plus extrêmes , un chouia musclé , quand il s'agit de faire “cracher le morceau” à un lascar récalcitrant . Mais a contrario il n'hésite pas à “mouiller le maillot” pour trouver un indice ou une piste , quitte à y laisser quelques plumes au passage .
Malgré son oeil aveugle , Dubak est doté d'une gueule qui attire les filles ...et les emmerdes . Ancien des stups , il n'a pas vraiment lâché la dope et notamment la blanche qui lui permet de se maintenir éveillé pendant 72 heures .Maintenant chef de groupe de la Criminelle au SRPJ de Lyon , son équipe est constituée de six membres ,Mamy ( son adjointe adepte des bonbons gélatineux et acidulés ) , Véronique ( son amante occasionnelle ) , Joseph , Abdel , Thierry , Laurent et le chien Russel, la mascotte de la bande .
Le crime qui occupe tout leur esprit et leur temps est particulièrement horrible : un cadavre en position christique retrouvé sur un radeau flottant sur le Rhône.Chaque minute compte pour Dubak et ses coéquipiers : la pression de la hiérarchie qui cherche un coupable , celle des journalistes avides de chair fraîche mais surtout l'assassin qui semble suivre une quête irrésistible dans laquelle la raison a depuis bien longtemps laissé place à la folie pure comme les futures victimes s'en rendront vite compte .

L'univers de François Médeline c'est un style (répétitif , saccadé ) , un rythme ( intense) , une langue qu'il a mise à sa sauce ( j'ai appris de nouveaux mots comme “ déhotter” ou “ calibré” utilisés de manière boulimique par l'auteur ) et une grammaire particulière ( celle de la flicaille et de la rue ). .C'est chaotiquement brutal. C'est hallucinatoire tels les cauchemars de Dubak , complètement “stone” . L'auteur a l'art de transformer la lumière en noirceur dans ce polar de fin de siècle sous emprise . Lyon , sa banlieue , ses quartiers , ses boîtes de nuits glauques deviennent le théâtre des pires vicissitudes .Un anti guide du Routard , pour amateurs de sensations extrêmes Une atmosphère poisseuse et maudite qui déteint sur des personnages en rupture : barrés , borderline , paranoïaques ou pour certains bourrés d'obsessions , sexuelles ou gustatives . Une écriture écorchée vive , à la Dantec ( premiers romans ) ou comme certains Ellroy ( sans son égo surdimensionné ) . Un bouquin dont on aimerait bien sûr qu'il soit traduit sur la toile , sachant sans doute que l'énergie brute et la noirceur de certains personnages n'arriveraient que difficilement à passer le cap .
Une drogue littéraire à consommer sans modération .
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
CharlesEdouardCharlesEdouard   26 septembre 2021
A l’ouest, les lumières dansaient sur le flanc de la colline, derrière les bosquets, c’étaient les maisons des riches ; plus haut, de grands immeubles genre blockhaus dominaient la ville ; à l’est, le port se répandait comme une ombre sur une terre vierge et cotonneuse, succession anarchique de bâtiments en béton et de des grues rouillées culminant par-dessus des lampadaires, des entrepôts.
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CharlesEdouardCharlesEdouard   26 septembre 2021
Je suis né borgne même si ça ne se voit pas. J’ai fixé les fils de tabac incandescents. J’ai oublié ses yeux de chien voilés de gris et son nez épaté de boxeuse.
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BazartBazart   08 octobre 2020
J’ai détourné le regard. Je déteste les cadavres, encore plus quand ils sont à la morgue. Je préfère la crim’ aux stups : c’est moins routinier, les agents se droguent moins, la clientèle est moins menteuse, les planques moins nombreuses. Mais je déteste ces saloperies de cadavres. Lorsque j’en vois un, je cours dans ma montée d’escalier si je rentre seul la nuit, je vérifie trois fois que ma porte d’entrée est bien fermée et je contrôle sous mon lit avant de m’y coucher. Un cadavre fait croire aux esprits. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai fait flic. Surement pour contrarier ma mère.
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Charybde2Charybde2   03 décembre 2020
J’ai composé le 28. Thierry a décroché en salle d’interrogatoire. Il m’a passé Laurent, qui m’a indiqué que le dossier RG était sur son bureau. Le bureau de Laurent était aussi bien rangé qu’un bloc opératoire. Il y avait une pochette cartonnée et barrée au feutre vert avec la mention RG. J’ai sorti le listing. J’ai cherché les noms d’état civil dans la liste. Onze étaient fichés. Six d’entre eux avaient un casier judiciaire pour vol, vol avec violence, trrafic de stupéfiants, destruction de biens, dégradation de biens publics, réunions publiques illicites, vandalisme. Pas un n’avait de mandat d’arrêt émis à son encontre. D’après son passeport, le grand blond se nommait François Darcos. Il avait vingt-trois ans. Il était fiché. Il n’avait jamais été condamné. Il ne restait qu’à espérer que ce soit le boss, Max. Il ressemblait plutôt à un second. L’espoir ne fait pas vivre une enquête. L’espoir est l’antithèse du boulot de flic. J’ai compté le nombre de passeports et de cartes d’identité. Il y avait vingt-trois noms. Douze anarchistes étaient passés entre les mailles des Renseignements généraux. Les RG manquaient de moyens.Le manque de moyens était politiquement organisé. Un jour, les RG ne pourraient plus faire leur job correctement. On prétexterait leur manque d’utilité. Ils seraient rayés de la carte. Purement et simplement.
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Charybde2Charybde2   03 décembre 2020
Le hors-bord de la brigade fluviale s’est élancé sur le Rhône. Mamy était calée sur la banquette en skaï vers la poupe. Le vent a fait virevolter sa queue-de-rat dans la nuque complètement 1988. C’est inscrit Nicole Piroli sur sa carte d’identité, mais tout le monde l’appelle Mamy. Elle est capitaine. Elle n’a pas de passeport car elle n’a jamais quitté le territoire national. C’est une mère pour tous les zozos du groupe que je dirige à la crim’ mais elle est aussi plus que ça. Les gens qui ne la connaissent pas voient un Golgoth d’un mètre quatre-vingt-deux et quatre-vingt-dix kilos à tendance boulimique. Moi, je vois qu’elle cuisine mieux que personne, qu’elle ne me drague pas, qu’elle est veuve, sans enfants et prétendument médium, ce qui est un package très utile quand on jobe à la Police judiciaire. Elle doit prendre sa retraite depuis longtemps, prédestinée qu’elle est à se finir à la bière éventée et au whisky bas de gamme, ce qui assurera une continuité avec son boulot de flic : les crimes ont besoin de boîtes de strip-tease et d’alcool.
Mamy était là sur ce hors-bord qui nous menait au fond d’une nuit de printemps. Un air de ras-le-bol s’accrochait à ses lèvres. J’ai louché sur le bout orange de sa Gauloise avec mon œil droit. Le gauche ne fonctionne pas vraiment. Je suis né borgne même si ça ne se voit pas. J’ai fixé les fils de tabac incandescents. J’ai oublié ses yeux de chien voilés de gris et son nez épaté de boxeuse. J’ai dû sourire. Weber a dit :
– Vous vous marrerez moins tout à l’heure, Dubak !
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Videos de François Médéline (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Médéline
A l'occasion du Quai du Polar 2021, François Médéline vous présente son ouvrage "La sacrifiée du Vercors" aux éditions 10-18.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2509443/francois-medeline-la-sacrifiee-du-vercors
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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