AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782264079596
336 pages
10-18 (03/03/2022)
3.7/5   169 notes
Résumé :
Le 1er janvier 1898, un chiffonnier découvre le corps d’un enfant sur les pentes de la Croix Rousse. Très vite, on identifie un gamin des quartiers populaires que ses parents recherchaient depuis plusieurs semaines en vain.
Le commissaire Jules Soubielle est chargé de l’enquête dans ce Lyon soumis à de fortes tensions à la veille des élections. S’élèvent les voix d’un nationalisme déchainé, d’un antisémitisme exacerbé par l’affaire Dreyfus et d’un socialisme... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
3,7

sur 169 notes
5
20 avis
4
18 avis
3
8 avis
2
1 avis
1
0 avis

Kirzy
  15 février 2021
Le roman s'ouvre sur la découverte du corps supplicié d'un enfant, puis le démarrage de l'enquête s'ensuit. L'intrigue est parfaitement maîtrisée, avec un scénario tentaculaire aux nombreux embranchements, rempli de nombreux personnages tous complexes à l'image d'un des flics, à prime abord détestable, qui révèle progressivement un autre visage lorsque son identité profonde apparaît. Les personnages féminins sont particulièrement intéressants dans leurs multiples facettes qui floutent les frontières entre le Bien et le Mal, loin de tout manichéisme.
Polar donc. Polar historique surtout puisqu'il se situe en janvier 1898, à un moment charnière de la IIIème République, en pleine affaire Dreyfus. le 10 janvier le commandant Esterhazy, le « vrai » traître, comparaît devant un tribunal militaire. le conseil de guerre prononce à l'unanimité son acquittement.  Le 13, retentit le célèbre J'accuse de Zola, un électrochoc qui secoue la République au point de la faire sombrer dans une quasi guerre civile. le nationalisme se déchaîne, l'antisémitisme se décomplexe et sévit dans toutes les sphères de la société, y compris dans les rangs de la police.
Le risque avec les polars historiques, c'est souvent de plaquer une reconstitution ripolinée et lourdaude. Gwenaël Bulteau est lui parvenu à reconstituer le Lyon de
la Belle époque sans clichés et avec qualité. Dans La République des faibles, les belles moustaches sont pleines de boue et de sueur. le récit colle au plancher, au plus près des personnages, bourgeois, prolo ou flics. L'écriture, précise et très visuelle lorsqu'il s'agit de décrire les avancées de l'enquête, se fait crue pour dénoncer l'injustice des inégalités sociales. Peut-être aurai-je apprécié que l'arrière-plan socio-politique soit encore plus utilisé pour encore plus l'ancrer dans cette passionnante période.
Ce que décrit le roman est terrible : enfance martyrisée, femmes maltraités, ouvriers rabaissés. le titre résonne de façon presque ironique tant la IIIème République, qui a pourtant érigée fin XIXème siècle de le concept de « République des faibles » censé protéger les invisibilisés, s'est dévoyée : les faibles boivent en fait le calice jusqu'à la lie, les autorités cherchant avant tout à préserver l'ordre établi de la société bourgeoise et à arrêter les agitateurs socialistes. Les faibles ne peuvent compter que sur quelques individualités prêtes à se dresser pour que la machine judiciaire se mette en branle pour le meurtre d'un enfant, ce qui n'était pas le cas à cette époque lorsque l'enfant était de basse extraction sociale. Ses accents naturalistes à la Zola sont vraiment pertinents.
Un premier roman très prometteur, sur les traces d'un Hervé le Corre, la référence absolue en matière de polar historique à vocation sociale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          994
sebastolivre
  05 mai 2022
Polar social historique.
Lyon 1898.Le cadavre mutilé d'un enfant vient d'être découvert. L'enquête commence, et plonge dans les entrailles d'une société française écartelée. L'affaire Dreyfus bat son plein. La publication du J'accuse de Zola va bientôt rebattre toutes les cartes.
Un premier roman naturaliste et social à ne pas manquer.  
Commenter  J’apprécie          1080
Jeanfrancoislemoine
  04 janvier 2022
Quel monde !!! Attention , chers amis et amies qui pensez que " c'était mieux avant " , vous risquez de revoir votre jugement et ce , de la première à la dernière ligne .L'auteur vous convie à pénétrer dans la " cour des miracles " , dans les bas - fonds de la société prolétaire lyonnaise de la fin du XIXème siècle. La République ? Plutôt une effervescence confuse à l'approche d'une élection où les haines se déchaînent , où l'affaire Dreyfus nourrit un antisémitisme aussi primaire que sauvage , où le nationalisme éclate....
C'est dans cette atmosphère de violence que vous allez évoluer, parmi les faibles , les opprimés, dans l'injustice , la misère sociale et intellectuelle , dans une société pour le moins " virile "dans laquelle se meuvent des alcooliques violents et où femmes et enfants de basse couche essaient tant bien que mal de survivre .
Les couleurs ? sombres . Les sons ? plutôt des cris . le toucher ? glauque , gluant , comme ces tas d'immondices dans lequel les mains calleuses d'un chiffonnier vont , un matin , trouver le cadavre privé de tête d'un enfant dont le corps est rongé par la décomposition...L'enquête commence et va donner lieu à bien des découvertes , évidemment ...Mais à partir de là , c'est à vous de faire votre parcours , moi , je viens de tourner la dernière page et , je l'avoue , j'ai reçu une remarquable leçon d'histoire .C'est qu'il est bon , voire excellent , le professeur . Non seulement Gwenael Bulteau a travaillé son sujet et s'est bien documenté mais il a aussi le don d'enfoncer les événements dans une trame passionnante qui nous réserve son lot de surprises .
Je me suis cru revenu au temps de ma jeunesse avec Dickens , dans les bas - fonds londoniens . Heureusement , la police , vous le verrez , veillait au grain pour .....protéger les misérables ? Oui , c'était l'idée mais ...la police ...en ce temps - là... comment dire ....euh ....ah , voilà , voilà, elle avait aussi ses ....problèmes.
Que de choses à lire , à dire , à imaginer dans ce roman qui fut pour moi " palpitant " , écrit d'une plume alerte , utilisant même , pour donner , s'il en était besoin , encore plus de crédibilité au récit, un vocabulaire particulièrement adapté au contexte , un vocabulaire " populaire " mais jamais vulgaire . Les ramifications du " fil rouge " , loin de détourner notre attention , permettent à nos sens de toujours rester en éveil et , croyez - moi , c'est d'une indiscutable nécessité.... Partout , " ça craint ".
Amateurs de romans noirs et d'Histoire , ce roman est pour vous .Mais je préviens les âmes trop sensibles , ça " décoiffe "...Quant à vous , gentes dames , sachez que vous aller partager des destins plutôt ....durs .
Mais oui , comme disent certains , " c'était mieux avant " ....
On en reparle après ? Juste après, hein ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          681
belette2911
  30 mars 2021
Ce polar historique qui fleure bon le roman noir, nous parle de la France d'en bas, celle qui se lève tôt, celle des sans-dents.
En un seul mot : des prolétaires de tous bords. Ceux qui triment comme des bêtes, tirent le diable par la queue, où les hommes boivent, traitent les femmes comme des moins que rien, ont la haine des Juifs, des étrangers, des Prussiens, des flics…
En commençant son histoire par la découverte du corps supplicié d'un enfant, déposé dans une décharge, l'auteur nous balance directement dans la fosse à purin avant même que l'on ait pu tester la température du bouillon de culture.
La misère noire, on va en bouffer, mais sans jamais jouer au voyeur, car l'auteur a évité le pathos et le larmoyant. Oui, c'est brut de décoffrage, oui, c'est glauque, oui, c'est violent et c'est à se demander si on en a un pour relever l'autre, dans ce petit monde qui est aux antipodes de la petite maison dans la prairie.
L'enquête aura plusieurs ramifications, elle servira de fil conducteur à l'auteur pour nous montrer la ville de Lyon en 1898, en pleine affaire Dreyfus, à une époque où Zola et son « j'accuse » fit l'effet d'une bombe et où les gens se transformèrent en bêtes sauvages dans le but d'aller casser du juif.
Le travail historique et documentaire est énorme, mais jamais nous n'aurons l'impression que l'auteur nous déclame une leçon apprise en cours d'histoire, car tous les éléments historiques s'emboîtent parfaitement dans le récit, sans jamais l'alourdir, l'appesantir ou ralentir le rythme.
Mesdames, ne cherchez pas vos droits dans ces pages, nous n'en avons pas, ou si peu : celui de fermer notre gueule, d'écarter les cuisses et de rester à notre place, devant les fourneaux. Je préviens les petits esprits que cela pourrait choquer et qui voudrait ensuite porter plainte contre l'auteur pour maltraitance féminine.
L'Histoire ne fut pas tendre avec nous les femmes (nous le charme), comme elle fut violente aussi pour bien d'autres personnes ! On ne va pas renier le passé ou le passer sous silence sous prétexte que certains ne veulent pas en entendre parler ou veulent nous imposer la "cancel culture".
Ce que ce roman décrit et met en lumière est terrible, car à cette époque, on a de la maltraitance enfantine, féminine, ouvrière, c'est bourré d'injustices, d'inégalités sociales, d'antisémitisme, de misère crasse, de mauvaises foi et de type qui ont des relations inadéquates avec des enfants.
La République (IIIᵉ) avait promis de protéger les faibles, mais ce sont eux qui morflent en premier. La société est bourgeoise, l'ordre est bien établit dans les classes et ceux d'en haut n'ont pas trop envie que les trublions socialistes d'en bas viennent foutre en l'air cet ordre. S'il le faut, la police et le rouleau compresseur de la Justice viendront y mettre bon ordre, dans ces agitateurs.
Un roman noir puissant, violent, sans concession, brut de décoffrage. Une belle écriture, sans fioritures et une plume trempée dans l'acide des injustices sociales. Un très bon premier roman noir.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          363
gruz
  06 février 2021
Là où nombre de ses confrères regardent vers le futur, Gwenaël Bulteau se tourne vers le passé pour son premier roman.
Le débutant en littérature (même s'il avait déjà écrit plusieurs nouvelles, dont une primée aux Quais du polar) se lance dans le polar historique. Mais catégoriser son histoire de manière trop étriquée ne serait pas lui faire honneur comme il se doit.
1898, la Troisième République, dite des faibles. Avec des femmes et des enfants qui, pour beaucoup, ne « méritaient » pas d'être respectés comme les hommes.
1898, en pleine affaire Dreyfus, et de l'onde de choc du « J'accuse » d'Émile Zola. Dans une société où l'antisémitisme est totalement décomplexé, dans la rue comme dans les sphères plus officielles, y compris dans la police.
Cette plongée dans le passé est absolument fascinante, vraiment immersive, clairement instructive. le roman noir est le genre parfait pour captiver tout en parlant d'une société pas si révolue que cela.
La réussite est complète et force le respect. C'est rare, pour un premier roman de genre, qui demande une maîtrise autant de la narration que du contexte.
L'intrigue policière, autour de meurtres d'enfants, prend vite des directions diverses et surprenantes. Au point où je me suis demandé à un moment si l'auteur n'allait pas se perdre et terminer son intrigue en queue de poisson. Pas du tout, le final est formidable, tendu, inattendu et mené de main de maître.
Mais une bonne idée d'intrigue n'est rien sans une ambiance et des personnages qui marquent les esprits. Là encore, belle réussite.
Ce retour vers le passé est plein d'adresse, avec un travail remarquable réalisé sur l'environnement de l'époque. A aucun moment, on a l'impression d'une reconstitution en carton pâte. Au contraire, tout semble sonner juste, sans tomber dans la leçon d'Histoire. le contexte est instructif mais sert toujours l'intrigue.
Quant aux protagonistes, ils sont dessinés avec soin, tout en nuances de gris, loin de tout manichéisme. Ils ont leurs singularités, des pensées et comportements ambivalents. Des caractères complexes, qui tout à tour touchent, choquent, marquent.
Cette histoire nous plonge dans l'intime, de ceux qui n'ont à peine que de quoi vivre, qui sont laissés sur le côté. Et des forces de l'ordre clairement politisées aussi. Un contexte social et politique explosif.
C'est surtout, un cri d'amour pour ces faibles, femmes et enfants, et un cri de justice à travers un pan de l'Histoire qui a des enseignements à nous rappeler.
La république des faibles est autant polar historique que roman noir, contrôlé du début à la fin par un auteur de talent. Gwenaël Bulteau est une belle révélation.
Lien : https://gruznamur.com/2021/0..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290


critiques presse (1)
Actualitte   17 mars 2021
Tout cela se lit d’une traite, sans temps mort, et montre que pour un premier essai, ce roman est un coup de maître.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   18 mars 2021
À ses yeux, la décharge de la Croix-Rousse constituait un véritable filon qu’il n’était pas le seul à exploiter car parfois, lorsqu’il grattait dans la pourriture, il dérangeait les rats qui s’écartaient de mauvaise grâce, contrariés par cet homme empiétant sur leur territoire. À d’autres moments, dressées sur leur arrière-train, les braves bêtes lui faisaient une haie d’honneur comme pour rendre hommage à l’un des leurs au milieu des ordures. Il fallait bien que tout le monde vive
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
EdieEdie   19 mai 2021
- j'aime comprendre. Vous êtes une aventurière, en quelque sorte.
- je dirais plutôt que je me bats depuis toujours contre l'hypocrisie de ce monde envers les femmes. L'église, le mariage, les bonnes moeurs, les femmes ne doivent surtout pas s'en écarter. Malheureusement, ce n'est pas mon cas. Libre à vous de penser que cela fait de moi une aventurière.
Commenter  J’apprécie          70
Moumoute25Moumoute25   07 janvier 2022
-On disait : vive la république ! et le client répondait :Qui prend soin des faibles !
Caron connaissait l'expression,bien sûr.Grace à l'Etat de droit,la République s'enorgueillissait de protéger les faibles, surtout les enfants, et de les aider en cas de malheur.Il s'agissait de leur donner une chance de s'en sortir malgré un mauvais départ dans la vie.
Ici, tout le contraire, la pauvre Esther s'en prenait plein la gueule.
Dans cette république dévoyée, les faibles buvaient le calice jusqu'à la lie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
collectifpolarcollectifpolar   27 avril 2021
Le commissaire Jules Soubielle observa les trois officiers en face de lui. Le premier, Fernand Grimbert, revenait des lieux du crime. Encore plus blafard qu'au petit matin, il se tassait sur sa chaise, les yeux vitreux de fatigue. Des agents étaient allés chercher les deux autres chez eux en leur montrant le document de réquisition immédiate. Ils s'étaient alors tous retrouvés au commissariat, réunis dans la même salle alors qu'ils appartenaient à des services différents et en faisant une sale gueule à l'idée que leur premier de l'an passait à l'as.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Florby75Florby75   27 mars 2022
Helas, nous avons fait preuve de naiveté. La youtrerie internationale n'a pas mis longtemps à réagir par I'intermédiaire de ses roquets. Zola vient de publier une tribune anti France dans le torchon de Clemenceau , le bien mal nommé L' Aurore! L'Aurore en robe de putain, devrait-on dire! Chaque mot de cette tribune est un glaviot craché au visage de nos militaires. Il s'agit la d'une déclaration de guerre. Ces salopards de Juifs n'ont pas le droit de toucher à l'armée! Aujourd'hui, nous vivons sous le régime corrompu d'une république libérale, mais demain, qui sait ? Ah, demain...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Gwenaël Bulteau (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gwenaël Bulteau
A l'occasion du Quai du Polar 2021, Gwenaël Bulteau vous présente son ouvrage "La république des faibles" aux éditions la Manufacture de livres.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2481453/gwenael-bulteau-la-republique-des-faibles
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
+ Lire la suite
autres livres classés : lyonVoir plus
Notre sélection Polar et thriller Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura




Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2582 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre