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EAN : 9782253140771
283 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1997)
3.83/5   100 notes
Résumé :
Il existe deux sortes de sous-marins : les grands et les moins grands. Ces derniers sont les sous-marins d'attaque. Les plus grands sont les SNLE : sous-marins nucléaires lanceurs d'engins.

Ainsi le romancier de Fortune de France entame-t-il son récit d'une patrouille ordinaire à bord d'un de ces bâtiments, sur les pas d'un jeune médecin militaire, parmi ces marins pour qui, des semaines durant, le jour ne se lève pas.

Leurs missions,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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LaBiblidOnee
  06 juin 2021
« Je me disais : Mais qu'est-ce que je fais là, bon Dieu, enfermé dans cette boîte en fer sous l'eau ! Je ne sais même pas dans quel océan ! Il faut à tout prix que je sorte de là ! Et que je revoie le ciel ! »

Qui a dit que je ne mettrai jamais les pieds dans un sous-marin ? C'était sans compter sur la littérature, capable de nous balader absolument partout, même dans des engins militaires dont la discrétion est le maître-mot, et qui conservent en leur sein des secrets-défense bien gardés… itinéraires compris ! Curieuse, j'ai passé 70 jours et nuits dans un sous-marin nucléaire lanceur d'engin (SNLE), avec ces hommes pour qui, pendant plus de deux mois, le jour ne se lèvera pas. « Enfermés que nous sommes dans notre grand poisson d'acier, nous ne ressentons le passage du jour à la nuit que par les nuances artificielles qu'on impose à la lumière électrique ». Enfoncés dans les profondeurs marines, engoncés dans une eau froide et puissante qui enserre la coque, nous avons respiré de l'air artificiel, avons eu envie d'ouvrir les fenêtres, sommes aperçus que c'était impossible, avons voulu revoir le ciel, les nuages et respirer le grand air, pris notre mal en patience, avons été attentifs aux empreintes sonores des autres bateaux pour lesquels nous devons absolument demeurer plus qu'invisibles : inaudibles, inexistant. D'où l'absence de communication avec l'extérieur. Car les SNLE sont nos vigiles nationaux à propulsion nucléaire ; ils effectuent des patrouilles de surveillance et de dissuasion, avec leurs missiles balistiques à charge nucléaire, que le personnel bichonne en espérant surtout ne jamais avoir à s'en servir.

« Si Jonas est un monstre, l'élément dans lequel il baigne en est un autre, et combien plus puissant ! »

L'auteur a raison d'écrire qu' « apprendre un milieu, c'est apprendre d'abord un langage ésotérique. » Bientôt, on est comme un poisson dans l'eau d'entendre que « le crabe untel est un trans » (le quartier-maître travaille aux transmissions), que la marée (la mission) finit dans 70 jours, que selon les « bruits de coursives », le boula a laissé la cuisse de Tetatui dans un sale état (le boulanger n'a pas rangé la cuisine du chef après avoir cuit son pain), ou encore qu'untel a donné un coup de fourchette à bidule parce qu'il n'avait pas reçu de familigramme - oui là il lui a vraiment donné un coup de fourchette, parce qu'il croyait que la censure l'empêchait de recevoir un télégramme familial ; l'enfermement, ça ne fait pas que du bien !

« C'est ce que j'appelle le syndrome de la sixième semaine. Tout se conjugue : l'usure des forces physiques, le confinement, l'absence prolongée de lumière et de mouvement, la monotonie des « quarts », et le fait aussi qu'on est encore trop éloignés du retour pour puiser dans cette pensée une énergie nouvelle ». Ça vous rappelle quelque chose, amis covidiens ?

Robert Merle l'a éprouvé, qui a eu l'autorisation de réaliser deux séjours parmi les sous-mariniers et de les interviewer. Il a transformé ces interviews en roman, mettant en scène un médecin de bord qui effectue sa première mission, découvre tout en même temps que nous ou presque, et pose toutes les questions que sa qualité d' « éléphant » (de novice) lui permet. L'expérience est immersive et instructive : Avec le héros nous apprenons, sommes au centre des anecdotes et recueillons les confidences. Ce faisant, Robert Merle dévoile cet univers au plus grand nombre.
Mais dans le même temps, le côté interviews pédagogiques à répétition prend parfois plus une tournure de reportage que de roman. Et c'est un peu dommage, pour qui s'attendait à une intrigue romanesque. Car d'intrigue il n'y a pas vraiment, si ce n'est la routine quotidienne avec son lot d'anecdotes qui font tout le sel de la marée - coupés que l'on est du reste du monde.

« L'interminable semaine qui vient de s'écouler (mais interminables elles le sont toutes) s'est finalement décidée à nous ramener le week-end. »

Alors, indéniablement, ce n'est pas le meilleur Robert Merle du point de vue romanesque, tant l'auteur a du mal à se détacher de son rôle de journaliste par lequel il a été accueilli, pour incarner le médecin éléphant qui se raconte. Il n'en demeure pas moins que c'est une plongée sous-marine originale, divertissante et intéressante pour découvrir ce milieu que peu d'entre nous ont l'occasion d'imaginer. Maintenant, comme vous pouvez l'imaginer, Chou m'a déjà préparé le visionnage du film « Le chant du loup » : Je vous dirai en commentaire si c'était bien !

« J'essaye d'imaginer ce que des yeux humains ne verront jamais : ce gigantesque poisson de cent trente mètres de long glisser dans les eaux noires - magnifique et invisible -, sans yeux, mais l'oreille aux aguets. »
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fnitter
  30 mars 2021
Sympa, mais pas si intéressant que cela.
70 jours en immersion dans un SNLE (Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engin). le fer de lance de la dissuasion nucléaire.
Dans ce roman, qui se veut réaliste, il n'y aura donc pas d'attaques, d'ennemis ou d'intenses péripéties. On suit le médecin de bord, qui s'adresse à sa fiancée (puis à une lectrice, son couple ayant explosé en vol ou plutôt sous les eaux) sous forme de journal.
Le toubib, bien qu'ayant fait une marée en SNA (Sous-marin Nucléaire d'Attaque), plus petit et destiné au combat lui, joue le rôle du candide. On apprend avec lui le fonctionnement d'un submersible, la fonction des uns et des autres, la vie à bord avec ses routines, ses tracas, ses émotions.
Ah, pour info, Robert Merle est journaliste, pas médecin militaire, il a eu l'autorisation d'embarquer et d'interviewer des marins de SNLE pour son livre.
Pour en revenir au titre. On a l'impression en lisant notamment la quatrième de couverture d'être en face d'une lecture pour initié, technique, et philosophique ( si vis para bellum et tuti quanti ). Il n'en est rien. C'est très premier degré, simple, à la limite même simpliste. Sincèrement, pour le profane, ignorant la distinction entre un capitaine de corvette et un de vaisseau, ignorant ce qu'est un ballast, c'est fait pour vous.
Pour les autres, ou après cette lecture, si on veut approfondir, préférez nettement Commandant de sous-marins de François Dupont, plus actuel (2020 contre 1986) et tellement plus immersif. Et pour un sous-marin, avouez que c'est mieux non ?
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finitysend
  25 mars 2013
L'auteur était médecin de bord sur un sous-marin nucléaire.
Il nous propose de découvrir ce mode de vie.
De manières très vivantes et très personnelles , l'auteur aborde tous les aspects de la vie du bord
Les difficultés ne sont pas superficiellement examinées et elles sont souvent vues selon un contexte plus large du plus grand intérêt.
Vie en milieu Confiné dans un cadre hyper exigent , sous-marins nucléaires et dissuasion , ce sont les thèmes évoqués ici .
Pour conclure , il est possible aujourd'hui de visiter un navire de ce type .Le redoutable, à la cite de la mer à Cherbourg .
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beauscoop
  22 mars 2019
Un officier de marine affecté à un sous marin nucléaire nous décrit la vie à bord. Tout y est figuré en détails, avec même le langage codé utilisé. Cela peut être fastidieux pour certains lecteurs non spécialistes mais nous apprenons malgré cela beaucoup d'informations dans ce récit.
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cheyenne-tala
  26 mars 2014
L'histoire se déroule à bord d'un SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engins), à travers le récit d'un jeune médecin militaire.
Tout au long de sa patrouille en mer, durant plusieurs semaines, il va nous faire découvrir ce monde si particulier. Son équipage, le rôle de chacun, l'organisation du quotidien, et plus largement, la mission du sous-marin et ses enjeux…
Outre le bénéfice d'enrichir notre culture générale dans un domaine finalement peu connu, l'auteur s'intéresse à la dimension humaine de cette aventure. Les interactions nécessaires entre les membres de l'équipage, les ajustements hiérarchiques, les états d'âme souvent mis à mal du fait de l'enfermement….Les monologues de l'auteur du récit (le médecin) sont également très intéressants, et pleins d'humour !
208 pages captivantes, écrites avec beaucoup de finesse, et chevauchant un vocabulaire soutenu ! (encore une fois, merci Monsieur Merle, d'avoir pensé à alimenter notre culture linguistique)
Bonne lecture.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
fnitterfnitter   02 avril 2021
Vous fumez ?
Non, docteur.
Vous buvez ?
Pas plus qu’un autre.
Oui, mais l’autre, qu’est-ce qu’il boit ? Quelle est la dose de poison quotidien qu’un Breton de son âge considère comme normale ?
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fnitterfnitter   01 avril 2021
Messieurs, je vais vous faire une confidence : je ne sais pas nager. Et le sous-marin est le seul bateau où l’on ne puisse pas passer par-dessus bord.
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fnitterfnitter   04 avril 2021
La discipline, oui. Mais la discipline formelle, quelle absurdité ! Quand un ordre est stupide, c’est lui qui introduit le désordre.
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beauscoopbeauscoop   21 mars 2019
Sur un petit sous-marin diesel, les choses ne sont pas si calmes, car il revient souvent à la surface, ou près de la surface, tant parce qu’il a besoin d’air pour le diesel et les hommes que pour épier des « proies » possibles. Le SNLE n’obéit pas à ces servitudes. Il fabrique lui-même son air. Il élimine ses pollutions. Et il se coule le plus discrètement possible dans les eaux les plus profondes sans jamais montrer le bout d’un périscope...
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gillgill   27 avril 2012
J'ai voulu montrer dans ce livre la vie obscure et périlleuse des équipages qui, dans nos SNLE, accomplissent cette tâche. Plus j'ai écouté ces marins, plus je les ai trouvés humains, ouverts et sympathiques. Il en est d'eux comme, sans doute, de leurs homologues anglais, américains ou soviétiques : ils ne sont en aucune façon des guerriers impatients d'en découdre.
Il sont bien au rebours, infiniment plus conscients que la plupart de nos concitoyens de ce qui se passerait dans la patrie des autres et dans leur propre patrie, si l'ordre de tirer leurs missiles balistiques leur était transmis.
Je ne prédis en aucune façon - je tiens à le dire avec toute la clarté désirable - que cet ordre leur sera un jour donné. Mais que cette possibilité existe montre à quel point sont détraqués les temps que nous vivons...
(extrait de l'avant-propos inséré en début du volume paru chez "Presses Pocket" en 1988)
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Videos de Robert Merle (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Merle
https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=64092
Pour que la chirurgie orthopédique ait pu atteindre son degré actuel de fiabilité, il a fallu une organisation hospitalière nouvelle, la création de la spécialité, son enseignement à grande échelle, la pratique d'une délibération collective rigoureuse et honnête de chaque indication opératoire, y associer médecins experts et anesthésistes, exiger une pratique opératoire efficace et applicable par tous, publier les résultats sans masquer les échecs. Tout cela, nous le devons à un assembleur. Robert Merle d'Aubigné est celui auquel les chirurgiens orthopédistes français actuels doivent de pratiquer aujourd'hui.
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