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Des grives aux loups tome 3 sur 4
EAN : 9782266173803
377 pages
Pocket (05/02/2007)
4.01/5   346 notes
Résumé :
La grande fresque familiale de Claude Michelet continue avec ce roman. Trois générations, un même esprit et un même cœur, la famille Vialhe n'est pas près de s'éteindre.

1974... Saint-Libéral ne compte plus que trois cent quatre habitants. Pierre-Édouard – le doyen – se désole. La population vieillit, le village se meurt. Jacques Vialhe s'échine sur l'exploitation familiale. Dominique, son fils, ingénieur agronome en Afrique, ne parle pas de prendre l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
L'appel des engoulevents/ Tome III des gens de Saint Libéral Claude Michelet.
Miladiou ! Que la Corrèze est belle !
Alors que les pluies de septembre en cette année 1974 ont reverdi pacages et luzernières, Pierre-Edouard alors âgé de 85 ans revient de la cueillette des cèpes parmi les châtaigneraies et les peupleraies déjà tachetées de roux en ce début d'automne. Faisant la pose sur une souche, il songe soucieux à la lignée des Vialhe. Son petit-fils Dominique, 27 ans, fils de Jacques, 54 ans, son fils aîné marié à Michèle, n'a pas choisi hélas de rester sur la terre des ancêtres et prendre la suite de son père à la ferme : il travaille comme ingénieur agronome en Algérie.
Mauricette la soeur de Jacques, 49 ans, mariée à Jean-Pierre l'instituteur du village, est tout comme Jacques pour ses nièces, peinée par le chemin pris par ses trois filles : Marie, 27 ans, professeur de mathématique est en instance de divorce, Chantal, 25 ans, ambassadrice de la griffe créée par sa grande tante Berthe, virevolte parmi les hommes qui lui plaisent, et Josyane, 24ans, partie au tour du monde à l'aventure avec un photographe !
Guy le dernier fils de Pierre-Edouard, 42 ans, avocat à Paris se fait du souci pour ses deux fils. En effet Jean âgé de 15 ans, brillant élève, ne veut pas suivre les traces de son père et souhaite être éleveur, tandis que Marc, 13 ans, est le contestataire né. Nous sommes six ans après 68 et le portrait du Che fait encore rêver les jeunes idéalistes. La contestation est au foyer et Guy et Colette son épouse, ont bien du mal à canaliser cette énergie juvénile.
Les techniques de culture ont fait d'immenses progrès. Cependant, arrive un moment où la terre n'en peut plus et devient incapable de nourrir une famille. de plus pour rentabiliser, il faut produire de plus en plus. Au fils des ans les fermes se voient abandonnées et l'exode rural va en s'accélérant. Jacques a bien du souci à se faire avec également sa fonction de maire, bien aidé heureusement pas Jean-Pierre son beau-frère, le mari de Mauricette sa soeur. Les ressources communales vont en s'étiolant et Jacques ne trouve pas de solution pour redynamiser le village malgré les idées que lui suggère Dominique son fils.
Dominique de retour d'Algérie a trouvé une nouvelle situation en Guyane : il songe a emmener avec lui une connaissance qu'il a faite dans l'avion entre Alger et Paris, la belle Béatrice. Il est amoureux.
Chapitre après chapitres on suit la vie de chacun des membres de cette famille que l'on finit par connaître comme la sienne propre, avec Louis Dupeuch, le fils d'Yvette, qui s'est lancé dans l'immobilier, a fait de mauvaises affaires et voit ses biens lui échapper sous la plume d'un tabellion cauteleux à la solde de requins des affaires, ou Josyane la rebelle aventurière qui parcourt la Polynésie, ou encore Félix, le fils de Louise , amoureux de la nature assistant « au ballet des engoulevents rasant le sol, puis bondissant en chandelle pour gober quelques noctuelles avant de s'évanouir dans le crépuscule, tandis que le chant rauque des faisans répond au fin pipeau des mésanges charbonnières et au tambourinage grinçant des pics épeiches forant les troncs creux faisant écho aux vocalises des fauvettes babillardes et des pouillots véloces. » Magnifiques passages du récit évoquant plus loin la nature corrézienne dans toute sa beauté matutinale : « La forêt, encore toute humide de rosée, était resplendissante. Elle ruisselait de lumière, et les chênaies, dans la plénitude de leur épanouissement printanier d'un vert tendre et délicat, buvaient le soleil à grands traits, s'en gorgeaient. » Et puis les drames comme la sécheresse de 1976 avec les incendies dévastateurs et bien d'autres encore qui succèdent aux moments de joie quand la famille s'agrandit et se retrouve à Saint-Libéral.
le titre du récit rappelle que les engoulevents sont des oiseaux migrateurs qui reviennent chaque année là où ils sont nés à la belle saison. Ainsi en est-il des Vialhe qui tous un jour reviennent au bercail. Les petits enfants de Pierre-Édouard sont des citadins migrateurs « avec au fond d'eux, cette invincible attirance pour la terre et cette certitude qu'il importe d'y entretenir quelques solides racines… »
Un magnifique troisième tome très bien écrit, dans une langue simple et chaleureuse, très émouvant, riche de parfums agrestes et de poésie bucolique retraçant le courage de cette race de paysans ayant le sens du devoir, le goût de la tradition, accroché à la glèbe à tout jamais.
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Troisième tome de la série "Les grives aux loups", nous retrouvons la famille Vialhe au milieu des années soixante-dix. le village de Saint-Libéral compte de moins en moins d'habitants, et si à la génération précédente, Pierre-Edouard et Mathilde ont vu des membres de leur famille partir à la ville ou même encore plus loin, tout espoir n'est pas perdu lorsqu'un jeune Vialhe de la génération suivante rêve de venir s'installer à Saint-Libéral, pour y vivre du travail de la terre, comme l'ont fait, jadis, ses aïeux.
"L'appel des engoulevents" nous fait partager la vie de la famille Vialhe, qu'on suit depuis maintenant plusieurs générations et à laquelle on s'est attaché, et que pour ma part, je retrouve avec bonheur à chaque fois.
Une série magistrale !
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Avec ce 3e volet de la saga familiale des Vialhe, on aborde les années 1970. Pierre-Edouard, Mathilde et tous les personnages des précédents livres se font vieux, tout comme leur village de Saint-Libéral. Avec son talent habituel, Michelet dépeint ces personnages de manière particulièrement réaliste et attachante. Il montre bien aussi l'évolution de la société dans les années 1970, avec la libération des moeurs et le décalage que cela provoque entre les générations. Il analyse également l'évolution de l'agriculture, sa tendance à la concentration et à la libéralisation. Ce roman parait, par certains côtés, plus personnel en ce qu'il permet à Michelet d'exprimer ses idées sur ce sujet qui lui tient à coeur. On a parfois l'impression de deviner son propre parcours dans celui de Jean, le petit-fils parisien de Pierre-Edouard, qui ne rêve que de s'installer sur une ferme, ou dans celui de Dominique, ingénieur agronome qui est lui aussi tenté de revenir travailler sa terre natale... comme les engoulevents. Un roman que j'ai trouvé très intéressant. J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les parcours des différents personnages.
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J'avais lu la trilogie (je vois que depuis Michelet a écrit un 4e tome) il y a une 40aine d'années et en avais gardé un excellent souvenir. Dans l'idée d'un prochain effondrement et de devoir améliorer mon autonomie j'ai voulu relire ces livres afin de voir comment vivaient les paysans au début du siècle dans ce qu'on appelle aujourd'hui une micro-ferme.
40 ans plus tard j'ai encore apprécié le roman et ses suites qui décrivent parfaitement la vie rurale et la mutation des paysans vers les exploitants agricoles avec la mécanisation et les intrants, leur soumission obligatoire à l'Europe et à la dette. le côté anar de Michelet n'est pas pour me déplaire non plus. Et en plus c'est bien écrit.
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Quel beau livre ! Mais encore une saga que je commence par la fin, fait du hasard (un pauvre vieux livre isolé sur son étagère que j'attrape en passant). Je vais me procurer les deux premiers tomes et me faire plaisir.
En attendant, j'ai adoré cette écriture fine, descriptive, agréable, chaleureuse. Il y a dans cet ouvrage du Hervé Bazin de l'église verte ou du Bernard Clavel de la grande patience. Les personnages sont attachants, véhiculent de vraie valeur comme le sens du devoir, la rigueur et le goût de la tradition. Pas de gros méchants, juste des gens ordinaires avec leurs défauts et leurs qualités, comme dans la vraie vie. A lire et à relire. Un pur moment de bonheur.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Dès leur retour au bourg, le maître voulut absolument accompagner son élève jusque chez lui et, en les voyant passer, on ne savait qui, de l’instituteur ou de l’élève, était le plus fier, le plus heureux.
Le grand-père Édouard était seul, assis devant la maison ; depuis l’orage, ses rhumatismes le torturaient. Tout le reste de la famille moissonnait le froment dans la pièce des Malides, là-haut sur le plateau.
Eh bien, voilà ! dit M. Lanzac, Pierre-Édouard est reçu, et bien reçu. Je suis très fier de lui.
Le vieil homme les regarda, puis eut ce geste qui stupéfia son petit-fils car il savait à quel point l’aïeul avait du mal à se tenir debout : il se leva. Il souriait de toutes ses rides et Pierre-Édouard n’en crut pas ses yeux lorsqu’il constata que les paupières du vieillard se frangeaient de larmes. Et son étonnement s’accrut encore lorsqu’il parla, non en patois, qui était pourtant sa langue habituelle, mais en français, ce français dont il n’usait qu’en des circonstances exceptionnelles.
Non, non, assura-t-il, je ne suis pas gâteux, c’est rien…
Il avala sa salive, ébaucha un sourire :
Tu comprends, tu es le premier de tous les Vialhe, le premier qui a un diplôme… Moi, je ne sais pas écrire, et à peine lire. Et toi, toi, tu as un diplôme, un vrai diplôme de l’État !
[challenge des livres sans citation]
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Il se rappela soudain que Jacques l'avait prévenu, la veille, qu’on allait changer d'heure. Il n'avait rien compris à ce que lui avait expliqué son fils, mais avait annoncé que, de toute façon, le soleil et lui n’avaient rien à foutre de ce que décidaient les abrutis de Parisiens !
- Changer d'heure ? Avait-il lancé, et puis quoi encore ? Ils pourraient demander à la lune de se lever à l'ouest tant qu ils y sont, ces ânes ! Ne compte pas sur moi pour me plier à cette couillonnade !
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Avec l'âge, il avait acquis un grand détachement. La mort seule le touchait au cœur, surtout celle d'un proche, surtout celle de Léon.
Mais le reste ! Bah, c'était la vie ! Il fallait faire avec et se répéter surtout que plus rien n'était comme avant, qu'il n'était plus qu'un observateur et un des derniers représentants d'un temps révolu, d'une époque défunte. Tout était périmé, et la majorité des valeurs qu'il avait défendues n'avaient plus cours.
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Je me suis demandé comment nos politiques avaient été assez bêtes pour lancer l’idée de l’impôt sécheresse. J’ai cru que c’était une de ces conneries qu’ils affectionnent, une de plus ! Eh bien, zéro, je crois maintenant que tout cela était voulu, calculé. Il faut casser l’image de l’agriculteur nourrisseur et indispensable, il faut faire entrer dans la tête des consommateurs que ça leur reviendrait moins cher si on achetait tout notre casse-croûte ailleurs, aux Américains, par exemple. Toi, petit producteur, on va te traiter d’affreux, de subventionné à outrance ! On te reprochera même les excédents que nos minables gestionnaires ne sont pas foutus d’écouler. Ensuite, on te cassera les reins, au nom du beau rêve européen. Oui, beau rêve que des incapables sont en train de transformer en cauchemar, et surtout en un sinistre bordel ! L’Europe des bureaucrates, mais surtout l’Europe du désert français, des régions sacrifiées…
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C’est important de savoir d'où on vient, ça donne des racines. Et on dira ce qu on voudra, les racines, ça permet de bien se tenir fier et de bien résister aux tempêtes, aussi !
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