AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253031208
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Dans un village de France, on découvre un homme qui vient de nulle part : un homme sans nom, sans famille, sans passé, ou, du moins, se prétendant tel.
Il semble avoir vécu un certain temps caché au cœur de la forêt, cette "église verte ", ultime refuge pour ceux qui veulent fuir leurs semblables.... Ou eux-mêmes.
Quel est son secret ? Hymne vibrant à la nature - dont Hervé Bazin, obstiné campagnard, parle mieux que personne, en connaisseur et en poèt... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
piccolanina
  14 août 2018
Chut ! Ho ! Whouhaou !
Tel un Adonis , un homme bondit hors des roseaux .
Il est nu , doré par les dards du soleil .
En virtuose , il joue de la flûte sous l'oreille attentive et charmée de son seul compagnon : un houret .
Ce chien sauvage n'est pas le seul à être subjugué par le phénomène .
Claire et son père , ancien directeur d'école , sont des passionnés de la forêt et notamment de ces endroits difficiles d'accès . Ils restent cois ; osent à peine respirer .
Une rencontre fugace , une brindille effleurée et notre olibrius disparaît tel un chevreuil aux aguets .
Nos deux promeneurs , hébétés s'en retournent chez eux, le regard amusé , le père murmurant " apprivoiser le houret , c'est du travail d'Orphée " p. 23 .
Bientôt , la nouvelle gagne le village .
On le cherche. On le traque . On le blesse .
Et badaboum ! il gît , blessé à la jambe par un chasseur maladroit .
Conduit à l'hôpital , sans papier d'identité , l'éphèbe hermétique est tourmenté par la maréchaussée .
Qui est-il ?
Un vagabond ? Un braconnier ? Un assassin ? Un ermite ?
Et...
A vous de découvrir son devenir !
Aujourd'hui , plus que jamais , l'être humain est soumis à maintes pressions : appauvrissement de la Terre , disparition de la faune et de la flore , raréfaction de l'eau potable , pollution .
Mais il est collé , presque jour et nuit , à la téléphonie , aux réseaux sociaux : un monde artificiel !
Même les pays pauvres s'y sont mis .
Et ce marché de consommation où les individus sont servis sur un plateau d'argent : le plaisir et le confort , toujours plus !
Que devient l'imagination ? Qui communie encore avec la Nature ?
A force de tout accepter , l'espèce humaine finirait-elle comme dans le film " Soleil Vert " , sorti dans les années 70, quand la Terre se meurt et que les grands et cyniques profiteurs d'une usine fabriquent "des soylent green " à base de cadavres euthanasiés .
Qui pouvait mieux qu'Hervé Bazin , poète et terrien dans l'âme parler avec autant d'amour et de connaissances de la forêt , de ses habitants , tels que la marouette , le grimpereau , la genette ou le butor etc....
Alors que beaucoup d'espèces n'existent plus , ce livre est un véritable album-photos dont un dictionnaire serait le bienvenu .
Il est logique que l'auteur ait campé son personnage principal parmi les chants et les odeurs de la forêt , cet endroit qui lui est si cher .
Un homme qui fuit la civilisation ; qui refuse de porter un nom car il se considère comme " personne " ; juste un frère de la Nature .
Comment un livre d'une richesse pareille , au point de vue des descriptions variées , précises , colorées et insolites ,grâce à un style élaboré , certes , mais ironique , savoureux , gai malgré le sujet , n'a pas eu plus de succès ,
surtout que le thème est grave .


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          143
lecassin
  09 décembre 2011
Dans un village de France, suite à un accident de chasse, on découvre un homme qui vient de nulle part : un homme sans nom, sans famille, sans passé, ou, du moins, se prétendant tel. En faisant irruption ainsi dans la société qu'il avait voulu quitter, l'inconnu apporte à celle-ci un chapelet de problèmes quasiment insolubles. Car tout est nominatif en dehors de « l'église verte » où il avait trouvé refuge, l'administration, la justice …
Ce que nous présente Hervé Bazin n'est pas une « église verte » , mais une cathédrale verte tant son érudition botanique est immense ; complétée d'une réflexion sur l'identité - au sens large - de l'homme, au sens large là aussi …
Bref, un hymne à la forêt doublé d'un questionnement existentiel.
Commenter  J’apprécie          170
Wyoming
  17 juin 2018
Bazin explore dans ce livre le mythe de l'isolement dans la nature et c'est une réussite. La verve littéraire de l'auteur présente avec talent la découverte de ce Robinson du XXème siècle. Au centre de l'ouvrage, la nature avec un grand N décrite par Bazin avec une excellente connaissance de ses mystères. Belle réflexion existentielle également qui inspire toujours nombre d'individus recherchant le vrai sens de leur vie dans l'isolement au milieu du vert.
Commenter  J’apprécie          80
luis1952
  09 novembre 2018
En grand connaisseur de la nature, avec ce roman-ci Hervé Bazin nous partage ses connaissances en botanique et animaux des bois avec ce roman.
Le narrateur accompagné de sa fille lors d'une balade rencontrent un homme dévêtu vivant au milieu des bois et c'est le début d'une histoire bien racontée.
On s'occupera de l'individu, mais alors se posera la question au cours de l'histoire . Peut-on vivre, exister dans notre la société, hors de celle-ci et dépourvu d'un nom et d'un prénom ?
Commenter  J’apprécie          50
Kalliope
  31 décembre 2010
Impossible de parler un à un des livres de Hervé Bazin, je les ai tous lus et tous aimés, et je les relirai encore. Mais cette plongée dans cette Eglise verte m'a tout à fait ravie.
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
piccolaninapiccolanina   10 août 2018
(... ) j'ai donné le goût des longues randonnées dans ces bois où nous sommes parfois des cueilleurs de simples , de bolets , de framboises , de noisettes , mais surtout des voyeurs . Je veux dire : des gens qui savent voir , à l'inverse de tant d'autres passant à côté de tout , les yeux ouverts et le regard fermé; des gens qui appartiennent , en pleine nature , à l'ordre des contemplatifs , qui se conduisent comme dans une réserve , qui n'interviennent jamais , qui ne collectionnent rien , qui ne photographient même pas , qui se réjouissent seulement d'identifier cent variétés de papillons , d'oiseaux , de rongeurs et , plus encore , d'observer dans le silence des approches une biche camouflant sa rousseur , une couleuvre en train d'avaler un orvet , un pic à calotte rouge tambourinant ses noces au bord du trou foré pour sa femelle ...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
piccolaninapiccolanina   10 août 2018
Claire sait bien que ce jour est l'un des rares où je m'en veuille de vivre ce qu'elle appelle une vie non seulement réglée comme du papier à musique , mais satisfait du refrain .
Un chagrin engourdi, qui se réveille à date fixe , ne mérite pas de ménagement . Cependant , s'il est vrai que les horaires m'ont à ce point mécanisé qu'aujourd'hui encore , retraité soumis sans motif à l'horloge , je me lève à six heures , je mange à douze et à dix-neuf heures , il y a là prolongation d'un règne .
Ma femme , de son vivant , je la trouvais répétitive , et ses habitudes , pourtant continuent à faire la loi .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
SflaggSflagg   01 avril 2016
"Nous ne faisons que changer d'âge, d'apparence physique, parfois de situation, d'habitation, d'idées... Qu'y a-t-il de commun entre tous ceux que nous sommes, du poupon au vieillard ? Un nom. Un repère arbitraire, mais fixe. Le rejeter, c'est vraiment le refus le plus radical, le plus paralysant pour les autres. Vous ne leur laissez plus de prise. Privé du mot qui doit vous qualifier, privé de raison sociale, vous devenez irréel, hors la langue, hors l'usage, hors la loi. Aux histoires qu'on me fait vous voyez, comme moi, à quel point ça déroute ! Je respire, je dors, je mange, je vis très bien, mais je ne devrais pas : je ne figure pas au répertoire !"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
piccolaninapiccolanina   11 août 2018
Car enfin , cher ami , s'il est vrai que les chasseurs tuent par plaisir , par orgueil , par intérêt ( pour le paysan , c'est un rapport analogue à celui de la basse-cour ) , s'il est vrai qu'ils ont décimé , voire détruit des dizaines d'espèces , s'il est faux qu'ils puissent se prétendre protecteurs de la faune sous prétexte qu'ils repeuplent leur territoire de gibier artificiel aussitôt massacré , s'il est scandaleux que les plus sérieux d'entre eux doués d'une belle connaissance de la faune ne sachant l'honorer qu'en la sacrifiant dans les formes ( et fort inutilement : ils ne mangent pas le cerf ) ... nous ne valons guère mieux qu'eux , nous qui avons pitié des bêtes sauvages , mais non des domestiques , nous dont la denture nous oblige à demeurer des carnassiers , vivant des protéines de cadavres que nous assurent le rôti , la saucisse , le caviar ou le foie gras .
Mais de ces contradictions on s'arrange fort bien .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
piccolaninapiccolanina   11 août 2018
- Le houret ? fit Claire .
Rien de moins sûr . Hormis , les petits furtifs - fauvette , mulot , lézard - , les bêtes étaient en grève . Il y a des jours où , sans explication , la forêt se dépeuple , n'offre plus que des colonnades : un désert de bois debout .
Un lendemain d'ouverture j'aurais dû m'en douter : la faune , qui a perdu son nom pour devenir gibier , s'évanouit , se motte , se clapit , n'est plus qu'un oeil dans un trou , une boule dans un gîte , un tremblement dans un roncier .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Hervé Bazin (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Bazin
Vidéo de Hervé Bazin
autres livres classés : forêtsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Hervé Bazin

Né à Angers en ...

1901
1911
1921
1931

12 questions
41 lecteurs ont répondu
Thème : Hervé BazinCréer un quiz sur ce livre