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Eddie Campbell (Illustrateur)Jean-Paul Jennequin (Traducteur)
ISBN : 284055514X
Éditeur : Delcourt (24/10/2000)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 228 notes)
Résumé :
Whitechapel, 1888 : au cœur de ce quartier pauvre de Londres, où la misère rime avec la déchéance la plus totale, cinq prostituées vont être retrouvées assassinées dans des conditions terrifiantes. Étranglées, éventrées, mutilées de la plus atroce des façons, elles sont les victimes de celui qui allait devenir le plus célèbre serial killer de l'histoire, et dont l'identité reste aujourd'hui une énigme : Jack l'éventreur. Et si, derrière ce nom qui a fait couler ta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Alcapone
  24 août 2013
Auréolée de mystère et toujours irrésolue, l'affaire de Jack l'Éventreur (Whitechapel, Londres, 1888) est sans doute l'une des affaires criminelles qui ait embrasé toutes les passions. Celui qui était communément désigné sous le surnom de Jack The Ripper, n'a cessé de stimuler l'intérêt et l'imagination de nombreux écrivains ou réalisateurs. Tout comme Patricia Cromwell, Robert Desnos ou encore Stéphane Bourgoin, Alan Moore s'est également saisi de ce fascinant dossier. Son interprétation aussi documentée que fantasmée, tire son titre de From Hell, la lettre prétendument envoyée par le tueur à l'époque. Les thèses étoffées par Alan Moore se basent sur les faits historiques, politiques et sociologiques de cette inquiétante Londres de l'ère victorienne. A cette différence près que le génial scénariste y ajoute une bonne dose de mysticisme (cf. les références faites à la loge maçonnique par le biais de William Gull) et de conspirationnisme (cf. la conspiration royale). On rencontre notamment des personnages célèbres tels la Reine Victoria, Oscar Wilde, Frederick Treves (médecin extraordinaire de la Reine) et John Merrick (Elephant Man) ainsi que tous les acteurs impliqués dans l'affaire comme le médecin William Gull, le chef de police Frederick Abberline, Walter Sickert, John Druitt, le prince Albert Victor, ou encore le médium Robert Lees. Preuve probante de l'imagination prolifique et diabolique d'Alan Moore, From Hell livre une version machiavélique de l'affaire du Tueur de Whitechapel...
Indéniablement sombre et violent, le scénario déroulé par Alan Moore ne manque pas d'emporter son lecteur. Les graphismes noir et blanc d'Eddie Campbell ainsi que son coup de crayon tantôt précis, tantôt torturé, sont parfaitement adaptés aux intentions du scénariste : le travail de recherche documentaire, manisfestement méticuleux, offre un résultat des plus réalistes et certaines scènes sont d'une brutalité insoutenable mais c'est justement cela qui fait le génie de cette grandiose bande-dessinée. Que le véritable coupable des meurtres de Whitechapel soit démasqué ou non, peu importe : ce qui fait le succès de ce roman graphique réside véritablement dans son scénario et son traitement graphique. On notera par-ci, par-là quelques clins d'oeil à notre société moderne que j'ai trouvé originaux. A vous de les retrouver. Pour conclure, la lecture de From Hell n'est assurément pas recommandée à tout lecteur mais il s'agit bien là d'un chef d'oeuvre incontournable à lire et à relire...
On notera par ailleurs en fin d'ouvrage de nombreuses annotations aux chapitres de la bande-dessinée. Ils apportent sensiblement de précieuses informations bibliographiques et justifient les choix opérés par Alan Moore pour son intrigue. Personnellement, j'ai trouvé cette partie digne d'intérêt même si elle nécessite une relecture plus poussée des 575 p. de l'ouvrage. Parmi les références citées et recommandées par le scénariste, on remarquera d'ailleurs que l'auteur s'est pour beaucoup appuyé sur le travail de Stephen Knight JtR : The final solution. Voilà peut-être une nouvelle piste de lecture qui nous en dira probablement plus sur le processus de construction de l'oeuvre de Moore ? Si j'en ai l'occasion, je me pencherai sur ce titre.
Enfin, malgré les sources innombrables sur le sujet, je recommande la lecture de l'article suivant : http://www.tueursenserie.org/spip.php?article8&artpage=1-2 sur le site Tueurs en série, site comme son nom l'indique, est spécialisé sur les serial killers. Je le trouve bien documenté. de plus, il propose en fin d'article une bilbiographie commentée sur différents ouvrages traitant du sujet. Passionnant.
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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colimasson
  17 décembre 2015
Jack L'Eventreur est à l'honneur, ceci en sa triple qualité 1) d'énigme historique ; 2) d'énigme maçonnique ; 3) d'énigme temporelle. Ces énigmes se recoupent et convergent vers la quatrième dimension. Comme disait Roger Caillois : « des sots se chargeront de tout expliquer par la quatrième dimension ». Déjà, mon correcteur orthographique ne sait plus ce qu'est un « sot », ensuite, Alan Moore n'en est pas un.

Qu'on regarde la bibliographie : toutes les théories rationnelles concernant Jack l'Eventreur ont déjà été élaborées. Résultat : nada. Alan Moore profite quant à lui de son statut batard de dessinateur de bande dessinée pour prendre ses distances avec l'obligation de véracité et s'aventurer sur des chemins plus audacieux de spéculation métaphysique. Il n'abandonne pas le souci historique pour partir à la cueillette aux marguerites mais croise toutes ses sources pour établir un schéma hypothétiquement vraisemblable avant d'extrapoler ses réflexions du singulier à l'universel.

Ainsi fait-il intervenir les francs-maçons dans l'histoire. Oui, ça fait un peu lourd, surtout que nous venons de parler de la quatrième dimension et que les jésuites mériteraient qu'on s'intéresse davantage à eux. Mais preuve qu'il est brillant, on pardonne tout à Alan Moore. le mélange est audacieux, on frôle le mauvais goût mais lui échappant, ça devient dément. Voire, il faut relire plusieurs fois pour être sûr de bien comprendre. Rien à voir avec le dernier bouquin à la mode de Michel Maffesoli [sic]. Entre temps, la superposition macabre des espace-temps souligne pudiquement ce message essentiel, à savoir que la barbarie de Jack l'Eventreur n'a rien à envier à notre apocalypse de cacatoès.
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Walktapus
  27 octobre 2014
Super long, super gonflé, super noir. Il vous faudra beaucoup d'endurance pour arriver au bout de ces 500 pages de grisaille, de misère, de cynisme, de sordide. J'ai failli raccrocher avec l'interminable visite de Londres ésotérique (et anachronique). J'ai arrêté après le premier assassinat.
From Hell, c'est une histoire de Jack l'éventreur, entre complot incluant la famille royale et ésotérisme, en raccrochant au passage John Merrick.
Le dessin hachuré, imprécis, noir, la mise en scène détachée et impersonnelle. Un style auquel je n'ai pas du tout accroché.
Pour les motivés.
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Aelinel
  05 novembre 2016
Je ne vais pas passer par quatre chemins : j'ai souffert à la lecture de cette bande dessinée pour plusieurs raisons.
- La première : je l'ai lu après l'excellent Retour à Whitechapel de Michel Moatti qui était bien documenté, efficace au niveau du scénario et au style d'écriture fluide. du coup, From Hell pâtit de l'ordre de mes choix de lecture.
- La seconde : les cinq cent pages m'ont paru bien indigestes. C'était horriblement long et verbeux. Je me suis même surprise à sauter tout un chapitre dans lequel Gull partageait sa vision franc-maçonnique de Londres avec son cocher tellement je me suis ennuyée.
- La troisième : je n'ai absolument pas aimé les dessins en noir et blanc. le hachage de coups de crayon me paraissait aussi violent et dérangeant que certaines scènes. En effet, cette bande dessinée n'est pas à mettre entre toutes les mains soit par la présence de scènes de sexe assez crues (en même temps, From Hell dépeint aussi la vie de prostituées à cet époque donc il faut s'y attendre), soit par les scènes de violence insoutenables qui ont pour point d'orgue le meurtre de Mary Jane Kelly.
- La quatrième : je l'avais déjà écrit lors de ma chronique de Retour à Whitechapel, je ne soutiens absolument pas la thèse du complot royal ou franc-maçonnique qui aurait fait du Dr Gull, le Médecin de la Reine Victoria, l'assassin de Whitechapel. Je rappelle juste qu'il avait 72 ans à l'époque des faits...
- La cinquième : je trouve le prix de cette bande dessinée un peu élevée et pas très abordable. Heureusement pour moi, je l'ai emprunté à la bibliothèque. Je suppose qu'il faille le justifier par le grand nombre de pages (576, ce qui est assez exceptionnel) et le poids (1,5 Kg). Concernant ce dernier point, elle n'est d'ailleurs pas simple ni à transporter, ni à maintenir lors de sa lecture.
Vous allez me dire : il n'y a vraiment rien de positif tout de même dans cette bande dessinée? Elle a reçu plusieurs prix! En effet, je peux mettre en valeur l'immense travail d'Alan Moore. On sent que l'auteur a dû faire un nombre conséquent d'heures de recherche (les appendices, à la fin de la bande dessinée, le prouvent d'ailleurs). Et on sent aussi que l'auteur a bien travaillé son scénario, c'est évident. Maintenant, From Hell ne restera pas dans les annales pour moi, c'est juste une question de goût. Toutefois, si la période vous intéresse ainsi que l'affaire de Jack l'Eventreur, n'hésitez pas non plus à l'ouvrir!
Lien : https://labibliothequedaelin..
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CDemassieux
  12 décembre 2014
From Hell emprunte son titre à une lettre reconnue comme authentique de Jack l'Eventreur et adressée à la police à l'époque de ses « frasques ».
Enième variation sur « Notre père à tous », dirait volontiers Hannibal Lecter entre deux bouchées de viande et la larme à l'oeil ! Enième, peut-être, mais prodige scénaristique d'Alan Moore, graphiquement retranscrit avec une ténébreuse maîtrise par Eddie Campbell.
Ici, c'est la piste d'un prince héritier du royaume qui est choisie, lequel se serait entiché d'une fille de rien, Annie Crook. On règle donc le problème en haut lieu, avec célérité et discrétion. L'histoire pourrait s'arrêter là, mais certaines amies péripatéticiennes d'Annie, prises à la gorge – elles n'ont encore rien vu ! – par des racketteurs malfaisants du quartier de Whitechapel, riche en engeance de cette espèce, entendent profiter de ce terrible secret au sang bleu pour obtenir des espèces sonnantes et trébuchantes. On confie donc la corvée de « nettoyage » au médecin royal, sir William Gull, un mystique qui va se découvrir un talent de tueur en série.
Passé cette accroche – qui, je l'espère, n'éventre pas trop l'intrigue ! –, From Hell est de ces albums – ou séries dans ce cas – du Neuvième Art qu'on peut exhiber comme un trophée, en criant à tue-tête et non sans fierté : « Je l'ai lu ! »
En noir et blanc – il ne pouvait en être autrement –, avec des planches qui épousent parfaitement les aspérités de l'histoire – je pense aux scènes particulièrement violentes de meurtres –, cette bande dessinée est une plongée dans les bas-fonds, tous les bas-fonds : ceux de Londres comme ceux de l'âme. Sans oublier le thème de la folie, développé notamment à travers la schizophrénie sanglante de Gull, dont l'exposé métaphysique lors d'une promenade en calèche dans la ville est un morceau de bravoure.
Qu'on adhère ou pas à la thèse d'un complot visant à mettre la poussière princière sous le tapis, peu importe, car l'identité du tueur apparaît rapidement comme secondaire. Ce que n'ont, hélas, pas compris les frères Hugues, quoique tout ne soit pas à jeter dans leur film.
From Hell dépeint sans fard la fin du règne de Victoria, loin des dorures de l'empire. En empruntant cette piste, les auteurs exposent ainsi une Angleterre bien peu reluisante. C'est un miroir à deux faces : d'un côté le monde de la gentry et de l'autre les égouts d'une société dont les élites méprisantes n'ont jamais été approchées par le baiser de la Veuve – petit nom donné à la guillotine pendant la Révolution !
Enfin, Moore et Campbell, et c'est tout à leur honneur, dédient leur oeuvre aux victimes de l'Eventreur. Ces filles, nées en bas plutôt qu'en haut, sous un règne où l'injustice sociale prenait tout son sens, méritent qu'on se souvienne de leur supplice. Car délirant ou conscient de ses actes, Jack l'Eventreur les a bel et bien massacrées. Il n'était pas un personnage de fiction à la fascination duquel on peut s'abandonner avec une délectation malsaine, quel que soit l'intérêt qu'il peut légitimement susciter.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
PavlikPavlik   04 novembre 2014
-J'comprends pas comment vous pouvez regarder cette horreur.
-Pour être franc, Godley, je regardais la bouilloire. Elle avait fondu. Venez, allons boire un coup. Voyez-vous, en vieillissant, ce n'est pas tellement les flots de sang qui vous restent à l'esprit mais les petites choses comme la bouilloire. Jésus, regardez-moi ce peuple.
-Ça ne vous fait rien, sir ? De voir cette femme...
-Bien sur que si. La seule personne à qui ça ne fait rien, c'est celui qui a fait ça.
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colimassoncolimasson   21 décembre 2015
- Qu’est-ce que la quatrième dimension ? Il avance que les rythmes quadridimensionnels dans le monolithe de l’éternité paraîtraient simplement le fruit du hasard à la perception tridimensionnelle, que ces événements s’élèveraient vers une convergence inévitable, comme les lignes d’une arche. Disons qu’une chose étrange se produit en 1788, un siècle plus tard des événements ont lieu qui y sont liés. Puis, de nouveau, 50 ans plus tard. Puis 25 ans. Puis 12. Une courbe invisible, qui monte à travers les siècles.

-Pourrait-on dire alors que l’histoire a une architecture, Hinton ?

- L’idée est fort glorieuse et fort horrible.
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PavlikPavlik   06 octobre 2014
-Père ? Est-ce vanité d'espérer que le Seigneur choisira pour moi une tâche très difficile ?
-Non, cela semble méritoire pour un chrétien, tant que ce n'est pas pour la vaine gloire.
-Oh non. Même si j'ai une tâche très difficile, très nécessaire et très sévère, ça ne me ferait rien que personne d'autre que moi ne sache que je l'ai faite. Seul le Seigneur et moi sauront. Et cela suffira.
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PavlikPavlik   06 octobre 2014
Les lois sont comme des toiles d'araignée car si une petite chose insignifiante et sans défense tombe dedans, elles la retiennent bien, mais si une chose de quelque importance tombe dedans, elle brise le filet et s'échappe.

Anacharse
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colimassoncolimasson   24 mai 2017
Formé comme le casque de Diane, suspendu au-dessus du ventre contre une couronne, le foie est la plus grande des glandes. Il pèse un kilo et demi. Poussé comme un arbre sur les intestins, il sécrète chaque jour un demi-litre de bile, sans laquelle nous ne pourrions digérer le moindre grain de raisin. Aussi tard qu’à l’époque hellénique, on pensait que c’était le centre de la vitalité, le siège de l’âme elle-même. Situé sous le gril costal, contre le dôme incurvé u diaphragme, le foie est d’une couleur marron-rouge foncée. Il est divisé, comme le cerveau, en deux grands lobes qui sont le droit et le gauche. Deux lobes plus petits sont appelés lobe de Spiegel et lobe carré. Ce superbe organe sous-estimé fait partie des plus industrieux du corps. Il emmagasine notre amidon sous forme de glycogène. Il filtre nos poisons, oxyde l’alcool.
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