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EAN : 9782070372935
214 pages
Éditeur : Gallimard (09/06/1981)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 135 notes)
Résumé :
Quatorze récits où l'autobiographie se mêle aux souvenirs imaginaires. L'auteur peint aussi bien une soirée de l'ex-roi Farouk que son père traqué par la Gestapo, les débuts de sa mère, girl dans un music-hall d'Anvers, les personnages équivoques dont le couple est entouré, son adolescence, et enfin quelques tableaux de son propre foyer. Tout cela crée peu à peu un "livret de famille".
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
CorinneCo
  06 octobre 2014
Petite musique de nuit... Petites histoires mi-figue, mi-raisin. Modiano s'amuse à nous perdre dans ses souvenirs ; il va et vient d'existences réelles et d'identités trafiquées. Il joue à saute mouton avec les années. Personnages connus, méconnus, inconnus, il jongle avec, témoin indirect de sa propre vie. je trouve l'écriture de Modiano légère comme une bulle de savon, un peu transparente, comme si l'obsession de son identité ne devait peser qu'à lui-même. Famille disloquée et fantasque, entourée de personnages troubles, comme dans la meilleure des séries Z où tous les traits sont un peu caricaturaux.
Il y a quelques histoires cocasses ; celles où Modiano va déclarer sa fille à l'état-civil et celle où lui et son père sont invités à un week-end de chasse.
Chez Modiano tout est toujours incertain, bancal, proche de la catastrophe ou l'évanouissement. Il semble ailleurs, souvent ironique et en même temps fureteur. A l'affut des détails, des visages, des noms, des rues, du temps, consignant tout et rien.
Livret de famille n'est pas un des meilleurs Modiano ; il a le sens du récit, cela va s'en dire. Hors du temps, hors de soi. Ce petit bouquin me fait l'effet d'un exercice de style, mais derrière la simplicité de l'écriture rien n'est limpide ni assoupi.
Modiano fait un travail de taupe, il creuse, il creuse. Les galeries de son existence se croisent et s'entrecroisent à l'infini.
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cicou45
  08 novembre 2012
Dans ces quinze courtes nouvelles (et non pas quatorze comme l'annonce la quatrième de couverture), il est question essentiellement d'Identité, comme le laisse entendre le titre de l'ouvrage d'ailleurs.
Pour la majorité d'entre elles, il est question de l'Occupation allemande, des juifs sans papiers et obligés de se cacher .
Concernant celles qui sont fortement inspirées de la vie même de l'auteur, c'est avant tout une recherche des racines, d'une enfance que l'on voudrait se remémorer afin de ne jamais l'oublier dont il est question.
Le lecteur passe facilement d'une nouvelle à l'autre, qui ne sont pas nommées mais simplement indiquées par un numéro de chapitre, sans trop de difficultés et sans vraiment être désorienté. Cet ouvrage fait en quelque sorte une boucle (et je crois que c'est là où les rédacteurs de la quatrième de couverture ont voulu en venir en ne considérant qu'il n'y avait que quatorze nouvelles bien qu'il y ait quinze chapitres) car l'on peut facilement ramener la dernière à la première en tant que continuité de l'histoire. Certes, les avis seront certainement partagés là-dessus mais c'est en tout cas l'impression que cela m'a donné et je trouve que ce serait alors un véritable trait de génie de la part de l'auteur.
Pourquoi n'ai-je pas alors accordé la note maximum à cet ouvrage, me direz-vous ? Tout simplement parce que certaines nouvelles m'ont plus enchanté que d'autres mais dans l'ensemble, c'est vraiment un très bon livre qui vaut le coup d'être découvert !
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Alzie
  21 août 2016
Bien avant « Un pedigree », son autobiographie reconnue pour telle publiée en 2005, Modiano avait initié ses fidèles à une insolite collecte généalogique et « Livret de famille » (1977), dédié à son frère Rudy, en fait partie. C'est le livre de ses trente ans, presque dix ans après nous avoir renseigné sur La Place de l'Étoile peu de temps avant le Goncourt, moment où il entre en paternité tout en poursuivant sa propre quête paternelle et littéraire, celui où il fait dire à un jeune homme en train d'écrire « J'avais dix-sept ans et il ne me restait plus qu'à devenir un écrivain français » (Les vies d'Harry Dressel, récit 12).
Le premier de ces quinze fragments de jeunesse, tous écrits à la première personne (lui ou un autre lui), il l'a réservé à sa fille Zénaïde et à l'officialisation de sa venue au monde ; son enregistrement à l'état civil est bourré de drôlerie. Le dernier fragment lui est également consacré – elle a tout juste un an et « pas encore de mémoire », conclut-il comme sous l'effet d'un soulagement ou peut-être d'une inquiétude...
Entre ces deux moments s'intercalent les souvenirs épars d'un adolescent et ceux d'un jeune homme à peine plus âgé ou tout juste marié. La mémoire de Patrick Modiano n'est pas sage. Elle lui joue des tours, fait s'emboîter la Shangai des années trente dans la Chine populaire de Chou En-Lai (récit 2) ; le rattrape toujours quand il se voudrait amnésique, résurgences récalcitrantes venues souvent d'un passé obsédant précédant sa naissance, ainsi du voyage en Suisse où il est poursuivi par les fantômes de la rue Greffulhe (récit 9). Quelques dates incontournables : mai 1940 et les débuts cinématographiques de sa mère à Anvers (récit 4) ; adressant au passage un dernier salut à ceux qu'il recherche ou qui ne laissent que peu ou pas de traces, comme ce James Levy, parent de sa grand-mère, peut-être fusillé par erreur comme espion allemand (récit 3) ou encore cet émigré russe dont il a oublié le nom que la mort surprend dans un café un soir de 1973 alors que « quelque chose touchait à sa fin » (récit 6). L'appartement familial du quai Conti a effectivement beaucoup compté dans la vie de Modiano (récit 14) qui un jour a recherché son acte de baptême (récit 8) ou suivi malgré lui une meute de chasseurs dans une forêt solognote.
Il égrène les lieux d'une géographie locale s'étirant entre Paris, périphérie et grande banlieue et plus lointaine : Mégève, Lausanne, il revient à Biarritz, pousse à Nice sur les hauteurs des collines de Cimiez ; il fantasme de plus hasardeux territoires propices à ses rêveries comme Alexandrie ou les jardins de Tauride à Saint-Petersbourg. La petite chambre du square du Graisivaudan présente dans son dernier roman (2014) est évoquée ici de même que la rue des Boutiques obscures (Prix Goncourt 1978) fréquentée par le dernier roi d'Egypte déchu et boulimique, dans son exil romain – « Le Gros » – qui s'empiffre des lasagnes vertes à longueur de journées face à celui qu'il a baptisé « Poker », son ami narrateur.
Une diversité surprenante de noms propres issus d'états civils lacunaires, d'identités défaillantes ou recomposées, réinventées : son annuaire à lui. Livret de famille prend dejà en compte l'effacement de ceux que l'histoire ignore ou délaisse, balaye. Ecriture peut-être destinée « aux êtres qui n'ont jamais eu d'assise au cours de leur vie, ni d'état civil très précis » qu'il évoque (p. 204). Quinze épisodes, imprégnés parfois de « l'odeur vénéneuse de l'Occupation » qui marque la rencontre de ses parents, ou de celle plus supportable de l'après-guerre. En DS 19, la recherche du moulin de caractère de l'oncle Alex est vraiment savoureuse par contraste, et presque comique son besoin d'enracinement (récit 11). Ce n'est pas tant le passé que Modiano cherche à explorer quand il se souvient, mais plutôt le moment exact où il se révèle ou se dérobe. « Mémoire et oubli » à l'oeuvre ensemble et toujours comme il le dit dans un de ses livres, quelque part, je ne sais plus où.
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Myriam3
  04 décembre 2015
Je m'attendais à un roman et il s'agit de nouvelles. Je m'attendais à une quête familiale et c'est un ensemble de récits - réels? fictifs? - reliant Modiano à son entourage pendant sa jeunesse.
Encore une fois, les récits de Modiano sont enfouis dans un brouillard épais qui révèle bien peu de choses. Dates, lieux, identités, passés sont très souvent incertains, et si une information est posée, elle est très vite remise en question. du passé des parents, à peine quelques bribes subsistent: ce qu'ils en ont raconté, ce que Modiano en a compris. Mais les témoins de ce passé ont disparu ou bien n'ont rien à apporter, muets, abasourdis, semblables à ces révélations sur le point d'arriver lorsqu'on rêve mais qui traînent, traînent et s'estompent au réveil.
L'obsession de Modiano pour l'Occupation, durant laquelle ses parents se sont rencontrés, grâce à laquelle il est né, fruit de multiples hasards et qui aurait pu causer leur mort, cette obsession de ce retour à un passé antérieur dont il pense se souvenir est vouée à l'échec: tout s'est envolé en fumée et il est, comme son oncle, 'l'Homme de Nulle Part".
Ce qui est surprenant dans ces récits, c'est que la voix de Modiano ne s'entend pas, ou à peine, contrairement à celles de ses interlocuteurs. Impalpable, spectral, il évolue dans un univers riche et artistique qui a ses codes et ses côtés abjects - la chasse à courre de Reynolde, Gerbault - ou décadents et vains - le Gros, Denise Dressel.
C'est un roman intéressant, circulaire et révélateur de l'univers de Modiano. Ce qui est amusant, c'est que je l'ai lu alors que le brouillard a envahi trois jours durant ma région, osmose complète entre le récit et le réel!
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Arimbo
  10 janvier 2021
Une nouvelle plongée dans le prodigieux monde modianesque, fait de souvenirs à la fois précis et incertains.
Plus qu'un livret de famille, c'est un album de famille que l'on feuillette ici.
L'agencement du roman en 15 petites histoires, parfois très courtes, est moins désordonné qu'il n'y paraît de prime abord.
La première et le dernière nous mènent dans le temps présent, celui de Patrick, sa femme, sa fille bébé: la différence est que la première fait encore ressurgir une ombre du passé en la personne du vieux Monsieur Koromidé, alors que la dernière ne fait plus référence au passé, mais au thème obsédant de la mémoire, envahissante chez le père, encore absente chez sa petite fille. "Elle n'avait pas encore de mémoire", c'est sur ce constat "d'état de grâce" que se termine le livre.
Et en quelque sorte en résonance avec les histoires du début et de la fin, la nouvelle du milieu, la VIII, nous évoque le retour de l'auteur au temps de son baptême.
Les autres histoires mettront en scène des moments de la vie de la "famille", la grand-mère, la mère quittant Anvers en guerre, le père emmenant son fils à une étrange partie de chasse, les retrouvailles avec l'appartement où se rencontrèrent et s'aimèrent ses parents, la balade avec l'oncle Alex.
D'autres récits évoquent des bribes du temps de la vie de Patrick, adolescent en Suisse troublé par la résurgence d'un être malfaisant, ou amant de la jeune et belle Denise Dressel pour laquelle il s'évertuera à écrire l'histoire de son père absent (et peut-être mort), jeune adulte scénariste d'un film improbable, ou en Tunisie avec sa future femme, ou enfin, simple témoin de la mort soudaine d'un homme dont il cherchera à retenir un peu du passé...
Même si cette petite fresque autobiographique n'est pas aussi puissante que l'autre, Un Pedigree, ni au niveau des récits majeurs que sont par exemple Dora Bruder, Rue des Boutiques Obscures, Dans le café de la jeunesse perdue, La petite Bijou,...toute la magie de Modiano est cependant là: l'écriture fluide, la construction si musicale des phrases, et surtout la mémoire, l'irruption du passé dans le présent, avec l'atmosphère des lieux, et si souvent une mélancolie, une angoisse latente et une incertitude, mais aussi, ce qui distingue notre Patrick de notre Marcel, cet autre explorateur de la mémoire, une empathie et une tendresse profonde pour les gens.
"Tout un monde lointain, absent, presque défunt vit dans les profondeurs" de ce Livret de famille et nous procure, comme toujours chez Modiano, le "charme profond, magique, dont nous grise, dans le présent, le passé restauré".
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
cicou45cicou45   08 novembre 2012
"La mémoire elle-même est rongée par un acide et il ne reste plus de tous les cris de souffrance et de tous les visages horrifiés du passé que des appels de plus en plus sourds, et des contours vagues."
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TrissotinTrissotin   24 juin 2011
Je descendis les escaliers de l’hôpital en feuilletant un petit cahier à couverture de cuir rouge, le : « Livret de Famille ». Ce titre m’inspirait un intérêt respectueux comme celui que j’éprouve pour tous les papiers officiels, diplômes, actes notariés, arbres généalogiques, cadastres, parchemins, pedigrees… Sur les deux premiers feuillets figurait l’extrait de mon acte de mariage, avec mes nom et prénoms, et ceux de ma femme. On avait laissé en blanc les lignes correspondant à : « fils de », pour ne pas entrer dans les méandres de mon état civil. J’ignore en effet où je suis né et quels noms au juste, portaient mes parents lors de ma naissance.
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TrissotinTrissotin   25 juin 2011
Je n’avais que vingt ans, mais ma mémoire précédait ma naissance. J’étais sûr, par exemple, d’avoir vécu dans le Paris de l’Occupation puisque je me souvenais de certains personnages de cette époque et de détails infimes et troublants, de ceux qu’aucun livre d’histoire ne mentionne. Pourtant, j’essayais de lutter contre la pesanteur qui me tirait en arrière, et rêvais de me délivrer d’une mémoire empoisonnée. J’aurais donné tout au monde pour devenir amnésique.
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Myriam3Myriam3   04 décembre 2015
Et comme les couches successives de papiers peints et de tissus qui recouvrent les murs, cet appartement m'évoquait des souvenirs plus lointains: les quelques années qui comptent tant pour moi, bien qu'elles aient précédées ma naissance.
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michdesolmichdesol   09 janvier 2018
Je pensais à mes parents. J'eus la certitude que si je voulais rencontrer des témoins et des amis de leur jeunesse, ce serait toujours dans des endroits semblables à celui-ci : halls d'hôtel désaffectés de pays lointains où flotte un parfum d'exil et où viennent échouer les êtres qui n'ont jamais eu d'assise au cours de leur vie, ni d'état civil très précis.
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Didier Blonde - Carnet d'adresses de quelques personnages fictifs de la littérature Lecture par Anne Steffens - Rencontre animée par Grégoire Leménager
À l'heure où nous sommes sommés de rester le plus possible chez nous, Didier Blonde nous donne la possibilité d'aller visiter d'autres demeures que les nôtres, celles de personnages de la littérature qu'il a consignées dans son bottin ! de Serge Alexandre (personnage de Modiano) à la Zazie de Queneau, en passant par Charlus, La Dame aux camélias, Arsène Lupin, le Père Goriot et bien d'autres, cet ouvrage répertorie les adresses romanesques. Il s'y construit une cartographie particulière qui interroge le rapport de la fiction au réel.
Le Carnet de Didier Blonde vient de recevoir le Prix Hennessy qui récompense une oeuvre dont la littérature est le personnage principal.
À lire - Didier Blonde, Carnet d'adresses de quelques personnages fictifs de la littérature, Gallimard, coll. « L'Arbalète », 2020.
Enregistrée à huis clos sur la scène de la Maison de la Poésie le 23 novembre 2020.
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