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EAN : 9782226173348
226 pages
Éditeur : Albin Michel (23/08/2006)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Un homme vit en position horizontale, séquestré et affamé dans son propre appartement par sa femme. Il décrit son martyre, la longue horreur des jours passés à tenter de se nourrir : il rampe, se suspend, glisse. Elle, obèse, distille l'agonie, lui supprimant toute possibilité d'attenter à ses jours. Puis, elle disparaît totalement et la haine qui alimentait le famélique époux se mue en une docilité d'animal domestique qui attend sa pitance. Enfin elle revient et ch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
mollymon
  23 août 2015
Corpus Christine est le journal d'un homme anonyme qu'une imposture amoureuse à mis à terre. Dans le sens littéral, puisqu'il vit en rampant comme un animal. Non, il ne vit pas, , il essaie de survivre plutôt car voilà trois ans que sa femme le séquestre dans leur appartement. Privé de l'usage de ses jambes, il ne peut pas se sauver et personne n'entend ses appels au secours. Il est affamé, battu, torturé mentalement et meurt à petit feu .
Mais curieusement , loin d'être brisé psychologiquement, il évoque les choses les plus horribles avec détachement, voire avec amusement. Il va même jusqu'à provoquer le lecteur en le prenant à parti, l'invectivant et en l'insultant un peu. Ce qui suscite l'interrogation: comment s'est-il retrouvé dans cette situation invraisemblable ? C'est ce que nous fait découvrir Max Monnehay dans cette histoire qui peu paraître horrible mais qui finalement ne l'est pas tant que ça. Corpus Christine est un concentré d'humour noir qui fait rire autant qu'il dégoûte mais qui nous rappelle que tout dans nos vies dépend de la façon dont nous répondent ceux que nous aimons.
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RAPHIKI
  01 juillet 2017
Une intrigue, qui plus est qui se veut désirée, et ne se livre qu'au compte gouttes. Un procédé souvent utilisé pour semer le trouble et perpétuer l'envie chez le destinataire. 
On pose le décor actuel, final (?), pour doucement, remonter vers l'élément déclencheur. 
Un véritable processus par le biais duquel le lecteur se sent l'envie d'attraper la première loupe qui se présentera à ses paluches empressées pour mener son investigation … ou bien encore de jouer les psychanalystes.
Plus qu'un modèle de journal intime, on se sent ici pris par des mémoires … les derniers instants d'un malade en soins palliatifs, d'où l'émergence d'une poussée incontrôlable de voyeurisme malsaine, mais sans cesse entretenue.
Un Goût de reviens-y !
Un dénouement bien sûr que je ne pourrais me permettre de révéler.. Sous peine d'enlever tout l'intérêt de ce genre de littérature… alors quelques sensations parsemées.
Un homme, Notre homme, simple cobaye ou victime d'une chamade trop violente, pris au piège des ses fichus aléas cardiaques, nous confie sa détresse, son impuissance face à Elle, face à Celle qui aurait pu faire de lui le roi du monde, mais qui n'a pas respecté les règles du jeu…
Toujours en toile de fond, ce progressif isolement social, la Bougresse rusée de surcroit, referme lentement et assurément son étau sur cet être, qui jadis lui inspirait tant de passion, avec une aversion totale. Et ce, de manière méthodique, en commençant, dans la plus grande intelligence, par le priver de tout moyen de communication avec l'Extérieur.
Un emprisonnement glauque et des plus sadiques, menée sous l'égide d'une illusionniste au talent admirable, perfide et puante d'hypocrisie.
Un climat austère emprunt d‘ironie, quasi pathétique voire complètement burlesque à certains égards, où se mêlent rage et désir. En effet, une étrange excitation persiste. 
Fut-ce un mensonge, cette histoire charnelle et passionnelle laisse des marques … et bien que notre « otage rachitique » se plairait fortement à déglutir sa haine à la figure de son bourreau au regard azur, son périnée ne s'en plait pas moins à hocher de la « tête » à la vision de ses sillons.
Verdict: Un paquet de noeuds à démêler sans modération !
Un style franc du collier, à la limite du répétitif, de l'insistant, mais comme il faut. On reste en haleine, toujours à la quête du pourquoi du comment de cette situation invraisemblable, des moyens que sa "chate esse" a pu mettre en oeuvre, a pu sublimer pour avoir la main mise sur son existence et la réduire à néant, à une soumission presque idiote.
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Seraphita
  02 décembre 2012
Un homme s'est épris d'un corps en mouvement, aux formes plutôt sympathiques, une femme nommée Christine. « Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants… » Si la première partie du cliché est exacte, c'est la seconde (ou son absence) qui a provoqué « Corpus Christine » : l'histoire d'un homme aux reins brisés, séquestré par sa tendre moitié dans leur appartement, affamé, torturé. Délitement d'un homme que la vie a du mal à quitter, morceau par morceau, car dans un coin de sa tête reste une once de désir : une haine (amour ?) tenace à l'encontre de Christine dont le corps enfle démesurément, une envie de la détruire (posséder ?)… qui le maintiennent en vie.
« Corpus Christine » est une oeuvre iconoclaste, dérangeante par sa noirceur et son intrigue sordide, qui pourrait avoir sa place dans la colonne des « faits divers ». Ce qui frappe d'emblée, c'est le style incisif, au couteau, propre à couper le souffle du lecteur, une écriture doublée d'un cynisme débordant.
Le temps s'embrouille dans l'esprit du narrateur, coincé dans un abandon radical. du fond de son trou, il tente de reconstituer la chronologie des événements qui a pu le conduire à cette impasse. Au fur et à mesure, par contamination, le temps du lecteur commence aussi à s'emmêler, d'autant qu'il est, à certains moments, directement interpellé par l'auteur, au sens propre.
Puis les lignes se brouillent, le réel devient confus, la fiction s'impose… ou réciproquement ?
« Vous êtes dans mon monde et vous avez manqué Christine. Sombres crétins. Vous avez manqué le meilleur » (p. 227)
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absolu
  01 août 2012
C'est une femme, dans les yeux de laquelle il y eut, au tout début, " 2000 ans de compassion pour l'homme, une éternité d'amour pour [lui]" ; et, quelques années plus tard : " 2000 ans de haine pour l'homme, une éternité de dégoût pour [lui] ". C'est lui qui le dit : au début "si son regard s'était prolongé, je serais mort d'amour sur un trottoir" ; maintenant, "si son regard s'était prolongé, je serais mort par noyade dans un bidet".
Ce livre, c'est un peu le Misery de Stephen King, empreint d'un peu de la verve de Palahniuk, écrit par une jeune femme qui se met dans la peau d'un homme humilié, séquestré dans sa propre maison, aux mains d'une femme, sa femme, qui semble enfler, année après année, du mal qu'elle aime à lui infliger. Et le pire, c'est qu'il ne sait pas pourquoi. Il ne sait pas ce qui l'a conduite à le laisser croupir dans cette pièce, les pieds cassés, obligé de ramper dans sa propre crasse, de chier dans une boîte et la vider quand l'occasion se présente. Et encore, je reste polie. La raison au bord du suicide, la folie au garde-à-vous, il lui est difficile de faire taire ses amis imaginaires avec qui il dispute quelques parties d'échecs. Ses seuls repères temporels sont les hurlements à heure fixe d'un voisin sur ses gosses, et la sonnerie de l'école, pas loin. Assez ironique, quand on sait qu'il a la phobie des petits êtres, de ceux qui font moins d'un mètre cinquante. Si si ! Comble de cette infâmie, les voisins de l'immeuble sont tous sourds, à le faire hurler de rire.

Pour survivre, il développe des compétences hors du commun et un humour à toute épreuve. Ainsi, lui qui peut se contenter de restes de moutarde et de trois miettes de poulet pendant trois jours, ne savoure même pas la douleur de sa femme gastro-entérinée : " Quel gâchis ! Avec les vitamines, minéraux, oligo-éléments, glucides, lipides, protides qu'elle vient d'envoyer dans le gros intestin de l'immeuble, on aurait pu remettre sur pied la population d'un petit Etat d'Afrique Noire. On aurait pu me remettre sur pied." Il devient imbattable en anatomie : " Supporterez-vous la vue de ce qu'en définitive vous êtes ? Un labyrinthe de tissus suintants, de cavités vibrantes, d'artères palpitantes. Elles respirents vos chairs rouges tout contre le blanc de votre squelette." Obsédé également par le regard, son regard, le regard de celle qu'il a eu, celle qu'il n'a plus : " Vous ne pouvez pas savoir ce que c'est. C'est bleu, c'est dur, c'est froid comme le marbre d'une pierre tombale et terrifiant comme ce qu'il peut y avoir dessous." Un bleu qui était au début enivrant, liquéfiant. C'est sa chair à elle maintenant qui se liquéfie.
Une écriture râpeuse comme la peau contre ses os, contre la moquette de sa "prison". Froide comme les poignées des meubles auxquelles il tente de s'accrocher pour grapiller quelques vieux restes de nourriture, comme le sol sur lequel il s'effondre, après chaque tentative d'alimentation. Une écriture millimétrée comme le peu d'espace qui sépare sa raison de la folie. "On n'est jamais soi-même que lorsqu'on est foutu. On n'est jamais soi-même que lorsqu'on est déjà mort." "Ce qui importe, c'est que j'allais connaître un génocide, intérieur. Tout un tas de petits décès, d'un seul coup, la mort instantanée de centaines de certitudes, massacrées en une seconde, disparues à jamais, sacrifiées sur l'autel de l'inimaginable."
On sent le travail d'écriture, mais la technicité est propre. Pour son premier roman, Max Monnehay s'en sort vraiment bien. Chaque mot est à sa place, chaque phrase fait mouche, la mécanique est en marche. J'attends le suivant avec impatience.
Lien : http://www.listesratures.fr/..
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AnaVerbania
  03 septembre 2015
Je n'avais pas vraiment regardé la couverture en détails (aux éditions Piment on voit un homme recroquevillé, avec de gros mollets de femme en premier plan) et m'attendais à un livre comique. J'ai été un peu surprise de tomber en réalité sur un roman plus angoissant qu'amusant, même si on sourit par moment, grâce au ton particulièrement grinçant du narrateur. Ce livre m'a plu, pour son originalité. C'est l'histoire d'un homme, qui vit captif dans son appartement, avec sa femme, la fameuse Christine. Recroquevillé au sol, il fait ses besoins dans une boîte, et rampe jusqu'à la cuisine quand son bourreau s'absente... Ce livre se lit très vite. La fin m'a convaincue. Bref, je conseille.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
WhitesockWhitesock   01 novembre 2011
Les mots réduisent tout, ils sont l'état toujours plus solide d'une pensée toujours plus liquide, des atomes bien trop serrés pour elle, collés les uns aux autres comme les moutons effrayés par l'orage, ils l'étouffent dans leurs petits systèmes alphabétiques. Ils l'empêchent de respirer. Lui ôtent sa part d'insaisissable. Ils sont de trop, les mots, de trop.
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RAPHIKIRAPHIKI   01 juillet 2017
Mon amour on a dû t'en faire du mal pour que tu te venges ainsi (...) Je suis le type qui t'a offert sa vie, prends mon cœur, caresse le ou piétine le. Et tu l'as piétiné, sale garce. Tu prends tout au pied de la lettre. C'était qu'une façon de parler, tu sais
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SeraphitaSeraphita   02 décembre 2012
Vous êtes dans mon monde et vous avez manqué Christine. Sombres crétins. Vous avez manqué le meilleur.
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Videos de Max Monnehay (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Max Monnehay
Gilles Cohen Solal/ Max Monnehay: LA VIDEO! .Emission Strip Tease, France 3 L'éditeur Gilles Cohen Solal roucoule avec la belle Max Monnehay. Décidément, l'édition française est très loin de la littérature
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