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EAN : 9782130521068
127 pages
Éditeur : Presses Universitaires de France (09/10/2001)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 9 notes)
Résumé :

Cet ouvrage, écrit dans un style accessible et rigoureux, constitue la meilleure synthèse des idées d'Emmanuel Mounier. Prenant appui sur sa philosophie de la personne, l'auteur éclaire des thèmes majeurs la communication, la liberté, l'éthique, l'engagement, la politique, la culture. En ce sens, ce livre est également une remarquable introduction à la philosophie. Le lecteur percevra vite l'actualité d'un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
DocIdoine
  05 mars 2019
Le Personnalisme était la troisième voie. Celle qui ouvrait l'histoire sur un monde enfin humain, entre le capitalisme et le collectivisme. Mais au contraire de ces deux visages de l'inhumanité - Capitalisme et Communisme - qui rejettent les frontières parce qu'elles s'opposent à leur impérialisme, le Personnalisme les revendiquait partout, car - pour reprendre l'excellente formule de Jean-François Braunstein dans sa Philosophie devenue folle: "l'humanité ne se constitue que par la mise en place de limites et de frontières. Ce sont ces frontières qui font que l'humanité existe comme telle".
Oui. Mais ces frontières ont été depuis abolies par le rouleau compresseur de la mondialisation néo-libérale et la standardisation "marxiste-culturelle" qui l'accompagne, et qui joue un rôle ancillaire analogue à celui de la génération du travail "en retour" par les machines à feu de Carnot. La standardisation des mentalités et des comportements sur le plus petit dénominateur commun utile à la haute finance, en rendant irréaliste l'espoir dans un avenir de l'humanité, a rendu le Personnalisme définitivement caduc. Pour s'en convaincre, il suffit de se renseigner sur ce que la revue Esprit est devenue et à qui désormais elle appartient.
Ni capitaliste ni communiste, Charles de Gaulle défendait une politique personnaliste quand il déclarait, le 15 mai 1962: "Je ne crois pas que l'Europe puisse avoir aucune réalité vivante si elle ne comporte pas la France avec ses Français, l'Allemagne avec ses Allemands, l'Italie avec ses Italiens, etc. Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent à toute l'Europe, dans la mesure même où ils étaient respectivement et éminemment italien, allemand et français. Ils n'auraient pas beaucoup servi l'Europe s'ils avaient été des apatrides et qu'ils avaient pensé et écrit en quelque espéranto ou volapük intégré…"
Mais il en va de même du prétendu gaullisme de 2019 et de la revue Esprit. La captation éhontée par des imposteurs de l'héritage personnaliste qu'ils auraient dû s'assigner de faire fructifier en dit assez long sur l'échec du projet qui était, peut-être, l'unique chance d'assister un jour à l'avènement d'une humanité plus civilisée, donc meilleure.
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Zoreillivre
  14 novembre 2017
Ce n'est pas tous les jours que l'on déniche une nouvelle voie entre le libéralisme et le socialisme, rien que pour cette fraicheur politique la lecture s'impose.
Mais pas uniquement, le personnalisme apparait bien séduisant et surtout bien charpenté. Primat et respect de la personne sur tout autre considération, valeur de l'engagement, et communauté à l'échelle humaine. La lecture fait du bien, elle replace la liberté au centre et l'auto-création en règne, elle souligne le singulier de chacun.
Résolument opposé à tout individualisme, le personnalisme mérite d'être mieux considérer aujourd'hui. Il relie les êtres humains, chacun porteur de sa singularité comme une vraie richesse et chacun dépendant, vulnérable, d'autrui sans lequel il ne serait rien.
Mounier se défend d'un spiritualisme, sans crainte toutefois d'assener une transcendance aux relents divins, soit. Mais il n'échappe pas à l'idéalisme affirmé, ce que l'on reçoit avec fraicheur dans cet opus hautement recommandable.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   16 décembre 2016
La crise spirituelle est une crise de l'homme classique européen, né avec le monde bourgeois. Il avait cru réaliser l'animal raisonnable, où la raison triomphante avait domestiqué définitivement l'animalité, et le bonheur, neutralisé les passions. Trois coups de semonce furent donnés en cent ans à cette civilisation trop sûre de son équilibre : Marx, sous les harmonies économiques, révélait la lutte sans merci des forces sociales profondes ; Freud, sous les harmonies psychologiques, découvrait la marmite des instincts ; Nietzche enfin, annonçait le nihilisme européen avant de passer la voix à Dostoïevski. Les deux guerres mondiales, l'avènement des États policiers et de l'univers concentrationnaire ont, depuis, largement orchestré leurs thèmes.

Aujourd'hui, le nihilisme européen s'étend et s'organise sur le recul des grandes croyances qui tenaient nos pères debout : foi chrétienne, religion de la science, de la raison ou du devoir. Ce monde désespéré a ses philosophes, qui parlent d'absurdité et de désespoir, ses écrivains qui jettent la dérision à tous vents. Il a ses masses, moins éclatantes. « Le suprême désespoir, dit Kierkegaard, est de n'être pas désespéré. » Le règne de la médiocrité satisfaite est sans doute la forme moderne du néant, et peut-être, comme le voulait Bernanos, du démoniaque.

On ne sait plus ce qu'est l'homme et comme on le voit aujourd'hui traverser d'étonnantes transformations, on pense qu'il n'y a pas de nature humaine. Pour les uns, cela se traduit : tout est possible à l'homme, et ils retrouvent un espoir ; pour d'autres : tout est permis à l'homme, et ils lâchent toute bride ; pour d'autres enfin : tout est permis sur l'homme, et nous voilà à Büchenwald. Tous les jeux qui nous divertiraient du désarroi ont épuisé leur vertu, ou touchent à la satiété. Le jeu des idées a donné son chef-d'œuvre avec le système d'Hegel : il signe, en effet, la fin de la philosophie, là où la philosophie n'est qu'une architecture savante à masquer notre angoisse. L'aliénation religieuse qui s'est fixée au Dieu des Philosophes et des banquiers nous autorise, en effet, s'il s'agit de cette idole, à proclamer la mort de Dieu. Que les guerres laissent un peu de répit au miracle technique, et bientôt, gavés de confort, nous pourrons dire la mort du bonheur. Une sorte de XIVe siècle s'effrite sous nos yeux : le temps approche de « refaire la Renaissance ». (Conclusion)
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enkidu_enkidu_   16 décembre 2016
Toutes les réserves que l'on peut faire sur la Révolution française n'empêchent qu'elle marque une phase importante de la libération politique et sociale, bien que limitée par son contexte individualiste.

Dès lors, une sorte de fatalité se développe. D'une part, trouvant un terrain favorable dans la phase conquérante du capitalisme, l'individualisme se développe en fusée. L'État libéral le cristallise dans ses codes et ses institutions, mais tout en professant un personnalisme moral (de teinte kantienne) et politique (de mode bourgeois), il livre la condition concrète des masses urbaines à la servitude sociale, économique, et bientôt politique. Le romantisme développe la passion de l'individu sur tous les registres de l'affectivité, mais dans l'isolement où il l'entraîne, il ne lui laisse de choix qu'entre la solitude désespérée et la dispersion du désir. Reculant devant cette angoisse nouvelle, et redoutant les imprudences du désir, le monde petit bourgeois les refoule derrière un capitonnage de médiocres satisfactions ; il instaure le règne de l'individualisme précautionneux.

Pendant ce temps l'éclatement soudain des techniques rompt les frontières de l'individu et ses cercles étroits, et installe de tous côtés les grands espaces et les relations collectives. L'individualisme affolé prend peur, à la fois de l'anarchie où il sombre, et du collectivisme qui le menace. Il a tendance à couvrir de la a défense de la personne » ses opérations d'arrière-garde. Déjà Renouvier dénonçait comme également menaçantes la passion métaphysique, et la recherche politique de l'unité. La personne, pour lui, c'est d'abord le non, le refus d'adhérer, la possibilité de s'opposer, de douter, de résister au vertige mental et corrélativement, à toutes les formes de l'affirmation collective, qu'elle soit théologique ou socialiste. Réaction saine, et combien ! contre certains dangers, mais qui va s'embarrasser dans les tentations anarchiques. Ce sont elles qui ont stérilisé partiellement la grande œuvre de Proudhon. L'anarchisme passionnel issu de Nietzsche dramatise l'enjeu, mais encourage la même attitude forcée de négation, que rejoignent certaines formes de l'existentialisme. (intro.)
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enkidu_enkidu_   16 décembre 2016
Voici une pierre sur ma table. Elle existe, mais comme un carrefour existe, elle est ce que la font les forces qui se croisent sur elle, et rien de plus. Le monde animal amorce une rupture avec cette existence sans dimension intérieure : il se taille dans le monde extérieur un milieu propre autour des grands appareils biologiques. L'homme peut vivre à la manière d'une chose. Mais comme il n'est pas une chose, une telle vie lui apparaît sous l'aspect d'une démission : c'est le « divertissement » de Pascal, le « stade esthétique » de Kierkegaard, la « vie inauthentique » de Heidegger, l'« aliénation » de Marx, la « mauvaise foi » de Sartre. L'homme du divertissement vit comme expulsé de soi, confondu avec le tumulte extérieur : ainsi l'homme prisonnier de ses appétits, de ses fonctions, de ses habitudes, de ses relations, du monde qui le distrait. Vie immédiate, sans mémoire, sans projet, sans maîtrise, ce qui est la définition même de l'extériorité, et sur un registre humain de la vulgarité. La vie personnelle commence avec la capacité de rompre le contact avec le milieu, de se reprendre, de se ressaisir, en vue de se ramasser sur un centre, de s'unifier. (chap. III)
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cirragcirrag   14 décembre 2010
Bien qu'écrit en 1948, certains passages sont d'une criante actualité. Comment peut on l'avoir ainsi oublié!!
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