AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782226396402
256 pages
Albin Michel (02/11/2017)
3.22/5   29 notes
Résumé :
Dernier jour à Budapest, publié en Hongrie en 1940, réunit de manière singulière deux virtuoses de la littérature hongroise du XXe siècle. Sándor Márai, l’auteur des "Braises", y rend hommage à son maître, Gyula Krúdy, dandy ténébreux et personnage légendaire de la bohème littéraire de Budapest, surnommé ici Sindbad, comme le héros de son livre "Sindbad ou la nostalgie".
Un matin du mois de mai, Sindbad quitte son domicile d’Óbuda en promettant à sa femme de ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
3,22

sur 29 notes
5
0 avis
4
2 avis
3
6 avis
2
1 avis
1
0 avis

Sachenka
  07 mars 2020
Ma passion pour la Hongrie a commencé il y a près de dix ans grâce à un roman de Sandor Marai. Depuis, après un voyage à Budapest et plusieurs autres romans de cet auteur et d'autres, cette passion n'a cessé de croître. Ainsi, la lecture de Dernier jour à Budapest s'inscrit dans cette lignée. Cette fois-ci, Marai livre un vibrant hommage à un autre auteur hongrois, Gyula Krudy. Il ne le nomme jamais directement mais c'est assez clair : il l'appelle Sinbad, du nom d'un personnage récurrent de ses nouvelles. Je ne connaissais pas Krudy, je n'ai jamais lu de ses oeuvres. Pour l'amateur de littérature hongroise que je suis en train de devenir, le nom est bien paru à quelques reprises mais je ne m'y étais pas encore mis. Au sortir de ce roman, Dernier jour à Budapest, je ne suis pas certain avoir acquis une très grande connaissance de Krudy. C'est un dandy, un homme qui aime les plaisirs de toutes sortes, mais qu'est-ce qui le distingue ? Qu'est-ce qui le motive à écrire ? Où trouve-t-il l'inspiration ? En quoi son oeuvre est originale ? Plutôt, le lecteur a droit à son flânage, le temps d'une soirée, d'une nuit. Au lieu d'aller acheter une robe pour sa fille, comme il l'a promis, il se laisse constamment distraire, entrainer d'un café à un club. Et il recommence.
Toutefois, malgré cette légère déception, le roman a réussi à me captiver. Marai ne voulait pas rédiger une biographie, son but était tout autre : faire revivre une époque à travers la lentille d'un de ses personnages littéraires parmi les plus originaux, intéressants. Et c'est tout un exploit. Il a réussi à continuer à me faire rêver de la Hongrie et de sa capitale. Grâce à Dernier jour à Budapest, j'ai pu déambuler avec Sinbad dans une ville qui me devient presque familière, empruntant les mêmes rues, les mêmes passages, le même pont, me rendant dans les mêmes quartiers, rencontrant des amis dans des cafés, etc. Comme j'aurais aimé flâner en compagnie de Krudy ! Aussi, j'ai rencontré une quantité incroyable d'auteurs et d'artistes en tout genre. Même si la plupart m'étaient inconnus, ça n'a pas dérangé. Bien sur, il y a plusieurs notes de bas page (tant de l'éditeur que de la traductrice) ainsi que, à la fin, une liste des écrivains cités. Et, malgré tous ces noms de personnages et de lieux, tous aussi improbables les uns que les autres, je ne me suis jamais senti perdu. Au contraire, j'avais l'impression de constamment découvrir. Tellement que je referme ce roman avec une longue liste d'auteurs et de livres à lire. Trop longue, sans doute, mais qu'importe.
Encore plus, par moment, j'avais l'impression de me sentir Sandor Marai qui, lui-même, se prenait pour Gyula Krudy. Et, avec eux, j'éprouvais une nostalgie pour une époque révolue, un monde magique. Quel émerveillement !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          528
5Arabella
  25 mars 2020
Daté de 1940, le roman a été rédigé dans une époque troublée, celle de la seconde guerre mondiale, pendant laquelle la Hongrie s'est trouvée dans le camp fasciste, dirigée depuis les années vingt par Horthy, qui a instauré un pouvoir autoritaire et conservateur. Márai, qui a commencé à publier très jeune, avec un grand succès, a adopté pendant cette période, la posture de l'exil intérieur.
Dernier jour à Budapest prend toute sa signification dans ce contexte : dédié à un grand écrivain hongrois de la génération précédente, Gyula Krúdy mort en 1933, qui a connu la Hongrie d'avant l'époque terrible dont date le livre, le roman est autant un hommage à Krúdy, que le rappel nostalgique, mi-remémoré, mi-rêvé d'un monde qui n'existe plus et qui se pare des couleurs chatoyantes d'un passé mythique et idéal. le titre du livre résume très bien cette double thématique : le dernier jour de la vie de Krúdy, mais aussi le dernier jour d'une culture, d'art de vivre propre à Budapest, à la Hongrie.
Il s'agit donc de conter, ou plutôt d'inventer, le dernier jour de la vie de Krúdy. Un jour pendant lequel il va déambuler dans la ville, en parcourant les lieux qui lui sont chers, et en évoquant les souvenirs. Un lâche prétexte : Krúdy, en mal d'argent, comme il l'a toujours été, doit trouver une somme importante pour acheter une robe pour sa fille. Mais on ne se refait pas : il ne peut s'empêcher de festoyer, passer du temps avec ses amis, de jeter la somme péniblement gagnée par ses écrits par les fenêtres, de faire le grand seigneur. Dans ses déambulations, la ville de Budapest revit à l'époque de sa splendeur, les lieux, les gens de lettres et les habitudes littéraires passent, en vrai ou en souvenirs de Krúdy. Une façon de faire ses adieux, un manière de bilan aussi sans doute.
Mais au-delà, c'est aussi une sorte d'adieu fait par Márai à sa ville, à son pays. Parce qu'il ne trouve plus ce monde qu'il aimait dans la nouvelle réalité hongroise, et aussi, même s'il ne le sait pas encore, qu'il sera moins de dix ans après obligé de quitter physiquement cette ville et ce pays. L'exil intérieur sera suivi d'un exil réel et irrévocable. Cela donne un côté poignant à ce livre.
Je me suis lancée dans cette lecture parce que j'aime beaucoup les livres de Gyula Krúdy et que j'étais curieuse de voir ce que Márai pourrait faire de cette figure. Je trouve qu'il a parfaitement reconstruit l'ambiance des romans de Krúdy, son style, les errances de ses personnages, la nostalgie d'un monde en train de finir, le doux-amer des souvenirs plus réel que la réalité en train de se faire, le rôle central des mythes. C'est peut être un peu plus amer, et un peu moins lâche que la trame des romans de Krúdy, dont les fins sont souvent comme délavées, dissoutes.
Je ne sais pas comment ce livre peut être ressenti par des lecteurs qui ne connaîtraient pas du tout Krúdy et la littérature hongrois e, car il y a beaucoup de références aux auteurs et aux livres, mais pour ma part j'ai apprécié cette déambulation rêveuse et triste dans un monde en train de finir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          303
Corboland78
  07 novembre 2019
Sándor Márai (de son vrai nom Sándor Grosschmied de Mára) né en 1900 à Kassa qui fait alors partie du Royaume de Hongrie dans l'Empire austro-hongrois (aujourd'hui en Slovaquie) et mort en 1989 à San Diego aux Etats-Unis, est un écrivain et journaliste hongrois. La vie de l'écrivain fut itinérante, européenne et quasi-vagabonde dans sa jeunesse pour fuir la Terreur Blanche de 1919, hongroise pendant vingt ans, américaine et italienne après le passage de la Hongrie dans la sphère soviétique et le choix par Márai de l'exil qui le mènera de New York à Salerne, en Italie, puis en Californie où il se donnera la mort à 89 ans, quelques mois avant la chute du mur de Berlin.
Dernier jour à Budapest, publié en 1940, n'est pas une biographie comme le précise son auteur mais prend pour héros, Gyula Krudy, un écrivain dandy décédé en 1933, admiré par Sándor Márai, transposé dans le roman sous le nom de Sindbad.
Comme son titre l'indique, le récit se déroule le temps d'une seule mais longue journée. Un matin, l'écrivain Sindbad part de chez lui en promettant à sa femme de rapporter une certaine somme d'argent – le ménage vivant chichement - pour payer une robe à leur petite fille. le but premier va passer au second plan quand emporté par sa personnalité, Sindbad va se lancer dans une sorte de pèlerinage à travers Budapest, la ville tant aimée où il a vécu ses plus belles années et connu le succès…
Commençons par les défauts du livre afin de bien vite les oublier, certains passages me sont passés au-dessus de la tête car ils font référence à des écrivains hongrois dont je ne connaissais même pas le nom : ces pages m'ont carrément soûlé et se situent dans les débuts du roman. Voilà c'est dit.
Heureusement il ya tout le reste. La journée de Sindbad se déroule comme un long souvenir nimbé de mélancolie : les voitures à cheval disparaissent au profit des automobiles, les thermes ne sont plus ce qu'ils étaient avec leurs masseurs qui « connaissaient les secrets du corps et de l'âme de la ville. » Notre vieil homme sillonne Budapest dans une calèche, revenant sur ses lieux de prédilection, les cafés où se réunissaient les écrivains et les tavernes où l'on savait alors ce que manger veut dire, les plaisirs de la table ayant une part importante dans ce roman, « il célébrait un monde perdu dans lequel le Hongrois nouait encore une serviette à son cou et, fourchette et couteau à la main, se penchait sur le pot-au-feu… » Nostalgique mais pas complètement passéiste, reconnaissant qu'on « ne doit pas rater les mouvements intellectuels de son époque. »
De très belles pages encore sur la littérature ou ce qui le pousse à écrire, « parce que la voix se mettait à parler, qu'elle lui murmurait toutes sortes de choses à l'oreille », ou bien ces sublimes passages sur les saisons.
Sindbad constate que le monde a changé, sa Hongrie et sa ville ne sont plus ce qu'elles étaient, il le regrette comme on regrette de constater que ses plus belles années sont déjà écoulées. Ainsi va la vie, il faut l'accepter, c'est à cela que servent nos souvenirs. le roman s'achève sur une ambiguïté aussi belle qu'elle laisse songeur…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
JeanPierreV
  25 avril 2019
Sindbad quitte son domicile un matin avec soixante pengos en poche....il doit acheter une robe à sa fille. Mais la journée sera longue, et au fil des rencontres, ou des ballades en calèche, les pengos s'envolent. Sindbad, c'est le nom du héros du roman "Sindbad ou la Nostalgie" de Gyula Krúdy, un nom que Sándor Márai donnera à son personnage principal qui n'est autre que Gyula Krúdy lui-même.
Un personnage, un auteur qu'il aime et veut honorer, et surtout qui fait partie de la culture hongroise.
Découvrir un peu plus deux auteurs, découvrir une époque, un pays voisin, mais si loin de nous, belle tentation de lecture...! une tentation déçue en partie.
Certes le lecteur découvrira un peu plus cette société hongroise, Budapest et certains de ses lieux emblématiques, ses cafés, ses restaurants, sa culture, mais aussi la cuisine hongroise, les lectures de Krúdy, les auteurs et le peuple hongrois, les femmes qu'il aimait tant séduire, la littérature hongroise, l'hiver et l'été hongrois...mais les phrases longues, passant du coq à l'âne, sont parfois déroutantes.
J'ai renoncé à compter les mots "Il écrivait"...on doit largement dépasser la centaine, voire plus....."il écrivait", il écrivait sur tout...sa vie était organisée autour de l'écriture, y compris dans les bars où il se trouve et dépense les pengos de la robe de sa fille...Cette répétition est parfois lassante et impossible à mémoriser.
Les temps ont passé et peu de livres de Krúdy sont arrivés jusqu'à nous. Oubliés, balayés !
Peut-être est-il encore lu en Hongrie ? Quelle place a-t-il dans le coeur des lecteurs hongrois contemporains. On peut, sans aucun doute, en dire autant de tant d'écrivains français qui publièrent avant 1940..le temps passe vite et très vite la vie nous pousse à passer à autre chose...
Sándor Márai... Gyula Krúdy...deux auteurs que j'ai appréciés et commentés. L'étincelle n'est pas venue, ne pas totalement enflammé. Des petites pépites nostalgiques et plaisantes côtoient une certaine forme d'ennui, de déjà lu.
J'ai eu parfois envie de le refermer, ce que je n'aime pas trop. J'ai résisté.....
Toutefois, je conserverai de cette lecture la nostalgie de cette époque, de cette culture, de ce pays qu'a souhaité nous transmettre Sándor Márai.
Lien : https://mesbelleslectures.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          121
Wyoming
  09 octobre 2019
Livre compliqué à la lire au moins pour une raison : tout est écrit à la suite, sans chapitres qui auraient été bienvenus pour structurer ce récit complexe, magnifique par moments, très lassant à d'autres.
Cette journée d'un écrivain à travers Budapest est l'occasion pour lui d'évoquer de larges pans de l'histoire de la Hongrie mais il est très difficile pour un lecteur non averti de les relier entre eux.
Les bons moments à mon goût:
- pourquoi l'écrivain écrit-il? La réponse est donnée dans de longs développements qui s'enchaînent bien, avec cette nostalgie qui domine toute l'oeuvre, assez poétique tout de même
- l'enchaînement des saisons et comment les vit le héros du livre. Là encore beaucoup de poésie, cela s'étend sur quelques très belles pages..
- la cuisine hongroise, riche et savoureuse, que l'auteur décrit avec une précision appétissante, cuisine à ne surtout pas rechercher dans les enseignes à touristes, qu'il faudrait pouvoir déguster chez l'habitant, chez celui qui connaît encore toutes les références culinaires évoquées par l'auteur.
Et puis il y a la ville, Budapest, ses immeubles austères, ses rues grouillantes de vie, et surtout ses ponts et le Danube qui enlace magnifiquement cette ville unique. J'ai regretté cependant de ne pas la retrouver davantage même si plusieurs rues et quartiers sont cités par l'auteur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70

Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   04 mars 2020
Le Français galant, au débit rapide et à l'intelligence brillante, l'Italien jovial, généreux et excessif, l'Anglais impénétrable, lent à s'émouvoir, dont les nerfs mettent autant de temps à se connecter que les images au ralenti dans les films, l'Allemand suintant d'un zèle palpable, à la curiosité sournoise, le Russe discourant sans fin sur la rédemption et qui cherche Dieu, l'esprit ailleurs, le Polonais qui, le pauvre, est voué au chagrin et aux lamentations à cause de la propension de son pays à se perdre de façon régulière : aucun d'entre eux ne comprenait le Hongrois. Il y avait là quelque chose, magie et contagion, névrose et crainte, dignité et noblesse, dont il suffisait de goûter le mélange ensorcelé pendant quelques générations pour que le descendant de l'étranger émigré ici se réveillât un jour avec ce désespoir dans les yeux et comprît qu'il avait été envoûté : il avait bu l'eau pénétrante du chagrin secret et il était devenu hongrois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
SachenkaSachenka   06 mars 2020
Oui, l'hiver hongrois d'antan sentait bon, s'y entremêlaient les odeurs de boudin, de vin nouveau, de raifort, de patchouli des nuits de bal, des corps chauds, de la transpiration de la danse et de la passion, des coings séchant sur le toit des armoires, d'eau-de-vie, de sapin et de gibier, et c'était comme si toutes ces senteurs avaient conclu une trêve les unes avec les autres dans les appartements et les maisons le temps d'un hiver ; chaque fête étincelait de la même lumière jaune que celle du feu de brindilles dont la braise réchauffe les mains calleuses du vieil homme en casaque qui figure sur l'as de trèfle. On entendait tinter les clochettes d'un traîneau, les femmes faisaient cuire des betteraves et lisaient des romans interminables dans lesquels le héros se retrouve contraint de partir à l'étranger pour une raison inconnue. L'hiver était la fête de la famille et de l'espérance, le carnaval du coeur et du ventre [...].
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
LeroitsongorLeroitsongor   15 janvier 2021
Sindbad traversa les salles enfumées et chaudes tel un soldat qui revient sur un champ de bataille, bien des années après les combats, et qui recherche avec une impassibilité feinte les croix marquant les endroits où sont tombés ses camarades. Chaque renfoncement, chaque loge, chaque table lui rappelait les temps héroïques, quand les plumes étincelaient encore dans la patrie comme des armes, quand les femmes suivaient les écrivains et les poètes guerriers comme des anges gardiens et des vivandières, quand le prestige dont jouissaient les écrivains dépassait largement celui accordé au titre et au rang des fonctionnaires, quand la fortune et l’argent ne comptaient pas autant que le manuscrit d’un poème d’Endre Ady, et quand la littérature bouillonnait dans ce chaudron baroque tel un élixir de racines divines et démoniaques d’où la nation renaissait au monde sous la forme d’un phénix. A présent, il n’y avait plus en ces lieux que des loueurs de films somnolents et mal rasés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Corboland78Corboland78   07 novembre 2019
Dans le monde de Sindbad, dans l’autre Hongrie, l’ancienne, le ventre avait du prestige, arboré par un homme : il attestait que ce dernier n’était pas n’importe qui mais un homme pondéré qui agissait avec loyauté et expérience dans son travail, au sein de sa famille et à chaque caprice de la vie. Le ventre montrait que le monsieur qui en était doté fréquentait volontiers les tables de restaurant mais qu’il était aussi capable d’examiner le ragoût de porc déposé sur la table familiale avec une sévérité telle que le cœur de la cuisinière, de la maîtresse de maison et même de l’horloge suspendue au mur s’arrêtait de battre, comme si le fait d’avoir ajouté le foie et les rognons du porc à cuire dans le ragoût constituait une question capitale dont dépendait leur destin… Sindbad faisait grand cas du ventre des hommes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
WyomingWyoming   06 octobre 2019
Il se souvenait de l'épaisse carapace de glace, isolante et sale, qui enveloppait les ondes encore peu de temps auparavant, quelques semaines seulement, et des trous découpés par les pêcheurs aux environ du chantier naval; et puis, un matin, l'eau s'était débarrassée de ce manteau souillé et avait recommencé à couler, fraîche et blonde, comme si elle s'était baignée dans la mer.
Commenter  J’apprécie          40

Videos de Sándor Márai (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sándor Márai
Le 29 mars 2014, l'émission “Une vie, une oeuvre” diffusée tous les samedis sur France Culture, était consacrée à l'évocation de l'écrivain hongrois Sándor Márai (1900-1989). Par Laetitia Le Guay. Réalisation : Ghislaine David. Sándor Márai s’est imposé comme l’auteur hongrois le plus lu en France, avec des romans construits comme des thrillers, autour de secrets de famille, d’événements mystérieux du passé (“Premier Amour”, “Les Braises”, “L’héritage d’Esther”, “Les Mouettes”, “La Sœur”). L’ascendant d’un être sur un autre, les limites du langage, l’étrangeté de soi à soi-même et au monde sont des thématiques récurrentes d’un univers romanesque aux récits implacables ; univers à la violence sourde dont la psychanalyse n’est jamais très loin. La vie de Sándor Márai fut itinérante : européenne et quasi-vagabonde dans la jeunesse, pour fuir la Terreur Blanche de 1919 ; hongroise pendant vingt ans ; américaine et italienne après le passage de la Hongrie dans la sphère soviétique et le choix par Márai de l’exil. Au-delà des circonstances politiques, le voyage est un mode d’être pour Sándor Márai, « une appréhension sensuelle du monde », écrit-il dans son “Journal”, « peut-etre la seule vraie passion de ma vie».». De plus en plus solitaire et difficile matériellement, mais fertile sur le plan littéraire, l’exil mènera Márai de New York à Salerne, en Italie, puis en Californie où il se donnera la mort à 89 ans, quelques mois avant la chute du mur de Berlin. Témoin de la disparition du monde du 19e siècle, observateur du destin d’une Europe malmenée par le fascisme puis le stalinisme, Márai médite de livre en livre (“Libération”, “Mémoire de Hongrie”, “Journal”), sur les totalitarismes et l’humain, dans une écriture limpide qui, au fil des années, se condense, pour devenir de plus en personnelle, fragmentaire, poétique. Il reste l’une des grandes voix de la Mitteleuropa, aux côtés de Stefan Zweig ou Thomas Mann qu’il admirait.
Avec la participation de :
Balázs Ablonczy, historien, directeur de l’Institut hongrois de Paris François Giraud, auteur du blog http://sandor-marai.blogspot.com Catherine Faye et Georges Kassai, traducteurs de Sándor Márai en français Gabrielle Napoli, collaboratrice à la Quinzaine littéraire András Kányádi, maître de conférences à l'Inalco, qui a publié sous sa direction “La Fortune littéraire de Sandor Marai” (collectif), Edition des Syrtes, 2012 Daniel Rondeau, écrivain, journaliste, diplomate Ibolya Virág, éditrice, traductrice, spécialiste de littérature hongroise Textes lus par Vincent Németh (ces textes de Sándor Márai sont tirés de) : “Les Confessions d'un bourgeois” “Les étrangers” “Journal” “Ciel et Terre”
Thèmes : Hongrie| 20e siècle| Littérature Etrangère| Presse Ecrite| Daniel Rondeau| András Kányádi| Sándor Márai
Source : France Culture
+ Lire la suite
autres livres classés : Budapest (Hongrie)Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1247 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre

.. ..