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EAN : 9782070126699
416 pages
Éditeur : Gallimard (02/02/2013)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Lorsqu'un gros chien de garde plonge son regard dans celui de Ladivine, celle-ci se voit toute entière dans ces yeux sombres, et rêve de s'y laisser engloutir, d'y emprisonner son âme. Un récit à la fois simple et empreint de fantastique, par l'auteur de«Trois femmes puissantes».
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Krout
  22 août 2015
Mauvaise pioche ! Emprunté à la bibliothèque parce qu'exposé sur une table plutôt que d'être dans les rayonnages, le livre semblait relativement neuf en tout cas en très bon état, voilà sans doute les raisons principales de ce choix. Enfin la couverture sobre de Gallimard, souvent un gage de qualité, a fini par l'emporter. Krout était pressé et contrairement à son habitude il n'a pas pris le temps de lire un ou l'autre court passage, c'était sa seule excuse et il se le reproche encore aujourd'hui. Pourquoi avoir dérogé à sa manière bien rodée de procéder qui a si souvent porté ses fruits ?
Quelle force extérieure, plus forte que sa volonté a pu le pousser à cet instant précis et quelle puissance occulte avait donc mis bien en évidence Ladivine plutôt que bien d'autres titres ? Et pourtant, ayant enfourché le vieux vélo de son père, il avait vu ce chien de l'autre coté de la route.
Le chien le suivait et ne semblait pas vouloir traverser, Krout en avait la calme certitude intérieure : contre toute attente le chien ne courrait pas après le vélo ni après ses mollets, il l'accompagnait. Et Krout de songer à son vieux père qui ne savait plus lire de livres et qui pour le moindre article devait se munir d'une loupe en plus de ses lunettes. C'est bien difficile de vieillir; Krout, contrairement à Clarisse Rivière qui n'allait voir sa mère Ladivine Sylla qu'une fois par mois avec remords, restait en contact étroit avec ses parents. Que pouvait donc penser son vieux père de cette récente avidité à lire roman après roman qui s'était emparée de son fils ?
Il y en a pour 400 pages dans le style, c'est long, très long et déprimant. Bref en d'autres temps révolus, je vous aurais asséné un cinglant : aussi verbeux qu'un Achille Talon dans ses jours de déprime mais en bien moins comique, j'ai approché le concept jusqu'alors abstrait de la vacuité. Mais cela c'était avant quand j'étais encore jeune et ne m'embarrassais pas de nuances subtiles et peut-être inutiles pour vous dire que je n'ai pas aimé ces longues litanies intérieures empruntes de très nombreuses répétions. Ce besoin perpétuel d'autoflagellation doublé de répétitions, si pas des mêmes phrases au moins des mêmes pensées négatives, plus proches du supplice de la goutte d'eau que des mantras, m'a vraiment ennuyé. Malgré cet étouffement par un trop plein de mots, il y a un fil conducteur, dans cet ennui profond je me suis mis à imaginer que des actes de pédophilies incestueux pouvaient être à l'origine de la destructrice relation mère-fille et du dédoublement de personnalité de Malinka. Mais même un acte aussi affreux ne devrait pas déboucher sur une névrose intergénérationnelle et justifier une telle punition pour le lecteur.
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Yunali
  22 avril 2013
C'est un livre que j'ai lu dans le cadre du Prix France Inter organise par ma bibliothèque, je ne l'aurai jamais lu de moi-même sinon. Et je ne m'en serais pas plus mal portée !
/ !\ ATTENTION RISQUE DE SPOILER / !\ (J'ai mis une grosse partie entres balises spoiler mais je préfère prévenir)
Je ressors très déçue de cette lecture, parce que je n'ai pas aimé.
Je reconnais une qualité d'écriture certaine, mais assez lointaine de ce que je lis d'habitude. J'ai trouvé le style trop alambiqué, trop recherché, trop compliqué, trop lourd.
Je ne comprends pas pourquoi l'auteur cherche à faire des longues (vraiment très longues) phrases entrecoupées de virgules faisant la longueur d'un paragraphe, alors qu'utiliser des phrases plus courtes et simples serait plus accrocheur, et on ne se sentirait pas perdu quand on voit arriver le point en fin de phrase. Mais bon puisque l'auteur aime montrer qu'elle connaît toute une palanquée d'adjectifs, il faut bien en mettre deux, trois, quatre là où avec un seul le lecteur arriverait à comprendre ce qu'elle a voulu dire.

A cause du style je n'ai pas accroché non plus ni à l'histoire en elle-même ni aux personnages.
L'histoire est divisée en plusieurs parties, on a tour à tour plusieurs narrateurs.
On commence par Malinka, qui rejette sa mère (ce qu'elle est, ce qu'elle fait) mais qui au fond l'aime quand même. En autres choses elle lui en veut de ne pas avoir de père et de croire qu'il reviendra un jour.
Elle la déprécie en la nommant « la servante ». Cela m'a dérangée. Peu importe qu'elle n'aime pas sa mère mais l'appeler « la servante »… J'ai trouvé cela choquant.
D'ailleurs Malinka va partir trouver du travail, et pour couper les ponts elle sera Clarisse, et non plus Malinka.
Sauf que sa mère va quand même la suivre, et elle décidera de continuer à la voir quand même mais elle la tiendra hors de sa vie de famille. Ainsi elle ne parlera pas de sa mère à Richard Rivière, son mari, ni de Richard Rivière et ensuite de sa fille Ladivine, à sa mère.
Les contradictions de Malinka/Clarisse Rivière ne m'ont pas plu : elle n'aime pas sa mère, mais elle donne son prénom à sa fille ; elle n'aime pas aller chez sa mère, mais elle y va quand même et a un comportement abject ; elle n'aime pas le comportement qu'avait sa mère envers elle, mais elle va avoir un comportement tout aussi étrange avec sa fille…
La narration Malinka/Clarisse Rivière et qu'elle parle d'elle à la troisième personne m'a aussi beaucoup ennuyée…
Puis quand Malinka/Clarisse Rivière se fait tuer, déjà ça m'a soulagée parce que je ne l'aime pas, mais en fait après cela on passe à la narration de Ladivine (sa fille) et là les constantes pensées de celle-ci sur le meurtre de sa mère, son sang, son agonie… je suis pourtant habituée aux thrillers où il y a des détails beaucoup plus gores et sanglants mais là j'en étais presque écoeurée et dérangée. J'ai trouvé cela trop pesant, trop lourd (j'en reviens donc à mon problème majeur : l'écriture).
L'épisode sur la vie quotidienne de Ladivine, son mari Marcus et leurs enfants Daniel et Annika n'était pas trop mal pourtant. Surtout quand leurs « vacances à l'étranger » arrivent… Là ça devient du grand n'importe quoi.
Je ne suis pas contre des évènements fantastiques/surnaturels/inexplicables mais là j'ai trouvé ça en trop.
L'histoire des personnes qui reconnaissent soi-disant Ladivine pour l'avoir aperçue lors d'un mariage vêtue d'une robe vichy jaune qu'elle possède effectivement… mouais pourquoi pas.
Quand ils rencontrent Wellington (un jeune qui leur fait visiter un musée) et qu'ils le suivent chez lui pour partager un repas et que l'histoire du mariage ressort… euh ouais OK ils sont sous psychotropes les gens là-bas ou quoi ?
Quand Marcus tue le même Wellington en le jetant par-dessus le balcon de leur chambre d'hôtel (parce qu'il serait venu les voler bien sûr), et qu'il se rendort avec Ladivine (qui l'a bien aperçu commettre ce meurtre), c'est quand même grotesque. Ou peut-être que tous les gens qui en tuent d'autres veulent juste se recoucher… je ne sais pas…
Et ensuite quand ils revoient Wellington bien en vie quand ils sont chez des amis du père de Ladivine, celle-ci est ravie ! C'est vrai que les morts ça revient travailler le lendemain de leur meurtre, et en pleine forme bien sûr !
Et le pompom c'est peut-être quand Ladivine décide de disparaître, elle part de chez les amis de son père ; son mari et ses enfants rentrent en Allemagne chez eux. Normal non ? C'est vrai que souvent des gens disparaissent, c'est pas si grave, non ?
Mais quand Richard Rivière téléphone à son gendre et que celui-ci l'informe de la disparition, lui aussi trouve ça normal, et pas si grave puisqu'il « sait » qu'elle va revenir… Il continue sa vie, va vendre ses voitures, mène son beau-fils chez le médecin. Normal, non ?
Et ce que je n'ai pas aimé non plus c'est cette histoire de personnes qui se réincarnent sous les peaux des chiens. L'auteur a une vraie obsession pour les chiens dans l'histoire, le chien qui suit et observe Ladivine, le chien qui observe Annika, Daniel et Marcus quand ils rentrent sans Ladivine, le chien qui va chez la mère de Malinka/Clarisse Rivière à la fin…
Bref trop de n'importe quoi, l'histoire part trop dans tous les sens.
J'en ai conclu que je n'avais peut-être (sûrement) rien compris à cette histoire. Ou peut-être que ce n'est juste pas quelque chose que j'aime.
J'ai une vraie impression de perte de temps à la fin de cette lecture.
En tous cas je ne pense pas relire de livres de cet auteur. du moins pas avant quelques décennies.
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Rouletabille
  06 mars 2013
Je me suis procuré ce livre après avoir écouté le masque et la plume sur France Inter où pour une fois l'ensemble des critiques encensèrent une oeuvre, allant jusqu'à évoquer une expérience littéraire puissante.
Ladivine fait partie de ces livres qui m'ont échappé, je ne suis jamais vraiment rentré dans l'ambiance, les personnages, leurs destins ne m'ont jamais emballé. On suit donc Clarisse Rivière cachant à sa mère avoir changé son prénom au cours de sa vie.
Esuite nous avons la fille, Ladivine et son homme Marko vivant une vie paisible, ordinaire, sans grands soucis ni grande passion. Je me suis ennuyé, il me tardait d'arriver à la dernière page afin de pouvoir entamer un nouveau livre. Pourtant habituellement ces personnages un peu perdu, simpliste, sans grand but dans l'existence ont tendance à me plaire. Ici c'est peut être l'absence d'une petite dose d'humour qui m'a manqué.
La construction de l'histoire est originale, Marie Ndiaye ne cherche pas les coups de théatre, à faire du sensationnalisme. Elle pose rapidement les évolutions de ces personnages. On se marie et on se sépare en 3 pages, on enchaîne avec une nouvelle rencontre 15 lignes après, hop une fille née elle se retrouve à l'âge adulte 2 pages plus loin.
Marie Ndiaye cherche à explorer les pensées de ces personnages avec l'utilisation d'adjectifs successifs toujours par vague de trois.
Et puis il y a ce chien apportant une touche de surnaturel, idée que j'ai trouvé ni grotesque ni formidable. Comme l'ensemble du livre au final. Voila, un livre qui m'a laissé complètement indifférent.
Il a cependant eût le mérite de me faire découvrir un mot, affliction, utilisé à plusieurs reprises et dont j'ignorais la signification.
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pilyen
  01 avril 2013
Décidément, l'univers de Marie Ndiaye n'est pas pour moi. Avec "Ladivine", j'ai retrouvé le même ennui qui m'avait englué lors de la lecture de "Rosie Carpe". Toujours des portraits de femmes, enfermées dans une solitude poisseuse et qui traversent le monde, invisibles et inaccessibles, déroulant une vie monotone, sans relief apparent.
Dans "Ladivine", elle sont trois, trois générations de femmes au destin sans joie et dépressif. Elles auront toutes les trois une vie morne, empreinte d'une simplicité qui confine à la léthargie. des drames viendront s'immiscer pourtant, les affectant, les questionnant, les bouleversant en faisant voler en éclats leurs maigres certitudes.
Prendre des femmes simples pour héroïnes, les rendre pensantes et complexes, décrypter leurs pensées, fouiller au plus profond d'elles pour leur donner chair et accessoirement interroger le thème de la filiation et de la transmission est indubitablement une démarche littéraire intéressante. Seulement Marie Ndiaye complique les choses à l'envi. Elle aime glisser dans son récit des éléments vaguement fantastiques pour les abandonner très vite (les vêtements volés, ...). Elle use aussi d'une symbolique pas toujours accessible. ( Ce, ces chiens que croise Ladivine, qui sont-ils réellement ? ) D'autres fois, elle introduit des éléments totalement illogiques qui ont perturbé le lecteur rationnel que je suis (le double prénom et la mère morte ne tiennent pas la route une fois l'héroïne passée devant le maire). Mais comme cela ne suffit pas, quand les personnages sont dans l'action, ils vont constamment errer par la pensée dans leur passé, le fouiller au plus profond, le ressasser inlassablement, ralentissant la narration et n'évitant pas toujours la redite. La lecture se fait alors pénible, voire irritante car, malgré tout, il y a une très belle écriture qui n'a pas son pareil pour évoquer les sentiments les plus subtils. Et c'est ainsi qu'apparaissent au détour d'une page, des fulgurances totalement marquantes. Malgré l'ennui éprouvé, je suis sûr qu'il me restera dans la tête, et pour longtemps, des images, des sensations, des lieux, ... C'est assez singulier mais c'était déjà le cas avec "Rosie carpe" dont certaines scènes sont encore bien présentes dans mon esprit, douze après sa lecture. Talent de l'écrivain évidemment mais sensation étrange d'incompréhension et, pour moi, sentiment de gaspillage au profit d'un hermétisme qui confine à la pose.
La fin sur le blog
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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Ediacara
  17 juillet 2013
Le livre ayant déjà été présenté par d'autres critiques, je ne vais pas parler du sujet et des personnages. J'avais lu Trois femmes puissantes et j'en étais ressortie impressionnée, me disant que Marie NDiaye était un véritable écrivain à suivre, ce qui n'est pas si fréquent. Avec Ladivine, j'ai d'abord retrouvé ce sentiment. le style assez particulier, comme une sorte de litanie, plonge le lecteur dans l'univers des personnages. On a l'impression que beaucoup d'entre eux ne sont pas conscients de leurs propres méandres psychologiques. C'est comme si l'auteur omniscient décodait les actes d'êtres humains ayant une vie assez « brute », sans beaucoup de recul par rapport à leurs impulsions et leurs actes, et nous les livrait de manière extrêmement subtile, avec toutes les nuances de sentiments simultanés parfois contradictoires (honte, amour-propre, détermination, inconsistance…). C'est assez intéressant comme procédé ça marche bien pour faire ressentir l'enfermement des personnages dans leurs décisions, leur mutisme ou leur destin. Malheureusement l'enchaînement de toutes ces phrases-paragraphes-retour à la ligne, la répétition des prénoms + noms des personnages comme un compte-rendu ou un article finit par être lourd pour le lecteur et lassant à force d'être systématique. Personnellement j'ai « décroché » au moment où l'histoire de Ladivine la fille prend le relai. Autant le côté hypnotique du style s'accordait à la vie assez solitaire et fermée de Ladivine la mère et de Malinka/Clarisse, autant l'arrivée d'éléments « de la vie moderne » (le voyage de la petite famille, les 4x4…) m'a paru jurer avec le début. Probablement il s'agit d'avancer vers le contemporain avec la troisième voire la quatrième génération, mais pour moi ce mode de narration ne va pas du tout. J'ai eu l'impression que l'auteur ne savait pas trop comment finir et rajoutait des péripéties et des personnages (notamment la nouvelle famille du mari de Malinka/Clarisse). L'aspect fantastique m'a paru complètement hors de propos à côté de tout ça alors que je trouvais qu'il passait bien avec le début du livre. Bref, j'aurais préféré que ce soit sous une forme beaucoup plus courte, pas parce que je ne suis pas endurante mais parce que ç'aurait été nettement plus percutant sans la dernière partie.
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critiques presse (10)
LaPresse   28 mai 2013
Il faut aimer les histoires complexes et l'écriture recherchée pour apprécier ce roman de Marie Ndiaye, qui se déroule dans une atmosphère étouffante et sombre.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   28 mars 2013
Marie Ndiaye excelle : écriture maîtrisée et langue française sublimée. Les répétitions, les longues phrases qui explorent avec minutie et délectation les sentiments profonds des personnages, saisissent à la façon d'un effet de style, essoufflent comme une douleur, au risque de perdre plus d'un lecteur en cours de route.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   04 mars 2013
Très attendu, Ladivine se révèle encore plus maîtrisé, plus dérangeant que son prédécesseur. Et met aussi en scène trois femmes, peut-être pas si puissantes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   25 février 2013
L'étrange procession qui s'amorce semble destinée à charrier à travers le temps le mystère dont elle émane, à le faire irradier. Sauf que, par hoquets, le magnétisme tourne en rhétorique, que souvent le temps patine, que le mystère se simplifie et se contrefait, parfois jusqu'à l'arbitraire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   19 février 2013
“Ladivine”, le nouveau roman de Marie Ndiaye, est magnifique. Dans une écriture superbe, une plongée envoûtante dans les désarrois d’une lignée de femmes.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesEchos   19 février 2013
Avec une science accomplie du récit, Marie Ndiaye noue et dénoue les situations les plus dramatiques, nous entraîne aux lisières du fantastique. Et nous laisse, au seuil des mystères, essoufflés et chancelants.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Liberation   18 février 2013
Il y a quelque chose de merveilleux dans Ladivine [...] Non pas merveilleux au sens de magique, bien que le livre contienne quelques-uns de ces sortilèges qui ont fait la réputation de l’écrivain et fondent en partie son originalité. Ladivine est un feuilleton dont on voudrait qu’il ne finisse pas, parce qu’il ouvre sans cesse sur de nouvelles richesses.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   15 février 2013
Pour qui chaque livre de Marie NDiaye est un rendez-vous attendu avec la littérature, «Ladivine» sera, par son phrasé particulier, lent, complexe, où chaque phrase est juste parce qu'elle s'articule à l'ensemble, un nouvel enchantement.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   15 février 2013
Ladivine [...] est un véritable joyau. A la facture impeccable, au phrasé raffiné, aux adjectifs tourbillonnants, à l'histoire ensorcelante. Tout le talent de l'auteur est là, dans cette manière bien à elle de nous amener [...] du réalisme le plus cru à l'étrangeté la plus poétique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   13 février 2013
Un roman à l'écriture somptueuse, par une Marie NDiaye plus puissante que jamais.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
VilloteauVilloteau   03 mars 2013
Assise dans le train, les yeux fixés sur la vitre, sur le grain et les menues rayures du verre que son regard ne traversait pas, si bien qu'elle aurait été en peine de décrire le paysage qu'elle parcourait dans un sens le matin, dans l'autre le soir une fois par mois depuis des années et des années, elle tremblait d'appréhension en s'imaginant devoir se composer une attitude judicieuse dans le cas où quelqu'un l'appellerait Malinka.

Puis ses pensées dérivaient, elle oubliait peu à peu le motif de son tremblement même si le tremblement demeurait et qu'elle ne savait comment le faire cesser et qu'elle finissait confusément par l'attribuer au mouvement du train qui scandait sous ses pieds, dans ses muscles, dans sa tête fatiguée, le prénom qu'elle aimait et détestait, qui lui inspirait peur et compassion en même temps, Malinka, Malinka, Malinka.

Il ne lui avait pas toujours été facile, quand sa fille Ladivine était encore petite, de se rendre ainsi secrètement à Bordeaux, d'y passer une partie de la journée puis d'en revenir suffisamment tôt pour ne susciter la méfiance de personne.
Mais elle y avait toujours réussi.

Elle n'en était ni fière ni confuse.
Elle avait fait ce qu'elle devait faire, elle le ferait jusqu'à la mort de l'une ou de l'autre et elle avait, pour cela, mis en œuvre toutes les ressources dont elle disposait, qu'elle savait chiches d'intelligence, d'astuce, de tactique.
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rkhettaouirkhettaoui   23 février 2013
Le climatiseur fonctionnait comme d’habitude, avec ce fort vrombissement dont on se demandait toujours, avant de s’endormir, comment le sommeil pouvait y réchapper, et ces arrêts soudains, irréguliers, qui forçaient, quoi qu’on en eût, à guetter la remise en route de l’appareil, l’oreille tendue, le cœur battant et horripilé.
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michelekastnermichelekastner   29 mai 2018
Le départ de Richard Rivière l'avait remplie de honte parce qu'elle avait compris qu'elle avait échoué dans sa volonté d'offrir tout l'amour et toute la mansuétude dont un être pût avoir besoin, et même par-delà le besoin.
Car, songeait-elle, on ne pouvait se lasser d'un tel don s'il était décemment, convenablement fait, on n'en avait pas conscience et il s'insérait invisible dans la trame serrée de l'existence.
Or Richard Rivière s'en était dégoûté et il avait fui, voilà en quoi elle avait manqué et qui, sans l'humilier, lui causait une telle honte.
Elle n'en voulait pas à son mari qui avait agi comme il estimait devoir le faire, elle n'en voulait qu'à elle-même et se sentait dérisoire, inutile, mauvaise. La vie de la servante, elle en avait fait un pain amer et rien n'avait racheté cela finalement, bien qu'elle l'eût cru tout au long de ces années, vaniteusement.
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doug1doug1   19 mars 2013
"Son amour pour sa mère lui était une nourriture âcre, impossible à avaler. Cette nourriture se dissolvait dans sa bouche en particules d'amertume puis se reconstituait et cela durait et c'était sans fin, la boule de pain mauvais qui passait d'une joue à l'autre, puis les bribes molles, fétides, qui faisaient de sa bouche un puits de honte". p. 72
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RouletabilleRouletabille   11 mai 2020
Avait-elle pu mourir et ne pas s'en souvenir ?
Ce qu'elle ressentait avait néanmoins toutes les qualités de la vie absolue, et singulièrement la conscience de soin corps chaud, plein, légèrement vêtu de lin clair, qu'elle déplaçait dans les travées, songeait-elle en souriant intérieurement, pour le seul plaisir d'apprécier sa mécanique parfaite.
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Videos de Marie NDiaye (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie NDiaye
Samedi 4 août 2018, dans le cadre du banquet d'été ?Dans la confusion des temps? qui s'est déroulé à Lagrasse du 4 au 10 août 2018, Marie Ndiaye lisait plusieurs textes, accompagnée de Jean-Yves Cendrey.
Le premier texte est extrait de Berlin mon garçon, une pièce que l?écrivaine vient d?achever et qui sera montée au printemps 2019 au Théâtre national de Strasbourg par Stanislas Nordey. le second est le début d?un projet en cours : un monologue, celui d?une femme qui a passé sa jeunesse à Oran et dont l?existence actuelle à Royan est rongée, travaillée par les réminiscences de ces années en Algérie
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