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EAN : 9782367409702
170 pages
Éditeur : Scrineo (18/03/2021)
3.5/5   18 notes
Résumé :
« T’as vu comment tu t’habilles ? »,
« Sois belle et tais-toi ! » …

Autant d’injonctions auxquelles Gabrielle ne croit pas.

Elle, ce qu’elle aime, c’est la boxe et le rugby. C’est dire ce qu’elle pense, exprimer son point de vue. Elle ne comprend pas pourquoi elle devrait être considérée comme une petite chose fragile.
Surtout pas par Maël, le garçon populaire de sa classe, qui ne cesse de lancer des remarques sexistes à t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Shaynning
  30 mai 2021
"Féminine" semble s'inscrire dans cette littérature engagée qui se veut un outil de lutte contre les stéréotypes de genre, mais après sa lecture, j'ai un avis mitigé quand à sa forme, sans rien enlever à sa pertinence.

Dans un premier temps, je dois dire en toute honnêteté que le degré de sexisme des personnages, et là je regroupe même les personnages tertiaires ici, est terriblement élevé. Un degré que je n'ai jamais vu et qui je pense, ne correspond plus au sexisme de notre époque, du moins dans ma région ( Grand Montréal), au Québec. Je dirais que nous faisons face à du sexisme plus "insidieux", plus "sous-jacent", maintenant. Je donne l'exemple des camps de jour où les spécialités sont encore très genrés sans raisons ( bijoux pour filles, karting pour gars), les couleurs rose et bleu dans les allées de magasin pour les jouets, ce genre de truc. Mais le genre cru, macho, divisé et limite radical comme dans ce roman? C'est extrême, à mon avis.

En fait, je trouve même qu'à travers le dialogue féministe ( l'égalité des sexes), il y avait du sexisme masculin à travers les propos des filles. Il y avait donc du sexisme à travers le contre-sexisme! je vous donne des exemples:

(P.80) Cafétéria: Maël ( Incarnation du macho) est tombé au sol, parce que Gabrielle ( Incarnation Fille "Forte") lui a pilé sur un lacet, ce qui l'a fait tomber. Une agent sanitaire lui tend une serpillère. Maël rétorque:
"Pourquoi moi, elle m'a fait tomber!
L'agent répond:
"Le ménage n'est plus une affaire de femmes. On partage les tâches".
Ok. Pourquoi cette remarque? Maël n'a rien dit concernant les femmes et le ménage, pourquoi cette pique gratuite? Il souligne que c'est injuste de nettoyer puisque c'est Gabrielle qui l'a fait tomber, où est le rapport avec la condition domestique des femmes?
Des exemples de ce genre, il y en a pleins. Gabrielle elle-même, qui est supposée être "L'incarnation de la fille-forte-et-moderne" ( un peu surtaxé comme titre) tombe dans les stéréotypes. Quand elle met une jupe, elle se qualifie elle-même de "version féminine", comme le port de jupe était de facto une composante attitrée aux femmes ( z'avez jamais entendu parler des kilts?).
Parlons-en de Gabrielle, justement, en second temps. D'une certaine manière, elle ne m'a pas convaincu. Être forte, ce n'est pas être une grande gueule jamais à court de répliques ou d'être capable de brutaliser les autres. Être forte, selon moi, c'est d'être capable d'avoir assez d'estime de soi pour savoir qu'on a une valeur en tant personne et que l'on peut donc défendre sa propre intégrité. Or, Grabrielle gère mal sa colère, est cinglante, parfois violente, un trait relayé au fait de faire du sport en plus. Comme si faire du sport demandait un tempérament colérique. Pas sur que ce soit un bon message. On nous dit dans le roman que le sport lui sert de défouloir, grand bien lui fasse, mais on contourne donc le fait que Gabrielle pourrait aimer faire du sport sans que ce soit pour canaliser sa colère. Vous savez, juste pour le plaisir? Et non parce qu'elle est sportive de nature, tout simplement. Et j'ajoute qu'il est vrai qu'elle donne l'impression de faire du sport juste pour prouver quelque chose: elle ne m'a pas convaincu du tout qu'elle était passionnée par le rugby et la boxe, mais elle m'a convaincu qu'elle les pratiquaient pour "changer le regard des autres". Et ça je trouve ça triste.
En fait, Gabrielle est l'incarnation "du gars manqué", on insiste sur sa dualité homme-femme, au lieu de valoriser simplement ses intérêts comme des éléments unisexes. Comme si, de fait d'aimer tel ou tel trucs, on tombait soit du côté "rose" ou du "coté bleu". Mais c'est justement ça le sexisme: le fait de diviser! Quand j'ai vu ce roman, je m'attendait à ce que 'féminine", ce soit justement l'appropriation d'éléments traditionnellement réservés aux gars devenir des éléments pour tous, pas "une fille qui se prend pour un gars", non! Une fille féminine dans sa façon d'être, qui certes détonne pour le moment, mais qui va être appelé à devenir une des nombreuses façon "d'être une fille". Là encore, dans le roman, je trouve que le message est maladroit, encore clivé. Même le père de Gabrielle l'a souligné: "un gars dans un corps de fille", mais voyons donc, ça c'est du transgenre! Ça n'a rien à voir! Niveau appropriation des stéréotypes, franchement, c'est pas gagné.
Maël, ah, Maël, un ado qui se comporte en "vieux de la vieille" qui me rappel nos stéréotype de l'oncle macho ( on dit "mononc") avec ses blagues à deux balles machistes, sa vision étroite et sa façon de se comporter. Il lui manquait juste sa bière, sa bedaine et son absence de culture. le genre niaiseux des années 1960. Là encore, j'ai senti un recul majeur en terme de vision des gars en 2020. Des Maël, ça existe, mais ça ne représente pas du tout le groupe des 14-20 ans, du moins au Québec. Nous sommes à l'heure des gars qui porte des jupes, des gars qui assument de plus en plus leur diversité sexuelle et leur sensibilité, des gars qui choisissent des métiers à majorité féminine ( prof, infirmier, Technicien en Education Spécialisé, etc), donc des "Maël", c'est plus trop d'actualité. J'ai trouvé ce personnage tellement radical, tellement ancré dans ses imbécilités que ça me semblait vraiment tiré d'une autre époque. À mes amis de France, vous qui pouvez relayer, est-ce que vous trouvez ce personnage adolescent vraiment crédible pour 2020? En espérant que non...
Finalement, l'histoire en elle-même part de bonnes intentions: valoriser un personnage féminin sportif, aborder les stéréotypes de genre, mettre en lumière divers personnages dans divers situations histoire de voir qui est le plus perdant de cette situation et qui en souffre, etc. Il y a de la pertinence, mais c'est un peu maladroit. Convenu. Que Maël se découvre un béguin pour Gabrielle, c'était prévisible ( d'autant que c'est intriguant de ne pas avoir la seule fille qui ne veut pas de vous, ça on le voit dans les autres romans sentimentaux). Que l'École soit divisé entre populaires sexistes et ordinaires muets, très convenus aussi. En fait, seule Capucine m'aura agréablement surpris avec sa capacité d'exprimer ses idées auprès des populaires. L'idée des interventions aussi était bien.
Il y a un dernier petit détail que j'ai trouvé un peu laissé de côté: la déconstruction des stéréotypes. Personne ne s'est interrogé sur les idées préconçues de Maël et ses acolytes, d'où ils tiraient ses idées et ses préjugés? Aucun personnages ne semblent avoir eu vaguement l'idée d'investiguer là-dessus et pourtant, c'est la source même du problème.
Donc, pour conclure, sans tout jeter aux orties, je dirais que le roman est trop dualiste, qu'il porte un message incomplet, se montre sexiste à travers le contre-sexisme, parle trop peu du sexisme masculin ( on n'aborde que le métier d'infirmier de Timéo) et qui fini en plus en queue de poisson. On ignore quels vrais changements vont s'opérer suite aux interventions. On ignore si Maël et Gabrielle en viendront à un respect mutuel. Et les personnages sont très près de leur stéréotype: la sportive gars-manqué, le beau-gars-populaire-arrogant, le meilleur-ami-trou-de-cul, la blondâsse-superficielle, etc. Ils ne bougeront guère de leur case, ces personnages, d'ailleurs. Bref, pas totalement mauvais, mais je ne sais pas comment je vais en parler aux gens en librairie, parce que ça ne correspond pas à notre réalité terrain dans les écoles. Ça manque beaucoup de nuances.
Pour un lectorat du premier cycle secondaire, (13 ans+).
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Vanille09
  18 avril 2021
Gabrielle es une jeune adolescente qui a décider de défier quiconque ferait ou dirait un propos sexiste, elle vas mener une bataille pour défendre son genre.
Un livre émouvant qui, je l'espère, aideras à faire avancer les choses.
L'écriture fluide et facile à lire rend se livre très accessible.
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LaRemoiseBouquine
  08 mars 2021
Féminine, Féminisme, Sexisme
J'ai été conquise par "#trahie" de l'autrice qui traitait du harcèlement scolaire, j'étais donc impatiente de découvrir son nouveau livre.
Dans ce livre on suit Gabrielle qui a déménagé suite à la mutation de son père. Il est toujours difficile de s'intégrer dans un nouveau lieu, de faire de nouvelles rencontres... Pour Gabrielle c'est d'autant plus difficile qu'elle a commis un acte de violence dans son précédent établissement et sait qu'elle doit se tenir à carreau. A son arrivée, son fort caractère, ses goûts vestimentaires et sa passion pour la Boxe et le Rugby la mettent directement dans la case "garçon-manqué".
Ce livre est différent de "#trahie" où l'on était plus proche du personnage principal, dans "Féminine" on plonge plus dans une thématique. Je ne me suis d'ailleurs pas attachée à Gabrielle qui est une jeune fille indépendante au fort caractère, aux convictions très fortes, en revendication permanente, parfois extrême dans ses propos, sans demi-mesure.
On a également quelques clichés mignons comme le beau-gosse du lycée tête à claque, et la petite peste du lycée... qui apportent de la matière au livre puisque l'on sent le poids et la nécessité d'être populaire, l'importance des apparences. Il nous faut rentrer dans la norme, le fameux "Soit belle et tais-toi". Notion que l'on peut transposer dans la scolarité mais aussi dans notre vie personnelle et professionnelle.
De nombreux clichés sexistes sont mentionnés dans ce livre, avec notamment la notion concernant l'égalité homme/femme que ce soit au travail ou dans la vie privée. Il est important d'appuyer le fait qu'aucune tâche n'incombe à un sexe particulier, ni dans la maison, ni dans l'éducation des enfants... Et il en va de même pour la carrière professionnelle.
L'auteur glisse également l'idée de groupes de paroles dans les écoles sous forme de théâtre forum, vraiment très intéressant.
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EsseG71
  03 avril 2021
Gabrielle est ballotée de collèges en collèges, au gré des mutations de son père. Une fois de plus, quand elle arrive en Normandie, elle doit tout réapprendre, se faire de nouveaux amis. Difficile pour elle, avec son look androgyne et son air fermé. C'est que ses amis clermontois lui manquent encore beaucoup. Heureusement, elle a une échappatoire, la boxe. Pas très féminin comme sport. de même que le rugby, dont elle intègre l'équipe d'ailleurs. Mais elle s'en fiche de ce que pensent les autres. C'est sûrement pour cela qu'ils et elles ont autant de mal à lui faire baisser les armes. Deux garçons vont pourtant la perturber plus que de raison : Axel, le macho de la classe, petit coq qui entraîne sa cour avec lui ; et Timéo, dont la réserve va attirer Gabrielle. Avec son air de vouloir mordre tout le monde, et sa fureur à fleur de peau, Gabrielle pourrait bien révolutionner les stéréotypes bien implantés dans ce collège.
Un livre nécessaire dans les CDI de collège, voire de lycée, pour pouvoir aborder les stéréotypes et lancer les discussions sur l'égalité fille-garçon et la lutte contre les violences.
Même si nous, adultes, aimerions aller plus au fond des choses, ce roman plaira sûrement à nos ados. le petit insert, tout à la fin, sur les interrogations qu'ils et elles peuvent avoir sur leur sexualité participera aussi à ouvrir les débats. Il sera assurément dans une prochaine commande pour mon collège.
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Eowyne
  29 avril 2021
Un roman ado sur le thème du sexisme qui plaira sans aucun doute et est très pédagogique. Gabrielle, nouvelle, dans son établissement, aime la boxe, le rugby et globalement le sport. On la juge garçon manqué. Capucine est miss potin, Manon, la fille facile, Maël, le macho et Timéo, le garçon sensible. Nous avons le point de vue de tous ces personnages à travers différents épisodes de la vie lycéenne même si parfois j'ai eu des difficultés à savoir de qui on parlait. Quelques situations étaient traitées très (trop ?) rapidement comme lors de l'arrivée de Gabrielle à la boxe puis nous passons aux matchs de rugby sans vraies transitions. Par contre, les réactions des filles sont très intéressantes et les petites piques du quotidien qu'elles subissent sonnent "justes". le théâtre forum était également une bonne idée puisque cela se développe dans les établissements scolaires et l'auteure a su exprimer les craintes des ados mais surtout les réflexions et les bienfaits de ce type d'intervention. A la fin, les questions sur la sexualité sont un plus. Un roman à avoir dans les CDI. #Féminine #NetGalleyFrance
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Vanille09Vanille09   18 avril 2021
En avance à son cours de boxe,en tenue, une bouteille d'eau dans une main, une serviette éponge dans l'autre, Gabrielle ressasse le dernier cours où Sam, le gros tas de muscles, l'avait rabaissée gratuitement en la gratifiant d'un "t'es juste bonne à faire la cuisine ! "
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   17 mai 2021
– Juste... Y a-t-il d’autres filles ?
L’entraîneur se fend d’un sourire franc, puis rattrapé par une gêne visible, gigote sur sa chaise tout en se triturant un ongle.
– Disons qu’on en a régulièrement, mais elles manquent d’assiduité et abandonnent...
– Je vois... soupire Carole, peu étonnée.
– Classique, marmonne Gabrielle.
L’entraîneur ne relève pas.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   17 mai 2021
Un murmure lui arrive aux oreilles.
– Moi, c’est Capucine, ou Capu tout court.
Gabrielle n’a pas encore envie de s’ouvrir à une nouvelle amitié, mais s’exécute et répond malgré tout :
– Merci, « Capu tout court », chuchote-t-elle platement.
Pour ses amis, c’est Gaby, mais ici, elle n’a pas encore envie d’en avoir.
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LaRemoiseBouquineLaRemoiseBouquine   08 mars 2021
Être la fille qui en a dans le pantalon.
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Vidéo de Louison Nielman
Pour les cycles 1 et 2 + classe ULIS
Accueillir les émotions de Cécile Alix https://www.editions-retz.com/pedagogie/domaines-transversaux/accueillir-les-emotions-cycles-1-et-2-classe-ulis-9782725639765.html
Diminuer la fatigue de Louison Nielman https://www.editions-retz.com/pedagogie/domaines-transversaux/diminuer-la-fatigue-cycles-1-et-2-classe-ulis-9782725639772.html
Une forme pratique pour toujours avoir sous la main des idées d'activités qui permettront de débloquer des situations ou d'anticiper des surcharges cognitives et de progresser dans les savoir-faire ou les savoir-être.
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