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ISBN : 2246852536
Éditeur : Grasset (07/01/2015)

Note moyenne : 3.05/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Bienvenue à Pattaya, en Thaïlande, capitale mondiale de la prostitution, station balnéaire familiale la plus populaire d'Asie du Sud-Est et paradis des transsexuelles, noctambules, bandits, expatriés venus des quatre coins du globe. Une ville-univers, symbole de tous les paradoxes de notre époque, où le sexe, la mort et l'argent cohabitent avec la spiritualité la plus intense : fleur du Capital et clash des civilisations d'un genre particulier...
Ce roman bar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
grand-loup
  11 avril 2015
Encore un écrivain français captivé par la capitale planétaire du tourisme sexuel : Pattaya. Jean-Noël Orengo nous gratifie d'un pavé de 750 pages. Agrémenté d'une construction narrative alambiquée (et fastidieuse) et d'incessantes (et gratuites) coquetteries typographiques. Tout ça pour quoi ? Pour enfoncer les stéréotypes les plus éculés. On a droit à l'inévitable, fascinant et impénétrable "katoy" (transsexuel), produit d'appel patenté de la prostitution thaïlandaise. A la déchéance du client européen, engagé dans une double démarche de perdition/rédemption. Au thème ressassé d'un Occident décadent et las, venu par charters entiers se régénérer au contact de la jouvence low-cost extrême-orientale. Etc, etc...Aucune mise en perspective, autre qu'égotiste, de l'économie libidinale mondialisée. Au vu du titre de l'ouvrage, pourtant, on imaginait presque accompagner Samir Amin au pays du sourire. On se retrouve avec un Claude Farrère déluré et prétentieux....Sur le même sujet, mieux vaut lire (ou relire) "Pattaya beach", de Franck Poupart ou, surtout, "Old is Beautiful", de François de Negroni..
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CaroleSwaba
  21 avril 2015
Je souhaite laisser une note de lecture sur ce livre pour 2 raisons précises :
- la première est évidemment parce que ce roman ne peut être, devant son projet, laissé de côté ou regardé de manière indifférente tant il a tout l'air de représenter le grand roman français de ce début du XXIe siècle et qu'il faut donc essayer d'en parler tant bien que mal pour comprendre comment un tel geste d'écriture est possible dans ce pays qui ne publie que de l'autofiction désespérée, mais aussi, tout simplement – que l'on s'intéresse au sujet ou pas – de souligner l'importance à le lire sérieusement ;
- Or, ma seconde raison découle de la première : je souhaite répondre dans cette note à ceux qui, apparemment, ont intentionnellement ouvert des profils pour cracher sur ce livre (le même jour ou presque - nommés DSQ, grandloup et autre adam1 – et qui ne critiquent aucun autre livre sauf celui-là pour en dire n'importe quoi, maniant comme par hasard les mêmes références… Personne n'est dupe et en tant que lectrice, je trouve ces procédés écœurants d'autant que j'aimerais souvent lire de tels romans plus souvent et qu'il est suffisamment rare d'en trouver pour être honnête – encore une fois même si le sujet du roman est particulier (prostitution et que l'on peut être en retrait par rapport aux propos tenus par l'auteur).
Passons donc au livre lui-même, à sa lecture réelle, à l'importance de cette œuvre au regard même de l'Histoire de la littérature française (je précise que je suis une lectrice qui aime la lecture davantage pour le travail de sa langue que pour ses « Histoires » donc, évidemment aussi, pour ses analyses de la société contemporaine à travers un regard lucide mais absolument artistique, du moins « littéraire » qui me donne à entendre une langue autre que celle que je lis ou manie toute la journée à rédiger des rapports techniques dans mon milieu professionnel (pétrole, gaz et matières minéralogiques).
Pourquoi ce roman est-il – à mes yeux – d'une importance cruciale pour tout lecteur honnête et qui aime vraiment la « littérature » : parce qu'il est époustouflant par son geste d'écriture (structure, découpage, rideaux, actes, césures, citations, insertion, typographie, dialogue, style, plongée dans le réel insoupçonnable, etc.) qui est celui de décrire esthétiquement des personnages et un territoire méconnu sinon inconnu de notre culture : le Siam, Pattaya, l'Asie cachée, secrète, magique mais violente aussi. Mais d'abord et surtout parce que c'est une fiction enivrant, vivante comme un organisme qui évolue sans cesse, qui vous prend à la gorge et au cœur à chaque chapitre et notamment par le portrait incroyable de cette « France qu'on quitte » que l'on rencontre guère dans les reportages des journaux. C'est donc le « Roman du roman » : c'est l'oeuvre absolue que la littérature, dans son essence même, tend à en produire parfois, si rarement et qui est un mélange de Claude Simon, de David Goodis, ou encore de Michael Connelly (dans son rapport au réel et à la violence urbaine, sociale, psychologique), tous trois que je lis assidument depuis 30 ans. Ce roman peut-être aussi à considérer - dans sa structure et son ambition sur la langue - proche d'un Proust (par son récit de tas d'autres récits : 5 actes, 5 personnages, 5 situations qui s'entrecroisent autour de la figure d'un ladyboy) ou d'un Céline (comme ce voyage au bout du bout du bout de ce Pattaya qui est, en plus d'être cette fleur, représente aussi ses nuits nombreuses, festives, glauques, burlesques, paradisiaques ou infernales).
Alors, oui, on peut – qu'on aime ou pas le projet – considérer ce roman comme un "chef-d'oeuvre" authentique tel qu'il en existe une poignée par siècle et encore... Si vous, lecteurs drogués de la langue et du style, amoureux de cette beauté à assoir sur vos genoux comme à lire de vos yeux grands ouverts, vous vous lamentez de ne rien vous mettre sous la dent qui vous propulse, vous jette dans l'émerveillement, alors jetez-vous sans plus attendre sur ce premier roman qui est cette fleur et cette quintessence de la littérature française comme depuis si longtemps, nous n'avions pas eu la chance d'en lire une aussi belle, aussi forte, aussi corrosive !
Et que tous ceux qui ne l'aiment pas et qui lui crachent dessus argumentent autrement que dans leurs propos pathétique du niveau degré zéro. Pour ma part, j'adore cette Fleur et dis bravo à ce jeune auteur qui mérite notre humble considération de lecteur… contenté ! C'est si rare de le déclarer. J'attends donc avec impatience son prochain roman.
PS ce 7 octobre 2015 :
J'apprends ce matin que La Fleur du Capital qui a reçu le Prix Sade 2015 vient de se voir décerner le 6 octobre la "Bourse de la découverte 2015" du Prix Prince Pierre de Monaco et qu'il serait en lice pour le Prix de Flore 2015. Informations parallèle à ma critique, histoire de souligner que lorsqu'on aime à ce point un roman comme j'ai pu tant l'apprécier, il n'y a jamais de hasard.
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DSQ
  12 avril 2015
Pattaya stade terminal de la misère sexuelle occidentale ? On nous a déjà fait le coup, notamment Houellebecq. Thématique paresseuse et aussi vieille que le voyage exotique. Seul François de Negroni (Old is Beautiful) a su montrer que, dans la "ville-bordel", se dévoilait d'abord un rapport de classe qui renvoie aux pays d'origine et à l'inégalité sociale face aux injonctions du marché du désir. Les élites mondialisées - si promptes à condamner le touriste sexuel - ont d'autres terrains de jeux et d'autres pratiques transgressives.
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mezcal
  11 avril 2015
Un très grand livre, loin des clichés faciles sur le Siam. Une puissance stylistique évidente. Les remerciements à Marcel Barang, le grand traducteur de littérature thaïe en français, démontrent les accointances de l'auteur avec ce pays et cette ville unique : Pattaya. C'est d'abord une fabuleuse histoire d'amour entre Marly, parisien désoeuvré, et Porn, transsexuelle venant du sud musulman, véritable aristocrate de rue, et splendide de beauté, figure lumineuse du roman. C'est le voyage aux enfers de Kurtz, un ancien mercenaire obsédé par une survoix où s'entend toute la folie de sa condition de "punter". C'est la France qu'on quitte d'Harun, ex-étudiant d'architecture devenu agent immobilier et qui vend des nouvelles vies aux reconvertis de l'existence venus du monde entier. C'est Scribe et sa certitude que Pattaya représente une mine de fictions d'où il pourra tirer son grand livre... C'est un univers noir et somptueux, une ville bien réelle pour la première fois décrite dans toute son ampleur. Et c'est un ton qui change tout ! Construit comme une pièce de théâtre, avec cinq actes (1 par personnage, prenant tour à tour la parole), cinq scènes par acte, et des intermèdes entre chaque, on dirait surtout un immense poème en prose, et même en rimes des fois, qui reste longtemps dans la tête, comme un genre de mantra... À lire et à suivre, car c'est un premier roman.
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bertrandPEILLARD
  08 juillet 2019
Il y a des livres qui ont un destin puisque cet ouvrage de Jean-Noël Orengo a obtenu le prix de Flore
(déesse des fleurs et du printemps), couronné la même année par le prix Sade (le célèbre marquis) ce qui tombe plutôt à pic pour un livre traitant de Pattaya, la station balnéaire thaïlandaise dédiée à la luxure, au stupre le plus débridé et aux désirs les plus inavouables.
"La lutte des passes"
Un livre titanesque de près de 800 pages conçu comme une pièces de théâtre. Cinq personnages, cinq voix qui découpe le livre en cinq actes.
Le livre démarre sur les chapeaux de roue sur la déliquescence d'un monde occidental anéanti par la crise, les désillusions, la frustration et la déprime, où les perspectives s'amenuisent, ce que l'auteur appelle "La France qu'on quitte ".
S'y oppose un nouvel horizon, un Orient toujours mystérieux, envoûtant et la promesse d'une nouvelle respiration en cet ailleurs fantasmé, champs de tous les possibles. Et puis Pattaya, bordel à ciel ouvert, station balnéaire plus moche qu'un pou avec ses plages de sable gris et sa pollution endémique où viennent se désaltérer des nuées de touristes venus des quatre coins de la planète. Farangs en "mâles" d'expériences inédites parce qu'ici aucune limite n'existe pourvu que le micheton paye. Beaucoup en deviennent toxico et entament des allers et retours incessants entre l'Ouest et l'Asie, cherchant par tous les moyens à dégoter sur place un business rentable qui leur permette de rester à vie, de se fondre pour toujours, croyant au mirage d'une Asie naïve et accueillante.
Cinq personnages, cinq voix pour nous conter Pattaya.
Kurtz, déjanté et pervers qui pratique la "lutte des passes".
Harun, sortie tout droit d'une banlieue qui vend des appartements aux illuminés occidentaux qui veulent s'installer.
Marly qui s'amourache de Porn, une Lady-boy à la beauté indescriptible.
Scribe (l'avatar de l'auteur) qui caressent le rêve de décrypter Pattaya sous toutes ses coutures.
Porn, le transsexuel bijoutier qui gère avec application son épargne qu'il cachetonne à ses amoureux fous.
Un livre-monde, inventif, touffu et parfois brouillon, où les mots s'entrechoquent, un roman vertigineux fait de sons et de couleurs, d'odeurs et de goûts. Orengo utilise toute la palette de nos sens pour au final nous faire toucher Pattaya, capitale mondiale du sexe, mais avant tout, des illusions perdues.
Lien : https://www.bertrandpeillard..
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critiques presse (2)
Lexpress   27 janvier 2015
Le style syncopé -et parfois cru- des cinq monologues qui composent la fresque de Jean-Noël Orengo rend bien le grouillement humain ininterrompu et la ronde du désir de Pattaya. Trop bien même, tant on frise l'overdose de sexe, de désir, de désespoir et de mots.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   23 janvier 2015
C'est le vrai choc de la rentrée française. Inutile de barguigner: La Fleur du capital, le coup d'essai de Jean-Noël Orengo, est un coup de maître. Un coup sur la tête aussi. Impossible de sortir intact de cette lecture au long cours.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   16 juillet 2015
La souplesse, ça s’apprend tous les jours par des plans pour rien. Promener son travelling, s’entraîner aux prises de vues à tout moment. Je le fais dans mon appartement, le parking extérieur de l’immeuble à côté de la piscine, ou le bord de la piscine elle-même, au milieu des palétuviers et des orchidées, l’objectif collé au tronc écaillé des cocotiers. Pas besoin d’aller très loin, je prends, j’allume, je fixe, j’avance, je lève, je descends, je contrôle, je perçois mes muscles façonnant l’image qu’ils cherchent à capter. Les cinéastes ne sont pas assez “porteurs”, ils ne portent pas avec eux l’outil, l’arme, le sabre, l’arc : la caméra.
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rkhettaouirkhettaoui   16 juillet 2015
Une femelle qui ne demande pas d’argent à un homme n’est pas une femelle. Un mâle qui ne sait pas gagner d’argent n’est pas un mâle. Une féministe ne sera jamais une femme, de même qu’un misogyne ne sera jamais un homme. Ce sont des déclassés sexuels, des amputés du genre et du jeu sur le genre.
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rkhettaouirkhettaoui   16 juillet 2015
À seize heures, je me suis réveillé propre, nettoyé, le sommeil a cette vertu en moi d’être Javel et Destop, il m’hygiène, il me débouche, il décolle les plaques de craintes, les croûtes de peur, tout cet eczéma de l’angoisse, le sommeil m’avait nettoyé et j’ai senti de nouveau la force, la puissance.
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rkhettaouirkhettaoui   16 juillet 2015
Quitte à perdre son argent, autant le perdre ici. Comme son temps. On ne le perd pas. On le place. Placement charnel. Pas du financier. Un placement existentiel. La conjonction de l’affect et du rendement. Billet de mille tendu à une fille. Le taux de rendement sensoriel est énorme. Du 100 % par minute. Et la perte aussi. Ça monte et ça descend très vite. C’est cardiaque. On sent son pouls dans le billet. Le cœur est un ami.
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rkhettaouirkhettaoui   16 juillet 2015
Deux types, l’un bon, l’autre mauvais, l’un héros, l’autre anti-héros, échangent leur visage. Le bon officie sous les traits du mauvais, le mauvais sous ceux du bon. À la fin, ils se tiennent en joue, un miroir les sépare, ils hésitent un moment, se regardent, puis ils tirent, rageurs, sur cette atroce image d’eux-mêmes. Ainsi de nous deux. N’oublie pas : tout au fond, nous nous haïssons, tels que nous sommes.
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Videos de Jean-Noël Orengo (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Noël Orengo
Jean-Noël Orengo vous présente son ouvrage "Les jungles rouges" aux éditions du Grasset. Rentrée littéraire Août 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2350904/jean-noel-orengo-les-jungles-rouges
Notes de musique : Youtube Audio Library
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