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Sophie Benech (Traducteur)
ISBN : 2070302725
Éditeur : Gallimard (23/10/2003)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 32 notes)
Résumé :

« Nicolaï Romanovitch allait sur ses cinquante-cinq ans, un âge respectable. Donc, entendons-nous bien, ne pas s'attendre aux plaisirs du lit ni compter dessus; en revanche, une pièce indépendante, une totale sécurité matérielle et, cela va de soi, du respect. De votre côté, honorable Xanthippe Ivanovna, les travaux domestiques et la garde du foyer, autrement dit, la lessive, la cuisine, le ménage. Qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  09 mars 2018
Ludmila Oulitskaïa analyse dans ces sept nouvelles diverses formes du sentiment amoureux. Elle évoque le lien filial qui unit un enfant à son arrière grand-père. Chaque soir la petite se rend auprès du mourant pour écouter des contes de la tradition juive. Elle décrit l'éveil "fiévreux" à la sensualité de jeunes filles de la nomenklatura lors d'une fête d'anniversaire. Plus troublant, une collégienne nourrit une grande admiration pour sa professeure d'allemand. Il est aussi question du deuil ; une veuve reçoit la visite d'un vieux matou qui annonce celle du fantôme de son défunt mari. Amour filial toujours, quatre générations de femme cohabitent dans un appartement de Moscou sous la férule d'une aïeule au caractère bien trempé. L'amour se mue parfois en amitié comme entre cette musicienne de talent et un jeune inverti pour qui l'orientation sexuelle représente une malédiction en Union Soviétique. Dans cette République socialiste si prude, la sexualité confine parfois au sordide, que cela soit pour assouvir ses penchants à l'abri de l'oeil du pouvoir ou pour obtenir facilement de l'argent.
L'écrivain sait dresser le caractère excessif d'un personnage, relever des détails cocasses et rendre avec justesse des univers domestiques éclatés entre des sentiments parfois contradictoires. Par contre, j'ai trouvé que ses récits manquaient d'un peu de force et de tranchant. Ces nouvelles me laissent donc un sentiment en demi-teinte. Peut-être faut-il les mettre en perspective avec une autre oeuvre de l'auteure: "Mensonges de femmes"pour mieux les apprécier. (cf critique AmandineMM)
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Aela
  26 septembre 2012
Plusieurs nouvelles sont réunies ici sous la plume talentueuse de Ludmila Oulitskaïa. C'est son cinquième livre traduit en français, après Sonietchka (prix Médicis étranger); " de joyeuses funérailles" et "Les pauvres parents".
Sept nouvelles rassemblées ici, qui ont pour thème commun: l'amour, mais pas forcément uniquement l'amour entre un homme et une femme.
Ce peut être l'amour filial, l'amour des enfants pour des personnes de leur entourage.
Le monde de l'enfance et de l'dolescence sont ici merveilleusement décrits, comme dans la nouvelle "Un si bel amour" qui campe une passion amoureuse éprouvée par une adolescente pour sa jeune professeur d'allemand.
Le ton est juste, et les situations les plus ambigües traitées avec beaucoup de finesse.
J'ai apprécié particulièrement la nouvelle "La Bête" qui montre un chat envahissant et qui va ruiner la vie d'une dame âgée et résister à toute tentative de le chasser hors de l'appartement.
un beau livre, à savourer; une bonne manière de découvrir cette auteure russe très connue et de grand talent.
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fanfan50
  30 mars 2015
Je viens de lire rapidement ce recueil de nouvelles, peut-être trop rapidement mais je me suis laissée emporter par la magie des évocations et des particularités d'un pays froid, très froid. La première ligne nous met en condition : "l'hiver était épouvantable : un froid particulièrement humide et suffocant, une couverture cotonneuse particulièrement sale sur les épaules d'un ciel affaissé." J'essaie en vain de trouver le nom de la ville où évoluent les personnages qui ont des noms aussi charmants que Lilia, Biéla, Nina, Tania, Gaïka, Aliona, Plichkina, Niourka, Lidka, Maria... Il n'est pas mentionné, seulement suggéré et à la fin il est mention d'une femme avec une "voix douce qui n'avait rien de moscovite" et je pense que la ville c'est Moscou. Je suis un peu perdue parmi tous les noms et surnoms mais je m'aperçois que les nouvelles sont reliées entre elles par les personnages qui, petites filles et faisant partie de la même école dans les trois premières nouvelles, ont grandi ensuite. J'ai beaucoup aimé la nouvelle intitulée "La bête" car elle a un petit côté conte fantastique d'Edgar Poe. Cette bête qui est invisible au départ, puis est bien réelle, tellement réelle qu'elle finit par être tuée comme une sorte de nuisible et qui réapparaît sous la forme d'un fantôme qui hante les nuits avec le souvenir de Sérioja, le mari de Nina et on finit par se dire que la bête et le mari ne sont plus qu'une seule et même chose. La dernière nouvelle "la soupe d'orge perlé" est la plus étrange mais pas improbable. Trois petites histoires qui se rattachent à cette soupe. La mère de la narratrice porte une partie de la soupe qu'elle vient de faire à un couple de mendiants qui habitent sous l'escalier. Dans la seconde histoire, une mendiante frappe à leur porte et elle aussi a droit à un peu de cette bonne soupe, à un peu d'argent et à un baluchon d'affaires rapiécées. Dans la troisième histoire la mère qui est biochimiste se porte au secours de la fille cardiaque d'une voisine. Elle revient avec la voisine et pour la réconforter, elle lui offre de sa bonne soupe. et comme le dit en final l'auteure "Cela fait bien longtemps que personne n'est plus de ce monde. Nina, Nadiejda Ivanovna. Maman est morte depuis vingt ans déjà. Et je ne fais jamais de soupe d'orge perlé." Vraiment très étrange !
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AmandineMM
  11 février 2013
Tandis que Mensonges de femmes était considéré par l'éditeur français comme un « roman à épisodes », Un si bel amour et autres nouvelles est classé, comme son nom l'indique, parmi les recueils de nouvelles. Pourtant, tous ces textes de Ludmila Oulitskaïa sont également liés entre eux par leurs personnages principaux : toutes les petites héroïnes appartiennent à la classe de 5e B, présentée dans Un si bel amour. Dans cette nouvelle qui donne son nom au recueil, l'intrigue est plus particulièrement centrée sur Tania, amoureuse de sa professeure principale. le si bel amour qu'elle lui porte ne lui apportera pas une vie heureuse, mais au moins un moment de joie intense. Une même mélancolie lancinante, sans jamais être pathétique ou plombante, plane sur les autres nouvelles, unies par le thème de l'amour. Un petit groupe de jeunes filles découvrira la sexualité pendant une fête d'anniversaire, tandis qu'un si gentil garçon en fera l'expérience homosexuelle à la mort de son maître et protecteur. La mort rôde également non loin et confronte au deuil d'un amour, parfois impossible et personnifié par une Bête.
Ludmila Oulitskaïa signe là encore une belle galerie de portraits féminins, entre le tableau d'un instant décisif et la narration d'une vie entière. Néanmoins, j'ai le sentiment que l'attirante étrangeté que je ressentais jusque-là à la lecture de ses textes s'estompe peu à peu et me laisse comme blasée. Cela me désole de me sentir insensible à sa prose dans certaines de ces nouvelles.
Lien : http://minoualu.blogspot.be/..
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Lefelyne
  27 mars 2018
Un si bel amour
Ludmila Oulitskaïa
Je recherchais une lecture pouvant célébrer la Journée de la Femme. J'avais eu connaissance de l'agression de cette auteure russe par des militants nationalistes et son courage alors qu'elle s'apprêtait à présider le jury du Prix ONG Mémorial.
Mon choix s'est porté sur "Un si bel amour", recueil de sept nouvelles.
La nouvelle est un format que j'affectionne, on entre dans le vif du sujet, sans fioritures.
J'ai aimé partager ces tranches de vie, féminines pour la majorité, de l'enfance qui s'éveille à l'amour à la vieillesse acariâtre. Sans aucun fard, les mots révèlent non seulement la froideur moscovite de l'hiver, mais en quelques pages l'auteure dissèque les sentiments avec application, violence et justesse des émotions.
L'écriture est incisive presque rude.
Ce recueil est pour moi un bel hommage à la femme, à la féminité.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   07 décembre 2014
- C'est quand... ça s'appelle... " bredouilla Gaïka, terrassée par cette énigme.
Aliona était une femme du monde, elle perçut le malaise et fit preuve de présence d'esprit:
"Tu n'as qu'à demander à Lilia comment ça s'appelle! Elle sait tout!."
Gaïka, serrant la poupée contre son cœur, se dirigea vers la cuisine. Lilia était perchée sur son tabouret, elle avait changé de jambe, si bien que c'était maintenant la jambe nue qui se balançait dans le vide, et ses pupilles couraient sur les lignes à toute allure.
"Lilia! dit Gaïka en lui touchant l'épaule. Dis-moi, mais pour de vrai, hein? Comment ça s'appelle, ce qu'on fait pour avoir des enfants?"
Lilia leva un regard distrait, réfléchit un instant, et dit avec le plus grand sérieux, d'une voix un peu enrouée:
"Le cosinus!"
Et elle se replongea dans son livre. Sa grand-mère lui avait tout expliqué honnêtement, de façon scientifique, l'année précédente.
Gaïka se sentit le cœur le plus léger. Le cosinus, quand même, c'était le cosinus, et pas ce mot affreux, grossier et indécent. Mais sur le chemin du retour, elle fut traversée par l'idée déplaisante que ses propres parents, quand ils avaient voulu les mettre au monde, avaient fait ce cosinus, eux aussi... Enfin, il existait peut-être une façon plus convenable de faire ça, que même Lilia ne connaissait pas...
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fanfan50fanfan50   30 mars 2015
Entre-temps, l'anniversaire de la mort de Sérioja approchait. Il fallait recevoir une trentaine de personnes, et pas n'importe comment, en mettant les petits plats dans les grands. Mirkas avait pensé à l'anniversaire, lui aussi. Toute la semaine, il avait été d'une humeur massacrante, sa main s'était infectée et on lui faisait des piqûres d'antibiotiques ; et pourtant, en passant près du bureau de Nina, il avait posé une enveloppe devant elle :
"Tu nous invites au restaurant ou tu fais ça chez toi ?"
Nina avait été terriblement blessée dans sa fierté. Du vivant de Sérioja, on ne l'aurait pas humiliée comme ça... Mais elle avait surmonté cet accès d'orgueil absurde et avait écarté de son visage ses incomparables cheveux.
"Merci, Tolia."
Elle avait acheté encore un cochon de lait, de l'anguille et une livre de caviar.
Tôt dans la matinée, Tomotchka se rendit à l'église, elle avait commandé un service funèbre. Nina n'y alla pas ; de son vivant, Sérioja ne supportait pas tout ça. Elle se rendit au cimetière. Elle apporta des fleurs. Il y avait déjà une pierre tombale, elle s'était occupée de tout au début du printemps : une grande dalle gris-noir en pierre brute, toute simple.
Le soir, tout se déroula on ne peut mieux : une table superbe et opulente, comme Sérioja les aimait. Tous ceux que Nina avait envie de voir étaient venus : les amis de Sérioja, son cousin germain avec sa famille, sa soeur célibataire, qui avait une dent contre Nina ; Mirkas avait amené sa vieille femme Vika, peu gâtée par la vie, et non toutes ces petites nouvelles qui s'étaient multipliées autour de lui ces derniers temps, et Nina en fut contente. Il y avait même Mikhaïl Abramovitch, l'avocat qui avait défendu Sérioja autrefois, quand il avait eu de gros ennuis. Depuis, cet avocat était devenu très célèbre, il parlait sans arrêt à la télévision, mais il n'avait pas oublié l'anniversaire de la mort de Sérioja... Tous dirent sur Sérioja des choses gentilles et même en partie vraies : ils évoquèrent sa force de caractère, son audace et son courage, son talent. Il est vrai que sa soeur Valentina trouva moyen de glisser que Nina ne lui avait pas donné d'enfants. Mais Nina ne broncha pas, c'était une page de sa vie sur laquelle elle avait fini de pleurer depuis longtemps. Elle avait pardonné à Sérioja de l'avoir forcée - alors qu'elle n'était qu'une petite sotte éperdument amoureuse - à... Cela lui avait coûté cher. Sa mère, elle, n'avait jamais pardonné. Mais à quoi bon songer à cela maintenant, à trente-neuf ans.
Les invités s'en allèrent tard, emportant dans leur estomac les mets prodigieux dont les avait régalés Nina et laissant derrière eux une table qui conservait encore un peu de sa splendeur, ainsi qu'une odeur de cigarettes coûteuses. Nina renvoya Tomotchka chez elle ; elle s'était grisée comme une écolière et s'était évertuée à vouloir dire quelque chose de spécial à propos de Dieu, ce qui avait mis tout le monde mal à l'aise. Une fois seule, Nina rangea tout sans se presser, bavardant avec Sérioja en son for intérieur, comme à l'accoutumée. Mais, comme à l'accoutumée et comme de son vivant, il ne répondait rien.
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AelaAela   26 septembre 2012
Alors voilà: l'homme se trouvait confronté à des problèmes spécifiques qu'il était tenu de résoudre, et les forces supérieures, anges et autres entités, de même que les maîtres d'ici-bas, l'aidaient à résoudre ces problèmes.
Mais si l'homme se rebiffait, alors ces problèmes se transformaient en quelque chose de cauchemardesque, comme des maladies ou, par exemple, un chat.
Si bien que le chat de Nina était la manifestation, sur le plan physique, d'un malaise spirituel.
Il était même possible que cela ne vienne pas de Nina elle-même, mais au contraire, de ses proches déjà disparus...
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RenodRenod   07 mars 2018
Du haut de ses dix-neuf ans, il savait parfaitement qu'il faisait partie de cette espèce singulière et peu répandue vouée à se terrer et à se cacher, parce que de molles excroissances fourrées dans des poches de tissu le remplissaient de dégoût et étaient associées pour lui à une grosse truie blanche avec des porcelets suceurs agglutinés à sa partie inférieure, et que la configuration même des femmes, avec ce nid velu et cette fente verticale à un endroit si malséant, lui semblait terriblement peu esthétique.
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Alice_Alice_   06 décembre 2014
Et de fait, la mort, aiguillonnée par cette attente, était entrée dans la maison. Sur le divan recouvert d'un tapis, Aaron, le vieux cordonnier, rendait ses derniers soupirs. Il avait perdu conscience. Ses paupières depuis longtemps dénuées de cils n'étaient pas complètement fermées, mais on ne voyait plus ses yeux, juste un voile trouble et blanchâtre. Ses mains émaciées reposaient sur la couverture, et sur son bras gauche étaient entortillées les lanières en cuir usées que, contrairement à la coutume, il n'avait pas enlevées depuis un mois. A son chevet se tenaient ses enfants, des professeurs surchargés d'une multitude de connaissances médicales encombrantes et parfaitement inutiles.
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