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ISBN : 2869598270
Éditeur : Arléa (04/09/2008)

Note moyenne : 4/5 (sur 31 notes)
Résumé :

Michel Pastoureau, grand historien de la symbolique, retrace ici l’histoire de quarante animaux célèbres – à des titres divers puisque l’on y croise aussi bien l’âne de Buridan, le cheval de Troie, les abeilles de Napoléon que Mickey et Donald ou bien encore Dolly, la brebis clonée. Il révèle avec style et érudition ce que l’animal peut apporter à l’histoire sociale, économique, religieuse et culturelle.
Chacun des quarante chapitres se compose de deu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  23 mai 2012
Michel Pastoureau aime sortir de l'obscurité des sujets que d'autres historiens estiment moindres. « Pendant longtemps, les historiens ne se sont guère préoccupés de l'animal. Ils l'ont abandonné aux recueils d'anecdotes et à la “petite histoire”, comme ils avaient l'habitude de le faire pour tous les sujets qui leur semblaient secondaires, insignifiants ou marginaux. » (p. 9) En quarante chapitres, il présente des animaux célèbres : les oies du Capitole, l'éléphant d'Hannibal, les survivants de l'arche de Noé, les peintures de la grotte de Lascaux, la brebis Dolly ou encore Teddy Bear.
L'historien recoupe des sources littéraires, religieuses et scientifiques issues de l'Antiquité, du Moyen-âge et de l'époque moderne. Entre hagiographie et iconographie, il présente l'animal dans ce qu'il a de plus emblématique, à savoir ses rapports avec l'homme. « Dans l'Occident médiéval, les ménageries sont toujours des signes de puissance et des instruments politiques. » (p. 118) de tout temps, l'être humain s'est interrogé sur l'esprit animal et son âme éventuelle. Qu'ils soient honnis ou sacrés, les animaux appartiennent à un imaginaire collectif très puissant. À les côtoyer au quotidien, les hommes prêtent aux bêtes des traits humains. « Peut-on considérer tous les gros animaux domestiques comme des êtres moraux perfectibles ? » (p. 182)
Cet essai est simple et intéressant. Il présente avec clarté des morceaux d'histoire, mais je déplore l'absence de conclusion. le livre se referme sur le mouton et sur la bibliographie. Enfin, une question se pose : mais où est le lapin ? La couverture est très alléchante et son nom n'apparaît qu'une fois en 331 pages ! Je suis outrée !
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Aelinel
  03 août 2017
C'est à l'occasion des Quais du Polar 2017, à Lyon, que j'ai eu la chance de rencontrer Michel Pastoureau. J'y tenais vraiment car lorsque j'étais sur les bancs de la fac d'histoire, il était incontournable. En effet, il a fait partie de la nouvelle vague des historiens qui dès les années 70, se sont penchés sur de nouveaux champs de recherche. Exit l'Histoire avec un grand H, celle des grands Hommes et des dates importantes marquées par la politique et le fait militaire! Au contraire, ces historiens se sont intéressés à des sujets plus spécifiques et novateurs. Ainsi, Michel Pastoureau a étudié l'Histoire des Symboles au Moyen Age, aux Animaux et aux Couleurs. Sur ce dernier sujet, j'avais d'ailleurs déjà lu et chroniqué Bleu, Histoire d'une couleur et le petit livre des couleurs, révélés tout deux passionnants!
Dans cet ouvrage, Michel Pastoureau aborde une quarantaine d'animaux sur une période vaste allant du bestiaire des Grottes de Lascaux en 17000 avant J.-C., en passant par les récits bibliques jusqu'en 1996, avec le clonage de la brebis Dolly. Chaque chapitre est court (moins d'une dizaine de pages) et se compose de deux parties : l'une explique le sujet et son contexte tandis que la seconde éclaire le lecteur sur son interprétation et la symbolique de l'animal. Les périodes abordées sont relativement bien équilibrées avec 12 animaux dans la période préhistorique, biblique et antique, 8 dans la période médiévale, 7 dans la période moderne et 9 dans la période contemporaine.
Tout comme dans les deux ouvrages précédemment cités, les Animaux Célèbres possède une écriture de bonne qualité avec un style fluide et pédagogique qui ravira autant les historiens expérimentés que les novices. L'ouvrage est également passionnant : si certains animaux sont connus comme la Louve de Rome ou la Bête du Gévaudan, d'autres au contraire, le sont beaucoup moins comme l'éléphant de St Louis ou la girafe de Charles X. L'auteur distille dans chaque chapitre des mines d'informations : saviez-vous par exemple que l'éléphant de Charlemagne, reçu en cadeau, avait été un évènement qui avait attiré les foules? Que le Prince Philippe, fils du Roi Louis VI le Gros avait été tué à l'âge de quinze ans en tombant de son cheval à cause d'un cochon? Que le chien, honnit dans l'Antiquité, est revenu en odeur de sainteté seulement à la Renaissance? Que la Bête du Gévaudan avait tué cent trente personnes en trois ans et blessé soixante-dix autres? Que la chienne Laïka avait succombé à son expédition dans l'espace en manquant d'oxygène?
En conclusion, Les Animaux Célèbres de Michel Pastoureau a été une lecture passionnante et un véritable coup de coeur! Je vous invite tous à lire un jour un de ses ouvrages même si certains n'aiment pas particulièrement l'Histoire ou si d'autres débutent, je tiens à les rassurer, c'est très abordable!
Lien : https://labibliothequedaelin..
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isla16
  31 janvier 2013
Une façon amusante de découvrir l'histoire et l'évolution des moeurs humaines par l'intermédiaire d'animaux, réels ou fictifs, choisis par l'auteur. Michel Pastoureau, historien médiéviste, spécialiste – entre autres – de la symbolique des couleurs et de l'héraldique, m'a toujours habituée à des livres intéressants, bien écrits, apprenant une quantité de choses importantes ou futiles, qui nous font nous sentir moins bêtes après les avoir lus.
Le livre est composé de petits chapitres chronologiques consacrés chacun à un animal, du serpent de la Genèse au monstre du Loch-Ness en passant par la louve romaine ou la bête du Gévaudan. Même si j'ai trouvé l'intérêt des chapitres assez inégal, j'ai eu envie de me replonger dans les épopées d'Homère, plusieurs fois citées, et même de m'atteler à la lecture de l'Ancien Testament (mais après en avoir parcouru quelque pages, ce désir est resté un voeu pieux – hoho).
Le livre que je conseille vivement pour découvrir Pastoureau est « le petit livre des couleurs », qui comme son nom l'indique contient peu de pages, mais une tonne d'anecdotes passionnantes qui vous apprendront beaucoup.
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moussk12
  09 novembre 2016
40 petits chapitres pour 40 animaux célèbres. Michel Pastoureau nous apporte des connaissances que l'on croit acquises sur les animaux issus de la religion (comme le serpent d'Adam et Eve), de la mythologie (comme le Minotaure ou le Cheval de Troie), des croyances et rumeurs (comme le monstre du Loch Ness ou la bête du Gévaudan), ou de la réalité (Laïka la chienne cosmonaute ou Dolly la brebis clonée).
Après une introduction sur l'histoire de l'animal, l'auteur en fait l'analyse.
Michel Pastoureau est érudit et cela se sent dans son écriture fine et pointue. En même temps, c'est amusant.
On en redemanderait.
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Brunilde
  21 mai 2014
Michel Pastoureau aborde l'histoire des mentalités de manière très originale, précise et détaillée, il y a une bibliographie sélective à la fin de chaque sujet, mais cela reste facile à lire.
Il revient d'abord sur le contexte historique et explique la symbolique ensuite. Il insiste beaucoup sur le fait que les animaux imaginaires comme le dragon ou le monstre du loch Ness, doivent être abordés comme des "sujets normaux" puisqu'ils concernent les croyances d'une époque.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
CalamityJahCalamityJah   05 septembre 2015
Le Moyen Age chrétien est curieux de l'animal et en parle à tout propos, exprimant à son sujet deux courants de pensée et de sensibilité apparemment contradictoires. D'une part il lui faut opposer le plus nettement possible l'homme qui a été créé à l'image de Dieu, et la créature animale, soumise et imparfaite, sinon impure. Mais de l'autre il existe chez quelques auteurs, surtout à partir du XIIIè siècle, le sentiment, plus ou moins diffus, d'une véritable communauté des êtres vivants, et d'une parenté - pas seulement biologique - entre l'homme et l'animal.Le premier courant est dominant et explique pourquoi l'animal est si souvent sollicité ou mis en scène. Opposer systématiquement l'homme à l'animal et faire de ce dernier une créature inférieure ou un repoussoir conduit, par la force des choses, à en parler constamment, à le faire intervenir à tout propos, à en faire le lieu privilégié de toutes les métaphores et de toutes les comparaisons. Bref, à le "penser symboliquement". Il conduit également à réprimer sévèrement tout comportement qui pourrait entretenir la confusion entre l'être humain et l'espèce animale. D'où, par exemple, les interdictions, sans cesse répétées - car sans effets véritables - de se déguiser en animal, d'imiter le comportement animal, de fêter ou célébrer l'animal et, plus encore, d'entretenir avec lui des relations coupables, depuis l'affection excessive portée à certains individus domestiques jusqu'aux crimes les plus infâmes, tels ceux de sorcellerie ou de bestialité.Le second courant est plus discret mais peut-être plus riche de modernité. Il est à la fois aristotélicien et paulinien. D'Aristote, en effet, vient cette idée d'une communauté des êtres vivants, idée dispersée dans plusieurs de ses œuvres, réaffirmée dans le De anima, et dont le Moyen Age a hérité en plusieurs étapes, la dernière - le XIIIè siècle - étant la plus importante. Toutefois, en ce domaine, l'assimilation de l'héritage aristotélicien a été facilité par l'existence, au sein même de la tradition chrétienne, d'une attitude envers le monde animal qui, pour des raisons différentes, allait dans le même sens. Cette attitude, dont l'exemple le plus célèbre se trouve chez François d'Assise, tient son origine dans plusieurs versets de saint Paul, particulièrement dans un passage de l'épître aux Romains : "Si les créatures ont été assujetties, ce fut avec l'espérance d'être un jour, elles aussi, libérées de la servitude et de la corruption afin d'entrer librement dans la gloire des enfants de Dieu" (Rom. 8, 21). Cette phrase a fortement marqué tous les théologiens qui l'ont commentée. Les uns s'interrogent sur le sens de ces paroles : ils se demandent si le Christ est vraiment venu sauver toutes les créatures, et si tous les animaux sont vraiment "enfants de Dieu". Que Jésus soit né dans une étable semble à certains auteurs la preuve que le Sauveur est descendu sur terre pour sauver aussi  animaux.
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AelinelAelinel   03 août 2017
Je me souviens encore des difficultés que j’ai rencontrées, à la fin des années 1960, à l’Ecole des Chartes, pour faire admettre un sujet de thèse portant sur le bestiaire médiéval. Mes maîtres, qui pourtant m’aimaient bien, jugeaient un tel sujet futile parce qu’il portait sur les animaux, c’est-à-dire sur des acteurs qui n’avaient rien à faire sur le devant de la scène historique. (P. 9)
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CalamityJahCalamityJah   05 septembre 2015
Pour cet ours, Margarete préféra la laine au feutre et eut l'idée de doter l'animal de bras et de jambes articulés. C'était alors une grande nouveauté, et l'ours de laine fut présenté à la foire aux jouets de Leipzig, la plus importante d'Europe, au mois de mars 1903. Les marchands européens restèrent sceptiques devant cette étrange créature, mais un grossiste américain, qui connaissait peut-être déjà l'invention de Morris Michtom, en commanda trois mille exemplaires. L'ours allemand partit à la rencontre de l'ours américain. La concurrence était lancée et, dès lors, de chaque côté de l'Atlantique, la production s'intensifia.Aujourd'hui il est impossible aux historiens de dire qui de Morris Michtom ou de Margarete Streiff a le premier eu l'idée de l'ours en peluche. Il semble qu'il y ait eu simultanéité de l'invention et non pas copie de la création de l'un par l'autre. Preuve que, dans les premières années du XXè siècle, la naissance de l'ours en peluche était dans l'air du temps, et que, même si Morris Michtom ou Margarete Streiff n'avaient pas existé, cette naissance aurait quand même au lieu, quelques mois ou années plus tard. Quels que soient l'époque et le domaine concernés, il n'existe jamais d'inventeur, de créateur, de savant, d'artiste ou de poète isolé.
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CalamityJahCalamityJah   06 septembre 2015
L'historien n'a pas à dire s'il croit ou non à l'existence du monstre du loch Ness. Pour lui, comme pour l'ethnologue, le sociologue et le psychologue, l'imaginaire ne s'oppose aucunement à la réalité. Il en fait partie. Si un chercheur étudie une société donnée et laisse de côté - au nom de la science ! - tout ce qui relève de l'imaginaire, il mutile totalement ses enquêtes et ses analyses, et ne peut rien comprendre de cette société. L'imaginaire est une réalité et doit être étudié.
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moussk12moussk12   09 novembre 2016
Les chiens de Charles IV
Princes étranges, plus ou moins dégénérés, les deux derniers rois de France de la dynastie des Valois semblent avoir plus aimé les chiens que les êtres humains. Ils avaient de qui tenir puisque leur grand-père François Ier, aux dires de Brantôme, avait coutume de proclamer que pour recevoir dignement chez soi un hôte illustre, il fallait veiller à ce qu'en arrivant ses yeux fussent "d'abord réjouis par la vue d'une belle femme, d'un beau cheval et d'un beau chien."
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