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ISBN : 2266256580
Éditeur : Pocket (15/10/2015)

Note moyenne : 4.54/5 (sur 79 notes)
Résumé :
Dans la lignée de Plaidoyer pour l’altruisme, Matthieu Ricard invite à étendre notre bienveillance à l’ensemble des êtres sensibles. Dans l’intérêt des animaux, mais aussi des hommes.

Nous tuons chaque année 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards d’animaux marins pour notre consommation. Un massacre inégalé dans l’histoire de l’Humanité qui pose un défi éthique majeur et nuit à nos sociétés : cette surconsommation aggrave la faim dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
luckita
  18 octobre 2014
Avant de commencer la critique de Plaidoyer pour les animaux, je tiens à remercier Babelio et Allary Éditions pour l'envoi de cet ouvrage. Et merci à Matthieu Ricard pour son écriture.
Bien que je connais Matthieu Ricard pour l'avoir déjà vu ou entendu lors d'interviews, je n'avais encore jamais lu ses livres.
Que dire après la lecture de cet ouvrage qui fait suite à Plaidoyer pour l'altruisme ? La lecture m'a bouleversée et J'ai bien l'intention de la partager avec ma famille et mes amis afin qu'ils prennent conscience des différentes raisons qui m'ont poussée vers le végétarisme il y a près de 10 ans déjà.
Dès l'introduction, je me suis reconnue dans les propos de l'auteur.
Après une très intéressante présentation de l'évolution des hommes et de leur rapport aux animaux, Matthieu Ricard nous rappelle les différents positionnements des religions en étayant à chaque fois ses propos de citations et références de penseurs et philosophes reconnus jusqu'à la réelle prise de conscience que l'animal est un être sensible, l'émergence du mouvement de libération animale et des associations et ONG de défense et protection des animaux. Comme l'explique Matthieu Ricard, il est si facile de se mettre des oeillères, de refuser de voir ce qui se passe dans les élevages et les abattoirs, de refuser de prendre conscience que ce qui se trouve dans nos assiettes provient d'un cadavre d'animal !
Les aspects écologique et santé sont également développés par l'auteur, rappelant ainsi qu'une grande partie des terres agricoles dans le monde est consacrée à la production de céréales qui servira à nourrir les animaux d'élevage alors que "les 775 millions de tonnes de blé et de maïs [...] suffiraient à nourrir convenablement les 1,4 milliard d'êtres humains les plus pauvres." (p.72). de même, la consommation de viande augmente certains cancers et risques de maladies cardio-vasculaires. Comme le dit si bien Matthieu Ricard : "Tout le monde y perd".
J'ai beaucoup aimé également dans cet ouvrage la manière dont l'auteur démonte les fausses excuses et les idées reçues sur le végétarisme nous rappelant par exemple que, non, l'homme n'a pas besoin de manger de la viande pour être en bonne santé, entre autre.
Dans Plaidoyer pour les animaux, Matthieu Ricard aborde toutes les thématiques cause de souffrance animale et nous incite à plus de compassion vers les animaux, qui tout comme les hommes sont des êtres sensibles.
C'est une lecture forte, parfois dérangeante mais indispensable pour une prise de conscience et, je l'espère un changement durable de la perception des animaux. A placer entre toutes les mains.
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Commenter  J’apprécie          387
Chouchane
  24 octobre 2014
Matthieu Ricard est un moine bouddhiste mais aussi un éminent biologiste et un intellectuel avisé. Avec son Plaidoyer pour les animaux il ne nous fait pas la morale, il expose les connaissances riches et variées qui concernent le monde animal. Il va piocher dans ce que la littérature a fait de mieux pour nous montrer ce que nous ne voulons pas voir ou nous avouer. Pourtant, la lecture de ce livre est une libération parce que vivre en sachant, c'est pouvoir décider, c'est pouvoir être libre. A partir de sources scientifique, philosophique, biologique, éthologique... sans oublier des écrivains tels Milan Kundera, Mickael Cotzee, Marguerite Yourcenar pour ne citer qu'eux, il déroule son argumentaire implacable, indiscutable.
Son propos est simple et preuves à l'appui (18 pages de sources les plus reconnues), il dit qu'aujourd'hui nous savons !. Nous savons que l'élevage industriel est la deuxième cause du réchauffement climatique, qu'il épuise les ressources en eau douce, que l'alimentation carnée est un facteur négatif pour la santé humaine, que la surconsommation de viande aggrave la faim dans le monde, que les animaux ressentent douleurs et émotions, qu'au cours de son histoire l'homme s'est nourri, pendant 99% du temps , de cueillette et très peu de chasse et que nous massacrons au terme de souffrances terribles 60 milliards d'animaux terrestres et 1000 milliards d'animaux marins or - et c'est là où le bât blesse – nous n'en avons pas besoin !
Loin de faire du sentimentalisme ou du sensationnalisme, il égrène les données qui sont parfois aberrantes comme le fait qu'1/4 de la production mondiale de poissons est transformée en farine pour l'alimentation des bovins ; que les animaux destinés à l'alimentation humaine sont massivement traités aux antibiotiques avant l'apparition de maladies ( (ces mêmes antibiotiques seront ingérés par nous via la viande) ; que lors de la famine en Éthiopie le pays continuait d'exporter des céréales vers la Grande Bretagne pour la nourriture des bovins,…
Le chapitre sur l'élevage intensif est terrifiant par les douleurs et supplices qui sont infligés aux bêtes dans les abattoirs (15% sont découpés vivants car les machines à étourdir ont une marge de dysfonctionnement !) et par l'indifférence des bourreaux et la nôtre. A la suite de cet exposé difficile, Matthieu Ricard nous rappelle le « continuum du vivant » et expose combien l'animal est doué, joueur, solidaire, en un mot intelligent. Les porcs figurent parmi les animaux d'abattoir les plus proches de l'homme et pourtant … ! Parmi les dizaines d'exemple, on redécouvre Washoe cette femelle chimpanzé à laquelle les primatologues avaient appris à communiquer par signes et qui après une séparation de fils adoptif lui dit « Venir embrasser. Vite ! ». Chasse, trafic de la faune sauvage, dressage et violence contre les animaux pour notre propre divertissement (corrida, cirque, delphinarium…) l'homme soumet le monde animal au risque de perdre son humanité.
En nous imposant de nous réinterroger sur notre place dans le vivant, sur notre rôle sur cette planète Matthieu Ricard fait une oeuvre de salubrité morale et physique.
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keria31
  19 mars 2015
Un livre coup de poing et qui ne peut que choquer ou nous faire réagir !
Mathieu Ricard pose la plus forte problématique qui se pose en ce début du xxie siècle et qui font des animaux les principales victimes. Grâce à une vision très large, il aborde les différents aspects de la condition animale, ses aspects religieux, philosophiques, économiques et scientifiques. Ce livre est une vraie bible pour nos amis les mammifères car vraiment, tout y est. Un livre indispensable pour ceux qui s'intéressent au sort des animaux dans nos sociétés d'aujourd'hui, très instructif, profond et sensible. Je n'avais jamais rien lu sur ce sujet qui soit aussi complet.
D'abord une vue d'ensemble sur notre évolution actuelle. Un défilé de chiffres tous plus impressionnants les uns que les autres complètent et soutiennent une réflexion morale sur les rapports de l'homme à l'animal. 60 milliards d'animaux et 1000 milliards de poissons sont tués chaque année pour notre seule consommation. Si la population humaine a presque triplé en 50 ans (de 2.5, nous sommes 7 milliards aujourd'hui), celle de la consommation de viande a elle aussi triplé en 40 ans dans les pays en voie de développement.
D'où le développement et la généralisation de l'élevage intensif dans les pays riches avec ses fermes-usines qui soutiennent des rythmes de production infernales pour les animaux (voir le fameux chapitre 4 sur l'élevage industriel). "Ames sensibles s'abstenir" nous prévient l'auteur car ce qui suit, c'est l'enfer des camps concentrationnaires pour les poulets, les porcs et les boeufs. Séquestration, concentration, enchaînement et immobilisme pour des milliers d'entre eux, abattage frénétique (1100 animaux abattus par heure soit 1 tué toutes les 3 secondes dans les grands abattoirs), sevrage aux antibiotiques, mutilations sans anesthésie, la liste est longue des maltraitances qui se poursuivent dans l'indifférence quasi-générale. Surtout que comme l'auteur le prouve, 60 % des terres sont consacrées à nourrir les animaux d'élevage alors qu'il suffirait d'utiliser une partie de ces terres pour nourrir les pays les plus pauvres.
D'autres activités sont également traitées : le trafic de la faune sauvage comme celui de l'ivoire qui détruit la population des éléphants et des rhinocéros mais aussi celui, moins connu des ours dont la bile en Chine est reconnue pour ses vertus thérapeutiques. Que de traditions et de superstitions qui concourent à justifier des tortures inutiles ! Les cirques et les corridas sont aussi dénoncés même si pour ma part, j'ai trouvé que notre penseur bouddhiste y consacrait trop de temps quand on sait que c'est un phénomène minoritaire par rapport aux autres qui sont exposés. Il n'oublie pas non plus l'expérimentation animale et les parcs aquatiques.
Enfin d'autres discours philosophiques ou croyances religieuses sont rapportés et comparés. Alors que Descartes au XVIe siècle considérait les animaux comme des êtres machines mus par des réflexes dénués de sensations (douleur/plaisir), Voltaire au XVIIIe s'en offusquait et notait que l'animal, étant pourvu d'un système nerveux, devait ressentir les coups ou les caresses. Alors que la religion chrétienne met l'homme au-dessus de la création, le bouddhisme considère l'ensemble des êtres dans une sorte de continuum du vivant ...
De toute façon, selon moi, les hommes savent mais ne veulent pas changer leur rapport à l'animal parce qu'il y a trop de profit en jeu (pour les firmes agro-industrielles, le braconnage et même l' industrie pharmaceutique) et parce que les consommateurs sont trop avides (comme le rappelle Mathieu Ricard, il suffit de très peu de viande pour notre santé et l'excès cause des maladies cardio-vasculaire, mais dans tous ces arguments, il en oublie un de taille : la viande, c'est bon !)
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Azor
  16 novembre 2014
Un très bon livre, bien écrit. Matthieu Ricard y dresse le tableau de la souffrance animale avec les différentes formes qu'elle peut prendre, la souffrance dans les élevages industriels et les abattoirs, la souffrance encore lorsque les animaux nous servent de divertissements, les cirques et les zoos, la souffrance quand ils contribuent à notre beauté ou à notre santé dans les laboratoires etc... le sujet est traité d'un point de vue éthique dans un premier temps, de quel droit infligeons nous de telle traitements aux animaux, il nous rappelle alors à quel point leur sort est peu enviable, et à quel point l'homme peut être dénué d'empathie à leur encontre. Matthieu Ricard n'oublie pas de rappeler les conséquences écologiques de nos actes (en ce qui concerne l'élevage intensif). Mais il ne se contente pas de ce constat et s'interroge sur l'origine du mal, comment pouvons nous faire subir cela à d'autres êtres vivants, comment pouvons-nous être tellement insensibles. Et pourquoi faisons nous une différence entre nos animaux de compagnie qui ont droit (une partie au moins) à notre respect, à notre attention, et à qui nous prodiguons des soins en cas de besoins et les animaux que nous mangeons qui eux, ne semblent être là que pour remplir nos assiettes ou contribuer à notre bien-être.
Etant moi-même végétarienne depuis des années et très préoccupée par la cause animale, j'espère que ce livre, très accessible pourra faire un tant soit peu, évoluer les mentalités et le regard que nous portons sur les animaux.
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PHILIPPEGREGORIUS
  03 décembre 2017
Matthieu Ricard, un homme hors du commun. Lorsque cet Homme affirme aimer les animaux, aimer les êtres vivants, ce n'est pas une figure de style , ce n'est pas un "j'aime" fadasse qui n'englobe que les êtres pouvant satisfaire son propre bien-être, mais un engagement profond pour la bienveillance altruiste. 69 milliards d' animaux terrestres abattus souvent sauvagement chaque année pour notre consommation, 1000 milliards d'animaux marins, tous sensibles, tous ressentant la douleur, un massacre du à notre schizophrénie, nous qui aimons tellement notre chien. Matthieu Ricard parle de notre rapport au travers des siècles avec ces animaux
Ils nous enseigne sur les cathares, par exemple, qui refusaient de tuer et de manger tout produit d'origine animale. Nous avons dans ce livre une présentation simple et accessible de l'approche des religions en ce qui concerne les animaux .
Les lobbys de la mort cachent le massacre dans les abattoirs et affichent un monde où les vaches et cochons vivraient en toute liberté pour nous offrir dans l'allégresse leurs membres arrachés.
Autre grande pensée citée par Matthieu Ricard, celle de Marguerite Yourcenar " Je répugne à digérer des agonies ". Avec ce livre vous aurez une vision globale sur le monde animal, vous lirez des pages bouleversantes sans jésuitisme ni voyeurisme. Simplement parce que vous ne voulez pas vous masquer la réalité, par manque de curiosité, par indifférence, par hypocrisie, parce que vous n'aimez pas la douleur, que ce soit pour vous ou pour les autres êtres vivants et sensibles. Cirques avec animaux, zoos, corridas, carnisme, Matthieu Ricard nous parle avec empathie, intelligence et émotion de ce qui sera sans doute un jour perçu comme une tâche indélébile sur l' humanité présente. Et si la mort des autres nous indiffère, pensons à notre santé et à la planète que nos enfants vivront..ou non!
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critiques presse (1)
Telerama   05 novembre 2014
Comment peut-on manger d'autres êtres vivants ? Une réflexion que mène le penseur bouddhiste avec une stimulante élégance.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
luckitaluckita   12 octobre 2014
Qu'y a-t-il donc de si inavouable à dissimuler derrière les murs des abattoirs et sous les hangars des élevages industriels ? Ce qui est est exposé dans ce chapitre est choquant. Faudrait-il le faire précéder de l'avertissement "âmes sensibles s'abstenir" ? Vous pourriez être tenté de tourner les pages pour passer à la suite. Mais pour se sentir concerné par le sort d'autrui et, dans la mesure du possible, agir pour remédier à ses souffrances, ne faut-il pas en prendre la mesure ? L'histoire a montré que détourner le regard a toujours laissé libre cours aux pires atrocités et a retardé les interventions nécessaires à les enrayer. A quoi bon édulcorer la réalité ? Ne Vaut-il pas mieux la regarder en face et y puiser le courage de la compassion ?
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luckitaluckita   04 octobre 2014
Toutefois, se préoccuper du sort des quelque 1,6 million d’autres espèces qui peuplent la planète n'est ni irréaliste ni déplacé, car, la plupart du temps, il n'est pas nécessaire de choisir entre le bien-être des humains et celui des animaux. Nous vivons dans un monde essentiellement interdépendant, où le sort de chaque être, quel qu’il soit, est intimement lié à celui des autres. Il ne s'agit donc pas de ne s'occuper que des animaux, mais de s'occuper aussi des animaux.
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ChouchaneChouchane   24 octobre 2014
Qu'on en juge au vu de ces quelques chiffres :
- l'élevage contribue à 14,5% des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines, en deuxième position après les bâtiments et avant les transports.
- Pour produire 1kg de viande, il faut utiliser 10 kg d'aliments qui pourraient nourrir les populations des pays pauvres qui les produisent.
- 60 % des terres disponibles dans le monde sont consacrées à l'élevage.
- L'élevage à lui seul consomme 45 % de toute l'eau destinée à la production d'aliments.
- En réduisant la consommation de viande, on pourrait éviter 14% des décès humains dans le monde.
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BigDreamBigDream   23 janvier 2016
Nul doute qu'il y a tant de souffrances parmi les êtres humains de par le monde que l'on pourrait passer une vie entière à n'en soulager qu'une partie infime. Toutefois, se préoccuper du sort des quelque 1,6 million d'autres espèces qui peuplent la planète n'est ni irréaliste ni déplacé, car, la plupart du temps, il n'est pas nécessaire de choisir entre le bien-être des humains et celui des animaux. Nous vivons dans un monde essentiellement interdépendant, où le sort de chaque être, quel qu'il soit, est intimement lié à celui des autres. Il ne s'agit donc pas de s'occuper que des animaux mais de s'occuper aussi des animaux.
Il ne s'agit pas non plus d'humaniser les animaux ou d'animaliser l'homme, mais d'étendre aux deux notre bienveillance. Cette extension est davantage une question d'attitude responsable envers ce qui nous entoure que d'allocation des ressources limitées dont nous disposons pour agir sur le monde.
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ChouchaneChouchane   24 octobre 2014
Les chewong de Malaisie, rapporte l'éthologue Dominique Lestel, ne divisent pas le monde en humains et non-humains. Ils considèrent que les représentants de chaque espèce ont un regard sur le monde qui leur est propre. Ainsi, leur perception du monde s'organise selon une "voie du tigre", une "voie de l'ours" et une "voie de l'homme. Ce que perçoit chaque espèce, est pour elle, aussi vrai que ce que perçoit l'être humain.
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