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EAN : 9782266170123
160 pages
Pocket (17/10/2006)
  Existe en édition audio
3.67/5   945 notes
Résumé :
Dans ce récit si simple et si uni qu'il convient d'en souligner l'originalité profonde, Georges Perec tente, le premier avec cette rigueur, de mettre au service d'une entreprise romanesque les enseignements de l'analyse sociologique.

Il nous décrit la vie quotidienne d'un jeune couple d'aujourd'hui issu des classes moyennes, l'idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible - car il est lié a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
3,67

sur 945 notes

palamede
  11 juin 2020
Jérôme et Sylvie sont jeunes et l'immensité de leurs désirs les paralysent. Ils succombent aux signes de la richesse ; ils aiment la richesse avant d'aimer la vie. Ils attendent de vivre, ils attendent l'argent. Mais cette passion, celle du mieux vivre les épuise, submergés qu'ils sont par l'ampleur de leurs besoins. Alors que peut-être ils se trompent ; ils sont en train de se perdre.
Jérôme et Sylvie nous montrent qu'avoir vingt ans dans les années soixante, quand on est enfants de petits bourgeois, et un tant soit peu intellectuel, c'est balancer entre un bonheur lié à une certaine richesse et un bonheur lié à un travail qui laisserait du temps pour se cultiver, faire ce que l'on aime, mais priverait de l'aisance financière. Un désir de posséder des choses qui serait donc une option envisageable comme source de bonheur, à condition de s'en donner les moyens, et de renoncer à une forme de liberté.
On l'aura compris cette réflexion sur le bonheur et la fascinante possession des choses, remarquable de modernité, a été inspirée à Georges Perec par sa jeunesse. Lui qui avait vingt-quatre ans en 1960 explique : « Il y a entre les choses du monde moderne et le bonheur, un rapport obligé. Une certaine richesse de notre civilisation rend un type de bonheur possible ... Ceux qui se sont imaginé que je condamnais la société de consommation n'ont vraiment rien compris à mon livre. Mais ce bonheur demeure un possible ; car, dans notre société capitaliste, c'est : choses promises ne sont pas choses dues. »
Challenge MULTI-DÉFIS 2020
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GabyH
  23 novembre 2012
"Les choses", c'est l'histoire d'un couple des années 60. Un couple qui ne veut pas se poser, qui a peur, sans doute, de perdre sa liberté. Et pourtant, ce que nous décrit Georges Perec, c'est un couple embourbé dans ses envies matérielles, un couple qui veut atteindre le Beau grâce à la mode, en suivant les conseil des magazines tendance. Un couple qui finalement cherche à être ce qu'il n'est pas, ou alors est ce qu'il croit être. C'est l'histoire de la course sans fin de deux personnages sans identité.
Au départ, le style d'écriture très distancié de l'auteur, digne d'un universitaire qui se veut objectif m'a séduite, notamment car il se fait l'écho de la profession des deux personnages, psychosociologues. Mais, à la longue, je l'ai trouvé presque fatigant, ennuyeux, car avec une telle distance le lecteur ne ressent aucune empathie pour les personnages. Il n'y a pas d'identification possible même si c'est là le but de l'auteur, qui veut peindre des personnages pouvant être n'importe qui.
Néanmoins, l'évolution du roman, qui commence au conditionnel pour continuer au présent et finir au futur m'a beaucoup plu. Cet artifice rhétorique constitue à mes yeux un trucage de l'auteur pour montrer à ses lecteurs à quel point, finalement, le roman de la vie de Jérôme et Sylvie était prévisible.
Généralement considéré comme un récit sur la société de consommation, ce livre restera plutôt pour moi le portrait de deux jeunes gens passifs, influençables, incapables de mettre de la distance entre les modèles qui leur sont proposés et ce qu'ils peuvent réellement obtenir. En somme, des jeunes gens épris d'argent et de matérialité se camouflant derrière un masque d'intellectuels à la mode et surtout incapables d'une quelconque adaptation à un autre milieu que le leur. Deux personnages qui ne vivent pas et se contentent d'exister.
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Lemna
  25 novembre 2019
Il est des écrivains devant lesquels on se sent très petit, desquels on n'ose pas ouvrir les livres parce que...
Et pourtant, ils nous adressent bon nombre de clins d'oeil : un livre sur Ellis Island - lieu sur lequel on ne s'arrête jamais de vouloir apprendre sans vraiment savoir pourquoi, sans vraiment de raison tangible - un livre - biographie - qu'on a longuement regardé et laissé sur l'étal du bouquiniste que l'on fréquente, un chat noir aux grands yeux sereins perché sur une épaule....
Je me suis décidée... et je sais que je viens de trouver une pile de livres à lire et qu'ils vont m'enchanter.
Les choses , c'est l'histoire - un peu autobiographique - de l'écrivain, un jeune couple, les années 60, une certaine définition du bonheur...
Ce bonheur que ne semble devoir s'acquérir qu'avec de l'argent, beaucoup d'argent afin d'être "large" et de ne pas craindre d'en manquer.
Ce n'est pas une critique de la société de consommation telle qu'elle commence à apparaître dans ces années, plutôt le constat d'une attitude, d'un état de fait d'une génération, l'argent devient disponible pour davantage que la survie, il peut permettre d'acquérir ces choses destinées à apporter le bonheur, du moins dans l'imaginaire des gens.
Concilier profession, rêves à réaliser, mode de vie désiré, rien n'est facile, finalement.
Et puis, un changement de vie, le désir de s'affranchir des ces désirs qu'on n'assouvit pas et qui restent seulement des rêves : le départ pour Sfax, et une vie toute en simplicité, toute en retenue, une vie qui ralentit , sans frénésie. Et si le bonheur résidait dans cette simplicité, justement, dans cette absence de course ?
Pourtant ce jeune couple choisira de rentrer en France...
Juste une question après avoir refermé ce récit : "être" ensemble, n'était-ce pas suffisant pour parler de bonheur ? Faut-il toujours vivre dans l'agitation, même seulement celle de l'imagination ?

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Unhomosapiens
  07 octobre 2018
Relu plusieurs fois. La dernière fois un peu avant « L'homme qui dort ». A chaque fois, de plus en plus bouleversé. Comment ne pas s'identifier à ces jeunes gens, ce jeune couple amoureux des années 60 ? Avenir complètement déterminé et prévisible sans qu'ils le sachent. Essai de s'intégrer à cette société de consommation qui commençait à refermer ses mâchoires sur nos libertés. Mais dans cette société où les objets remplacent les idéaux, ils ne seront jamais vraiment inclus. Sentiment que tout est malgré tout possible, âge où on s'imagine pouvoir influencer la société…
(Scola et Maccari écriront un peu plus tard pour le scénario de « Nous nous sommes tant aimés » : On voulait changer la société. Et c'est la société qui nous a changés !)
Pour comprendre et bien se rendre compte que la société nous impose ses règles, ses lois.
Sfax ne sera pas l'Eldorado espéré !
Perec pose un constat sans pitié sur les années 60.
C'était il y a longtemps. Très longtemps en ce qui me concerne. le couple s'est fatalement écroulé dans la faillite des illusions…
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brigittelascombe
  19 janvier 2012
Un couple de jeunes psychosociologues des années 60, Jérome et Sylvie, rêvent d'un appartement bourgeois rempli de livres et de bibelots de prix ("agathes et oeufs de pierre, boites à priser")) où "la vie là serait facile, serait simple", entre art de vivre et harmonie, sans contraintes terre à terre puisqu'ils auraient une femme de ménage.
Cette douce utopie est contrecarrée par leur 35 m2 dont le manque d'espace face "à l'immensité de leur désirs" les paralyse.
Feraient-ils passer l'amour de la richesse avant celui de la vie?
Leur jouissance serait-elle liée au besoin de posséder?
Jérome, aux "goûts sûrs", affectionne les antiquaires et collectionne les objets rares. Leurs vêtements d'étudiants changent pour suivre la mode anglaise.
C'est l'évolution de ce couple; leur impatience;leur métamorphose en jeunes cadres inhérente à leurs valeurs,ambitions, à certains critères glanés dans des magazines tels L'express; le piège de leurs projets qui les englue peu à peu; la dépendance de leur vie affective à l'économie; leur obsession de faire fortune qui les pousse à partir en Tunisie puis à revenir tout aussi seuls, "sans rien"; que nous donne à voir Georges Perec (écrivain du XX° siècle à présent décédé qui a obtenu le prix Renaudot 1965 pour Les choses: une histoire des années 60 et le prix Médicis pour La vie mode d'emploi).
C'est "une tragédie qui s'installe au coeur de leur vie ralentie" que dépeint admirablement bien Georges Perec, une réflexion sur la vie,l'amour, le couple et le bonheur très intéressante à lire.
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Citations et extraits (136) Voir plus Ajouter une citation
Louise1200Louise1200   20 juin 2022
A vingt ans, quand ils eurent vu, ou cru voir, ce que la vie pouvait être, la somme de bonheurs qu'elle recelait, les infinies conquêtes qu'elle permettait, etc., ils surent qu'ils n'auraient pas la force d'attendre. Ils pouvaient, tout comme les autres, arriver; mais ils ne voulaient qu'être arrivés.
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Louise1200Louise1200   20 juin 2022
Ils étaient attentifs à tous les signes de la permanence : ils voulaient être riches. Et s'ils se refusaient encore à s'enrichir, c'est qu'ils n'avaient pas besoin de salaire : leur imagination, leur culture ne les autorisaient qu'à penser en millions.
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Louise1200Louise1200   20 juin 2022
Là était la vraie vie, la vie qu'ils voulaient connaître, qu'ils voulaient mener : c'était pour ces saumons, pour ces tapis, pour ces cristaux, que, vingt-cinq ans plus tôt, une employée et une coiffeuse les avaient mis au monde.
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Louise1200Louise1200   20 juin 2022
Leur vie était comme une trop longue habitude, comme un ennui presque serein : une vie sans rien.
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Louise1200Louise1200   20 juin 2022
Ils étaient au coeur de la situation la plus banale, la plus bête du monde. Mais ils avaient beau savoir qu'elle était banale et bête, ils y étaient cependant; l'opposition entre le travail et la liberté ne constituait plus, depuis belle lurette, s'étaient-ils laissé dire, un concept rigoureux; mais c'est pourtant ce qui les déterminait d'abord.
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Vidéo de Georges Perec
Écrire un roman de plus de 300 pages sans utiliser une seule fois la lettre la plus fréquente de notre langue, le e : l'exploit stylistique a marqué la littérature française.
Pour écrire “La Disparition”, Georges Perec a dû trouver une méthode pour générer de la créativité. le président de l'association Georges Perec, Jean-Luc Joly, et le professeur à l'université Aix-Marseille, Maxime Decout, retracent cette méthode.
#litterature #oulipo #cultureprime _____________
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