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ISBN : 2070321886
Éditeur : Gallimard (21/02/1980)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Textes extraits de Le Grand Recueil et de Nouveau Recueil, 192 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
  02 octobre 2012
La musique de Francis Ponge possède une résonnance particulière, qui s'explique sans doute par ses grandes similitudes avec la prose que des expressions, tournures grammaticales, rythmiques ou termes lexicaux viennent subtilement détourner de leur ancrage dans la banalité de l'expression.

Les Lyres, publiées en 1961, regroupent des extraits des Grand et Petit Recueil, composés de pièces courtes et de réflexions « poétiques », en ce sens qu'elles cherchent avant tout à redéfinir les visions ternes de notre quotidien en ballades métaphysiques (« Texte sur l'électricité ») ou en variations musicales (« le quartier des affaires », « L'allumette », « Soir d'août »…). le recueil est ponctué d'hommages et de références explicites (« Jules Romain peintre de Paris », « Trois impromptus sur L.-P. Fargue »…) qui nécessitent une connivence culturelle sans laquelle l'appréciation risque d'être compliquée.

D'une manière générale, le recueil des Lyres n'est pas un hymne à la joie, sans tomber non plus dans son versant opposé. le ton est souvent désabusé. La déchéance physique et la fatigue mentale se complètent pour achever le portrait d'une humanité malade de ne pas trouver les mots justes pour s'exprimer.

On comprend tout le désarroi de Francis Ponge. Ses intentions trouvent des fulgurances d'expression au détour de l'une ou de l'autre des pages de son recueil, tandis que le reste s'efface, en veilleuse, et que la lecture laisse doucement assoupi, en attente de la prochaine déflagration. Pour ma part, je n'ai pas réussi à me passionner pour la lecture de ces Lyres. La qualité et l'originalité de l'écriture sont indéniables mais restent d'une beauté superficielle qui n'a pas réussi à me nourrir, passé le terme de la lecture immédiate.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Henri-l-oiseleur
  05 décembre 2015
Verlaine, Rimbaud et les Symbolistes restreignirent sévèrement le domaine de la poésie, ou du poétique, au point de les rendre hermétiques et fermés au monde, mais ouverts largement sur les méandres de l'esprit. Des gens comme Ponge, avec certains poètes repentis du Surréalisme comme Aragon, suivis par d'autres, sont retournés au monde réel, concret, et à une forme d'intelligibilité, et même d'éloquence, que l'on croyait abolies. On sait que le Parti Pris des Choses et Pièces marquent le retour d'une poésie réaliste, d'une poésie des choses et du monde, voie ouverte où sont entrés ensuite d'autres poètes. Mais ici, le recueil Lyres de Ponge s'occupe moins de choses que de gens, du monde humain qu'on aurait pu croire absent des préoccupations du poète. On se demandera, bien sûr, où est le poétique dans ces textes apparemment proches de la prose : il n'est plus dans la figure majeure où Reverdy et les Surréalistes l'ont placé (la métaphore), il est revenu là où Racan, Boileau, Malherbe le plaçaient : dans le discours, le regard, le dialogue et même la réflexion. Ponge est toutefois un moderne, car chacun des poèmes de ce recueil est porteur d'une interrogation sur la poésie, sa nature et ses effets. Texte auto-réflexif qui refuse de séparer la raison de l'émotion esthétique.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   23 octobre 2012
Je dirais même que l’orgueil de la supériorité, voilà ce qui me semblerait non seulement un peu ridicule, mais aussi un peu dangereux. Peut-être, après tout, n’est-il pas bon pour la santé d’un rouage, qu’il se figure être le rouage principal ? Peut-être risque-t-il alors de s’emballer, de tourner à un régime trop rapide, usant et fatigant pour lui ? Enfin, nous les connaissons, n’est-ce pas ? ces dépressions qui suivent les exaltations ? Pourquoi nous mettrions-nous en ce cas ? Pourquoi risquerions-nous, chantant trop fort notre supériorité et notre gloire, de devoir un jour déchanter, nous placer trop bas, nous jeter dans le sentiment de notre impuissance ; et descendre, un peu trop vite sans doute, l’escalier des caves…

-Texte sur l’électricité-
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   05 décembre 2015
INTERVIEW A LA MORT DE STALINE
- Quelle figure Staline fera-t-il dans l'histoire ?
... Qu'est-ce, en effet, aujourd'hui encore, que l'histoire, sinon ce petit cloaque où l'esprit de l'homme aime patauger ? Mais on ne m'y tiendra pas longtemps la tête, pardonnez-moi ...
Staline, probablement, y fera bonne figure. Il y fut à son tripot. Par ses propres soins et ceux de sa confrérie, de son vivant même, plus que personne. Fort loin de nous de nous en étonner, nous n'avons pas non plus à le taire (nous, ses contemporains).
Ce héros trouvera donc sa place dans cette partie du dictionnaire consacrée aux noms propres, où une chatte ne retrouverait pas ses petits. Comme d'autres en croix ou en tiare, il y figurera sous la vareuse et la casquette prolétariennes, qui le distinguèrent...

p. 66
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colimassoncolimasson   24 octobre 2012
Un porc doit-il vivre dans les forêts, il lui faut devenir tout à fait autre, que ses défenses s’allongent, etc. Qu’un cheval doive se nourrir dans une région où il y a moins d’herbe à brouter que de feuilles haut placées sur les arbres ou de régimes de bananes ou de dattes, et le voilà obligé de perdre beaucoup des qualités du cheval afin de devenir girafe. Ailleurs, mais je n’en finirais pas… Eh bien, remarquons que l’homme peut être amené à vivre sous telle ou telle latitude, il n’aura besoin de perdre aucune de ses qualités. Il inventera les outils et les armes convenant à sa nouvelle situation dans le monde et aux dangers ou aux ressources que cette situation comporte.

-Texte sur l’électricité-
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colimassoncolimasson   13 octobre 2012
Certes, la jeunesse est une qualité : là-dessus, tout le monde s’accorde ; pourtant, une qualité assez curieuse, dès qu’on s’avise de la définir.
De quelle définition, en effet, un esprit un peu exigeant pourrait-il se satisfaire, sinon de celle-ci : « Qualité d’un être ou d’une chose qui n’a pas encore acquis toutes les qualités dont il (ou elle) est susceptible. »

-Réflexions sur la jeunesse-
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colimassoncolimasson   25 octobre 2012
Qu’on m’inhume simplement, entouré d’un minimum de précautions. Le temps que le bois met à pourrir ou la pierre à s’effriter : voilà bien le temps véritable, la durée qui nous convient. Et vive après tout le ver agile et lustré, l’agent du Chronos, gainé d’énergie, chef de perce de nos corps !

-Interview sur les dispositions funèbres-
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Videos de Francis Ponge (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Francis Ponge
"Le Pain" lu par Francis Ponge en 1962 .En 1962, sur les ondes de France Culture, Francis Ponge lisait "Le pain", un poème extrait de son recueil "Le parti pris des choses" : http://bit.ly/2Hkf9Gr
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Le parti pris des choses Francis Ponge

Francis Ponge a écrit "Le pain"

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