AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Milo Manara (Illustrateur)
EAN : 9782203339019
148 pages
Casterman (04/05/1993)
3.83/5   92 notes
Résumé :
Nouvelle-Angleterre, début du XVIIe siècle, quelque part sur la frontière. Au cours de l’été finissant, le viol d’une jeune fille blanche par deux jeunes guerriers indiens, puis leur exécution sommaire par Abner Lewis, un colon blanc des environs témoin de la scène, rompt la cohabitation pacifique mais fragile qui s’était instaurée entre les Indiens et les Blancs.
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
3,83

sur 92 notes
5
2 avis
4
4 avis
3
5 avis
2
1 avis
1
0 avis

Foxfire
  11 janvier 2017
Après ma récent découverte de Milo Manara avec la superbe bio du Caravage, j'ai eu envie de me replonger dans l'oeuvre du dessinateur transalpin. Ma bibliothèque ne propose pas grand chose (même pas "le déclic" qui est pourtant, il me semble, son oeuvre la plus connue), je n'ai donc pas eu trop le choix et me suis donc tournée vers un des rares titres en rayon, "un été indien". Mais un album réunissant Pratt et Manara, ça ne peut que satisfaire le lecteur.
Le scénario de Pratt a pour base des ingrédients typiques du western : des colons, des indiens, une vengeance. Mais de ce point de départ classique, Pratt tire un western original. Sous des dehors de simplicité, l'intrigue est riche et pas stéréotypés. Les colons ne sont pas présentés comme une communauté uniforme, dissensions et conflits les divisent, en grande partie du fait des turpitudes du pasteur local. Certains des colons ont été amenés à tisser des liens forts avec les indiens. Liens qui vont être détruits dans la violence.
La tonalité du récit est très singulière, à la fois réaliste, crue et teintée d'une certaine étrangeté. Si le très bon scénario de Pratt y est pour quelque chose, cela vient aussi du dessin, splendide, de Manara. Ces aquarelles au couleurs très naturelles sont très belles. Les paysages sont bien rendus et rendent la lecture immersive.
J'ai particulièrement aimé les premières pages, qui ne comportent aucun dialogue mais qui bénéficient d'un découpage remarquable.
Décidément, moi qui était réticente à me lancer dans l'oeuvre de Manara, je suis conquise. Devrait bientôt suivre parmi mes prochaines lectures la série "Borgia" où Manara est cette fois associé à Jodorowski.
Challenge Multi-défis 2017 - 5 (un livre traitant des indiens d'Amérique)
Challenge B.D 2017 - 5
Challenge Atout prix 2016-2017 - 12 (prix Alfred meilleur album étranger Angoulême 87)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          480
RosenDero
  14 janvier 2017
Sur un continent Nord Américain récemment colonisé, les peuples vivent dans un équilibre précaire et l'harmonie est difficile. Il ne faut pas grand chose pour mettre le feu aux poudres et déclencher une guerre entre colons et indiens.
---
Milo Manara et Hugo Pratt, deux grands noms, deux univers que je ne connaissais que de loin. Et n'étant pas versé dans la BD érotique et assez rebuté par le trait de Pratt, je n'aurais quasiment jamais pu trouver mon bonheur dans leurs oeuvres séparées. Alors, la réunion de ces deux artistes dans l'élaboration de cet album était une bonne solution : le trait de Manara est magnifique, et le scénario de Pratt prenant et glaçant.
C'est une histoire sombre, de violence. Violences faites aux femmes, aux pauvres, aux crédules, aux autres, à la nature. Une histoire qui part d'un événement isolé et qui finit en bain de sang. Les colons ne sont pas (tous) des monstres, les indiens ne sont pas (tous) sanguinaires, les jeunes ne sont pas (tous) des débauchés, les différences ne sont pas (toujours) rédhibitoires. Les communautés peuvent (parfois) arriver à cohabiter.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Davalian
  22 mars 2020
Prévue de longue date et découverte un peu par hasard, cette lecture a longtemps traîné dans une pile avant d'être exhumée.
Le nom de Manara et une première de couverture pour le moins équivoque sont ici autant d'indices permettent de déduire le caractère de cette lecture. L'interdire aux plus jeunes est certes une sage décision mais pas forcément pour les raison qui sautent aux yeux.
Certes, il va être ici question de sexualité. le sujet tient une place centrale dans l'intrigue et d'ailleurs, les premières planches donnent clairement le ton de ce qui va suivre. Mais étrangement ce n'est pas forcément l'érotisme ou la pornographie qui est ici en cause.
Bon certes, outre le sujet, le comportement de certains personnages (notamment celui de Jérémie, qui d'ailleurs n'apporte pas grand-chose à l'intrigue) est assez équivoque. L'introduction passée, une scène (placée à la fin) ainsi que quelques détails croustillants laissés ici et là ne laissent pas de place au doute quant au public auquel cet album est destiné.
Ce qui retient davantage l'attention ici reste la violence, le combat entre plusieurs groupe, le bilan, le sang coulé… tout cela pour quoi exactement ? Pour délivrer une sorte de traité contre l'hypocrisie des biens pesants et de la violence qui ne demande que peu de prétextes pour faire des ravages.
Le rendu est original car il tient davantage dans les images que dans les textes (ici réduits à leurs plus simples expressions). le rendu est original et mérite le coup d'oeil.
L'été indien est donc une oeuvre particulière, très éloignée de ce qu'elle peut évoquer de prime abord. Une oeuvre qui doit être apprécie à sa juste valeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Morphil
  01 octobre 2021
Magnifique collaboration entre Hugo Pratt et Milo Manara. L'esthétisme du scénario fusionne parfaitement avec la beauté du dessin. Les couleurs sont douces et rendent parfaitement cette saison. On est pas dans un western type, avec les stéréotypes du genre, chevauchées, opposition, violence ordinaire, incompréhension entre deux cultures, c'est plutôt un malentendu. La plume lyrique et moins bavarde qu'à l'accoutumée de l'un mêlé au dessin hyper précis et figuratif sans oublier la puissance érotique propre à l'autre donne une oeuvre très poétique à mon sens.
Super5
Commenter  J’apprécie          140
Soleney
  01 avril 2013
Une bande dessinée pour le moins déroutante ! J'avoue que je ne m'y connais pas dans le domaine, mais celle-là me paraît sortir des sentiers battus.
Tout d'abord, ce qui m'a attirée est le titre. L'été indien... Je n'avais qu'une vague idée de ce que c'était, une très belle fin d'été ou un début d'automne particulièrement ensoleillé, peut-être. Je me suis mise à lire après avoir survolé le résumé.
Une jeune fille blanche, se promenant seule sur la plage, rencontre deux Indiens qui la violent. Un garçon, Abner Lewis, les surprend et les tuent, puis il ramène la jeune fille blessée et en état de choc chez lui. Cette première scène est déroutante car il n'y a presque pas de dialogue ni d'onomatopées.
La mère d'Abner, marquée du sceau de Lilith (un l'au fer rouge sur sa joue) pour avoir induit un prêtre en tentation quand elle était jeune (comprenez : il l'a violée), rechigne tout d'abord à soigner cette nièce de pasteur, puis se laisse convaincre par son fils. Reniée dans le village, elle a été contrainte d'élever ses enfants à l'écart de la civilisation, dans la forêt, sous la protection des Indiens.
Dans le même temps, les Indiens grondent de colère en voyant deux de leurs jeunes guerriers morts. Ils réclament vengeance et la guerre avec les Blancs commence.
J'ai été étonnée de la sexualité débridée des personnages. Abner a plusieurs fois « connu les buissons » (j'ai bien aimé cette métaphore) avec sa propre soeur, Phillis, qui a aussi couché de nombreuses fois avec des Indiens. Il semble également attiré par la jeune fille qu'il a sauvée, Shevah (qui couche avec son oncle pasteur juste avant l'attaque des Indiens, j'avoue que ça m'a marquée. Venant d'une fille qui vient de se faire violer et qu'on pensait vierge, c'est normal qu'on ne s'y attende pas. D'autant que la manière très naturelle avec laquelle ils le font semble découler d'une longue habitude...). le petit frère d'Abner, Jérémie, fantasme sur tout ce qui bouge (mais à son âge, ça peut être pardonnable, ce sont les hormones qui travaillent). Seul Eliah, le grand frère d'Abner, ne semble pas approuver, voire même ne pas comprendre cette sexualité hors normes dans sa fratrie (qu'il découvre en même temps que nous).
Tout ceci donne une atmosphère particulière à l'histoire. J'ai bien aimé l'oeuvre, mais j'ai été déroutée par cette ambiance dont je n'ai pas l'habitude. Cela fait presque deux ans que je l'ai lue, mais je me rappelle encore de cet album, qui m'a profondément marquée. C'est un bon livre, malgré la dépravation qui le constitue : le scénario est bien tourné, les personnages sont travaillés, et les dessins sont très bien faits. Pour moi, c'est une oeuvre qui s'adresse à un public averti.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40

Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
RosenDeroRosenDero   14 janvier 2017
-L'amitié dure tant qu'on ne la brise pas.
-Quelle sagesse !! Comment fais-tu ?
Commenter  J’apprécie          120
FabricienneFabricienne   04 janvier 2014
Ils sont peut-être comme tous les jeunes animaux au début de l'été indien, avant les nuits froides de l'hiver. Ils ont besoin de jouer avec les femelles.
Commenter  J’apprécie          40
VexianaVexiana   13 février 2017
...et les fous sont sacrés car ils rêvent les yeux ouverts...
Commenter  J’apprécie          110
mikaelunvoasmikaelunvoas   26 mars 2021
Nous étions originaires du Kent. A 14 ans, je fus vendue comme servante en même temps que toute ma famille à de riches colons de nouvelle Angleterre.
Commenter  J’apprécie          30
VexianaVexiana   13 février 2017
- Comment sais-tu que le tueur est un blanc et pas un guerrier du nord, avec des chaussures de Blanc?
- Ce serait un guerrier du nord stupide. Nos mocassins indiens sont plus pratiques.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Hugo Pratt (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hugo Pratt
D'une révolte naît l'utopie. D'un rêve, le cauchemar...
Le Bounty est un navire de la Royal Navy chargé de ramener de Polynésie des plants d'arbres fruitiers destinés à nourrir les esclaves des colonies antillaises. Sur le trajet du retour, après cinq mois d'escale à Tahiti, une mutinerie éclate, menée par le second Fletcher Christian. La majorité des marins fidèles au capitaine Bligh est abandonnée avec ce dernier à bord d'une chaloupe. le bateau est désormais aux mains d'une poignée de révoltés…
Comment la construction d'une société idyllique a-t-elle pu se transformer en enfer ? En retraçant l'authentique parcours des célèbres révoltés du Bounty, les auteurs confrontent mythe hollywoodien et réalité, et proposent leur vérité à travers un récit haletant, entre roman d'aventure, thriller tropical et récit des origines. Découvrez l'adaptation en bande dessinée du récit-enquête de Sébastien Laurier La Bounty à Pitcairn (prix du livre insulaire 2017), illustrée par le naturalisme expressif de Gyula Németh, qui doit autant à l'énergie lâchée de Christophe Blain qu'à l'exotisme poétique de Hugo Pratt.
https://www.glenat.com/24x32-glenat-bd/pitcairn-lile-des-revoltes-du-bounty-tome-01-9782344034255
+ Lire la suite
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
autres livres classés : puritanismeVoir plus
Notre sélection Bande dessinée Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Hugo Pratt, vous connaissez ?

De quel nationalité était Hugo Pratt ?

Syldave
Italien
Argentin
Belge

10 questions
59 lecteurs ont répondu
Thème : Hugo PrattCréer un quiz sur ce livre