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Jacques de Pressac (Autre)
ISBN : 2070370747
Éditeur : Gallimard (23/01/1979)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 23 notes)
Résumé :

L'inspecteur Rogas est chargé d'élucider une mystérieuse affaire : une série d'assassinats commis dans plusieurs villes et dont toutes les victimes sont des juges. Rogas suit diverses pistes dont certaines lui font découvrir d'étranges collusions entre le chef du Parti révolutionnaire d'opposition et les hauts fonctionnaires du gouvernement en place. Rogas a, depuis le début, deviné qui était le vrai coupa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
kielosa
  05 décembre 2017
Si on commence à trucider des magistrats (presque en série), c'est que l'heure est grave, même à un endroit où règne une organisation appelée Mafia et où les excès de violence sont plus fréquents que chez nous - Grazie a Dio ! le ministre de la sécurité charge l'inspecteur Amerigo Rogas de mettre illico presto fin à ce carnage insolite, tout en spécifiant qu'il ne s'agit pas de se montrer trop pointilleux sur les méthodes employées, pourvu qu'à travers la magistrature le régime ne soit pas éclaboussé.
Les cinéphiles parmi vous ont probablement vu le film que le régisseur Francesco Rossi a tiré de ce livre, sous le titre "Cadavres exquis", en 1976, avec Lino Ventura dans le rôle de l'inspecteur Rogas, avec à ses côtés Marcel Bozzuffi et étrangement l'acteur suédois Max von Sydow, immortel depuis sa performance dans "Le Septième sceau" d'Ingmar Bergman.
Attention ! "Le contexte" est beaucoup plus qu'un vulgaire polar, son auteur, Leonardo Sciascia, beaucoup plus qu'un scribouillard de romans noirs et le contexte se réfère à la période qualifiée de "les années de plomb". Trois raisons donc de ne pas vous contenter uniquement du film, malgré la prestation admirable de Lino Ventura.
Car :
1) Cet ouvrage est avant tout une analyse des moeurs politiques et par extension une étude de société.
2) L'auteur, Leonardo Sciascia (1921-1989), était un essayiste, écrivain, journaliste et homme politique d'origine sicilienne.
3) Les années de plomb désignent la période de violence, après 1968, provenant des groupes d'extrême gauche et droite, surtout en Allemagne avec la Fraction armée rouge ("Rote Armee Fraktion" ou RAF) ou le groupe Baader-Meinhof et en Italie les Brigades rouges ("Brigate Rosse") avec comme point culminant l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro, ancien Premier ministre et président du parti Démocratie chrétienne, en 1978.
Ce qui ne veut pas dire qu'on a à faire à un essai rasoir, puisque après tout, en très peu de temps, un procureur et 4 juges sont brutalement abattus d'un coup de revolver en plein coeur et qu'Amerigo Rogas mène bel et bien son enquête, quand bien même selon sa façon personnelle, assurément peu orthodoxe.
Notre inspecteur est persuadé que cette mini-hécatombe porte le signe de la vengeance et se met à éplucher les dossiers du tribunal pour trouver la personne qui pourrait avoir des motifs pour se venger contre ces magistrats. Lorsqu'un 6ème magistrat est assassiné à Rome cependant, en haut-lieu on le rappelle à l'ordre, lui faisant comprendre qu'il perd son temps et qu'il ferait mieux de concentrer ses recherches sur les groupes d'extrême gauche.
Qui a raison ? À vous de le découvrir, chers amis lecteurs, en lisant ce bref roman de Leonardo Scascia, de seulement 133 pages.
Leonardo Sciascia est un homme pour qui j'ai eu beaucoup de respect. Lorsqu'il était membre du Parlement européen (de1979 à 1983), j'ai eu la bonne chance d'avoir 3 ou 4 "bavardages" avec lui et j'ai été impressionné par sa vaste culture : surtout sa connaissance de la littérature classique française était particulièrement étendue. Aussi dans "Le contexte", il ne peut s'empêcher de se référer à Montaigne, Pascal et Stendhal. Poète à ses heures, dans cet ouvrage vous trouverez également un poème de lui de 4 pages. Tel que j'ai pu l'observer, c'était un homme ouvert, pondéré et d'un calme qui faisait penser au flegme britannique. Un Méridional qui choisissait ces mots avec soin, sans gestuelle. Je dois admettre que j'utilisais plus mes mains pour m'expliquer que ce grand Sicilien.
Toute sa vie, il a été fort préoccupé des moeurs politiques et de la violence dans son pays et son île. Pas étonnant, dès lors, qu'il ait siégé dans la commission d'enquête parlementaire sur l'assassinat d'Aldo Moro. Ses inquiétudes se retrouvent aussi reflétées dans beaucoup de ses oeuvres. Cela est notamment le cas de "Actes relatifs à la mort de Raymond Roussel", "À chacun son dû" et bien sûr " L'Affaire Moro".
Comme grand admirateur de la littérature française, il a insisté pour que sur son tombeau soit gravée une phrase de Villiers de l'Isle-Adam : "Nous nous souviendrons de cette planète".
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Rolienne
  03 février 2013
A chacun son métier. Celui de commissaire est de trouver le criminel. Ainsi Rogas qui enquêtait sur une série de meurtres de juges découvrit que le criminel était un certain Crès, pharmacien ayant subi une injustice pour laquelle il avait été incarcéré 4 ans. Cette erreur judiciaire monumentale motiva sa vengeance à sa sortie de prison contre ces juges qui s'étaient trompés et ne l'avaient pas acquitté. Puis Crès avait disparu de la circulation et changé d'identité. Rogas eût le plus grand mal à découvrir que sous le nom de Ribeiro, commerçant portugais, Crès s'apprêtait à jouer le dernier acte de sa vengeance programmée en tuant le haut magistrat lui-même.
Ce récit à la Simenon décrit le milieu bourgeois morne et hypocrite de ce Crès, pharmacien, dont le couple mal assorti avait dû trop longtemps sauver les apparences : lui était un ours misanthrope qui lisait « le Souterrain » de Dostoïevski tandis que sa femme aspirait à la liberté.
Mais l'intrigue tournerait à la série B de TV si la violence contre les juges commise par cette ex-victime de la Justice ne tombait pas à pic pour être récupérée par les politiques, trop heureux de cette aubaine pour scénariser leurs propres affaires de chef de partis.
Soudain, le commissaire Rogas ne fait plus son métier de fin limier policier qui traque le bandit ou l'assassin. Cette sombre affaire qui pour lui s'enracine dans un drame domestique et passionnel revêt aux yeux de sa hiérarchie l'attrait d'une cause supérieure. Rogas, malgré son esprit de finesse, son intelligence déliée et sa sensibilité lettrée, n'adhère pas et s'inquiète des vrais raisons de ce déplacement du scénario.
Au final, au nom de l'ordre public et du jeu bien compris des partis qui gouvernent tout en s'opposant apparemment, Rogas est embarqué dans une autre vengeance, celle fomentée contre un leader révolutionnaire, et dont il fera personnellement les frais : la tuerie simultanée du commissaire et du rebelle après celle des juges auront servi de prétexte et de couverture.
Ce roman raconte comment réussit l'instrumentation d'un fait divers et son opportun maquillage au service d'un règlement de compte entre puissants qui ne veulent pas laisser la place à celui qu'ils n'ont pas choisi.
© Patricia JARNIER- Tous droits réservés- 3 février 2013
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mireille.lefustec
  12 septembre 2013
Ce roman est né du comportement mafieux se propageant bien au-delà de la Sicile, de son infiltration dans le monde politique,jusqu'au pouvoir déjà en crise causée par des forces contestataires développées en 68.
Le protagoniste en est l'inspecteur Rogas,qui s'emploie à découvrir les causes des assassinats de plusieurs magistrats. Ses suspicions sur la culpabilité d'un certain Cres ne sont pas prises en considération tandis que par ailleurs, divers contacts portent à sa connaissance certains aspects préjudiciables de l'action du gouvernement en collusion avec les opposants et l'incapacité des forces de police à accomplir leurs devoirs.
Sous la fiction sont évidentes les accusations contre le monde judiciaire et politique italien,tant aux forces du pouvoir qu'aux communistes et groupuscules contestataires.
Dans cette critique,on note beaucoup d'ironie pour atteindre la mesquinerie et la lourdeur des magistrats et des membres du gouvernement.
Mais "le contexte" a un sous-titre :"une parodie"
Sciascia admet s'être inspiré d'un fait divers. Une erreur judiciaire qui a envoyé en prison un mari gênant par une femme fourbe et malhonnête.
Le pays dans lequel se déroule l'action est imaginaire mais,quand la situation s'aggrave, le divertissement en question cesse d'amuser son auteur qui laisse échapper:"on peut aussi penser à l'Italie,on peut aussi penser à la Sicile."
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maltese
  26 novembre 2011
Un roman à la trame policière qui n'est qu'un prétexte pour souligner tout le poids du pouvoir politique et amener une réflexion sur la justice.
Leonardo Sciascia fut un homme politique, notamment député européen et membre de la commission d'enquête lors de l'assassinat d'Aldo Moro.
Tout débute ici avec la mort du procureur Varga, mort rapidement suivie par d'autres assassinats d'hommes de loi. Arrive alors sur l'affaire l'inspecteur Rogas, fin limier et érudit remarquable, qui finira par trouver le fin mot de cette série de meurtres mais se verra remettre en place, puisque l'on tient à ce qu'il enquête davantage sur les milieux politiques de gauche.
Suivent une série de rencontre qui sont autant de joutes oratoires sur le sens de la justice.
Un roman très court que l'auteur, comme il l'explique dans une note finale, tient à ce qu'il soit pris au pied de la lettre.
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livius
  11 octobre 2014
Un policier enquête en Sicile sur la mort de plusieurs magistrats...occasion pour l'auteur de dénoncer les rapports entre les milieux d'affaires, les politiciens et la mafia...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ClioInoClioIno   01 mars 2015
- Mais la confession ...
- Si vous donnez à ce mot un sens religieux et non pas technique, la confession d'une faute de la part de celui qui ne l'a pas commise, établit ce que j'appelle le circuit de la légitimité. Est vraie la religion, est légitime le pouvoir, qui rendent l'homme à son état naturel de culpabilité : dans son corps et dans son esprit.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   19 septembre 2011
Le procureur Varga était occupé par le procès Reis qui durait depuis environ un mois et se trainerait vraisemblablement au moins deux mois encore,lorsque,par une très douce soirée de mai,après dix heures,mais pas plus tard que minuit,(...)on l'assassina.
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