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Jean Colonna (Traducteur)
ISBN : 2809800480
Éditeur : L'Archipel (22/05/2008)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 390 notes)
Résumé :
Une équipe d'archéologues massacrée en pleine jungle amazonienne...
Les caisses contenant leurs découvertes acheminées au Muséum d'histoire naturelle de New York... et oubliées dans un sous-sol. Meurtres au Muséum d'histoire naturelle de New York. Quelques années plus tard, le musée annonce une exposition consacrée aux superstitions et croyances mystérieuses des peuples primitifs. Mais les préparatifs sont troublés par une série de crimes aussi sanglants qu'i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  30 avril 2019
Rien que le nom du fin limier de la série donne envie de la découvrir : Aloysus Pendergast…Cela sent le fantastique et les aventures très dépaysantes, avec des relents d'obscurantisme . Même si le premier tome ne permet pas de vraiment faire connaissance en profondeur avec cet agent spécial du FBI venu du sud, et que son rôle reste modeste dans cet opus par rapport à l'énergie que déploie Margo, l'étudiante au coeur de l'intrigue.
Les autres personnages sont nombreux et parfois difficile à mémoriser dans leur fonction. Ce qui n'est pas fondamental. D'autant qu'un certain nombre finiront rapidement dans les griffes du monstre tapi dans les profondeurs du muséum d'histoire naturelle de New-York. le célèbre bâtiment est le siège de meurtres extrêmement violents et répétés, les premiers remontant à 7 ans plus tôt, mais le nombre de victimes semble augmenter à vitesse exponentielle, avec une mise en scène toujours identique, lacération du tronc et décapitation. Des ombres puantes hantent le sous-sol du bâtiment, créant une psychose bien compréhensible parmi les occupants des lieux. Seulement voilà, l'affaire ne doit pas être ébruitée car l'équipe de direction prépare une exposition qui doit rassembler de nombreux curieux, le but étant de booster fréquentation des lieux. Pas question donc d'alerter les médias.
La présence malveillante se précise peu à peu et les liens avec une ancienne tribu amazonienne, décimée dans par un bombardement au napalm, orientent l'enquête vers la survie d'une chimère, un dessert pour généticien.
Si la première partie est plutôt lente, le temps représenter les personnages , d'expliquer les origines de l'affaire et de mettre en place une course contre la montre avant la fameuse exposition, on assiste ensuite à une terrible accélération des événements et le roman devient un véritable page-turner haletant.
Les auteurs ne dédaignent pas les hypothèses scientifiques, faisant la part belle, comme dans Cauchemar génétique, à la génétique.
Pas question donc de s'ennuyer dans ce thriller, qui , je le découvre en rédigeant ces lignes a été adapté en film sous le titre de The Relic.

Promesse de nombreuses heures de plaisir avec les quelque dix huit tomes de la série, à la recherche de frissons mais aussi pour explorer plus précisément la personnalité et l'histoire d'Aloysus Pendergast.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Windvaan
  13 février 2018
Un thriller fantastique que Lovecraft n'aurait pas renié, tant l'énergumène monstrueux qui va hanter et tuer dans le Muséum d'Histoire Naturelle de New York, semblerait être né de la mythologie cauchemardesque du « père » de la littérature horrifique.
On pourrait se croire à la fin du 19e siècle ou dans un aventure à la Indiana Jones, mais on est bien dans les années 1990 aux balbutiements du tout informatique. Immotique qui va d'ailleurs créer une belle pagaille dans le Muséum où l'agent du FBI Pendergast (dont c'est ici la 1e apparition dans une série qui, jusqu'à aujourd'hui, compte 16 tomes traduits en français) aura fort à faire entre des scientifiques aux théories et discours génético-anthropologiques peu orthodoxes et des représentants peu commodes de divers services des forces de loi et de l'ordre... sans parler de la chasse au tueur à l'appétit pour le moins étrange.
J'aurai apprécié une présence plus prononcée de Pendergast (personnage intelligent et charismatique qui m'a d'emblée bien plu) et un peu moins de balades (trop) longuettes à travers l'énorme réseau dedaléen du musée (dans lequel je me suis d'ailleurs complètement perdue).
Mais le suspense, astucieusement distillé tout au long du livre, et les climax (ou parfois les notes d'humour) à la fin des chapitres m'ont fait dire plus d'une fois : « allez ! encore quelques pages électrisantes avec Pendergast, plutôt qu'avec Morphée »
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DameOdessa
  28 juin 2017
Âmes sensibles s'abstenir et roman assurément à ne pas lire une nuit d'orage (ce que j'ai fait, c'est très drôle de découvrir la dernière partie de l'ouvrage avec l'ambiance adéquate)!
Été oblige, les centres commerciaux nous font la promo "deux livres de poches achetés = un offert". C'est comme cela que j'ai découvert "Relic". Je l'ai pris sans grande conviction, juste par curiosité, pensant passer quelques heures avec un roman sympathique...
Je n'ai jamais été aussi loin de la vérité!
Inutile de cacher que j'ai été littéralement happée dès les premières lignes, le style des auteurs est fluide, captivant, incroyablement vivant, leur plume est un piège dans lequel on tombe avec délice... et dont on ne sort pas indemne.
Preston et Child savent distiller une ambiance terriblement malsaine dès le premier chapitre de l'ouvrage; leur manière de décrire les lieux que nous sommes amenés à traverser est tellement précise et imagée que l'on finit par ressentir la moiteur étouffante de la jungle, voir les ombres se mouvoir dans les couloirs du musée, entendre les plus infimes bruits qui l'animent jusqu'à ressentir cette odeur pestilentielle qui annonce qu'il est déjà trop tard. C'est peut-être ce que j'ai le plus apprécié avec ce roman; l'atmosphère devient un personnage à part entière, sur laquelle repose le plaisir de la lecture.
Mais non contents de nous plonger dans une ambiance délétère que l'on prend plaisir à subir en frissonnant, les auteurs nous offrent une galerie de personnages qui ont tous un petit quelque chose qui les rend uniques, attachants (tellement attachants que celui qui avait mes faveurs connait un sort funeste et que un pour lequel j'éprouvais une certaine affection m'a littéralement donné envie de l'écharper à la fin du roman...). En sus, ils se complètent tous parfaitement, ils sont équilibrés, aucun ne prend le pas sur l'autre (même Pendergast d'un charisme éblouissant, cultivé, intuitif, sarcastique est justement "dosé" dans ses apparitions et interventions pour ne pas phagocyter le reste du casting). Ce qui m'a réellement plu, c'est que chaque personnage apporte sa pierre à l'édifice de l'intrigue et de l'enquête, chacun en fonction de sa discipline phare, de son regard sur la situation, de son courage même et dans les moments de crise, certains se révèlent et nous étonnent, tout en restant humains, faillibles. Margo est une héroïne que l'on prend plaisir à suivre entre une vie de famille compliquée, un mémoire chronophage et source de stress et bien entendu une aventure qui la dépasse et dans laquelle elle s'investit pourtant au péril de sa vie. le Professeur Frock, tout en représentant en un sens, le mentor, le guide, n'est pas un personnage qui écrase les autres de sa science, il est ouvert à toutes les hypothèses, accepte le dialogue. le fait qu'il soit coincé dans un fauteuil roulant donne une dimension assez peu commune au personnage, je ne saurait l'expliquer mais ce handicap est à l'origine de certains éclats de courage dans des situations pourtant dramatiques. Smithback le journaliste est à la fois horripilant dans son mélange d'arrogance et de désinvolture et pourtant un des ressorts "comiques" qui permet de dénouer plus d'une fois la tension et un personnage prêt à consentir de gros sacrifices, officiellement pour servir sa cause, en réalité plus par altruisme que par intérêt. D'Agosta, tout en restant l'archétype du lieutenant de police new-yorkais, à ce côté terre-à-terre, pragmatique qui permet encore plus d'ancrer la situation dans le réel. C'est un personnage d'équilibre, non dénué d'humour (ses échanges avec Pendergast sont savoureux) mais qui garde la tête froide, donc rassurant. Quant à Pendergast, c'est un personnage atypique; on sort du cliché de l'agent du FBI bas de front, obtus (Coffey se charge du rôle) et ce qui frappe immédiatement c'est sa grande érudition qui lui donne un charme particulier, en sus des zones d'ombres qui parfois lui donnent un côté inquiétan.. Ca et son ouverture d'esprit...
C'est justement ce point qui m'a énormément séduite dans ce roman.
Généralement dans ce genre d'ouvrage où les héros se retrouvent confrontés à une situation "paranormale" on a toujours droit à un personnage qui y croit dur comme fer et se heurte à tous les autres qui le prennent pour un doux illuminé jusqu'à ce que la vérité leur saute au visage. Et bien là non ! Les personnages ne sont pas tous d'indécrottables sceptiques cartésiens, ils ont plus ou moins réticence vis-à-vis d'explications surnaturelles mais ils admettent tous la probabilité que quelque chose ne soit pas « normale » dans ce qui se trame dans le musée. Dit comme ça ça peut paraitre n'être qu'un détail mais pour le lecteur c'est réellement rafraichissant !
De ce fait, l'intrigue se met très rapidement en place, on ne passe pas els dix premiers chapitres à tourner autour du pot. Pour autant, les auteurs ne négligent pas els retournements de situations. Qui là encore sont un véritable régal ! Non seulement ils sont admirablement plausibles mais en plus ils n'ont rien du prétexte scénaristiques et la révélation finale fait réellement froid dans le dos et laisse un horrible sentiment de malaise, alors que généralement dans ce type de roman on s'attend à ce qu'enfin la situation se tasse et qu'on soit tranquille.
Ce qui permet à « Relic » d'osciller entre différents genres littéraires, depuis le thriller médical, jusqu'au fantastique en passant par l'histoire d'épouvante, tout en gardant une cohésion, une cohérence bienvenues où se mêlent passé et futur, rites primitifs et génétique.
Mais « Relic » est aussi une critique acerbe du pouvoir de l'argent, de ces personnes qui ferment les yeux sur l'horreur (ou pire, l'exploitent sans vergogne) au détriment du bon sens et donc de la sécurité. Wright, Rickmann et Cuthbert en sont la représentation parfaite et l'on peut y ajouter Coffey, servile, flagorneur qui ne cherche qu'à brosser els autorités dans le sens du poil (à ce propos, le Maire de New York pour une fois sorts des sentiers battus et la manière dont il remet en place Coffey est un délice !). Je pense aussi que ce roman peut-être vu comme une critique d'une forme d'« obscurantisme éclairé » : dans un monde où la science explique tout, il y a pourtant des éléments anciens, primitifs, dont elle se rit, auxquels elle ne prête pas assez attention. Si le fantastique est finalement démonté par la rigueur scientifique, il n'en demeure pas moins qu'il était une mise en garde évidente. Quand au twist final qui amorce la suite (que je suis très pressée de lire !) il va sans dire qu'il donne une fois de plus une très mauvaise image de la religion scientifique et de ses rituels qui échappent à tout contrôle. Il y beaucoup de pistes de réflexions intéressantes dans « Relic », depuis le fait que si nous sommes choqués par les profanations de nos cimetières, nous n'avons aucun scrupule à piller ceux des civilisations antérieures jusqu'à la régulation naturelle des espèces, l'apparition de super-prédateurs et le fait que l'humanité n'est pas à l'abri d'une telle menace. En bref, l'ouvrage, tout en étant du divertissement, n'oublie pas de faire réfléchir sur certains points et peut-être le malaise vient-il surtout de cette sensation que nous ne sommes pas loin de voir survenir chez nous un jour ce qui se déroule dans le roman…
Pour conclure, je dirais que « Relic » a été une des meilleures surprises littéraires que j'ai pu expérimenter ces derniers mois ; rythme trépidant, galerie de personnages intéressants, intrigue à tiroir aux multiples rebondissements et écriture splendide. Je recommande vivement cet ouvrage à tous els amateurs d'épouvante, d'enquêtes, d'ambiances malsaines qui vous retournent els tripes et de fanatiques d'occultisme !
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XS
  29 avril 2019
Les très rares découvertes d'une équipe d'archéologues en Amérique du Sud vont être, pour la première fois, exposées temporairement au Museum d'histoire naturelle de New-York. Pendant la préparation de cette exposition, où s'entremêlent les intérêts plus ou moins convergents de la direction du Museum, d'un journaliste bombardé attaché de presse et de quelques chercheurs, deux crimes atroces sont perpétrés dans l'enceinte de l'établissement.
Rapidement, les superstitions vont bon train : l'équipe d'archéologues à l'origine des découvertes a été décimée lors de l'expédition ; le mystérieux peuple amazonien, en principe disparu, a laissé de sinistres souvenirs aux civilisations voisines, et les crimes laissent entrevoir un coupable dont la nature se révèle vite très spéciale.
Le roman commence classiquement : scène de crime visuelles, intervention des équipes de la police scientifique… Un brin ennuyeux. Tout s'illumine à l'arrivée de Pendergast, : iconoclaste enquêteur du FBI ouvert à toutes les idées, le récit dépasse alors la simple enquête. le Museum d'Histoire naturelle se révèle être un excellent cadre à l'enquête, voire même l'un de ses personnages principaux. Autre point fort du roman : les personnages qui y travaillent. Les petites rivalités mesquines entre chercheurs, les volontés politiques du directeur, attaché contre vent et marée au maintien de l'exposition, les conflits de pouvoirs entre agents du FBI…tout cela donne de la consistance à ce qui n'aurait été qu'un vague sous roman policier fantastique. le final est même assez réussi, avec un twist difficile à anticiper. .
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Woland
  24 janvier 2011
II - En dépit de quelques longueurs s'accumulant dans le dernier tiers du roman, lors de la traque dans les sous-sols du musée, puis dans les égouts, "Relic", où entre en scène l'agent Aloysius Pendergast, du FBI de Louisiane, reste l'un des très grands romans d'épouvante de la fin du XXème siècle. Un sommet dont les opus suivants du tandem Preston & Child auront bien du mal à égaler la retorse efficacité.
Il faut dire que, dans ce livre, Pendergast, même si ses "pères" lui ont donné un physique de semi-albinos à la Andy Warhol, n'a pas encore pris ces tics accablants qui, par la suite, vont contribuer à le transformer en une sorte d'hybride littéraire, à mi-chemin entre Sherlock Holmes et Rouletabille. Bien sûr, il a toujours une bonne longueur d'avance - si ce n'est deux - sur les enquêteurs des autres polices mais on ne chipotera pas : après tout, n'est-il pas le héros ?
Et puis, reconnaissons-le, la chute, tout bonnement géniale, est de celles que tout amateur d'épouvante se remémore toujours avec émotion. Décomposée en deux temps, sa puissance est imparable dans le premier mouvement. le second, avec le scientifique corrompu, est beaucoup plus classique - et donc prévisible. Mais la perfection de ce premier mouvement est telle que, là aussi, ergoter serait faire preuve d'une écoeurante mauvaise foi.
En apparence, "Relic" reprend le thème ultra-éculé de la malédiction attachée à un objet cultuel - en l'occurrence une statuette découverte aux tréfonds de l'Amérique du Sud - ramené à grands frais par des ethnologues, anthropologues et autres logues jusque dans les caves du Muséum d'Histoire naturelle de New-York. Tant qu'on n'y touche pas, le problème n'est pas très grave. Mais à partir du moment où une cohorte de scientifiques en veine de reconnaissance mondaine et de gloire locale se met en tête d'exposer ladite statuette, l'atmosphère s'alourdit considérablement ... et les meurtres (évidemment horribles, épouvante oblige) commencent.
On n'en dira pas plus pour ne pas gâcher le plaisir du néophyte qui n'aurait pas encore lu ce livre. Sauf peut-être que, par le traitement infligée au thème central, "Relic" ne se borne pas aux apparences mais va beaucoup plus loin, d'où son intérêt et sa qualité.
Ici, il n'y a pas de tour de passe-passe comme on pourrait en reprocher aux auteurs dans, par exemple, "La Chambre des Curiosités." Il n'y a pas non plus d'invraisemblance majeure : tout est pensé, calibré, projeté, logique, implacable. Les personnages sont vivants et, à l'exception du policier new-yorkais, ne tombent pas dans le stéréotype. La clef de l'énigme est, nous l'avons déjà dit, remarquable par son intelligence même si son épilogue fait un peu plaqué, dans l'intention vraisemblable d'annoncer une "suite." Bref, il n'y a guère que le style, correct mais banal, dépourvu hélas ! de cette poésie cultivée par Machen ou Lovecraft, qui fasse tiquer le puriste.
On notera qu'un film éponyme a été tiré de ce roman. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, il est beaucoup plus simpliste et on ne croit pas un instant à la créature qui s'y débat, mais il se laisse regarder.
Un conseil cependant : lisez "Relic" avant de visionner sa version filmée. ;o)
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   24 janvier 2011
[...] ... [Jorgensen] poursuivit à l'adresse de Margo [une scientifique du Museum] :

- "Maxwell était l'un des chefs de l'expédition, avec Whittlesey. La première erreur avait été de laisser Maxwell se glisser dans cette affaire. Ca faisait deux chefs. Naturellement, ils ont été à couteaux tirés dès le début ; aucun n'exerçait tout le pouvoir. Le fait que Maxwell soit dans le tableau a causé mon éviction. Il a décidé qu'on n'avait pas besoin d'un botaniste dans cette expédition. J'ai dû rester. Whittlesey a été encore plus déçu que moi. Le fait que Maxwell soit là compromettait ses chances de mener à bien un projet secret qu'il avait nourri.

- Lequel ?" demanda Margo.

- "Il voulait retrouver la tribu kothoga. On parlait d'une tribu inconnue qui vivait sur un tepui, c'est-à-dire une zone isolée, sur un plateau, au-dessus de la forêt équatoriale. Bien qu'on n'eût pas mené d'exploration scientifique, l'opinion générale était que la tribu avait disparu et qu'il ne restait que des vestiges témoignant de son existence. Whittlesey, quant à lui, était persuadé que c'était faux. Il voulait être celui qui retrouverait les Kothogas. Le seul problème était que le gouvernement ne voulait pas lui donner l'autorisation d'accès à ce fameux tepui. Il voulait réserver la primeur à ses propres équipes scientifiques. C'était le "Yankee, go home" qui prévalait, à l'époque."

Jorgensen ricana.

- "En fait, la zone n'a été protégée que pour les saccageurs de toutes sortes. Le gouvernement avait entendu courir les mêmes rumeurs que Whittlesey. Mais il se disait que si vraiment il restait des tribus indiennes dans la zone, ce serait mauvais pour la prospection minière et les forestiers. Bref, l'expédition a été contrainte d'approcher la région par le nord. L'accès était considérablement plus difficile. Mais au moins, on contournait la zone interdite. Quant au tepui lui-même, il était interdit de grimper là-haut.

- Et alors ? Est-ce que les Kothogas étaient toujours là ?"

Jorgensen secoua la tête et répondit :

- "Nous ne le saurons jamais. Le gouvernement a bel et bien trouvé quelque chose au sommet de ce tepui, peut-être de l'or, du platine, des pépites. Vous savez qu'on peut détecter une foule de choses par satellite de nos jours. En tous cas, ce tepui a été détruit par le feu au printemps 1987. Ils ont fait ça avec des avions.

- Quoi ? Incendié ?

- Ratiboisé au napalm," répondit Jorgensen. ... [...]
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ricouricou   20 août 2012
Bassin de l'Amazone, septembre 1987

Il était midi. Les nuages accrochés au sommet du Cerro Gordo se détachèrent avant de se disperser. Là-haut, très loin au-dessus de sa tête, entre les branches les plus élevées de la forêt, Whittlesey distinguait les éclats d'un soleil doré. Des animaux, sans doute des singes-araignées, se disputaient sous la voûte en poussant des hurlements, et un macaque descendit en piqué vers lui en gloussant des obscénités.
Whittlesey s'arrêta à côté d'un jacaranda déraciné. Il jeta un oeil sur Carlos, son aide de camp, qui le rattrapait tout en sueur, et lui dit en espagnol :
- Baja la caja, on va se poser ici.
Whittlesey s'assit sur le tronc couché et entreprit de retirer sa botte droite et sa chaussette. Il alluma une cigarette dont il appliqua l'extrémité brûlante sur la grappe de sangsues qui avaient envahi son tibia et sa cheville.
Carlos se délesta d'un vieux paquetage de l'armée sur lequel avait été attachée à la hâte une caisse en bois.
- Ouvre-la, veux-tu ? demanda Whittlesey.
Carlos défit les liens, il releva une série de petits fermoirs en cuivre et souleva le couvercle.
Le contenu de la caisse était enveloppé soigneusement dans les fibres tressées d'une plante locale. Whittlesey en écarta quelques-unes et découvrit les objets d'artisanat qu'elle contenait : un herbier en bois et un carnet de cuir à la couverture tachée. Après un moment d'hésitation, il tira de la poche de sa chemise une petite figurine en bois sculptée de manière délicate, qui représentait un animal.
Il la manipula, admirant une fois de plus la qualité du travail ; elle était étonnamment lourde. Après quoi, il la déposa comme à regret dans la caisse, replaça le filet végétal et reficela le paquet. Ensuite, il tira de son sac à dos une feuille de papier blanc qu'il déplia sur ses genoux. De sa poche il sortit un stylo en or tout cabossé et écrivit :

Haut bassin du Xingu
17 septembre 1987
Montague,
J'ai décidé de renvoyer Carlos avec la dernière caisse, moi je vais continuer seul à chercher Crocker. On peut faire confiance à Carlos, et je ne veux pas prendre le risque de perdre cette caisse au cas où il m'arriverait quelque chose. Tu remarqueras qu'elle contient une crécelle de chaman et divers autres objets rituels qui semblent uniques. Mais la figurine qui les accompagne et que nous avons trouvée dans une hutte vide constitue la preuve que je cherchais. Observe ces greffes de taille exagérée, ce côté reptilien, cette allure de bipède. Les Kothogas existent bel et bien, et la légende du Mbwun n'est pas une simple vue de l'esprit. Toutes les notes que j'ai prises sur les lieux sont dans le carnet qui contient aussi un récit complet des circonstances dans lesquelles l'équipe s'est séparée ; mais tu l'auras déjà appris quand ces lignes te parviendront.

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WolandWoland   24 janvier 2011
[...] ... Margo sursauta. Un nouveau coup de feu venait de retentir.

- "Qu'est-ce qui se passe ?" cria-t-elle.

Dans le noir, elle sentit que la pression de Frock sur son bras s'accentuait.

De l'autre côté, ils entendirent une galopade. Ensuite arriva le faisceau jaune d'une lampe de poche qui dessina les contours de la porte.

- "Cette odeur est en train de décroître," murmura-t-elle. "Vous croyez qu[e la Créature] est parti[e] ?

- Margo," répondit Frock, apaisé. "Vous m'avez sauvé la vie. Vous avez risqué la vôtre pour me sauver la vie."

On entendit frapper à la porte.

- "Qui est-ce ?" demanda Frock d'un ton ferme.

- "Pendergast."

Margo s'empressa d'ouvrir. L'agent du FBI était là en effet ; d'une main, il brandissait une arme, de l'autre, il tenait une poignée de plans froissés. Son costume noir, de coupe impeccable, contrastait avec le visage noirci. Il referma la porte derrière lui.

- "Ca me fait plaisir de vous voir tous les deux intacts," dit-il en éclairant les visages de Margo et Frock.

- "Pas autant qu'à nous !" s'écria Frock. "On était descendus ici à votre recherche, figurez-vous. C'est vous qui avez tiré ?

- Oui", dit Pendergast. "Je suppose que c'était vous qui étiez en train de crier mon nom ?

- Alors, vous m'avez entendu ? C'est comme ça que vous nous avez retrouvés ici ?"

Pendergast secoua la tête.

- "Non, ce n'est pas grâce à ça."

Il tendit sa lampe à Margo et déplia ses plans. Ils étaient couverts de notes manuscrites.

- "Je crains que l'Association d'Etudes Historiques de la ville de New-York ne soit un peu mécontente des libertés que j'ai prises avec leur documents," dit l'agent du FBI.

- "Pendergast", chuchota Frock. "Margo et moi, nous savons à présent exactement de quel tueur il s'agit. Il faut nous écouter. Ce n'est ni un homme, ni un animal connu. Il faut que je vous explique ...

- Vous prêchez un convaincu, Docteur Frock." ... [...]
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SlykingSlyking   06 juillet 2014
"J'ai surtout compris que vous n'allez pas tarder à franchir cette porte en sens inverse." dit Wright en haussant le ton.
Pendergast hocha la tête.
"Messieurs, madame, j'ai bien l'honneur de vous saluer."
Sur quoi il tourna les talons et quitta la pièce sans un mot. Après avoir calmement refermé la porte derrière lui, il s'arrêta un instant au secrétariat, puis, en regardant la porte, il cita ces vers :
"Adieu ! J'aurai reçu sans les avoir volés
Trois fois les coups de bâton que j'ai donnés."
La secrétaire de Wright s'arrêta net de mâcher son chwing-gum.
" Hein ? Qu'est-ce que vous dites ?"
"Rien, c'est du Shakespeare." dit Pendergast en filant vers l'ascenseur.
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NiradeNirade   23 septembre 2015
A ce moment-là il entendit, plutôt qu'il ne la vit, une forme qui se déplaçait dans ce recoin. L'odeur violente se précisa, ce fumet de pourriture l'enveloppa soudain; il se senti alors projeté contre le mur par une force terrible et la douleur fit irruption sans sa poitrine et dans son ventre. Il ouvrit la bouche pour crier, mais quelque chose de bouillant lui emplissait la gorge.
Un éclair transperça son crâne, suivi d'une nuit profonde.
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