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Claude Debon (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070322046
360 pages
Gallimard (09/06/1981)
3.85/5   57 notes
Résumé :
Recueil de poésie de l'auteur de Zazie dans le métro, Courir les rues, battre la campagne, fendre les flots est stupéfiant de tendresse et de légèreté sans pour autant sombrer dans le sentimentalisme à l'eau de rose. Cet ouvrage regroupe sa trilogie des années 1967, 1968 et 1969. Simple, drôle et émouvante, la poésie de Queneau célèbre les petites gens, les rues de Paris, les animaux et insectes de nos jardins et les petits faits de la vie quotidienne. "Restant debo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
C'est un plaisir de retrouver Raymond Queneau avec sa façon, l'air de rien, de faire de l'humour, de jouer avec les mots pour les présenter écrits phonétiquement ou pour les inventer.
Derrière cet humour qui délasse l'esprit, on retrouve les réflexions du philosophe qu'il était et on ne peut s'empêcher de se poser, de réfléchir, de revenir à la réalité.
C'était avant tout un grand rêveur très observateur, sensible qui projetait l'avenir tel qu'il le voyait, tel qu'il l'espérait .
Un vrai surréaliste, groupe dont il faisait partie.
J'emploie l'imparfait mais il reste présent par ses écrits.
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Courir les rues, battre la campagne, fendre les flots : le titre de ce recueil de poèmes est une belle invitation au vagabondage à laquelle il est difficile de résister.
Cette trilogie réunit les opus suivants :
"courir les rues" (1967) qui évoque le Paris quotidien, celui des petits riens.
" battre la campagne" (1968) qui jette un regard plein de tendresse cruelle sur le monde végétal , animal et minéral.
" fendre les flots" (1969)qui transporte le lecteur à travers vents et marées.
Des trois ouvrages, celui que je préfère est " battre la campagne" car je n'aime ni la ville ( j'y vis) ni la mer ( c'est dangereux).
D'ailleurs j'aime pas la poésie non plus, seul Raymond Queneau trouve grâce à mes yeux: j'adore son humour impertinent!
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Poemes humouristiques, parfois surrealistes, j'ai immediatement adhéré a cette forme de poesie. Parfois entravée par des termes savants ou des "paradigmes" difficilement comprehensibles. Quelques poemes chaque jour, sans abuser, et le bonheur est dans la rue, le pré ou sur les flots. J'ai éprouvé cette sensation de vecu ou ressenti lors de ces lectures. Dans " battre la campagne", quelques fables de la Fontaines sont revues avec mestria (ou contremaestria !). Mes petits enfants ont adoré :"Pépé, c'est le meilleur", ben non, c'est Raymond Queneau (qui m'a mis en valeur).
Piochez dans ces petits textes, il y en a pour tous les gouts... Bonnes lectures.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
L’écolier

J’écrirai le jeudi j'écrirai le dimanche
quand je n'irai pas à l'école
j'écrirai des nouvelles j'écrirai des romans
et même des paraboles
je parlerai de mon village je parlerai de mes parents
de mes aïeux de mes aïeules
je décrirai les prés je décrirai les champs
les broutilles et les bestioles
puis je voyagerai j'irai jusqu'en Iran
au Tibet ou bien au Népal
et ce qui est beaucoup plus intéressant
du côté de Sirius ou d'Algol
où tout me paraîtra tellement étonnant
que revenu dans mon école
je mettrai l'orthographe mélancoliquement
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Grand standigne

Un jour on démolira
ces beaux immeubles
on en cassera les carreaux
de plexiglas ou d'ultravitre
on démolira les fourneaux
construits à polytechnique
on sectionnera les antennes
collectives de télévision
on dévissera les ascenseurs
on anéantira les vide-ordures
on broiera les chauffoses
on pulvérisera les frigidons
quand ces immeubles vieilliront
du poids infini de la tristesse des choses.
Raymond Queneau
"Courir les rues...."
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LE TRAVAIL CONTINU

A l'ombre du mot tilbury
se reposait un soir de juin
un homme qui tentait d'enter
un vers marron sur de la prose
Cette opération monstrueuse
l'occupait de telle façon
qu'il ne vit point passer la phrase
qui l'aurait tiré d'embarras
Il s'acharnait en grommelant
cependant que sous le ciel rose
la lune d'un pas turbulent
traversait des nuages lyriques
Lorsque l'entracte fut fini
l'horticulteur pédagogique
remit dans l'ombre le lexique
et saisissant sa douce hie
il se pencha de nouveau sur
son travail presque minéral
Paveurs Pavés êtes ainsi
lorsque tombe le crépuscule
l'écho des poètes passés
dans cette rue presque nocturne


NB : la Hie est un outil de paveur (j'ai eu besoin du dictionnaire !)
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LA FOURMI ET LA CIGALE

Une fourmi fait l'ascension
d'une herbe flexible
elle ne se rend pas compte
de la difficulté de son entreprise

elle s'obstine la pauvrette
dans son dessein délirant
pour elle c'est un Everest
pour elle c'est un Mont Blanc

ce qui devait arriver arrive
elle choit patatratement
une cigale la reçoit
dans ses bras bien gentiment

eh dit-elle point n'est la saison
des sports alpinistes
(vous ne vous êtes pas fait mal j'espère)
et maintenant dansons dansons
une bourrée ou la matchiche
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LE VOYAGEUR


Je marcherai longtemps sur la route immobile
sans me faire de bile en marchant très longtemps
j’arriverai peut-être aux portes de la ville
en restant immobile et pourtant en marchant

M’arrêtant un peu las aux portes de la ville
je regarderai lors les murailles longtemps
avant de me risquer dans ses rues infertiles
où m’attendent geignards ses rusés commerçants

Dans un hôtel miteux je nettoierai mes bottes
dans un snack incertain je mangerai du pain
puis je me coucherai en attendant les aubes
en rêvant de ces pas qui ont fait mon chemin

Sans marcher plus longtemps me tenant immobile
sans me faire de bile éveillé ou dormant
je quitterai peut-être une certaine ville
où j’allai un beau jour immobile restant

Sur l’horizon plaintif jetant un dernier souffle
j’éteins la calebombe et son ultime lueur
je n’ai jamais bougé Tout être se boursoufle
lorsqu’il veut s’agiter au-delà de sa peur

p.166
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Videos de Raymond Queneau (58) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Queneau
Avec Hervé le Tellier, Chiara Mezzalama, Martin Rueff et des lectures par Emmanuel Noblet.
Pour la première fois, nous avons décidé d'étendre l'exercice du grand entretien façon Oh les beaux jours ! à une figure de la littérature aujourd'hui disparue, l'immense écrivain italien Italo Calvino (1923-1985), dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance. Né à Cuba, Calvino grandit dans une Italie fasciste et intègre les brigades Garibaldi en 1943. Cette expérience de résistance au nazisme sera présente dans son premier roman, le Sentier des nids d'araignée. Intellectuel engagé, auteur d'une oeuvre prolifique traduite dans le monde entier, qui emprunta tout d'abord au néoréalisme avant de se tourner vers le récit fantastique et le conte philosophique, Italo Calvino était aussi passionné par les sciences. Compagnon de route de nombreux écrivains – Queneau, Perec, Barthes… – il s'installe à Paris en 1967 et devient membre de l'Oulipo en 1973. Il puise alors dans ce courant littéraire prônant la littérature sous contrainte une créativité multiforme, qui donnera naissance à Si par une nuit d'hiver un voyageur. Pour évoquer ce compagnonnage, il était donc naturel de convier un Oulipien, de surcroît fin connaisseur de son oeuvre, Hervé le Tellier, qui se livrera à un exercice d'admiration en règle. Sur le plateau également, Martin Rueff, à qui l'on doit l'excellente retraduction en français de plusieurs romans de Calvino, dont sa célèbre trilogie, Nos ancêtres, et l'écrivaine Chiara Mezzaluma, qui apportera un regard italien sur cette oeuvre majeure traduite dans le monde entier.
Animée par Fabio Gambaro (journaliste et lui-même auteur d'un livre sur Calvino), en compagnie d'auteurs passionnés, cette rencontre vous fera entrer dans l'univers d'un écrivain hors du commun, entre réalisme et fantaisie, humour et philosophie, à travers la projection et l'écoute de documents d'archives. Un voyage dans les mondes imaginaires de l'auteur de Monsieur Palomar et des Villes invisibles, dont des extraits seront lus sur scène par le comédien Emmanuel Noblet.
Une table ronde animée par Fabio Gambaro et enregistrée en public le 27 mai 2023 au Mucem, à Marseille, lors de la 7e édition du festival Oh les beaux jours !
À lire (bibliographie sélective) : — Italo Calvino, « Les Villes invisibles », traduit de l'italien par Martin Rueff, coll. « du monde entier », Gallimard, 2019. — Italo Calvino, « Nos ancêtres », traduit de l'italien par Martin Rueff, coll. « du monde entier », Gallimard, 2018. — Italo Calvino, « Si par une nuit d'hiver un voyageur », traduit de l'italien par Martin Rueff, Folio/Gallimard, 2015. — Hervé le Tellier, « L'Anomalie », Gallimard, 2020 (prix Goncourt 2020). — Chiara Mezzalama, « Après la pluie », traduit de l'italien par Léa Drouet, Mercure de France, 2022.
En coréalisation avec le Mucem et en partenariat avec l'Institut culturel italien de Marseille.
Podcasts & replay sur http://ohlesbeauxjours.fr #OhLesBeauxJours #OLBJ2023
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