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Jean-Pierre Collinet (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070374122
Éditeur : Gallimard (12/10/1982)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Les six pièces de Racine que contient ce volume forment le premier versant de l'oeuvre, celui de la prodigieuse et presque immédiate ascension d'un écrivain vers la perfection de son art.
Racine a vingt-cinq ans lorsqu'il fait représenter La Thébaïde par la troupe de Molière. L'auteur de Britannicus et de Bérénice est un homme de trente ans qui a su trouver dans la simplicité du drame et la pureté mélodieuse de la langue le moyen d'exprimer la vérité de l'émo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Rodin_Marcel
  21 septembre 2015
Racine, Jean (1639-1699) – "Théâtre complet : tome 1 : La Thébaïde - Alexandre le Grand – Andromaque - Les Plaideurs – Britannicus - Bérénice" – Garnier-Flammarion, 1964-1965 – nouveau tirage 1985 (ISBN 2-08-070027-8) - 436 p. Chronologie, préface et notices par André Stegmann

Bien entendu, je renonce à fournir ici le moindre apport original ou pédagogique ou «sçavant» sur cet immense classique qu’est Jean Racine. Par ailleurs, il convient de préciser sans doute que j’appartiens à la vieille génération, celle qui a eu la chance (tant décriée pendant et après le joli mois de mai) de recevoir des fondements de culture avant la Grande Catastrophe Culturelle des années soixante-dix : pour la littérature, cela s’incarnait dans le «Lagarde et Michard», avec la bande canonique des Corneille, Racine, Molière et tutti quanti dont il nous fallait étudier au moins une pièce par trimestre tout en apprenant un extrait par cœur. Comme je suis amené à suivre les cursus de jeunes collégiens et lycéens d’aujourd’hui, je mesure tout à fait le gouffre qui se creuse chaque jour d’avantage… Inutile d’épiloguer.

Je me limiterai au simple constat suivant : chez moi, dans mon antre, les deux volumes du «Théâtre complet» sont toujours à portée de main, dans l’édition GF/Stegmann de 1965-65 réédité en 1995 ou dans la collection «L’Intégrale» que publièrent les éditions du Seuil, ou encore sous forme de volumes isolés d’édition récentes, en fonction de l’intérêt du dossier d’accompagnement. J’y plonge régulièrement, soit pour relire pour la énième fois une pièce en particulier, soit pour n’en piocher qu’en extrait.

Un plaisir inépuisable. Pour deux raison au moins.
- La première, c’est la qualité de l’utilisation de la langue française, qui est ici portée à l’un de ses sommets, tout en recourant à un vocabulaire d’une absolue simplicité. Racine atteint en ce domaine des sommets de concision et d’élégance. Il faudra attendre Proust pour retrouver un tel niveau de maîtrise de la langue, dans un tout autre genre (quoique).
- La deuxième, c’est la musique : ces vers peuvent se scander comme un morceau de rythme, généralement en duolets, triolets, quartolets ou sextolets (les rappeurs n’ont rien inventé, elles et ils le savent fort bien), avec çà et là de géniales irrégularités, comme le quintolet.

Pour ce qui concerne chacune des pièces, je vais entrer chaque recension sous une édition de chaque titre.

Je me bornerai ici à terminer cette présentation par quelques lignes sur l’appareil critique fourni dans cette édition précise par André Stegmann. En tête du premier volume figurent une chronologie fort utile (pp. 7-15) insérant Racine dans son époque, suivie d’une préface (pp. 19-26) synthétique, rappelant les grandes lignes typiques de la tragédie racinienne ; chaque pièce est précédée d’une brève présentation de la plume de Stegmann, puis des diverses « lettres » ou « préfaces » rédigées par Racine lui-même, texte généralement adressé à un Grand du royaume qui daignait soutenir ses efforts.

La présentation graphique est fort agréable, mais peu pratique : les vers ne sont pas numérotés, aucune note explicative ne vient éclairer les expressions qui pourraient intriguer. C’est une édition bien pratique pour une lecture plaisir…
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Soundandfury
  05 juillet 2011
Mon avis sur: La thébaïde
Avis chrono'
Ma préférée des trois pièces de Racine lues cette année! Histoire des célèbres descendants d'Oedipe, Antigone en tête, famille poursuivie par des dieux taquins qui tuent un peu tout le monde. L'intrigue amoureuse est réduite au minimum, mais les morts sanglantes se multiplient! Vous voyez que je sais apprécier une tragédie!
__________________________
Contexte de lecture
Je n'ai plus l'oeuvre sous les yeux (j'avais plus de deux semaines de retard à la bibliothèque et je tremblais que la police vienne frapper à ma porte), je serais bien en peine de retrouver la date, les sources de la pièce mais je crois pouvoir avancer sans trop de risque que c'est une tragédie en cinq actes du XVIIe siècle.
L'histoire
Le titre fait référence à Thèbes, ça a l'air évident comme ça mais je n'y ai fait attention qu'en découvrant Antigone dans la liste des personnages. J'ai respiré, d'un coup, parce que pour une fois, je connais un peu l'histoire. J'ai dû lire deux ou trois fois la pièce d'Anouilh et j'ai assisté à la performance d'une comédienne fascinante l'année dernière, qui a gravé le mythe dans ma mémoire. Je la bénis.
Thèbes, c'est la ville dont Oedipe a été roi après avoir tué son père et épousé sa mère. Il finit par se crever les yeux avant d'aller mourir quelque part en exil. Thèbes est promise à ses deux fils, Etéocle et Polynice, lesquels doivent régner en alternance, un an chacun.
Quand la pièce débute, le conflit est déjà bien avancé: Etéocle est vissé à son trône, son frère a décidé de lever une armée pour attaquer la ville et prendre son tour de règne. La mère est désespérée, la soeur aussi... Il n'y a qu'oncle Créon qui se frotte les mains...
Vue d'ensemble
L'ensemble m'a plu, peut-être en partie parce que j'étais déjà familière de l'histoire, dans une version différente, mais pas seulement. J'ai trouvé ça un peu gros, un peu exagéré, ces morts qui s'accumulent sur la fin, cette persécution familiale. L'extrême de la situation lui donne un petit air de... Dérision? Je ne sais pas... Pas de tendresse pour les personnages... Pas de rire non plus... J'ai senti une distance vis-à-vis de l'aspect "tragique". Je sens que je m'embrouille là... Désolée.
Le pouvoir est le thème central (l'amourette entre Antigone et le fils de Créon, Hémon, est très secondaire), j'ai trouvé le thème plein d'echos modernes. Partager un règne "en alternance", l'idée semble déjà si sotte à la base, qu'on n'arrive pas à s'étonner qu'ils en viennent à s'entre-tuer. Tout le monde sait que l'ambition rend fou et qu'un gars accroché à son royaume ne risque pas de s'offrir une année sabbatique.
De plus, c'est présenté comme un devoir, comme un acte de bravoure (il y en a même un qui se sacrifie) comme s'il fallait absolument contrebalancer une situation absurde par une surenchère de sang et de belles paroles:
« Et du sang de ses rois il est beau d'être issu
Dut-on rendre ce sang sitôt qu'on l'a reçu »
(Cette fois j'ai pensé à relever mes vers préférés!)

Plus sérieusement, j'ai trouvé ça fascinant et complexe, dérangeant, même. Chacun campe sur des positions différentes, l'un est le maître et compte le rester. L'autre brigue la place et avoue froidement que s'il faut pour cela tuer son peuple avant de le gouverner, il va le faire.
La mère ne veut pas prendre position un coup elle est naïve et pense qu'ils vont se faire des câlins, trois secondes plus tard on lui annonce la paix et là, elle est méfiante. Quant à la soeur... Je n'ai pas vraiment fait attention.
Un personnage saisissant
J'ai gardé mon chouchou pour la fin. Créon est d'un cynisme qui ne peut que me plaire. Par devant, il fait semblant de chercher la paix, par derrière, il reconnaît verser de l'huile sur le feu entre les deux frères, dans l'espoir de finir par obtenir la place.
Il reste sourd aux avertissements:
« Vous n'avez plus, Seigneur, à craindre que vous même;
On porte ses remords avec le diadème »
Il ne connaît pas le remord parce qu'il pense que seul le premier crime coûte, alors, bon, c'est trop tard quoi, c'est déjà fait.

Il perd un fils, puis deux... Bon... On vient à peine d'annoncer à Antigone la mort de je ne sais combien de ses proches, il la demande en mariage.
C'est... glaçant et fascinant.
Mais là encore, le personnage de la pièce d'Anouilh est peut-être encore présent dans ma mémoire.
Je me demande quand même pourquoi cette pièce de Racine n'est pas plus connue... (elle l'est?)
Je vous laisse sur ces vers qui posent une question d'actualité, sur la légitimité de la tyrannie, vous avez deux jours pour répondre en argumentant:
« Est-ce au peuple, Madame, à se choisir un maître?
Sitôt qu'il hait un roi doit-on cesser de l'être? »

Lien : http://talememore.hautetfort..
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DOGONColas
  29 juillet 2017
Critique d' "Alexandre le Grand" (1665)
L' « Alexandre le Grand » de Racine est une nouvelle esquisse du jeune auteur d'alors qui commençait à rencontrer le succès bien que se démarquant de Molière. La pièce noue à nouveau avec l'Antiquité et le personnage d'Alexandre présenté comme puissant conquérant et magnanime envers ses adversaires défaits ne pouvait que plaire à Louis XIV qui appréciait la comparaison. Mais surtout il convient d'apprécier l'ensemble des protagonistes qui expriment tout au long de la pièce de nobles sentiments héroïques et amoureux mais aussi de profondes expressions de désespoir.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
DOGONColasDOGONColas   28 juillet 2017
TAXILE

Seigneur, si Darius avait su se connaître,
Il régnerait encore où règne un autre maître.
Cependant cet orgueil qui causa son trépas
Avait un fondement que vos mépris n'ont pas :
La valeur d'Alexandre à peine était connue ;
Ce foudre était encore enfermé dans la nue.
Dans un calme profond Darius endormi
Ignorait jusqu'au nom d'un si faible ennemi.
Il le connut bientôt ; et son âme étonnée
De tout ce grand pouvoir se vit abandonnée.
Il se vit terrassé d'un bras victorieux,
Et la foudre en tombant lui fit ouvrir les yeux.

Alexandre le Grand (1665), Acte I, scène II
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DOGONColasDOGONColas   29 juillet 2017
CLÉOFILE

Ah ! quittez cette ingrate princesse,
Dont la haine a juré de nous troubler sans cesse,
Qui met tout son plaisir à vous désespérer.
Oubliez...

TAXILE

Non ma sœur, je la veux adorer.
Je l'aime ; et quand les vœux que je pousse pour elle
N'en obtiendraient jamais qu'une haine immortelle,
Malgré tous ses mépris, malgré tous vos discours,
Malgré moi-même, il faut que je l'aime toujours.

Alexandre le Grand (1668) - Acte IV, Scène IV
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SoundandfurySoundandfury   05 juillet 2011
Est-ce au peuple, Madame, à se choisir un maître?
Sitôt qu'il hait un roi doit-on cesser de l'être?
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SoundandfurySoundandfury   05 juillet 2011
Vous n'avez plus, Seigneur, à craindre que vous même;
On porte ses remords avec le diadème
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SoundandfurySoundandfury   05 juillet 2011
Et du sang de ses rois il est beau d'être issu
Dut-on rendre ce sang sitôt qu'on l'a reçu
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Videos de Jean Racine (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Racine
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=58781&motExact=0&motcle=&mode=AND
LA PROTECTION DE LA PARTIE FAIBLE DANS L'ARBITRAGE OHADA
Martial Koffi Akakpo
Préface de Jean-Baptiste Racine
Logiques Juridiques
Soucieux d'améliorer leur attractivité juridique, les Etats membres de l'OHADA ont décidé d'adopter des règles souples visant à faciliter les échanges économiques. En conséquence qu'il s'agisse de la convention d'arbitrage ou du procès arbitral, le sort du faible n'a pas fait l'objet d'une attention particulière. L'auteur invite à pondérer le libéralisme du droit de l'OHADA sans pour autant fragiliser la justice arbitrale.
Martial Koffi Akakpo est avocat au barreau de Lomé. Il enseigne le droit du financement des grands projets en Afrique à l'université Paris II Panthéon Assas. Il est également membre de la cour internationale d'arbitrage de la chambre de commerce internationale de Paris
Broché - format : 15,5 x 24 cm ISBN : 978-2-343-13499-4 ? 1 février 2018 ? 462 pages
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