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ISBN : 2290352365
Éditeur : J'ai Lu (08/03/2006)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Ravalec, c'est la jeune garde, celle qui ne connaît pas le "complexe de l'auteur", celle qui écrit comme elle taperait sur sa batterie. On se souvient d'ailleurs de l'aplomb avec lequel Ravalec raconte dans L'Auteur avoir subtilisé le papier en-tête d'une chaîne de télévision afin de se confectionner une fausse lettre de recommandation auprès d'un éditeur. La génération d'Un monde sans pitié se reconnaî... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Corboland78
  11 février 2019
Vincent Ravalec est un écrivain, réalisateur, scénariste et producteur français né en 1962 à Paris. Influencé par les grands mythes des années 1970 et une certaine littérature américaine (Carlos Castaneda, Allen Ginsberg) il commence à publier des textes littéraires et à écrire des scénarios au tout début des années 1990. Son roman Cantique de la racaille (1994) a remporté le prix de Flore 1995 et il l'a lui-même adapté et réalisé au cinéma.
Gaston, le narrateur, un petit malfrat de banlieue, vit de combines et recels minables, passant son temps libre chez Saïd le troquet où se réfugient les poivrots du quartier. Un jour, il prend Marie-Pierre en stop, une jeunette de seize ans dont il tombe amoureux fou. Dès lors sa vie va changer, ses ambitions s'éveillent, les petites combines deviennent grosses arnaques, les biftons s'empilent. Mais toutes les ascensions se terminent par une redescente…
Si tous les vins ne supportent pas de longs temps de cave, il en est de même pour certains livres, comme ce roman. Si je l'avais lu lors de sa parution, il est fort possible que j'aie apprécié cette histoire, aujourd'hui j'ai eu bien du mal à finir mon verre, heu… à terminer ma lecture. Pour en terminer avec ma comparaison, ça m'a saoulé grave.
Le roman débute plutôt bien, on est même happé par l'histoire tant l'intrigue est dense, le rythme allègre, les personnages et les lieux familiers (banlieue, petites gens). Gaston fait un petit malfrat assez sympathique avec ses trafics bas de gamme. On visite la France profonde, l'écrivain dressant par la bande un portrait social du pays de cette époque mais pas si éloigné de celui d'aujourd'hui. le lecteur s'amuse des références d'alors (fax ou télex) – car le roman est daté ne l'ignorez pas - ou de la problématique rencontrée par Gaston quand ses petites magouilles l'amènent à voir plus grand (difficultés administratives pour trouver un bureau et un local).
Et puis le souffle nous manque pour suivre le rythme endiablé mené par l'écrivain. L'intrigue part dans tous les sens, le moindre détail prend des dimensions improbables, milles sujets annexes sont abordés : bref, le roman aurait pu être amputé de cent pages (ce qui aurait été bien) tout comme il pouvait être rallongé d'autant, sans que cela fasse de différence, tant Vincent Ravalec a la plume bavarde, la tchatche inépuisable. J'avoue avoir décroché avant le mitan, pressé de connaître l'épilogue de cette histoire finalement assez banale.
Dans le dernier numéro du magazine LIRE (# 472), l'écrivain est considéré comme l'un des précurseurs de Michel Houellebecq, et si on prend le roman sous son angle sociologique ce n'est pas faux : on y voit la France des années 90 avec ce qui alimentait les bouquins de cette époque, le consumérisme, le sexe partouzard…
Un bouquin qui n'est pas mauvais mais qui vient trop tard pour moi.
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Ingannmic
  10 juin 2016
La rencontre entre Gaston et Marie-Pierre signe pour le jeune homme le début d'une période faste de sa vie. Il n'aurait tout d'abord jamais imaginé que ce canon de 16 ans qu'il a pris en stop en rentrant sur Paris finirait par rester à ses cotés. de plus, un tuyau lui permet de monter une juteuse affaire de recel de matériel hi-fi, lui assurant une fulgurante aisance financière. Finis les taudis et les galères, en véritable chef d'entreprise Gaston s'organise. Il crée sa société, emménage dans des locaux dignes de ce nom, acquiert même un semblant de respectabilité.
"Cantique de la racaille", porté par la voix de son héros, est un roman plus profond que ce bref résumé ne pourrait le laisser croire.
Vincent Ravalec a su faire de ce petit voyou parisien un personnage intéressant, propre à susciter chez le lecteur des sentiments contradictoires. Tantôt touchant, tantôt prodigieusement agaçant, Gaston révèle, au fil du récit, toute la complexité de sa personnalité tourmentée. Sa principale obsession, gagner de l'argent, dissimule une soif éperdue de reconnaissance dans un monde où la valeur des individus se mesure à l'aune de la réussite sociale. Imprégné de la philosophie entrepreneuriale des années 80 prônant audace et pragmatisme, il lui importe peu de réaliser ses ambitions en suivant des voies illégales. D'ailleurs, c'est comme un businessman qu'il se considère, et non comme un délinquant. Mais est-il vraiment fait pour le monde auquel sa richesse subite lui permet d'accéder, règne de l'argent facile et du sexe à outrance, lui qui finalement ne rêve que d'honorabilité et d'une vie de couple sans histoire avec Marie-Pierre, dont il aimerait avoir un enfant ?
Si les doutes qui l'assaillent quant au but ultime de cette course à l'argent ne sont que fugaces, son mal-être est néanmoins réel, qui se manifeste par des crises de violence et de paranoïa, et d'étranges absences. A la fois malhonnête et travailleur, roublard mais fidèle en amitié, on finit presque malgré soi par s'attacher à cet atypique personnage, mais aussi à ceux qui l'entourent, et qui constituent ce monde "d'en bas", ceux qui n'ont pas eu de chance ou pas les moyens de saisir de rares opportunités, et qui noient la médiocrité de leur existence dans l'alcool ou une perpétuelle amertume...
Moi qui partais avec un a priori, je dois avouer avoir été agréablement surprise par cette lecture. Je crois que j'imaginais quelque chose de plus trash, de plus vulgaire, dans la veine d'un Bukowski, par exemple. Or, on ne peut en aucun cas qualifier le style de Vincent Ravalec de grossier, ou de choquant, bien que son roman dépeigne avec réalisme un monde sordide et inique. Son écriture est agréablement rythmée et rend son récit très vivant, et il émane de la narration une sincérité qui lui confère une véritable crédibilité. On rit avec le héros, on ressent avec acuité les moments où il est tendu, mal à l'aise, ceux où il se sent trahi... Bref, on passe avec Gaston et ses acolytes un vrai bon moment, même si au fond, ce qu'on en en retire, c'est surtout un sentiment de tristesse et de gâchis.
Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
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liliba
  27 janvier 2010
Voilà de nouveau une lecture passionnante ! Ravalec nous emmène sur les pas de Gaston et nous assistons à la réussite de ce petit voyou parisien avec un immense plaisir. Car si Gaston est un voyou, il n'en n'est pas moins droit et honnête dans ses relations aux autres, il a des principes, une certaine morale et même parfois de la grandeur d'âme. Que sont donc quelques magnétoscopes volés (enfin, quelques milliers !) ou quelques camions détournés par rapport à la volonté de ce jeune homme de réussir, de se sortir à tout prix de sa condition de petit voleur et d'acquérir enfin un statut : une plaque au nom de sa société apposée sur le devant de l'immeuble ? Pour réussir, Gaston ne ménage pas sa peine, il est travailleur, volontaire et fait souvent montre d'une grande finesse dans les relations humaines ou commerciales. En bref, il est talentueux et ne tardera pas à atteindre ses objectifs.
Mais Gaston vient du bas de l'échelle et devrait savoir pourtant que "plus on monte haut, plus on risque de redescendre". Alors que tout s'enchaîne au mieux pour lui et que ses "affaires" prennent de l'ampleur, qu'il se met à gagner beaucoup d'argent, il se transforme. Des angoisses soudaines l'étreignent parfois sans raison, il devient colérique, violent même, il ne se reconnaît plus et remarque également dans le regard de Marie-Pierre et de ses amis les interrogations que son étrange comportement suscite... Gaston ne comprend pas ce qu'il lui arrive, il est déstabilisé par cet état étrange dans lequel il se trouve et qui lui ressemble si peu, lui si battant, si direct, si volontaire. Il tente de s'auto-analyser, de comprendre les influences ou phénomènes qui peuvent modifier ainsi son caractère, sa personnalité, mais ne peut pour autant pas s'empêcher d'agir parfois presque à l'encontre de lui-même. Va-t-il subir la lente descente aux enfers qu'il appréhende, ou bien l'amour de Marie-Pierre l'aidera-t-il à s'en sortir et à redevenir le Gaston auréolé de succès qu'il était il y a si peu de temps ?

Il y a du Céline en Ravalec.
Suite sur Les lectures de Lili
Lien : http://liliba.canalblog.com
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Lune
  02 juin 2008
Cette descente dans un monde parallèle ô combien réel, ô combien méconnu en ce qui me concerne, ne m'a provoqué aucune amertume. Gaston, le narrateur, attire sympathie et dégoût. Victime d'une société qui donne peu de chances pour se réaliser? Certes. Nous le suivons, mélange d'honnêteté dans la malhonnêteté. Nous ne le suivons plus lorsqu'il tue, nous n'acceptons pas l'acte le plus barbare qui soit et que rien ne justifie. Ce roman nous montre les précipices dans lesquels hommes ou femmes peuvent tomber soit par vice, soit par faiblesse. Ne pas se voiler les yeux, regarder les choses en face, ce livre nous dévoile toutes les vicissitudes, toutes les horreurs d'une frange de la société que l'on retrouve dans toute ville. L'amour est présent quoique sali. On ne sait comment ramener quelqu'un à la lumière de la vie, tout est rejeté, avili, sans espoir... L'écriture alerte rend ce livre aisé à lire mais il me fut lourd et pénible à certains moments. Ecrivain de la "nouvelle génération"qui nous montre la désespérance, la souffrance lourde, le réalisme d'un quart monde sans espoir face à une société impitoyable où le paraître vaut plus que l'être.
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Colchik
  14 janvier 2018
Comment un voyou, persuadé d'avoir du plomb dans la cervelle, peut-il faire fortune et s'ouvrir la voie du succès avec des coups foireux ? C'est ce qu'essaie de nous expliquer le voyou en question entre deux plans minables qui tournent au désastre. L'ambition et l'amour ne suffisent pas à la réussite, surtout quand la poisse est de la partie. le cantique finit dans le sang quand, de mésaventure en mésaventure, le petit couple naïf échoue entre les mains d'un producteur de films X dont les vues s'arrêtent à la ceinture.
Je reconnais ici plusieurs talents à Vincent Ravalec dont l'opuscule L'auteur m'avait déplu par l'étalage de sa vulgarité. le style est vif, alerte. Les personnages sont peints avec la candeur du narrateur, ce qui leur donne une chaleur insoupçonnée, une sorte de tendresse à revers. On sent que l'affaire va mal tourner dès le départ, on ne peut s'empêcher de souhaiter une autre issue parce que ce jeune homme raté nous touche par son sérieux, son application au travail, sa volonté de bien faire. C'est Blandine jetée dans la fosse aux lions. Et on assiste à son déchiquetage la mort dans l'âme car jusqu'au bout il défend sa vision du bonheur envers et contre tout, avec le désespoir de ceux qui y croient encore, presque.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   11 février 2019
« On pourrait croire que lorsqu’il s’agit de ramasser de l’oseille il y a bousculade au portillon, de gens fiables et très sérieux, mais en réalité c’est tout l’inverse, ce qui d’ailleurs explique en grande partie la crise, le chômage, et toutes ces salades comme quoi le système est au bord du drame et que bientôt c’est aux bidonvilles du Caire que les Champs-Elysées vont ressembler. La vérité certaine est qu’une majorité de feignants nous entourent. Ce que je demandais avait beau ne pas être le bout du monde, un peu de cash, un partenaire avec une camionnette pour le voyage, c’était toute une histoire pour dégoter l’oiseau. – Tu sais, m’a fait remarquer Saïd à qui j’exposais mes griefs, c’est pas facile, tu recherches un voleur qui soit travailleur, ils sont pas si nombreux. Evidemment. »
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lilibaliliba   27 janvier 2010
Peut-être qu'il y en a qui vous aiment par amour, à se picoler de l'eau fraîche comme des petites folles et ça leur suffit, qui s'en foutent que vous ayez de la thune, mais je n'y croyais pas trop. Ou alors c'étaient des boudins. Marie-Pierre, des mecs elle n'avait qu'à se baisser pour en ramasser
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