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EAN : 9782070776931
424 pages
Verticales (09/02/2006)
4.29/5   12 notes
Résumé :

" Voici les lettres intimes que j'ai reçues, en dix ans, d'une des femmes les plus rares que j'aie eu à connaître.

Ces lettres racontent sa vie du jour et de la nuit, ses clients (immigrés turcs ou arabes, pour la plupart), ses rêveries de vieillesse, ses amants imaginaires, ses coups de gueule, ses imprécations contre Dieu, ses verres de royal-kadir, ses maladies à répétition, ses usures.

Même si Grisélidis se dit encore ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Colchik
  30 août 2020
Grisélidis Réal est décédée il y a quinze ans à Genève après avoir été une figure de la prostitution – elle se présentait volontiers comme la « catin révolutionnaire » – dans son cher quartier des Pâquis, et une militante acharnée de la reconnaissance des droits des prostitués. Son goût de la provocation et sa haine du bourgeois l'ont conduite à réclamer une place dans le cimetière des Rois où sont inhumées les notabilités de la ville pour pouvoir se délecter post-mortem de son épitaphe : Écrivaine, artiste peintre et péripatéticienne.
Affirmer que Grisélidis Réal est une pasionaria de la liberté et de l'amour (pas celui tarifé, bien sûr, mais celui qui l'a conduite sur des voies périlleuses) est une évidence quand on se penche un peu sur sa vie mouvementée. À vrai dire, ce qui m'intriguait était l'enthousiasme de certains sur la qualité de son travail littéraire. La passe imaginaire est un ouvrage constitué des lettres qu'elle a adressées pendant dix ans (1980-1991) à Jean-Luc Hennig, romancier, essayiste, journaliste dont certains écrits apparaissent très sulfureux après la déflagration de l'affaire Matzneff. La quatrième de couverture parle d'une oeuvre maîtresse de l'écrivaine qui nous révélerait ses multiples talents.
J'avoue avoir été déçue. La correspondance énumère la tâche répétitive d'une travailleuse du sexe, le gagne-pain nécessaire, en balayant de façon assez lapidaire le spectre d'une clientèle prolétarienne et frustre, sans nous cacher les trahisons d'un corps vieillissant et fatigué. L'activité militante est à peine entrevue même si les allusions à son déroulement sont récurrentes. La plume est acérée, violente, le verbe est haut, la dent est dure et la sincérité se teinte volontiers de faux-semblants. On sent une volonté de flamboyance, quitte à en faire trop. On découvre une femme prisonnière d'un rôle qu'elle se doit d'assumer jusqu'au bout, même si elle ne croit plus elle-même à son discours.
Il m'a fallu attendre les huit dernières pages du livre, la lettre du chien Gipsy-King et la déclaration troublante adressée à Jean-Luc Hennig, pour voir surgir le talent de l'écrivaine.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ColchikColchik   30 août 2020
Et voilà qu’il m’avoue ensuite qu’il [un client] était venu, après avoir lu mon livre Le noir est une couleur dans la bibliothèque de ses parents, pour me connaître et discuter avec moi de littérature… Et qu’il s’était « laissé aller », ce dont encore il tenait à s’excuser ! (Pour un billet de 100 F suisses, pensez donc ! Ah ça, il était tout pardonné… Je n’allais surtout pas le lui rendre!)
La morale de cette histoire, c’est qu’il ne faut jamais venir discuter littérature chez une Pute, ça se fait pas ! Ici, l’on baise, en payant bien entendu… Et on repart content, sans honte et sans regrets… Il ne faut pas chercher midi à minuit !
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lagnilagni   20 septembre 2017
La peau de l'âme est secrète. Qui l'aura jamais touchée? La parole, les gestes ne sont qu'alibi. Seul l'orgasme peut-être approche de l'authentique. Mail il est vécu seul. Impartagé malgré les apparences. Personne ne sent ce qu'a ressenti l'Autre. On peut communiquer après. Pendant, c'est impossible... Avant, le temps se dérobe... Nous sommes tous comme les feuilles d'un arbre. Quand une feuille tombe, l'arbre ne bouge pas, et le vent continue ses voyages. C'est comme s'il ne s'était rien passé. L'orgueil humain ne vaut même pas un grain de sable!
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lagnilagni   17 septembre 2017
Moi je rêve d'un Amant, un Prince des Ténèbres, mystérieux et fatal, qui m'attend dans un univers interdit, immobile depuis des siècles, pétrifié et fossilisé dans un désir minéral. Et j'avance vers lui, millénaire par millénaire, et nous nous rejoignons dans l'espace, entre les étoiles. ( ... ) Le délire, oui, le délire ... c'est la seul vérité, tout le reste n'est qu'ombre consumée.
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lagnilagni   19 septembre 2017
L' « Astrologue » est revenu me voir, tout exprès de Berne, avec dans sa serviette diplomatique, tout mon horoscope ( auquel je n'ai rien compris ! )
sur des feuilles et des feuilles recouvertes de chiffres, de cercles, de formules et de calculs cabalistiques . Il y a passé déjà des heures, et ce n'est pas fini. Il dit que ça l'intéresse parce que j'ai un Destin exceptionnel ( je m'en doutais un peu, d'ailleurs, on me l'avais déjà dit ... Le pire, c'est que ce Destin, il faut faut le vivre! C'est ça le plus dur ... si exaltant soit-il. )
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ColchikColchik   05 septembre 2020
Oui, votre fameux Cap Fréhel, publié chez Albin Michel, était anti-femmes au possible ! [...]
On ne peut pas, non, se foutre davantage de la gueule (et du Cul) des femmes… que vous ne le faites dans une soi-disant « Maison de plaisir » pour femmes… (Heureusement fictive. Il ne manquerait plus que ça qu’elle existe !) […]
Vous n’avez RIEN compris, cher Jean-Luc… RIEN ! La femme est autre… Votre livre est d’ailleurs, en quelque sorte, une pure (donc malheureusement honnête en ce qui concerne votre ignorance fondamentale) imposture philosophique.
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Videos de Grisélidis Réal (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Grisélidis Réal
« […] une voix poétique que l'on peut classer parmi les plus grandes du XXe siècle, mais à peu près inconnue. […] personne ou presque n'a entendu parler de « Grisélidis Réal, poète ». Et pour trois raisons. Primo, elle n'est pas française mais suisse. Secundo, en tant qu'écrivaine, presque toutes ses publications relèvent d'autres genres que la poésie : roman, correspondances, carnets, journal intime, sans parler de ses nombreux articles et interviews, alors que ses poèmes n'ont été édités que de façon sporadique et fragmentaire. Tertio, elle a surtout défrayé la chronique en tant que prostituée. […] - Une pute poète ?? […] Lisez seulement. […] Grisélidis Réal (1929-2005) - ce n'est ni son nom de plume ni son nom de guerre, mais son vrai nom - est […] l'aînée de trois filles d'un couple d'intellectuels : père linguiste, grand spécialiste du grec ancien, mère professeure de français et amie des arts. Pris séparément, ni la naissance dans une famille d'intellectuels aisés, ni le fait d'avoir longuement pratiqué le métier de travailleuse du sexe ne vous prédisposent à devenir poète. […] un troisième ingrédient est indispensable : le malheur. […] dans la vie de Réal il frappe tôt : une maladie emporte son père adoré quand elle n'a que huit ans. […] […] le malheur persiste : à quatorze ans, des douleurs aux poumons obligent Grisélidis à faire un séjour loin de sa famille, dans un sanatorium pour enfants. Dès qu'elle revient à la maison, sa mère lui impose une surveillance maniaque et une discipline de fer. Avide de voir ses trois filles devenir de parfaites épouses, mères et femmes au foyer […], elle marque du coin de ses tabous calvinistes non seulement le plaisir érotique, mais toutes les formes de plaisir. […] À vingt-trois ans, amoureuse d'un peintre, elle tombe enceinte, se marie et donne naissance à un fils. Or le peintre en question déclare n'aimer ni le mariage ni les enfants. À partir de là, elle va explorer les bas-fonds […]. Frigidité, psychothérapie, fausses couches, maternité solitaire, avortements, désespoir, antidépresseurs, alcool. […] À trente ans, divorcée, elle se retrouve avec quatre enfants de trois pères différents. On lui enlève les enfants. Elle songe à se supprimer. Terrassée par la tuberculose, c'est au sanatorium de Montana, dans le canton du Valais, que Grisélidis trouvera en tâtonnant son vrai chemin de poète. Il passe par la prostitution […]. Une autre femme doit advenir. Va advenir. […] […] elle traverse encore plusieurs années difficiles. Recherche d'emploi, lutte avec l'hydre à mille têtes de l'administration suisse pour le droit d'élever ses enfants, histoires d'amour, retour, la mort dans l'âme, à la prostitution, maladies nombreuses et variées. […] En 1975, Réal rejoint la lutte des prostituées en France et décide de mettre sa vie au service de cette cause. […] son engagement militant aux côtés des travailleuses du sexe va exclure radicalement la poésie. Entre 1975 et 2002 […], le hiatus dans sa création poétique est total. En 2002, on lui diagnostique un cancer grave… et la poésie de renaître en beauté. […] Elle n'en sortira plus : ni de la grande maladie, ni de la grande poésie. […] La conscience de la mort est omniprésente. Et avant de trépasser, elle va se surpasser. […] Quatre ans après sa cérémonie d'obsèques dans un cimetière ordinaire, les restes de Réal ont été transférés au cimetière des Rois à Genève, réservé aux citoyens ayant contribué notoirement à l'histoire de la ville. C'est une des très rares femmes à y être ensevelies. Elle gît entre Jean Calvin (1509-1564), son ennemi préféré de toujours, et Jorge Luis Borges (1899-1986), une de ses idoles en poésie. […] » (Nancy Huston)
Le Cycle de la Vie
Jouez, enfants, dans la lumière dit la Vie au rire argentin, Ne soyez soucieux ni austères, Mais ivres d'espoir et de joie comme fleurs écloses au matin.
Chantez, jeunes femmes aux yeux clairs L'Amour se lève à l'ombre du coeur Laissez-le éclairer votre voieLaissez s'envoler la Douleur Ne goûtez à la Coupe amère.
Laissez couler, femmes mûries, Vos larmes après la haine ; Piétinez vos âpres souffrances. Espérez, vous redit la Vie Enterrez vos rêves et vos peines.
Éteignez, vieilles, de l'Existence, Et du Refus, le pâle flambeau Du coeur fermez la fenêtre, Pensez à ce qui fut beau Et bénissez ce qui va l'être.
Grandvaux, 15 avril 1942
0:04 - Poème de l'étoile de mer 1:22 - Prison 2:12 - Cantique de l'emprisonnement 4:01 - Requiem pour un Amour 4:33 - Oceano Nox 6:11 - Obsèques 6:51 - Générique
Référence bibliographique : Grisélidis Réal,
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