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EAN : 9782373050561
Éditeur : Aux forges de Vulcain (06/09/2019)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 47 notes)
Résumé :
La Terre est devenue si inhabitable que les humains ont dû la quitter à bord d'un vaisseau-monde en quête d'un nouveau foyer, qu'ils n'atteindront qu'au terme d'un voyage millénaire. Plusieurs générations se sont écoulées depuis le départ, et le passé est devenu mythologie, le futur, une fable. Parce qu'Aster est noire, elle est reléguée dans les cales du vaisseau et se voit confier, comme à ses congénères, les tâches les plus ingrates. L'hostilité et la violence de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Fandol
  27 décembre 2019
Racisme, violence, esclavage, idéal religieux, mysticisme, tout est bon pour asservir un peu plus le peuple tout en le faisant travailler dur. Matilda, cet immense vaisseau spatial qui a fui le désastre sur notre planète, il y a un millier d'années, fonce vers une destination hypothétique tout en assurant son fonctionnement et son approvisionnement grâce au travail des hommes et des femmes maintenus en infériorité.
C'est grâce aux Explorateurs de l'imaginaire de Lecteurs.com et aux éditions Aux Forges de Vulcain que j'ai pu lire et sentir mon coeur palpiter avec L'incivilité des fantômes, un roman de science-fiction qui a de bonnes résonances avec ce que vit notre monde aujourd'hui. Rivers Solomon, pour son premier roman, réussit une belle performance et c'est bien qu'elle ait été éditée rapidement en français dans un livre très agréable à prendre en mains, grâce à ses deux rabats cartonnés. C'est un bel objet avec une couverture aux visages bien énigmatiques.
Aster, une jeune femme, fait partie des Bas-Pontiens, ceux qui sont cantonnés dans les bas-fonds de Matilda. Elle ne se laisse pas faire, soigne, guérit, aide les autres, découvre de nouveaux médicaments dans son botanarium, grâce à ses plantes. Elle a un ami précieux, Theo, le Général-Chirurgien. Ils s'aiment mais n'en ont pas le droit même si Theo l'emploie comme assistante.
Giselle, l'amie d'enfance d'Aster, a tellement subi de violences qu'elle frise la folie mais révèle une intelligence précieuse qui aide Aster à retrouver les traces de Lune, sa mère, qu'on dit morte à sa naissance.
Ce passionnant roman de science-fiction m'a fait vivre des moments intenses et souvent frémir devant la violence omniprésente des gardes toujours prêts à cogner, à violer. Aster et Giselle n'hésitent pas à les défier et en subissent de terribles conséquences.
Malgré tout ce qui se passe, les drames, les privations et cette espèce de dictateur sanguinaire, nommé Lieutenant, qui arrive au pouvoir, ma lecture a été sous-tendue par un espoir ténu, souvent mis en péril et… je n'en dirai pas plus.
Je n'oublie pas de saluer le traducteur, Francis Guévremont, qui a réussi une belle performance en trouvant des mots incroyables pour désigner, en français, une quantité d'appareils, de produits comme l'eidolon, le siluminium ou encore transcurviogétique, physiomatique ou aviotologiste mais Aster est alchimiticienne. Bref, des mots que nous ne connaissons pas encore…
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Odlag
  17 novembre 2020
L'incivilité des fantômes est le premier roman de Rivers Solomon, auteur transgenre qui se désigne par le pronom anglais "they" au singulier, ce qui pourrait être traduit en français par le pronom "iel" (contraction de "il" et "elle"), d'ailleurs utilisé par le traducteur. Cette particularité de l'auteur, nous la retrouvons fortement dans son roman, où la notion de genre est complètement chamboulée, parfois de manière un peu confuse. Ainsi, bien que j'ai été fortement intriguée par cette histoire, qui m'a somme toute plutôt bien plu, c'est surtout ce sentiment de confusion qui est resté une fois ma lecture terminée.

Si le résumé éditeur m'a donné envie de lire ce roman, au fur et à mesure de mon avancée dans l'histoire, j'en suis venue à le trouver assez peu représentatif. En même temps ce livre est, je trouve, plutôt difficile à résumer.
Alors, parlons déjà du contexte de cette histoire... le Matilda est un immense vaisseau spatial à bord duquel voyage ce qu'il reste de l'humanité. Les choses ne sont jamais dites clairement, mais l'on devine, à travers divers contes et légendes narrés durant le récit, que la Terre n'était plus vivable, bien que nous n'en ayons pas la véritable raison. Cela fait tellement longtemps que le vaisseau navigue dans l'espace (environ trois siècles, il me semble) que plus personne ne se souvient de l'Histoire. Ainsi cet exode spatial vers une planète habitable s'est transformé en une sorte de quête religieuse : la Terre est nommée la Grande Maison de la Création, et le vaisseau est censé les conduire vers la Terre Promise, mais uniquement si tout le monde se comporte "bien". En gros le voyage serait une sorte d'épreuve, et si les humains gardent foi et moralité, alors ils parviendront à la ligne d'arrivée. Donc, pour être sûr que les gens se comportent correctement, et pour bien faire fonctionner le vaisseau en attendant la fin du voyage, une certaine organisation a été mise en place.
Le vaisseau est divisé en ponts allant de A à Z. Dans les Hauts-Ponts vivent dans le luxe les blancs riches, et parmi eux le Souverain, chargé de veiller à ce que la volonté de Dieu soit respectée (en gros c'est un roi tyran). Dans les Bas-Ponts sont rassemblés les personnes de couleur, traitées comme des esclaves, considérées comme des animaux. Afin de toujours les garder à l'oeil, les autorités ont mis en place un couvre-feu, les Bas-Pontiens sont surveillés (par des gardes ou des contremaîtres) et ne peuvent passer d'un Pont à un autre sans laissez-passer, chacun doit effectuer son service chaque jour (par exemple entretenir les champs des ponts agricoles), etc. Ils peuvent se faire attaquer à tout moment par la Garde, que ce soit par des coups ou des viols, et ne peuvent se défendre au risque d'empirer leur situation. Même dans leurs chambres, ils ne sont pas en sécurité. Enfin, il y a les Mi-Ponts, où vivent les blancs pas riches et, d'après ce que j'ai cru comprendre mais c'est un des points que j'ai trouvés assez confus, certaines personnes de couleur ayant pu grimper l'échelle sociale (cordonniers, etc.). Les Mi-Pontiens travaillent et, contrairement aux Bas-Pontiens, ils ont un salaire, peuvent suivre des cours universitaires, etc.
Nous constatons là une énorme régression des droits, libertés et égalités de chacun. Bien que ce qui ressorte le plus de prime abord soit le racisme, nous faisons également face à l'inégalité des genres et à l'homophobie.
Il est assez compliqué de parler de genre pour ce roman, car tout y est chamboulé. Dans les Bas-Ponts, le pronom féminin est employé pour tout le monde, sauf contre-indication (à travers un uniforme, un métier, un papier officiel démontrant le contraire, etc.). Dans le premier chapitre, toutefois, nous pouvons voir que sur l'un de ces ponts, les enfants sont définis par un pronom neutre "iel". J'ai trouvé que ce détail ne servait pas à grand-chose, car on n'en retrouve pas l'utilisation par la suite (peut-être n'était-ce alors qu'un moyen d'aborder l'utilisation du pronom féminin ?). Bref, du coup ça a rendu les choses un peu confuses pour moi, et c'est dans des moments comme ça que l'on se rend compte à quel point la notion de genre est ancrée en nous. Ainsi j'ai cru (peut-être à tort, je n'en sais toujours rien) que seules les femmes travaillaient dans les champs, qu'elles seules faisaient le travail manuel. Mais si ça se trouve certaines de ces femmes étaient des hommes, cependant seul le pronom "elle" étant utilisé, impossible de savoir vraiment. Et le problème c'est que les infos nous sont données au compte-goutte, au fil de l'histoire, ce qui rend les choses encore plus confuses, car au moment où je pensais avoir compris comment cela fonctionnait, l'on me donnait une nouvelle information qui rendait mon interprétation fausse. Un vrai petit casse-tête pour moi, donc.
En revanche, l'inégalité des genres est plus claire dans les ponts supérieurs, où les hommes et les femmes sont clairement distingués. Aux hommes reviennent les tâches intellectuelles et le gouvernement, tandis qu'aux femmes sont confiés le bon soin du foyer et la maternité (assurer la descendance, du moins, car ce ne sont pas forcément elles qui s'occupent de leurs enfants). Les femmes de couleur servent aussi à la reproduction, cependant cela est rarement consenti de leur côté. Et si leur enfant est considéré comme suffisamment blanc, il peut leur être retiré pour être intégré dans des ponts supérieurs (en général dans les Mi-Ponts, car ils restent tout de même des bâtards). En tout cas, peu importe le Pont, la femme n'a guère de véritable liberté/droit/égalité, car même dans les Hauts-Ponts, une femme peut être battue par son mari sans que cela pose problème à qui que ce soit (sauf à la femme, bien sûr, mais ça tout le monde s'en moque).
Et pour le coup on se pose la question : niveau moralité, il y a du travail là, alors comment peuvent-ils penser que le vaisseau n'avance qu'en fonction de ça ? Et bien simplement que, d'après la Souveraineté, n'est immoral que ce qui est contraire à leurs lois, or aucune loi n'interdit le viol, ni de battre sa femme, ni de battre des esclaves, etc. Voilà, voilà !
Bon, voilà pour le contexte, je passe donc aux personnages, tous aussi particuliers les uns que les autres.
Commençons par le principal : Aster. Elle est définie comme une jeune femme dans le résumé éditeur, pourtant elle ne peut être réduite à cela. Car Aster est à la fois psychologiquement et physiquement transgenre : elle possède des organes sexuels féminins mais certaines de ses caractéristiques physiques correspondent à celles d'un homme (carrure, pilosité), et ne se considère ni spécialement comme une femme, ni spécialement comme un homme. Son orientation sexuelle n'est également pas vraiment définie, car elle avoue avoir été attirée par plusieurs femmes (chose qu'il vaut mieux cacher car l'homosexualité est interdite) et est aussi attirée par un homme. Aster est un personnage que j'ai trouvé particulièrement intéressant et touchant. Elle a un esprit rebelle sans que cela soit forcément voulu : elle a simplement tendance à n'en faire qu'à sa tête, surtout quand elle s'est fixé un objectif, et dit ce qu'elle pense. Ce qui n'est pas au goût de tout le monde, en particulier des gardes et d'un certain Lieutenant, qui prennent un malin plaisir à la persécuter. Orpheline, Aster est une personne intelligente, autodidacte, qui possède un esprit pratique. Elle s'est d'ailleurs fait faire une hystérectomie pour ne pas tomber enceinte et applique le matin une sorte de pommade sur ses parties génitales pour éviter de souffrir au cas où il prendrait l'envie à un garde de la violer. Une illustration parfaite de la perversion de l'humanité dans ce vaisseau et de l'esprit à la fois pratique et rebelle de notre héroïne. Heureusement les laissez-passer que lui fournit le Chirurgien, dont elle est l'assistante (et surtout l'élève), lui permettent en général de circuler dans les Bas-Ponts sans rencontrer trop de problèmes. Elle exerce ainsi, en plus de son service dans les champs, la fonction de médecin. Cela lui permet d'aider les autres à sa manière, du mieux qu'elle peut, profitant au maximum des maigres libertés que son rôle d'assistante lui procure. Sa relation avec le Chirurgien, si elle n'est au départ qu'intellectuelle, va petit à petit évoluer. Mais Aster a du mal à comprendre les sentiments, que ce soit les siens ou ceux des autres, et peut ainsi heurter la sensibilité de ceux qui l'entourent sans le faire exprès. Elle a également du mal avec les images (métaphores, expressions, etc.) et prend tout au pied de la lettre, ce qui donne parfois des conversations assez amusantes. Mais ayant conscience de cette... déficience, Théo, le Chirurgien, reste en général particulièrement compréhensif à son égard.
Si le roman nous est raconté du point de vue d'Aster (à la troisième personne), trois chapitres donnent la parole à trois personnages (à la première personne).
Théo Smith est le fils de l'ancien Souverain, mais également celui d'une femme noire (il ne connaît pas l'identité de sa mère). La peur du scandale a alors poussé le Souverain à abdiquer. Étant donné que Théo était suffisamment pâle de peau, son père l'a récupéré non sans une certaine déception face à son aspect chétif, son physique trop peu viril. Par esprit de rébellion, Théo se rase tous les jours de près (la barbe est considérée comme un signe de virilité sur le vaisseau, et ceux qui n'en portent pas sont considérés comme des tapettes) et s'habille de manière extravagante. S'il peut se permettre une telle attitude sans avoir de problèmes, c'est parce qu'il est considéré comme la Main de Dieu depuis qu'il a sauvé le Souverain (celui qui a succédé à son père) en le soignant alors qu'il n'était encore qu'un enfant. Car Théo est un jeune prodige, très intelligent, devenu médecin très jeune. Il a ainsi acquis le grade de Général et le titre de Chirurgien, ce qui lui permet une grande liberté. Et s'il est fort respecté pour ses compétences, si son titre de Chirurgien le place très haut, il est bon de noter toutefois qu'il ne vit pas sur les Hauts-Ponts mais sur un Mi-Pont, et qu'il exècre au plus haut point les ponts supérieurs et leur impiété, et essaie d'aider au mieux ceux qui en ont véritablement besoin. Mais s'il ne respecte pas toujours les règles du Matilda, il s'est créé les siennes propres, en fonction de sa foi et de sa moralité, qu'il suit scrupuleusement. Rien n'est dit de manière claire quant à l'orientation sexuelle de Théo, même si la question de l'homosexualité, et à travers elle de l'homophobie, est abordée par le biais de ce personnage, son aspect trop peu viril poussant les autres, méprisants, à murmurer derrière son dos. Mais au-delà d'une quelconque orientation sexuelle (en fait aucun personnage n'en a une de vraiment définie, cela reste toujours très vague), ce sont les sentiments qui comptent vraiment. Et si de prime abord ce que Théo ressent envers Aster n'est qu'une grande estime, cela va finalement bien plus loin, vers des sentiments bien plus complexes, bien plus forts.
Autre personnage, particulièrement complexe et qui va jouer un grand rôle : Giselle. Je ne sais pas si j'ai apprécié ou non ce personnage, c'est un peu difficile à déterminer. Giselle est celle qui subit le plus, dans cette histoire. Parce qu'elle a été maintes fois battue et violée, son esprit est complètement brisé. Ainsi elle peut passer de la joie pure à une déprime totale ou à une colère dangereuse. Amie d'enfance d'Aster, avec laquelle (et d'autres filles) elle partage une chambre, elle peut un jour être sa meilleure amie, sa grande complice, et un autre son bourreau. Bien qu'Aster fasse tout son possible pour l'aider, elle ne peut la protéger d'elle-même, car Giselle a également des tendances autodestructrices, parfois en proie à un désir de souffrance et de mort.
Enfin, le troisième personnage qui a la parole dans ce roman : Mélusine. Je ne peux pas trop en dire sur elle sans révéler certains éléments qu'il est mieux de découvrir soi-même. Je dirais toutefois qu'il s'agit là d'un personnage fort. Mélusine a subi une perte terrible, mais n'a pas eu d'autre choix que de devoir s'en remettre et continuer à survivre (car on ne vit pas vraiment, dans les Bas-Ponts). Bien qu'elle ne se considère pas comme quelqu'un de maternel, c'est souvent à elle que l'on s'adresse pour éduquer les enfants, dont elle n'aime pourtant pas spécialement s'occuper. Seule Aster a été capable de percer sa carapace, et Mélusine est prête à tout pour l'aider.
À ces trois personnages importants, même s'ils ne sont pas forcément au centre de l'intrigue, j'ajouterai également quelques mots sur le personnage le plus détestable du roman : Lieutenant. C'est ainsi que le nomme Aster. Lieutenant est l'oncle de Théo et possède un grand pouvoir au sein du Matilda. D'ailleurs, le Souverain étant gravement malade, c'est lui qui est pressenti pour lui succéder. Mais c'est avant tout un homme particulièrement sadique et haineux, qui se considère comme la Tête de Dieu. Il voue un profond mépris pour les Bas-Pontiens, et tout particulièrement pour Aster. Parce qu'elle ne respecte pas les règles, parce qu'elle ne se comporte pas comme les autres, et surtout parce qu'elle est proche de Théo. Car Lieutenant semble éprouver une fascination plutôt perverse pour son neveu, qu'il cherche à tout prix à contrôler, comme tout ce qui l'entoure, et Aster est une donnée difficile à maîtriser. Il prend ainsi un malin plaisir à la persécuter, si ce n'est pas lui directement, du moins par le biais des gardes. Et plus l'histoire avance, plus les tensions augmentent, plus il devient cruel à son égard. Un personnage particulièrement haïssable, donc, et tout aussi important pour l'évolution de l'intrigue.
Lorsque l'on constate à quel point la Souveraineté est cruelle envers le peuple des Bas-Ponts, l'on ne peut que s'interroger : comment se fait-il qu'il n'y ait encore jamais eu de rébellion ? Tout simplement parce qu'au sein même des Bas-Ponts, tous les habitants ne sont pas capables de faire preuve de solidarité, les querelles explosant plutôt aisément, tantôt par simple désaccord, tantôt parce que certains ont besoin de se sentir un minimum supérieurs à d'autres, etc. Et le fait que tout le monde croit dur comme fer que le vaisseau ne les conduira à la Terre Promise qu'à la condition de respecter les règles ne fait qu'accentuer l'ascendant de la Souveraineté sur les opprimés.
Toutefois la maladie du Souverain va venir mettre son grain de sel dans le rouage si bien huilé de la tyrannie matildienne. Revenons aux difficultés qu'éprouve Aster à comprendre tout ce qui est abstrait, tout ce qui n'est pas dit clairement. Ce problème de compréhension l'aura empêchée, pendant des années, de découvrir le véritable contenu du journal de sa mère, Lune. de ce que sait notre héroïne, sa mère s'est suicidée après sa naissance, et Aster ne parvient pas à en comprendre la raison, ce qui l'obsède. Mais un événement va lui permettre de découvrir, avec l'aide de l'esprit dérangé de Giselle, que le journal intime de sa mère est en fait codé et contient des secrets sur le passé et sur le vaisseau qui pourraient bien tout changer. Franchement, j'ai trouvé le codage du journal vraiment malin. Je crois que c'est un des éléments que j'ai le plus apprécié dans ce roman : décoder l'histoire de Lune. Ces découvertes, ainsi que d'autres bouleversements dans l'organisation du Matilda, vont alors pousser Aster à voir les choses autrement, et peut-être à agir autrement. Elle, ainsi que d'autres.
Pourra-t-on parler alors de rébellion ? Je dois avouer que la fin m'a laissée un peu perplexe. Je ne peux pas trop en expliquer la raison sans spoiler, mais disons simplement que c'est là pour moi une fin plutôt individualiste alors que le roman semble exhorter à la solidarité. En fait ce n'est pas vraiment une fin, selon moi, plutôt l'évocation d'un possible recommencement, sans certitude aucune. Beaucoup de questions restent pour moi sans réponses, rien n'est vraiment résolu. Pour le coup, je suis restée sur ma faim, je m'attendais à davantage, surtout avec cette tension qui semblait monter de plus en plus, pour finalement retomber comme un soufflé.
En bref...
L'incivilité des fantômes est un premier roman de science-fiction particulièrement intriguant. Si de prime abord il peut sembler manquer d'originalité (un vaisseau qui amène les derniers humains vers une nouvelle planète, des inégalités qui peuvent conduire à une rébellion, etc.), c'est dans son traitement (univers, personnages, etc.) que tout se joue. En effet, Rivers Solomon met en place un univers oppressant où la société a fortement régressé dans l'expression des libertés, des droits et de l'égalité, remettant en place une ségrégation raciale assez violante, combinée à un retour de l'inégalité des genres et de l'homophobie comme règles essentielles. Toutefois parler de genre est compliqué, l'auteur brouillant les frontières, rendant cette notion particulièrement floue. Les personnages ne peuvent ainsi être considérés comme spécifiquement femme ou homme, ce qui ajoute à leur complexité déjà bien présente. Des personnages intelligemment développés, tout comme l'intrigue, qui nous fait poursuivre une énigme tout en nous faisant nous révolter face aux horreurs que subissent les personnes de couleur sous le joug des puissants blancs. Tout cela serait parfait si les explications sur le fonctionnement de cette société n'étaient pas données de manière confuse et au compte-goutte, disséminées dans l'histoire, au point d'en compliquer la pleine compréhension.
Ainsi, bien qu'ayant beaucoup aimé les personnages et trouvé l'intrigue particulièrement intéressante, je garde un sentiment de confusion à la fin de ma lecture, incapable de savoir si j'ai vraiment bien compris ou non le fonctionnement de cette société ségrégationniste où la notion de genre est particulièrement vague (à dessein).
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JustAWord
  18 août 2019
Rivers Solomon se définit comme transgenre et utilise le pronom them/ils pour se désigner, ce qui sera donc utiliser dans cette critique
À l'exercice du premier roman, Rivers Solomon se lance dans une aventure spatiale où ils croise de façon savoureuse Twelve Years a Slave et le Transperceneige. Auteur noir et transgenre, Solomon jette son dévolu sur une science-fiction humaniste et engagée qui utilise le prisme d'une science-fiction pauci-technologique pour parler de ségrégation, d'esclavage, d'intolérance et de genres.
Particulièrement remarqué lors de sa sortie aux États-Unis, L'incivilité des fantômes intègre l'excellent catalogue des éditions Aux Forge de Vulcain.
Un premier roman qui risque de faire parler de lui en cette rentrée littéraire 2019.
Le Transpercétoiles
Sur le Matilda, immense vaisseau spatial divisé en ponts (de A à Z), une partie de l'humanité a embarqué pour survivre à un cataclysme que l'on devine à travers les légendes et les mythes entretenus par les humains vivants à son bord.
À la recherche de la Terre Promise, la population du Matilda s'est divisée en deux : dans les ponts supérieurs, les haut-pontiens sont des riches blancs vivant dans un confort et un luxe que sont loin de connaître les habitants des ponts inférieurs. Les bas-pontiens, des hommes et femmes noirs, vivent comme des esclaves, entretiennent les champs des ponts agricoles, respectent un couvre-feu sévère imposé par la Souveraineté et endurent les sévices et viols réguliers des hommes de la Garde.
Parmi ces malheureux, Aster, une personne transgenre dont l'identité sexuelle n'est pas fixé, hysterectomisée et mis au ban de la société à la fois pour sa couleur de peau et pour l'inadéquation entre ses organes sexuels et ses caractères sexuels secondaires. Obsédée par le passé (et notamment par le suicide de sa mère, Lune), Aster est également une personne qui ne comprend pas le second degré et qui se calque sur des rituels et des habitudes particulièrement rigides. Autiste de haut niveau (probablement Asperger même si rien n'est dit clairement à ce sujet) mais également médecin des ponts inférieurs, elle entretient des relations particulièrement complexes avec les autres personnages du récit : Théo, chirurgien métisse et homosexuel des ponts supérieurs à la fois révéré et détesté, Giselle, compagnon de chambrée psychotique et amie-ennemie d'Aster et enfin Mélusine, nourrice et mère du substitution pour Aster.
Avec ces quatre personnages, le lecteur endosse donc le fardeau du dominé face à des blancs cisgenres esclavagistes et ultra-religieux.
Car au fil du temps s'est créé une religion bâtarde sur le Matilda où la notion de péché a, bien évidemment, été défini par des blancs puritains à l'encontre d'une population noire maintenue dans le froid, l'ignorance et le désespoir.
Malgré tout, Aster tente à la fois de reconstituer les pièces de son passé (et de découvrir le secret entourant la mort de sa mère et les mystérieuses coupures de courant qui paralysent le vaisseau) mais également de veiller sur les siens, régulièrement passés à tabac, violés et méprisés.
Définir son identité
Chose particulièrement difficile mais brillamment négociée par Solomon, l'abord de la transsexualité et, plus généralement, du transgenre ne vient jamais étouffer l'histoire elle-même en parvenant à fondre les personnages dans la masse au lieu d'en faire des exceptions lourdement soulignées.
À aucun moment Theo ou Aster ne sont vus comme en dehors de la norme, ils sont juste des habitants naturels d'une population de dominés qui sévit les brimades et les règles religieuses/sociales d'une caste de dominants dénués de pitié et d'humanité.
Le message sur la tolérance, subtil et particulièrement poignant, accompagne ici une démarche de libération d'un carcan de genre qui fausse les relations entre les passagers du vaisseau, encore davantage que leur simple statut social. L'amour entre Aster et Théo, surtout intellectuel de prime abord, renvoie parfois au fabuleux roman de Francis Berthelot, Rivage des Intouchables, et offre une nouvelle fois un plaidoyer pour le droit à la différence.
Pour combler cette incertitude, Aster s'investit dans une autre quête identitaire, celle de son propre passé. Confrontée aux mythes d'un vaisseau dont les habitants ont quasiment tout oublié du passé et où la technologie n'a ouvert la porte qu'à une régression morale écoeurante, Aster décode les journaux de sa mère et reconstruit patiemment une assise historique à sa propre histoire personnelle. Régulièrement entrecoupée par des allégories et des contes, le récit nous parle finalement de la constance de l'esclavage et de la domination. Peu importe le lieu ou le temps.
Libérer son peuple
Éminemment politique (notamment à l'heure où Donald Trump qualifie la communauté noire américaine d'infection), L'incivilité des fantômes convoque de façon franche et assumée les spectres de l'esclavage et des plantations négrières avec ses contremaîtres, ses coups de fouet et ses brimades journalières. Si notre héroïne ne veut pas volontairement faire la révolution et renverser un système horriblement totalitaire, le lecteur se rend vite compte qu'une telle ségrégation ne peut que conduire au désastre et devra forcément se terminer dans le sang.
En retrouvant les pièces d'un passé pour le moins brumeux, Aster va réveiller la voix des fantômes et donner corps aux malheurs de ses ancêtres, comme le fait précisément Rivers Solomon dans ce roman science-fictif et allégorique. C'est par la connaissance et l'apprentissage que les choses évoluent…et par la révolte, forcément.
Pour renforcer l'humanité de son histoire, Solomon permet à Melusine, Théo et Giselle de prendre la parole au cours de trois chapitres.
La première nous parle de perte et de son évolution émotionnelle pour survivre face au mépris des autres, le second de la difficulté à exister dans un monde où l'on ne tolère pas l'homosexualité, la dernière des ravages psychologiques causés par des sévices perpétuels.
Pourtant, parmi les opprimés des bas-ponts, tous ne sont pas solidaires et, finalement, ce qui facilite d'autant plus la domination des blancs des ponts supérieurs, c'est assurément le temps passé par les opprimés à se disputer entre eux. L'union fait la force, comme toujours. Peu importe le genre ou la couleur, seule l'humanité compte au bout du voyage.
Magnifique premier roman, L'incivilité des fantômes use de la science-fiction de la meilleure des façons en condamnant intolérance, racisme et ségrégation. Rivers Solomon double son voyage spatial d'un voyage humain tout en peuplant son histoire de personnages particulièrement poignants pris au piège de leur peau et de leur vaisseau-prison.
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marieberchoud
  26 février 2020
« Asperger welcome », disent parfois les offres d'emploi dans les labos de recherche internationaux actuellement. Est-ce l'influence de Rivers Solomon ? En tout cas celle de ses semblables, des autistes de haut niveau que la recherche et la création osent solliciter pour leurs qualités exceptionnelles, et leur sociabilité singulière, souvent à fleur de peau. Ce roman L'incivilité des fantômes, ISBN : 978-2373050561, a été traduit (très finement et ce n'était pas simple, saluons la performance consistant à respecter les décalages de langue : sa miman, iel…, mais aussi les qualités de traduction des termes inventés, tel le siluminium, ou pire et sans recours possible au latin) par Francis Guévremont pour les éditions AFDV, Aux Forges de Vulcain. L'univers de ce roman est constitué par le Matilda, un hyper-gigantesque vaisseau spatial bien au-delà de nos proportions et notre imagination. le Matilda a quitté la Terre pour échapper à l'anéantissement et vogue entre les galaxies ; mais ses concepteurs et promoteurs ont reproduit les divisions sociales, comme si elles étaient essentielles. Pourtant l'auteur donne au vaisseau ce nom de Matilda, sans doute en hommage à Matilda Joslyn Gage, féministe américaine qui a donné son nom à « l'effet Matilda » désignant la dépréciation systématique des réalisations féminines. Et puis la figure centrale, Aster, semble parente d'Uhura, la lieutenant afro-américaine de Star-Trek, qui inspirera la vocation de la première astronaute noire, Mae Carol Jemison, scientifique titulaire d'un doctorat en médecine. Aster à la peau sombre et aux doigts agiles mais épais (dit-elle) est une soignante, dont les sources sont la nature et la pharmacologie, et une physicienne, capable aussi de chirurgie, autopsies, opérations. Elle assiste le Lieutenant-chirurgien, figure toute proche des hautes sphères (!!) du pouvoir (on verra par quels mystères de sa naissance), des ponts supérieurs, plutôt. En effet, haut et bas ont été reconstitués dans le Matilda, avec une atmosphère et une pesanteur propres à maintenir les divisions sociales.
Pour autant, et justement, ce roman vogue par-dessus les genres littéraires, et de même pour les identités socio-sexuées : Aster, qui vit avec ses compagnes sur un pont inférieur, est soumise comme elles à la vigilance et aux violences des gardes à la solde du pouvoir d'en haut, symbolisé par Petit-Soleil, mystérieuse source d'énergie, qu'il va falloir localiser et percer à jour pour envisager une libération de ce destin socio-ethno-cosmique ; sommes-nous dans la science-fiction, oui, dans la politique-fiction, oui, dans le roman d'aventure et d'action, oui, dans l'enquête et même la quête, oui aussi. Aster, en effet, cherche à comprendre le destin de sa mère, Lune, qui se serait suicidée en laissant un cahier personnel incompréhensible, qu'il va falloir décoder pour apprendre l'essentiel sur le Matilda, ses plans, ceux des circuits électriques et la localisation des sources d'énergie. Mais au fait, Lune s'est-elle suicidée ? Ou alors ? Et qu'avait-elle découvert ?
Nous suivons les tribulations d'Aster et de ses compagnes tout au long de ce récit fermement construit, en trois parties motrices chacune à sa manière : I. Thermodynamique, II. Métallurgie, III. Phylogénie, IV. Astromatique. Et l'autre intérêt de ce récit inclassable est qu'il mêle l'archaïsme au futurisme, par exemple, les châtiments corporels violents, les croyances sacralisées. Est-ce donc cela l‘avenir de nos successeurs ? Des luttes abolies dans une catastrophe plus que géante et une prise de pouvoir par une élite auto-proclamée déployant sa religion et ses forces de maintien de l'ordre social établi ?
Mais Aster et ses compagnes, dont la fantasque Giselle, vont accéder au saint des saints, l'énorme voûte de verre du Matilda et le coeur du réacteur propulseur et, avec l'aide du Lieutenant-chirurgien, comprendre ce que Lune a révélé dans son cahier codé, et ainsi pouvoir agir sur leur destin de filles dominées, noires quand les femmes des ponts supérieurs sont de peau claire. Reverront-elles la Terre, et dans quel état ? Vous le saurez en… lisant cet exceptionnel roman de SF et bien plus. Vous ferez confiance au pilote, qui le mérite bien. Vous ne le regretterez pas.
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LisaGiraudTaylor
  28 mars 2020
C'est un avis très mitigé, très paradoxal...
Ce livre est à la fois une bonne et une lecture banale.
Le postulat de départ est qu'une partie de l'humanité a embarqué sur l'immense vaisseau-arche le Mathilda (en référence au Clotilda, dernier navire négrier, je suppose) composé de vingt-six ponts numérotés de A à Z. A la conquête de la Terre promise, ces migrants ont quitté la Terre et voguent vers leurs destins. A bord, les haut-pontiers (riche, blanc, etc.) et les bas-pontiers (noir, homosexuel, etc.). Au milieu, les gardes qui humilient sauvagement (parfois) les bas-pontiers et protègent le grand chef à plume.
Parmi les ponts inférieurs, il y a Aster, une jeune personne noire, transgenre, à la fois guérisseux(se), apprenti(e)-médecin, asocial(e), privé(e) de son appareil "de reproduction", qui traîne le poids de la disparition tragique et inexpliquée de sa mère, 25 ans plus tôt ; autour d'elle, Gisèle, sa meilleure copine (qui subit les affres des gardes), Mélusine (qui lui sert de "mama" sans en avoir l'envie) et Théo, le "chirurgien", bâtard haut-pontier, avec qui elle entretient, au fil des pages une histoire d'amitié/amour un brin étonnante.
L'idée m'a attiré... puis, l'intrigue s'est imposée à moi... une seule... comprendre pourquoi sa mère s'est suicidée à partir de ses carnets intimes, codés (mais, bon pas tant que ça!).
La réponse arrivera, bien sûr, mais ce n'est pas ce qui sera le plus important à savoir car, personnellement, j'ai décroché sur cette partie... Cela aurait pu, même, m'inciter à renoncer à la suite.
Parce que ce roman, comme mon avis, est pour moi, paradoxal. D'un côté, il est très intéressant, de l'autre, lent, brouillon et il est très facile de l'abandonner ; cela serait dommage car les trois chapitres tenus par les trois autres protagonistes (Théo, Mélusine, Gisèle) sont excellents et m'ont arraché les tripes.
Car, au final, malgré les hauts et bas, le manque d'intrigue, le côté un peu brouillon, stéréotypé et les ponts (d'où la thématique de l'union fait la force qui est une réalité... dans toutes les guerres, il a été noté cette propension à ce qu'un petit groupe d'hommes arrivent à contrôler la masse par manque de rébellion et d'union), ce roman est bouleversant par touche.

Parce qu'il parle de racisme social, ethnique, éthique, de religion et de viols, de banalisation sexuelle, d'esclavage, de pauvres et de riches, d'amour et de haine, bref, de la vie.
L'incivilité des Fantômes est le reflet d'une société, la nôtre ; celle qui est au bord du précipice et qui menace de nous entraîner vers l'abîme... car, nous, contrairement aux personnages du livre, nous n'avons pas de Mathilda... Même injustement répartie...
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critiques presse (3)
eMaginarock   02 octobre 2019
Une œuvre éprouvante, mais au-delà de la science-fiction, il s’agit bien d’une grande œuvre littéraire dont la pensée qui y est exposée va durablement marquer le lectorat.
Lire la critique sur le site : eMaginarock
Telerama   13 septembre 2019
La science-fiction éminemment politique de Rivers Solomon est à son image : à contre-courant et aux prises avec la violence politique du monde.
Lire la critique sur le site : Telerama
Actualitte   10 septembre 2019
Loin de Star Trek, des éléments de la SF que l’on pourrait attendre : ici, le bond au milieu des étoiles et des galaxies sert avant tout de bac révélateur. Patriarcat, maladie mentale, foi, ou encore avortement… tout s’y retrouve, plus puissant et dévastateur que jamais.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   28 décembre 2019
Il était une fois un miman qui avait eu un bébé, un être de couleur marron, toujours en train de gigoter, tout petit, encombrant. La miman lui donna le nom d’Aster, parce que c’était un genre de plante, parce que c’était un mot ancien signifiant étoile, et parce qu’il fallait, pour prononcer ce son A si doux, bien ouvrir la gorge. Un nom à ne pas prendre à la légère. Un nom que l’on ne donne pas à un enfant qu’on a l’intention d’abandonner au fond d’un placard.
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FandolFandol   07 janvier 2020
Elle se mit à quatre pattes et commença à creuser. La terre était douce, humide, meuble. Les racines des plantes étaient courtes et s’arrachaient facilement. Elle creusait frénétiquement, ramassait la terre dans la paume de ses mains, et la rejetait au loin. Elle était essoufflée, sa poitrine brûlait, ses doigts, ses bras étaient engourdis, mais elle ne pouvait pas s’arrêter.
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FandolFandol   03 janvier 2020
Un salon, c’est l’endroit où vont les femmes riches pour boire du café et du thé et pour manger des petits gâteaux au citron et des biscuits et pour parler de choses importantes, pourquoi c’est comme ci, et pourquoi c’est comme ça, et non mais vous vous rendez compte, enfin…
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FandolFandol   05 janvier 2020
Elle avait tout perdu de sa grande force virile. Cela avait duré peu de temps. Il ne restait plus que les insultes échangées, et le genou fracassé de l’homme à la cicatrice, et le retour imprévu et soudain de tous ces souvenirs – l’invincibilité des fantômes.
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FandolFandol   31 décembre 2019
Giselle, comme tanta Mélusine, ne connaissait pas les crises morales. Mais parfois, le chagrin s’emparait d’elle. Elle semblait sur le point de sombrer, comme un câble trop tendu qui risque de se rompre d’un coup sec.
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