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ISBN : 2373050560
Éditeur : Aux forges de Vulcain (06/09/2019)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Aster est une jeune femme que son caractère bien trempé expose à l’hostilité des autres. Son monde est dur et cruel. Pourtant, elle se bat, existe, et aide autant qu’elle le peut, avec son intelligence peu commune, ceux et celles qu’elle peut aider. Mais un jour, un type la prend en grippe. Et Aster comprend qu’elle ne peut plus raser les murs, et qu’il lui faut se tenir grande. Sa rébellion est d’autant plus spectaculaire qu’elle est noire, dans un vaisseau spatial... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
JustAWord
  18 août 2019
Rivers Solomon se définit comme transgenre et utilise le pronom them/ils pour se désigner, ce qui sera donc utiliser dans cette critique
À l'exercice du premier roman, Rivers Solomon se lance dans une aventure spatiale où ils croise de façon savoureuse Twelve Years a Slave et le Transperceneige. Auteur noir et transgenre, Solomon jette son dévolu sur une science-fiction humaniste et engagée qui utilise le prisme d'une science-fiction pauci-technologique pour parler de ségrégation, d'esclavage, d'intolérance et de genres.
Particulièrement remarqué lors de sa sortie aux États-Unis, L'incivilité des fantômes intègre l'excellent catalogue des éditions Aux Forge de Vulcain.
Un premier roman qui risque de faire parler de lui en cette rentrée littéraire 2019.
Le Transpercétoiles
Sur le Matilda, immense vaisseau spatial divisé en ponts (de A à Z), une partie de l'humanité a embarqué pour survivre à un cataclysme que l'on devine à travers les légendes et les mythes entretenus par les humains vivants à son bord.
À la recherche de la Terre Promise, la population du Matilda s'est divisée en deux : dans les ponts supérieurs, les haut-pontiens sont des riches blancs vivant dans un confort et un luxe que sont loin de connaître les habitants des ponts inférieurs. Les bas-pontiens, des hommes et femmes noirs, vivent comme des esclaves, entretiennent les champs des ponts agricoles, respectent un couvre-feu sévère imposé par la Souveraineté et endurent les sévices et viols réguliers des hommes de la Garde.
Parmi ces malheureux, Aster, une personne transgenre dont l'identité sexuelle n'est pas fixé, hysterectomisée et mis au ban de la société à la fois pour sa couleur de peau et pour l'inadéquation entre ses organes sexuels et ses caractères sexuels secondaires. Obsédée par le passé (et notamment par le suicide de sa mère, Lune), Aster est également une personne qui ne comprend pas le second degré et qui se calque sur des rituels et des habitudes particulièrement rigides. Autiste de haut niveau (probablement Asperger même si rien n'est dit clairement à ce sujet) mais également médecin des ponts inférieurs, elle entretient des relations particulièrement complexes avec les autres personnages du récit : Théo, chirurgien métisse et homosexuel des ponts supérieurs à la fois révéré et détesté, Giselle, compagnon de chambrée psychotique et amie-ennemie d'Aster et enfin Mélusine, nourrice et mère du substitution pour Aster.
Avec ces quatre personnages, le lecteur endosse donc le fardeau du dominé face à des blancs cisgenres esclavagistes et ultra-religieux.
Car au fil du temps s'est créé une religion bâtarde sur le Matilda où la notion de péché a, bien évidemment, été défini par des blancs puritains à l'encontre d'une population noire maintenue dans le froid, l'ignorance et le désespoir.
Malgré tout, Aster tente à la fois de reconstituer les pièces de son passé (et de découvrir le secret entourant la mort de sa mère et les mystérieuses coupures de courant qui paralysent le vaisseau) mais également de veiller sur les siens, régulièrement passés à tabac, violés et méprisés.
Définir son identité
Chose particulièrement difficile mais brillamment négociée par Solomon, l'abord de la transsexualité et, plus généralement, du transgenre ne vient jamais étouffer l'histoire elle-même en parvenant à fondre les personnages dans la masse au lieu d'en faire des exceptions lourdement soulignées.
À aucun moment Theo ou Aster ne sont vus comme en dehors de la norme, ils sont juste des habitants naturels d'une population de dominés qui sévit les brimades et les règles religieuses/sociales d'une caste de dominants dénués de pitié et d'humanité.
Le message sur la tolérance, subtil et particulièrement poignant, accompagne ici une démarche de libération d'un carcan de genre qui fausse les relations entre les passagers du vaisseau, encore davantage que leur simple statut social. L'amour entre Aster et Théo, surtout intellectuel de prime abord, renvoie parfois au fabuleux roman de Francis Berthelot, Rivage des Intouchables, et offre une nouvelle fois un plaidoyer pour le droit à la différence.
Pour combler cette incertitude, Aster s'investit dans une autre quête identitaire, celle de son propre passé. Confrontée aux mythes d'un vaisseau dont les habitants ont quasiment tout oublié du passé et où la technologie n'a ouvert la porte qu'à une régression morale écoeurante, Aster décode les journaux de sa mère et reconstruit patiemment une assise historique à sa propre histoire personnelle. Régulièrement entrecoupée par des allégories et des contes, le récit nous parle finalement de la constance de l'esclavage et de la domination. Peu importe le lieu ou le temps.
Libérer son peuple
Éminemment politique (notamment à l'heure où Donald Trump qualifie la communauté noire américaine d'infection), L'incivilité des fantômes convoque de façon franche et assumée les spectres de l'esclavage et des plantations négrières avec ses contremaîtres, ses coups de fouet et ses brimades journalières. Si notre héroïne ne veut pas volontairement faire la révolution et renverser un système horriblement totalitaire, le lecteur se rend vite compte qu'une telle ségrégation ne peut que conduire au désastre et devra forcément se terminer dans le sang.
En retrouvant les pièces d'un passé pour le moins brumeux, Aster va réveiller la voix des fantômes et donner corps aux malheurs de ses ancêtres, comme le fait précisément Rivers Solomon dans ce roman science-fictif et allégorique. C'est par la connaissance et l'apprentissage que les choses évoluent…et par la révolte, forcément.
Pour renforcer l'humanité de son histoire, Solomon permet à Melusine, Théo et Giselle de prendre la parole au cours de trois chapitres.
La première nous parle de perte et de son évolution émotionnelle pour survivre face au mépris des autres, le second de la difficulté à exister dans un monde où l'on ne tolère pas l'homosexualité, la dernière des ravages psychologiques causés par des sévices perpétuels.
Pourtant, parmi les opprimés des bas-ponts, tous ne sont pas solidaires et, finalement, ce qui facilite d'autant plus la domination des blancs des ponts supérieurs, c'est assurément le temps passé par les opprimés à se disputer entre eux. L'union fait la force, comme toujours. Peu importe le genre ou la couleur, seule l'humanité compte au bout du voyage.
Magnifique premier roman, L'incivilité des fantômes use de la science-fiction de la meilleure des façons en condamnant intolérance, racisme et ségrégation. Rivers Solomon double son voyage spatial d'un voyage humain tout en peuplant son histoire de personnages particulièrement poignants pris au piège de leur peau et de leur vaisseau-prison.
Lien : https://justaword.fr/lincivi..
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Melicee
  27 août 2019
L'étape de la page 100 :
Un futur dystopique s'offre à nous dans ce roman : le reste de l'humanité vogue dans l'espace, perdu, vers un hypothétique Eden.
L'univers développé par l'auteur est intéressant et facile à appréhender ! le protagoniste, quand à lui, m'apparaît un tantinet antipathique et m'empêche d'entrer complètement dans ce livre.
--
Au premier abord, ce livre ne me disait vraiment rien. Bien que sa couverture soit assez réussie, qu'il possède un titre assez attirant, les stéréotypes de sa 4ème de couverture m'ont plutôt refroidie. Cette notion de bien-pensance naïve et appuyée me semblait assez puérile. Au final, ce fut plutôt une bonne surprise !
 
L'univers dystopique créé par Rivers Solomon est intéressant, bien que peu novateur. L'Homme fuit la Terre, devenue invivable, à bord d'un vaisseau spatial. Au sein de celui-ci, des castes se sont créées : les blancs sont riches et ont accès au confort, les noirs sont pauvres et vivent dans la misère. Des sujets tel que la religion et le rapport à la hiérarchie y sont abordés de manière intéressante. Bien qu'il n'y ait que 400 pages, la vie social du vaisseau est plutôt détaillée et nous plonge entièrement dans ce petit monde.
 
L'écriture fluide nous emporte petit à petit au fil de l'histoire et on suit les péripéties d'une protagoniste, Aster, froide et étrange, ainsi que d'un petit nombre de personnages tout aussi spéciaux. Aster ne comprend que le 1er degré, est très intelligente mais fait partie de la basse caste. Orpheline peu de temps après sa naissance, elle suit les traces de sa mère au travers de ses carnets de notes codés laissés à son décès. C'est un véritable jeu de piste qui nous conduit à travers le vaisseau, jusqu'au dénouement fatidique. Une fin à la fois ouverte et… terriblement amère. Je n'ai pu m'empêcher d'être déçue par ce dénouement. Comme un goût d'inachevé.
 
Ce roman a évidement une deuxième lecture. L'auteur crée un parallèle avec le monde d'aujourd'hui et nous rappelle que, malgré les années ou le lieu, les mêmes erreurs se reproduisent et les mêmes maux touchent l'humanité encore et encore : racisme, homophobie, genre, pouvoir… J'y vois également un message écolo avec cette conquête de l'espace, du dernier espoir. La Terre, d'ailleurs, va nettement mieux depuis que l'humanité l'a quittée !
Je n'ai pas spécialement apprécié l'arrière plan « politique » de ce livre, mais son univers SF, premier degré, était très plaisant.
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isa-vp
  10 septembre 2019
Le monde a disparu et les habitants de la Terre sont embarqués dans un immense vaisseau, le Matilda, parti chercher une Terre promise. Dans ce monde futuriste, les personnages n'ont pas toujours de sexe, ils vivent dans un univers qui ressemble à une prison, composé d'autant de ponts/niveaux que de lettres de l'alphabet. Bien entendu, les pauvres sont en bas et les riches au sommet, avec de nombreux ponts agricoles entre les deux pour nourrir toute cette population déracinée, et un réacteur à fusion au centre, Petit-Soleil, qui fournit l'énergie au vaisseau.
Chaque pont possède un langage propre, et plus l'on monte vers les hauts ponts, plus les peaux de leurs occupants sont claires. On se croirait dans une fourmilière, où les hommes sont des soldats et les femmes des ouvrières et où subsiste une élite souveraine qui possède tous les pouvoirs.
Aster, une intrépide jeune fille des bas ponts, guérisseuse et scientifique, va tenter de percer le secret du vaisseau, que sa mère qu'elle n'a pas connue, a tenté d'élucider toute sa vie. Et c'est la présence de cette mère, comme un fantôme ressurgi du passé, qui va guider ses pas et ses recherches, bravant l'autorité et les punitions, comme un ultime espoir de conquérir un semblant de dignité.
Bien qu'il m'ait été difficile d'entrer dans cette narration complexe, avec de nombreux mots imaginaires et beaucoup de données pseudo-scientifiques difficiles à saisir, j'ai réussi à trouver mes repères dans ce labyrinthe métallique et verbal ; et finalement je me suis prise au jeu de la survie des personnages à travers les méandres de ce vaisseau.
Lorsque l'on s'interroge sur notre futur, ce n'est certainement pas à celui-ci que l'on pense et l'avenir paraît bien sombre à travers ce roman. Mais c'est aussi le rôle de la Science Fiction, d'être dérangeante et de soulever les problèmes latents qui, si nous ne les réglons pas aujourd'hui, nous persécuteront demain.
Un roman très original, où les propos de l'auteur, Rivers SOLOMON, témoignent de sa probable difficulté à s'intégrer dans la société, avec un espoir infime quant à l'avenir. Pessimiste certes mais intéressant sans aucun doute.
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antreguillemets
  28 août 2019
Un roman de sf très intéressant qui interroge le genre, la gentrification, le rapport à l'autre, à soi, à son histoire avec un petit et un grand H
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critiques presse (3)
eMaginarock   02 octobre 2019
Une œuvre éprouvante, mais au-delà de la science-fiction, il s’agit bien d’une grande œuvre littéraire dont la pensée qui y est exposée va durablement marquer le lectorat.
Lire la critique sur le site : eMaginarock
Telerama   13 septembre 2019
La science-fiction éminemment politique de Rivers Solomon est à son image : à contre-courant et aux prises avec la violence politique du monde.
Lire la critique sur le site : Telerama
Actualitte   10 septembre 2019
Loin de Star Trek, des éléments de la SF que l’on pourrait attendre : ici, le bond au milieu des étoiles et des galaxies sert avant tout de bac révélateur. Patriarcat, maladie mentale, foi, ou encore avortement… tout s’y retrouve, plus puissant et dévastateur que jamais.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
JustAWordJustAWord   18 août 2019
Connaître les langues anciennes, c’est connaître l’âme de nos Ancêtres communs, et connaître les Ancêtres, c’est se connaître soi-même.
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JustAWordJustAWord   18 août 2019
En chaque personne repose une part du passé, l’héritage de ses parents et de des grands-parents. Si toute cette dimension historique demeure dans l’obscurité, cela signifiait-il que l’on était incomplet ?
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JustAWordJustAWord   18 août 2019
L’histoire était une forme de mémoire. Les faits refusent de vivre dans l’obscurité et le secret, ils s’efforcent toujours de remonter à la surface.
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