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EAN : 9781090062093
Éditeur : Editions iXe (13/11/2015)
3.67/5   3 notes
Résumé :
A l'époque où elle tient ce journal, Christiane Rochefort travaille à son dernier roman, «La porte du fond» (prix Médicis 1988) et à deux livres qui paraîtront un an avant sa mort, «Conversation sans paroles» et «Adieu Andromède». Aussi y est-il beaucoup question de l'écriture et de la pensée qui en est la source. Une pensée ici «saisie dans son mouvement au jour le jour – à l'exacte intersection de la vie et de l'écriture: une écriture pour soi, libre de contrainte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
fanfan50
  27 mai 2017
J'ai reçu des éditions iXe par l'intermédiaire de Babelio l'édition établie par Ned Burgess et Catherine Viollet du Journal pré-posthume possible de Christiane Rochefort.
C'est un peu difficile à lire car le texte, les photos et les dessins ont été fidèlement reproduits d'après les carnets manuscrits de l'autrice. Certains dessins n'ont aucun intérêt si ce n'est qu'ils contribuent à aérer le texte.
J'ai vu le peu d'intérêt de l'autrice pour le genre autobiographique au sens strict. Elle a même attaqué en justice le géant France-Loisirs qui présente son édition de la porte du fond comme un récit autobiographique et elle a gagné son procès.
Par petites griffes stylistiques, elle critique certains écrivains tels que John Fante, Marguerite Duras et Faulkner. Pour elle Doubrowsky, ce type il apporte rien. Elle fait aussi la brève critique d'un film russe « le chemin de la vie » qu'elle avait trouvé génial quand elle l'avait visionné à l'âge de 20 ans puis nul 20 ans plus tard.
Par contre, elle admire Primo Lévi, son livre « la clé à molette ». « Miracle (oui) de l'écriture seule =comment il s'y prend le bougre pour me passionner (moi !) avec le montage d'un pylône, des derricks, du métal ? Qu'est-ce qu'il a dans la peau pour réussir ce coup-là ? Juste l'écriture. L'art. Je comprends pas vraiment. du moins je suis capable de constater.
Et pourquoi il s'est tué, ayant ça en lui ? Bon sang, il le savait ! On se tue pas quand on a ça !
Ou peut-être, oui, avec l'aide du nazisme scientifique.
Bombe à retardement ? »
Pour finir en plus de ses problèmes de dos, elle a eu une crise cardiaque le 12 décembre 1992 à Paris, mais elle n'en parle dans son journal qu'en janvier 1993. Et elle cessera d'écrire son journal en cours d'année : le 9 septembre 1993 où elle a vraiment rêvé la fin du monde.
Quand on aime Christiane Rochefort et sa façon d'écrire, on prend plaisir à lire les notes qu'elle a laissées derrière elle, son journal pré-posthume.
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de
  04 décembre 2015
Des riens, des fulgurances, de la douleur, du courage, écrire…
Dans leur avant-propos, Ned Burgess et Catherine Viollet parlent des dossiers, « Journal intermittent occasionnel », « Journal intermittent baladeur, posthume ou à jeter », « Journal pré-posthume possible », « Journal bribes à examiner », « Broutilles », regroupants des feuilles volantes écrites par Christiane Rochefort. « Des titres qui correspondant au caractère fragmentaire, aléatoire et discontinu de l'écriture diaristique telle que la pratique Christiane Rochefort, au refus d'organiser une pensée saisie dans son mouvement au jour le jour – à l'exacte intersection de la vie et de l'écriture : une écriture pour soi, libre de contraintes, ouverte à tous les sujets, tous les possibles ».
Travail d'écriture, travail du langage et sur le langage, Ned Burgess et Catherine Viollet reviennent sur les livres de l'auteure et présentent cette édition, « Ainsi proposons-nous de prolonger l'évocation de sa présence par une iconographie sélectionnée dans ses archives et quelques clins d'oeil artistiques amicaux ».
Je ne saurais parler de cet ouvrage sans mentionner, en premier lieu, l'émotion suscitée par la lecture. « Dire n'est pas ce que je veux faire ».
Quelques éléments et quelques citations au gré d'une lecture du possible de ce journal pré-posthume possible.
Le travail d'écriture, « Je-personnage paraît la seule solution, mais il faut mettre la main dessus », les lectures, les urbanistes et leurs compères, des musiques, la trouille et « Mon courage est aussi violent que ma peur », la nature et les oiseaux, la condition diminuée, les programmes de journée, au Pradet et à Paris…
Ecrire, avancer, réviser, « On dirait que j'approche à grands pas de la fin, mais il reste des scènes intéressantes dehors, qui n'ont pas voulu sauter en digressions », le ton et le climat…
Les rêves, « C'était un rêve très long = le temps de remonter toute une avenue… », les réveils, « Encore un poème qui s'est perdu dans le sable. Il s'est re-enroulé sur lui-même comme une bande magnétique et à repris le chemin par où il était venu »…
Ruine de soi, « de l'autre coté, je vois ces deux grands mégots je les regarde, je vois mes assassins, en même temps que des objets de désir », conversations entre chien et loup…
Machat…
« Première année où je ne sais pas
si j'en verrai le printemps.
Malgré quoi, j'espère que oui. Je voudrais
un
ou plusieurs, printemps.
Je suis insatiable. »
Lien : https://entreleslignesentrel..
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alzaia
  03 avril 2016
C'est un ouvrage très émouvant! Quelle joie que des personnes aient décidé de publier tous ces documents écrits, dessins, photos et quelle chance d'être tombée dessus par hasard!!! Christiane Rochefort prend encore plus d'épaisseur pour moi qui l'avait déjà connue par (un très heureux!) hasard, et je ne suis pas du tout étonnée quand je lis que son crédo était le langage! Je pense que l'on peut aussi entrer dans l'oeuvre de cette autrice (terme que je découvre!!! employé par les éditions iXe) (j'ai tendance à dire auteurE!) par ce volume très généreux en documentation!
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Runa
  04 juillet 2017
Le souvenir que j'avais de Christiane Rochefort était ‘Les Petits Enfants du Siècle', un roman lu à l'adolescence qui décrit la vie d'une famille de banlieue pauvre, devenue nombreuse avec les allocations à chaque naissance. Un roman réaliste, attachant et plein d'humour…
Le temps a passé et Babelio est passé par là lors d'une Masse Critique qui proposait le ‘Journal pré-posthume possible' de Christiane Rochefort.
Telle une madeleine sans le thé, toute l'émotion de ma lecture de jeunesse est revenue !
Christiane Rochefort (d)écrit dans ce journal ses états d'âme, ses réflexions et pensées pendant l'écriture de son roman ‘La Porte du Fond'. Avec un humour frappant, Christiane Rochefort partage ses doutes sur la qualité de ses écrits, sa difficulté à écrire suffisamment chaque jour… ce livre est un témoignage poignant sur la création et la difficulté de créer, tout en continuant à vivre.
Christiane Rochefort est une écologiste avant l'heure et se fait un point d'honneur de ne pas se laisser entrainer par la folie e son temps.
Quel formidable déclaration de cette grande autrice, mêlant sa sensibilité créatrice à la folie du monde moderne !
Richement illustré par des dessins, des photos, et des écrits de Christiane Rochefort, ce journal est un formidable lien entre l'écriture et la vie, l'exemple même de la création sans limite, ni barrières… tels ses jardins à l'aune de sa vieillesse.
Un énorme merci à Babelio et aux Editions iXe de m'avoir ramener dans le monde émouvant de Christiane Rochefort !

Lien : https://boulimielitteraire.w..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
alzaiaalzaia   03 avril 2016
Une fois en pleine forêt de Quimperlé (...) j'ai demandé un quart de beurre, frais baratté qu'il était. On n'avait qu'en demies livres.
- C'est que je suis toute seule
- Oh ma pauvre! toute seule, dit la dame, et moi :
- Quoi ma pauvre ? j'ai pas de mari qui rentre soûl et me tape dessus et se plaint de la soupe et fait des trous à ses pantalons et personne ne me dit quoi faire. Je fais ce que je veux quand je veux, et si j'ai envie, j'ai de la compagnie.
Elle après un instant de réflexion. Son regard s'est éclairé :
- C'est vrai au fait, quand on y pense, et elle était toute contente : elle s'était mise à voir les choses autrement qu'à travers la rumeurs/l'idée reçue.
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alzaiaalzaia   03 avril 2016
(...) avoir réussi à vendre un Harlequin au beau linge! Bon un Harlequin personnalisé, avec "look", et "background" (...) que la middle-class ait pas honte de le demander chez le libraire. Juste assez chicos. Littérairement je ne me souviens pas, mais émotionnellement très inférieur à son modèle américain. Harlequin quoi. Et ils se sont rués dessus = révélant (plus encore que la nouvelle puissance des Nouveaux Manipulateurs Via Média) l'état de débilité (de flacidité) où en est cette classe : même plus assez d'esprit pour péter plus haut que son cul. (...) Ce tas de gens qui, lorsqu'ils ouvrent "la bicyclette bleue" savent immédiatement ce qu'ils ont dans les mains. Reste le problème = comment s'en débarrasser sans le remettre en circulation. (...) Finalement j'ai ouvert un rayon "sottisier"
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alzaiaalzaia   03 avril 2016
Un dieu c'est une idée primaire, la première qui vient.(...)

Ou alors , il nous faut poser des milliards de dieux vivants et grouillant partout (Sauf là où nous avons étendus l'asphalte et le béton, où ne peut grouiller aucun de ces milliards de dieux. Nous sommes les seuls, hommes industriels, à avoir inventé du non-dieu- même les incendies, les tremblements de terre et toutes les catastrophes n'y sont pas arrivés. Les hommes industriels sont les seuls vivants à être arrivés à tuer les dieux (...)
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alzaiaalzaia   03 avril 2016
Paris 2 mai 1986

ILS M'ONT RETROUVEE!
(...)

Aux urbanistes et aux compères :
Vous êtes la mort. Tout ce que vous touchez, ça meurt. L'ouvrage d'Haussmann sauvé par les Galeries Lafayettes. De 9h à 18h. Après, c'est mort. Vous tirez avec une règle et du papier, et pas d'yeux. Les gens grouillent sous votre cutter, poussent des cris de douleur, mais vos oreilles non plus ne sont pas en batterie. Des gens? Qu'est-ce que c'est ça des gens ? Petit Attilas de Bureau, la vie ne repousse pas où vous êtes passés, tout le monde s'en est aperçu, sauf vous. Jouissant du pouvoir sur la ville, de la chiffonner, tortiller, découper, transpercer, et faire suer sang et fric.
Mr Politis a pris une règle, et a dessiné une rue sur moi, ne desservant rien.
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fanfan50fanfan50   27 mai 2017
C'est fou ce que ça me délivre ce renversement de programme : si le premier truc que je fais, allant bien, c'est écrire (l'essentiel) alors je me fous de la suite. Bon, c'est pas agréable, mais c'est pas important, alors ça perd une dimension, aggravante. Mal en faisant les courses (j'ai de toutes façons), mal en téléphonant, en rangeant, en faisant des corvées quotidiennes, qu'est-ce que ça fout, c'est assommant de toutes façons ça peut-être gâché un peu plus. Sortir avec amis, bon, mais pour causer je suis ds le fauteuil. En cas de truc vraiment sérieux dehors j'ai l'aspirine, préventive, y a qu'à en prendre deux. Tout ce qui se passe après, c'est pas grave, et puis je peux (c'est décidé) m'arrêter au milieu et fauteuil ouf. Mal ? boff, si ce que je fais n'est pas essentiel, ça m'agace c'est tout. La mesure est complètement changée - ah les composantes psychiques de la douleur ! Peut-être ça finirait par même faire moins mal ? Voir. Tombe pas non plus dans l'optimisme, ça pourrait amener du relâchement. Faut tenir fermement la barre 1.
Et chaque jour la reprendre (jamais rien n'est acquis). Ca, c'est l'exercice royal. La vie à neuf. Calme-toi un peu, attention.
T'angoisse pas, non plus. Chaque jour neuf, il a pas d'avenir non plus. Bon dieu, à mon âge, apprendre ces choses.
Que je savais, que je savais ! mais où ?
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