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EAN : 9782072854408
336 pages
Éditeur : Gallimard (22/08/2019)

Note moyenne : 3.08/5 (sur 13 notes)
Résumé :
« Un ange aurait pu passer s'il y avait encore eu des anges. »

Dans Éloge des bâtards, nous suivons neuf personnages entrés en désobéissance. Face au pressant danger qui les menace, ils vont, contre toute attente et cinq nuits durant, remonter aux origines de leur propre histoire, et ainsi sceller entre eux de nouveaux liens.

Avec ce roman conçu comme une chambre d'échos, Olivia Rosenthal réhabilite la puissance empathique et subversive... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
zazy
  23 octobre 2019
La narratrice a la malchance d'entrer dans la vie des gens, de connaître leur histoire sans aucun échange ; elle l'a vérifié avec le poissonnier qui la sert. Elle doit absolument se protéger pour ne pas être dévorée par la vie des autres. Déjouant les tours de garde des vigiles, elle erre dans ce qui reste de verdure, de bois, non plutôt des taillis, des friches où elle retrouve d'autres insoumis comme elle « Nous sommes unis par des actions clandestines destinées à empêcher la disparition complète de notre ville. » Des affinités se créent et une petite troupe émerge Les résistants, les zadistes, les insoumis, enfin bref, eux qui ne veulent pas de cet avenir où la nature disparaît, où les gens habitent des tours et se surveillent les uns les autres, où des milices vous espionnent.
La bande se réunit chez les uns, les autres, enfin ceux qui ont un toit pour discuter, fourailler, décider des actions à mener. Ils savent que leur combat est déjà perdu, mais ils veulent garder, sauvegarder le peu d'espaces verts qui reste, replantent, écrivent, peignent… Ils veulent un peu de désordre dans l'ordre obligatoire, un peu de sauvage dans la cité trop tenue.
Olivia Rosenthal ne permet pas que l'on reste tranquille au fil des pages du livre. En début, Lily entre, sans le vouloir, dans l'inconscient des passants. Changement de cap direction des « zadistes » et une dystopie où des groupes sabotent, retardent les travaux en cours. Mais, ce ne sont pas des ados retardés ou pas, non, ce sont des adultes, même une grand-mère, et cela change l'optique. « En nous restreignant à être seulement ce que nous faisons de concret, nous nous épargnons tout le reste », car personne ne pose de questions sur personne, pas de confidence. Nouveau virage. Un soir Sturm le puissant, Macha la frisée, Clarisse la candide, Fox le nerveux, Gell le sauvage, Filasse le berger, Full le taciturne, Oscar le dandy et elle, Lily la secrète se réunissent chez elle.
« Cet état dure tant que nous sommes voués à l'action et unis par une conviction et un but commun. Mais un jour les choses s'enrayent. » Fox, en réponse à une question de Strurm, raconte sa vie , puis ce sera le tour des autres. Chacun raconte sa bâtardise, ses origines incertaines, ses ruptures.
L'enfance régit l'adulte ; les coups, le non-amour, la disparition, l'inconnu, le secret, l'amour, la tendresse… font ce que nous devenons et que les personnages sont devenus, avec les bidouillages de la vie, la force de s'en sortir avec le paquetage arrimé au dos.
Et si le roman était encore autre chose. Oui, pourquoi ceux-là se sont-ils agrégés le uns aux autres sans rien savoir de l'autre ?Qu'est-ce qui pousse des individualités à se regrouper ? Et que le groupe ne peut survivre sans une connaissance de l'autre. Vu de l'orée de mon bois, cette ville est très inhumaine dans sa verticalité. Plus de maisons individuelles, mais des appartements, des boîtes dans lesquels on vous place et vous surveille.
Un livre à tiroirs, à virages très intéressant grâce à la plume de l'auteur.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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LaFeePetee
  06 septembre 2019
Neuf personnages qui, face au danger qui les menace, sont entrés en désobéissance. Pendant cinq nuits, ils vont remonter aux origines de leur propre histoire et ainsi sceller entre eux de nouveaux liens. Un roman de réfractaires, de résistants, de chaos à la beauté sauvage. Neufs personnages qui prônent le désordre face aux abus d'un société de plus en plus fliquée et intrusive.
Il y a de l'urgence dans ce roman, comme si le combat était déjà perdu.
Il y a une forme de colère, ou de rage, qui enserre vos tripes et exalte votre coeur.
Il y a surtout toute une humanité.
Un roman fort qui nous renvoie à nos héritages et nos origines personnelles.
Parce que les bâtards se racontent, entre eux et à votre oreille, sans fausse pudeur, avec beaucoup de délicatesse et d'empathie. Un récit qui provoque en vous une question : Qu'ai-je à raconter de moi ? Notre identité est-elle celle qu'on se construit, celle qu'on s'imagine ou celle qu'on nous prête ? Être un bâtard c'est ne pas avoir de place. Alors on doit chercher des raisons qui nous permettent de la trouver. Pour inventer ces réponses, quoi de mieux que de parler à l'autre ?
La parole est subversive, toujours, et Olivia Rosenthal libère la parole des bâtards avec brio.
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cardenal
  06 mars 2020
Il faut prendre ce livre au sérieux : l'auteur écrit parce que c'est son rôle, et parce qu'elle est dépositaire d'histoires qui lui parviennent, comme par magie. Ce sont ces histoires qui sont la source du livre, qui est aussi un chant à l'amitié, à celle qui s'est forgée par la parole.
Les personnages sont au nombre de neuf, ont de jolis prénoms sonores. En fermant le livre, le lecteur aura probablement oublié leurs histoires, parce qu'elles se ressemblent et parce qu'elles sont malheureuses. Il aura moins oublié leurs rêves, parce qu'ils sont mystérieux comme le continent de l'enfance.
Ce livre raconte aussi une ville assiégée de toute part. Il y plane la menace des projets immobiliers, les rubans d'autoroute, les chantiers, les projets hygiéniques et les forces humaines déployées pour organiser le quadrillage. Les neuf personnages aux prénoms sonores résistent, inventent, échangent. Nous les accompagnons, nous sommes de la partie, nous les suivons dans l'ombre.
Olivia Rosenthal prend la plume pour faire l'éloge des bâtards, ces infatigables, ces aventuriers de mille directions qui "regardent autrui avec pessimisme tout en étant prêts à accorder [leur] confiance absolue à celui qui serait susceptible des [les] aimer". On ne saura pas ce que pensent eux, les bâtards, de cet hommage. Ce qui est certain, c'est que ce livre est aussi un éloge à l'écoute, à la parole partagée comme « projet politique ». C'est un livre humaniste (et c'est une qualité).
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Arthore
  26 décembre 2019
Incongru, effrayant, amusant.... imaginez que lorsque vous descendez en ville, les personnes frôlées et croisées vous siphonnent, un peu, voire totalement pour installer à la place leur biographie
Et comme on ne peut totalement éviter la compagnie des humains... voilà le secret le Lily, la secrète.
Elle et son petit groupe d'amis Macha, Fox, Clarisse, Filasse Gell, Oscar, Sturm, Full, vous se livrer durant 5 nuits, dévoiler leur histoire, renforcer ce qui les a fait se trouver, s'unir : entrer en désobéissance.
J'ai bien aimé l'idée initiale, se faire aspirer et vivre l'autre, un peu.
Mais l'intérêt s'est vite arrêté : je n'ai pas accroché au style, ni trouvé la "puissance empathique" promise en 4ème de couverture.
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cornelia-online
  08 octobre 2019
« Eloge des bâtards » est le dernier roman d'Olivia Rosenthal, publié chez Verticales. Comment se construire lorsque l'on a été privé dès l'enfance de son père, ou de sa mère ? Les personnages livrent tour à tour leur version de leur histoire, et ces paroles envolées sont captées patiemment par Lily, la narratrice, qui pourrait bien être un double de l'auteure.
Ils sont neuf à se retrouver clandestinement toutes les nuits pour discuter, dans une ville sous haute surveillance, dont l'architecture même semble destinée à cloisonner, isoler les individus. Parmi eux, la narratrice, Lily, ne se sent pas tout à fait à l'unisson. Néanmoins, elle a ce don de pouvoir entrer dans la pensée d'autrui, et trouve dans cette écoute des récits de ses compagnons des réponses à ses propres questionnements.
Cette prise de parole en nocturne des différents membres du groupe nous renvoie d'emblée aux contes de Shéhérazade. Mais le rôle de la parole est ici bien différent : en confiant ses origines, son passé, chacun des protagonistes se libère de ses poids et en partage la charge avec le groupe, qui d'une certaine manière se l'approprie. S'ils se définissent comme des résistants, ou des activistes, on sent que ces palabres sont en fait le préalable nécessaire à la réelle constitution d'une entité homogène et capable d'action: les racines sont nécessaires pour que l'arbre pousse! Olivia Rosenthal, par cette succession des récits intimes délivrés dans une forme d'urgence, nous invite à réfléchir sur le pouvoir des mots, de la parole, et sur notre aptitude à l'empathie – faut-il continuer à écouter si le récit nous bouleverse, voire nous transforme ? Jusqu'à quel point peut-on laisser la voix (et l'histoire des autres) nous pénétrer ? C'est tout l'enjeu de ce texte, qu'on aura plaisir à chuchoter, au creux de la nuit, juste pour voir… Pour la suite, cliquez sur le lien !
Lien : https://bit.ly/2VnvXVf
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critiques presse (1)
LeMonde   25 octobre 2019
On s’attache très vite aux neuf éclopés de la vie du nouveau roman de l’auteure de « Puisque nous sommes vivants », qui s’y partagent la parole entre deux actions de résistance poétique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   26 août 2019
En fait, le bilan paternel est très négatif. Ça a failli me faire renoncer à toute velléité familiale mais en fait on décide pas tout seul, l’amour se pratique souvent à deux, on est obligé de s’adoucir. Je le dis pas pour excuser mes frères parce que je suppose que moi aussi j’aurais pu mal tourner mais ils ont quand même gravement manqué d’affection.
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rkhettaouirkhettaoui   26 août 2019
Depuis, je me suis adaptée. J’ai appris chaque nuit à recevoir toutes ces vies, et chaque matin à m’en défaire. J’ai changé mes manières de bouger, de penser, de me déplacer. J’ai compris qu’il fallait m’extraire du battement de la ville, me méfier des places, des marchés, des grandes manifestations, fuir les foules. Peu à peu, j’ai bouleversé mes habitudes. Et comme la ville changeait elle aussi, cela m’a aidée. Les anciens quartiers ont petit à petit été détruits et remplacés par de grands ensembles. L’espace commun a été réorganisé pour que la population, en augmentation constante, puisse accéder à des logements plus fonctionnels, plus confortables et plus nombreux. Les croqueuses, les pelleteuses, broyeuses, cisailles, brise-roche ont rempli leur office. Mon appartement, comme des milliers d’autres, s’est s’effondré sur lui-même lors d’une séance de dynamitage publique. La foule était massée derrière des barrières de protection, et, malgré le risque que je courais à me mêler aux autres, j’étais aux avant-postes ce jour-là pour regarder mon immeuble tomber à genoux puis se dissoudre. Une épaisse fumée brune s’est déposée sur les toits, rambardes, balcons encore valides, et à la place de l’ancien bâtiment que j’avais occupé pendant plus de vingt ans un tas de gravats marquait la fin d’un monde. J’ai laissé advenir.

 
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cornelia-onlinecornelia-online   08 octobre 2019
Je me suis souvenue du travail photographique que Michael Wolf a consacré aux chaises installées en bas de ces immeubles, des chaises blessées, amputées, mais rafistolées et solides, faites de fil, de corde, de bois et de plastique. L’artiste les collectionnait. Un jour qu’il préparait sa prise de vue, un passant lui avait demandé pourquoi il prenait en photo une chaise aussi vieille et laide. Et l’artiste avait répondu qu’il ne voyait pas là une chaise laide mais une chaise au caractère bien trempé, qui malgré ses quatre-vingts ans d’âge n’avait pas abandonné l’idée de vivre même si la vie était dure.
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cornelia-onlinecornelia-online   08 octobre 2019
Tous autant qu’on était, on avait décidé de porter le nom qui nous chantait sans se préoccuper de celui qu’on nous avait donné, on avait décidé de s’affranchir du nom. Moi, par exemple, tout le monde m’appelait Lily mais je savais bien que c’était une couverture, et qu’en vrai je portais beaucoup d’autres noms qui se baladaient autour de ma tête, des noms d’hommes et de femmes que j’avais rencontrés sans les connaître et qui s’étaient invités à l’intérieur de mon crâne. Alors si on me demandait mon nom, je n’entrais pas dans les détails, je disais l’essentiel. Lily.
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rkhettaouirkhettaoui   26 août 2019
Ça a été une seconde naissance, tu découvres que la vie peut être belle, tu regardes tout comme si c’était la première fois, les plantes par exemple, avant tu t’en fichais complètement et là tu découvres, t’es comme un bébé qui reçoit une affection énorme, pas comme si Blaise était un parent, ça serait bizarre de dire ça, mais quand même, il m’a donné une affection comme si elle venait de très loin et qu’elle s’était construite pendant des années avant que je le connaisse, tellement forte que ça panse tes blessures parce que l’amour réciproque t’offre la possibilité de ne pas être tout le temps tourné sur toi-même, l’amour réciproque c’est le chemin vers ce qui est à voir, ce qui est intéressant, tout est intéressant si on a le temps et l’esprit suffisamment libre pour le voir et voilà ce que j’ai appris et que j’ai continué à apprendre en découvrant des choses tout à fait nouvelles pour moi.
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Videos de Olivia Rosenthal (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivia Rosenthal
Dans son dernier roman Eloge des bâtards, un groupe de neuf personnages préparent des actions urbaines pour tenter de retrouver des espaces de liberté à travers la ville. Alors que leur organisation est en danger suite à des erreurs récentes, ils vont passer cinq nuits à se raconter, à dire leur vie de famille, leur histoire, et ainsi sceller entre eux de nouveau liens. Dans ce roman conçu comme une chambre d'échos, l'auteure parvient à réhabiliter la puissance empathique et subversive de la parole. Depuis vingt ans, l'écriture d'Olivia Rosenthal s'empare de la matière du réel pour produire des textes et performances littéraires qui nous invitent à repenser notre rapport au monde. Ses recherches portent autant sur la manière de faire vivre un lieu par les paroles de ceux et celles qui l'habitent, que sur l'influence du cinéma dans nos vies. Ce format « Chantier de fouille » explorera notamment la façon dont l'auteure transforme cette matière du réel en fiction.

Retrouvez notre dossier "Plongée littéraire dans le réel" sur notre webmagazine Balises : https://balises.bpi.fr/litterature/plongee-litteraire-dans-le-reel
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